Le parcours du suspect de l’attentat de Berlin, Anis Amri. (C) AFP


ANTIPRESSE | N° 56 | 25.12.2016

ENFUMAGES par Fernand le Pic

Anis Amri: le djihad s’est (momentanément) arrêté à Sesto San Giovanni

Il est trois heures du matin, le Tunisien Anis Amri arrive bientôt à destination, sans encombre. Il a réussi sans mal à passer le formidable filet de Shengen, un filet dernier cri, sans aucune maille. Sesto San Giovanni est une petite ville lombarde de la banlieue Nord de Milan, 80’000 habitants, ancien bastion communiste, surnommée en son temps «la Stalingrad italienne», jumelée avec Saint-Denis (si si celle du 9–3 au Nord de Paris), avec ses nombreux sièges de multinationales dont Campari, Alstom ou encore GDF-Suez (devenue Engie), mais avec aussi son centre islamique, financé par le Qatar et affilié aux Frères musulmans (membre de la Federation of Islamic Organizations in Europe (FIOE)). Un centre dont le projet principal est de construire la plus «Grande mosquée» de Lombardie, et dressera bientôt son minaret sur la Via Bernardino Luini. Tiens? C’est juste à quelques centaines de mètres de là qu’Anis Amri a sorti son cal. 22 déjà chargé (sans doute un Walther PPK/S) pour tirer sur les policiers qui le contrôlaient par hasard sur la Pizza Maggiore. On sait que ces derniers le descendirent, en état de légitime défense, sans savoir qui il était.

Hasard du calendrier, c’est aussi à Sesto San Giovanni, plus précisément au grand hôtel «Barone dei Sassi», lui aussi tout proche, que se réunirent les 19 et 20 décembre 2015 (un an jour pour jour après l’attentat de Berlin) quelques hauts hiérarques de la Confrérie, venant notamment du Koweit, pour discuter affectation de gros patrimoine islamique (« waqf») en Europe.

C’est encore dans un rayon de 2 kilomètres de là, depuis Cinisello Balsamo, que le camion utilisé par Anis Amri partait en direction de Berlin. Un bourg qui abrite aussi un centre islamique, lequel fit parler de lui lors de l’attentat de Madrid du 11 mars 2004 et où ont vécu tout récemment des responsables connus de l’État islamique, comme par exemple Fethi Ben Hassen Ben Salem Al-Haddad, également Tunisien.

Alors? Le djihad s’arrêtera-il à Sesto San Giovanni? Attendons de savoir ce qu’en diront les habitants d’Eboli.

ANTIPRESSE | N° 56 | 25.12.2016

PS — Les Tunisiens viennent d’arrêter des membres de sa famille, djihadistes avérés.

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