Mis à jour le 05/05/2016

Siné est parti. Paix à son âme. Il est de notre devoir de rappeler que le lobby pro israélien l’aura calomnié jusqu’au bout, comme le rapportait le blog OJIM dans le billet ci-dessous.

Dessin_de_Sine

Ce dessin ancien de Siné est la propriété d’un particulier qui l’a aimablement mis à la disposition du site silviacattori.net.


Accusé d’antisémitisme, Siné attaque Le Point et BHL

Source: Ojim

Fin février, qualifié une nouvelle fois d’antisémitisme par l’autoproclamé philosophe Bernard-Henri Lévy (photo) dans les colonnes du Point (la fois de trop) le caricaturiste Siné avait décidé d’attaquer en diffamation.

Siné en a marre ! Qualifié une nouvelle fois d’antisémitisme par l’autoproclamé philosophe Bernard-Henri Lévy (photo) dans les colonnes du Point (la fois de trop) le caricaturiste Siné a décidé d’attaquer en diffamation.

« Siné, pourtant peu susceptible, en a plus que marre des insultes obsessionnelles (raciste, antisémite) proférées à la moindre occasion et dans tous les médias par Bernard-Henri Lévy (…) Il a décidé de le poursuivre pour injures et diffamation », a annoncé son journal, Siné Mensuel, à l’AFP lundi 29 février 2016.

En janvier dernier, dans Le Point, Bernard-Henri Lévy l’avait présenté comme « un ancien de Charlie, viré pour antisémitisme et racisme ». Ancienne figure de Charlie Hebdo, licencié par Philippe Val pour avoir fait une blague sur la conversion intéressée au judaïsme du fils de Nicolas Sarkozy, Siné appelle également à signer une pétition pour le soutenir.

Informé de cette plainte, BHL a réagi en déclarant que « Monsieur Siné peut raconter ce qu’il veut et faire tous les procès du monde. Rien n’effacera la honte des propos tenus, en 2008, sur la ‘fiancée juive’ du fils de Sarkozy ». Si simplement évoquer la religion d’une personne est assimilé à de l’antisémitisme, les tribunaux risquent l’engorgement…

OJIM | 3 mars 2016

Crédit photo : bertranddelanoe via Flickr (cc)

Source: Ojim


Le 2 juillet 2008, Siné avait rédigé une chronique dans Charlie Hebdo dans laquelle on trouvait une réflexion sur Jean Sarkozy, un des fils de la lignée De Nagy Bocsa :

« Il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

Pour cette petite ironie, il apprit en ouvrant l’hebdomadaire du 16 juillet 2008 qu’il était licencié, soit environ deux semaines plus tard. N’est-ce pas là une méthode digne et respectueuse ? Surtout lorsque l’on sait que l’instigateur de cette technique de renvoi n’est autre que Philippe Val, aujourd’hui directeur de France Inter, nommé par… Nicolas Sarkozy lui-même, le père de la jeune victime.

N’y aurait-il pas là un lien de cause à effet, une récompense ? Nous nous refusons d’aller jusqu’à cette extrémité et laissons ce genre de théories haineuses aux esprits contaminés par le complotisme, le conspirationnisme et la grippe H1N1.

La raison invoquée par Philippe Val pour justifier cette purge est la suivante : selon lui, les propos de Siné « pouvaient être interprétés comme faisant le lien entre la conversion au judaïsme et la réussite sociale, et ce n’était ni acceptable ni défendable devant un tribunal ».

Un petit pas pour le journal, un grand pas pour la liberté d’expression !

Toujours est-il que, quelques temps plus tard, Siné a assigné Charlie Hebdo en justice pour « rupture abusive de contrat ». Le jugement fut rendu le 30 novembre 2008 et le tribunal donna raison à Siné, invoquant le fait qu’« il ne peut être prétendu que les termes de la chronique de Maurice Sinet sont antisémites, ni que celui-ci a commis une faute en les écrivant » et également qu’« il ne pouvait être demandé à Siné de signer et faire paraître une lettre d’excuse ».

Le journal « satirique » hebdomadaire fut condamné au final à verser 20 000 euros au dessinateur pour « préjudice moral » au motif que « la médiatisation de la rupture et le caractère humiliant de son annonce apprise en même temps que les lecteurs par la publication du numéro du 16 juillet 2008, ont causé à Siné un préjudice moral qu’il convient d’indemniser en lui allouant la somme de 20 000 euros ».

Vous l’aurez compris, liberté d’expression totale… mais, dans certaines limites !

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