| 14 mai 2017

Je n’ai pas regardé la cérémonie d’investiture, pas pour boycotter mais parce que je n’avais pas envie. Journée de printemps de rêve comme la Provence sait en offrir, et si je n’avais pas beaucoup de doute sur la façon dont la cérémonie allait se dérouler, l’idée d’entendre les commentateurs télé passer des spasmes d’adoration ineptes aux saillies incultes (Jupiter Dieu de la guerre !), c’était au-dessus de mes forces. Comme en plus la légitimité de cette élection est pour moi brinquebalante, mais qu’il faut faire avec, je me suis dispensé cette fois-ci de la liturgie républicaine.

J’ai vu quelques extraits grâce aux réseaux et je lis avec amusement les commentaires. Amusement, parce que les macronophobes les plus endurcis sont tout surpris. Le jeune homme sait ce qu’est le mot dignité dont son prédécesseur n’a jamais connu le sens. Il est à sa place, grave, élégant, dans le ton, il fait le job, pas une fausse note dis donc ! Avant d’aller voir Madame Dalgo (Annie) dans son palais de l’Hôtel de ville, il a été à l’hôpital militaire de Percy pour visiter nos soldats blessés. Geste élémentaire du chef des armées, mais réalisé avec la discrétion et le tempo qu’il fallait. Sans faute le gars, finalement peut-être que les oligarques qui l’ont choisi ont réussi leur casting. Alors, tout surpris les opposants lèvent leur chapeau au passage du nouveau monarque. Stupéfaits d’avoir touché cette fois-ci un Président normal. C’est qu’on avait perdu l’habitude.

Eh oui parce que pendant cinq ans, cinq ans (!), il a fallu supporter un président anormal, un pignouf de légende, grossier personnage incapable de se comporter avec un minimum d’éducation. Avilissant sa fonction comme jamais, trahissant amis et promesses, ridicule dans les cérémonies officielles, et dans ses visites d’État à  l’étranger, congédiant sa compagne par communiqué AFP (!). S’abstenant de se rendre au chevet des policiers grièvement brûlés à Viry-Châtillon ou récemment à Paris, pour aller plastronner partout où un Président ne devait pas être. Pilotant lui-même des opérations de basse police, concierge intarissable de secrets d’État auprès de scribouillards indignes, nommant des ministres grotesques pour des raisons obscures, cet homme nous aura fait honte tous les jours.

Rien que pour ça, pour être débarrassés, soulagés de ce boulet, c’est une bonne journée, un bon dimanche.

Demain ce sera comme un lundi…

Source: http://www.vududroit.com/2017/05/hollande-revoir-adieu/

Imprimer