Une étude de l’institut France Stratégie intitulée «responsabilité sociale des entreprises et compétitivité » (*) fait le point pour la première fois en France sur l’impact économique des pratiques de Responsabilité Sociale des Entreprises. Le bilan s’avère hautement positif pour ces dernières puisque selon l’institut, les entreprises engagées dans des actions de RSE verraient leur performance augmentée de 13 % par rapport à leurs concurrentes. Cette étude a le mérite de chiffrer pour la première fois l’avantage économique retiré par les pratiques du green washing. On comprend donc mieux pourquoi EDF ou Air France étaient partenaires de la COP21…

La RSE a été défini par la Commission européenne comme « un processus destiné à intégrer les préoccupations en matière sociale, environnementale, éthique, de droits de l’homme et de consommateurs. » Outre le respect des contraintes légales en vigueur, en matière par exemple d’information des consommateurs ou de normes environnementales, la RSE implique également l’idée de démarches volontaires de la part des entreprises, allant dans le sens d’un engagement plus approfondi sur ces sujets.

Le cadre légal reste cependant à l’heure actuelle peut contraignant. La loi NRE de juillet 2001 oblige toutes les entreprises cotées sur le premier marché (CAC40) à mentionner dans leur rapport de gestion annuel la manière dont elles prennent en compte les conséquences sociales et environnementales de leurs activités. En juillet 2009, le Grenelle II étend cette obligation à toutes les entreprises cotées…

La Commission européenne a souligné dans une communication au parlement en 2011 l’aspect le plus important de ces « préoccupations environnementales », qui n’engagent à rien et servent la plupart du temps de support à des campagnes marketing : la démarche RSE pourrait avoir des effets positifs sur la compétitivité, notamment par une meilleure formation des salariés, une amélioration des conditions de travail ou encore une meilleur gestion des risques et des relations clients. Les entreprises pourraient donc être gagnantes sur le plan économique par le biais d’une baisse des coûts, d’une amélioration des ressources humaines, de l’innovation et des relations avec la clientèle.

Plus globalement, la RSE a été identifiée par la Commission européenne comme une réponse à la défiance inspirée par les grandes entreprises aux citoyens, notamment depuis la crise financière de 2008. En effet, d’après un baromètre de la Commission de 2013, un Européen sur deux considérait que les entreprises « exercent une influence globale négative ». Selon France Stratégie, la RSE se présente donc « comme une réponse pour favoriser la confiance et une croissance durable et partagée par tous ».

L’étude de France stratégies, menée sur plus de 8000 entreprises françaises, permet de mesurer précisément les pratiques et les stratégies développées par rapport à la RSE, ainsi que les retombées en termes de compétitivité.

Ainsi, si le premier mobile donné par les entreprises pour expliquer leur engagement dans des actions de RSE est sans surprise « le respect de l’homme et de l’environnement », viennent ensuite des mobiles beaucoup plus économiques et pragmatiques. Ainsi, l’adhésion et la motivation des salariés arrive en deuxième position avec 32 % de citations, suivit de « l’amélioration de l’image externe du groupe », 31 % de citation, et la « gestion des risques » 30 % de citations. Pour 16 % des entreprises, la RSE permet également une « réduction des coûts ».

On mesure ainsi plus précisément quelles sont les retombées concrètes aussi bien attendues que constatées des engagements dans le « développement durable » de la part des entreprises. Si le « respect de l’homme et de l’environnement » paraît difficile à évaluer en terme de rapport coûts-bénéfices, les autres retombées attendues ressortent très clairement d’un processus de green washing avec de forts bénéfices espérés, comme une meilleure motivation des salariés, l’amélioration de l’image de marque ou encore la réduction des coûts.

Au final, le bilan financier de la RSE/green wahsing est très largement positif pour les entreprises qui s’en saisissent. France Stratégie a en effet mesuré une hausse de l’excédent brut d’exploitation de 15 % pour les entreprises engagées dans ses stratégies et directement imputable aux actions de RSE/green washing.

Le développent « durable » et la « croissance verte » ont décidément de beaux jours devant eux…

Guillaume Borel | 12 janvier 2016

Guillaume Borel est l’auteur de l’essai Le travail, histoire d’une idéologie. Éditions Utopia:2015. Il s’intéresse aux questions de macro-économie, à la géopolitique et aux questions de propagande et d’intoxications médiatiques.

(*) http://www.strategie.gouv.fr/publications/responsabilite-sociale-entreprises-competitivite

Source:http://arretsurinfo.ch/environnement-france-strategie-mesure-les-benefices-du-green-washing/

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