Le groupe Goldman Sachs Inc. vient d’engager Anders Fogh Rasmussen, ancien premier ministre du Danemark et ex-secrétaire général de l’OTAN, pour l’aider à surmonter les obstacles politiques que la banque a rencontrés depuis qu’elle a investi dans un établissement public l’année dernière.

Rasmussen, qui a gouverné le Danemark de 2001 à 2009 et a quitté l’OTAN l’an dernier, a été recruté comme consultant à la Banque de Wall Street tandis que le gouvernement se prépare à rendre publique une série de documents confidentiels à la suite de l’entrée de Goldman au capital de Dong Energy SA.

Michael Ulveman, qui travaille avec Rasmussen dans leur nouveau cabinet de conseil, a confirmé la nomination après son annonce par le journal local Berlingske. Le porte-parole de Goldman, Sebastian Howell, s’est refusé à tout commentaire.

Le ministre des finances Claus Hjort Frederiksen a indiqué cette semaine qu’il autorisait la diffusion de documents sur la privatisation de Dong que son prédécesseur, Bjarne Corydon, avait trouvé trop sensibles pour être partagés avec une commission parlementaire chargée de surveiller la vente. Le service de banque d’affaires de Goldman a payé environ 1,5 milliard de dollars en 2014 pour une participation de 18% au capital de Dong. Les fonds de pension ATP et PFA SA ont également investi dans le service public au cours de ce même accord.

L’accord a créé des dissensions au sein de l’ancienne coalition formée par les socio-démocrates, débouchant sur le départ d’un membre junior, le Parti Populaire Socialiste. Le gouvernement a été débarqué à la suite des élections de juin, ouvrant la voie à un gouvernement libéral conduit par Lars Loekke Rasmussen. Il a servi en tant que ministre des finances sous Fogh Rasmussen et a également été premier ministre de 2009 à 2011.

Un nouvel accord ?

René Christensen, un porte-parole du Parti Populaire Danois, qui a fait pression pour que les documents soient publiés, a déclaré qu’il n’y avait pas de risque que leur contenu déclenche des revendications politiques en vue de la négociation d’un nouvel accord.

« Il n’est pas vraiment question de modifier l’accord », a déclaré par téléphone Christensen. « Le problème est d’avoir eu un ministre des finances qui a annoncé qu’il ne pouvait pas faire confiance à la commission. » Les législateurs danois méritent de savoir « ce qu’il y avait de tellement important à propos de cet accord pour que nous n’ayons pas été autorisés à le voir plus en détail », a-t-il révélé.

Selon des propos de Martin Hintze, associé de Goldman siégeant au conseil d’administration de Dong, cités par le Berlingsk, la banque n’a aucune objection à ce que les documents soient rendus publics.

PFA, le plus gros fonds de pension commercial du Danemark, a annoncé mercredi qu’il ne voyait aucune raison de garder les documents secrets.

« Comme nous l’avons dit par le passé, nous estimons qu’en principe il n’est pas approprié de divulguer le contenu d’un ensemble confidentiel de négociations ni celui d’une entente confidentielle . », disait Anders Damgaard, un dirigeant de PFA, dans une déclaration. « Mais nous ne voyons pas d’inconvénient à ce que l’accord soit présenté au comité des finances. »

Peter Levring,  le 05/08/2015

Article original : Bloomberg,

Traduction www.les-crises.fr.

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