Du haut de vos altitudes aristocratiques vous les traitez comme des manants et des gueux. Quelle ingratitude !

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Par Benoît Rayski
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Le président de la République a décidé de rompre avec l’usage qui voulait qu’à l’issue de la garden party du 14 juillet, le chef de l’Etat se confie – en direct à la télévision – à des journalistes. Des journalistes quand même choisis par lui… Non – et c’est une décision d’importance – il ne répondra pas aux questions de la presse ! C’est son droit. Et on devrait apprécier la pudeur d’un homme qui refuse d’exhiber en public son intelligence, ses lumières et ses talents.

En effet, pour expliquer sa décision, le porte-parole de l’Elysée a cru utile de préciser que la pensée d’Emmanuel Macron « était trop complexe pour se plier au jeu des questions-réponses ».

Plus méprisant que ça, tu meurs… Traduisons en bon français : les journalistes sont trop cons pour comprendre les méandres intellectuels de la pensée macronienne. C’est un postulat sur lequel nous ne lui chercherons pas querelle : un peu de lucidité sur les médias est toujours la bienvenue.

Mais il se trouve que ces journalistes, dont la bêtise est ainsi stigmatisée, ont puissamment contribué à faire élire Emmanuel Macron. Et là, même pas la reconnaissance du ventre. Le président de la République les humilie, et les piétine avec gourmandise. Qui dira le désespoir de Jean-Michel Apathie ? Qui compatira à la souffrance de Jean-François Achilli ?

Ruth Elkrief pleure et Macron se rie de ses larmes. Laurent Joffrin est déchiré par d’horribles tourments et Macron ricane. Et tous les autres, le menu fretin, Les Inrocks, Télérama, Elle, La Croix, ONPC etc. ? Pareillement mis plus bas que terre. Leurs QI n’arrivent pas aux chevilles complexes du chef de l’Etat. Les mauvaises langues – il y en a toujours – ont une autre version.

Emmanuel Macron voudrait tout régenter, jusqu’au moindre souffle de sa communication. Imagine-t-on qu’un journaliste lui demande pourquoi il a nommé au ministère du Travail une dame qui, alors qu’il était ministre de l’Economie, lui a organisé un séjour à Las Vegas dans des conditions sur lesquelles la justice enquête ?  Et que se serait-il passé si on lui avait demandé son opinion sur Richard Ferrand, éphémère ministre redevenu député, « mutualiste familiale » (selon l’heureuse formule du Canard Enchainé) qui se verra protéger par son immunité parlementaire? Et les Bayrou et autres Marielle de Sarnez, déminissionnés  eux aussi ? Emmanuel Macron pouvait-il ne pas savoir qu’il n’était pas de très bonne compagnie quand ils l’ont aidé à remporter l’élection présidentielle ?

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