L’ambassade de France en Israël a publié -puis fait disparaître- un communiqué en hommage à Jordan Bensemhoun, militaire franco-israélien mort durant l’offensive terrestre à Gaza au cours de laquelle de possibles « crimes de guerre » ont été commis selon l’ONU.

Douze jours après avoir « dédié » son bal du 14 juillet aux Israéliens en pleine phase de bombardements sur Gaza, l’ambassade de France en Israël récidive.

Mardi 22 juillet, son site a initialement rendu public (via Twitter) un communiqué éloquent.

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Rebondissement révélateur qui en dit long sur les contradictions internes de la diplomatie française : ce mercredi 23 juillet, entre midi et 13h (heure française), le site de l’ambassade a fait disparaître le communiqué. Le lien URL renvoie désormais à cette page.

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Trop tard: Panamza avait sauvegardé une copie de la page originelle. Quant au texte du communiqué, il figure encore sur le site de la chambre de commerce France-Israël qui l’avait incidemment relayé ce matin.

Un martyr de l’israélo-jihadisme

Originaire de Vénissieux, Jordan Bensemhoun, enterré hier à Ashkelon, avaitquitté la France en 2008 pour rejoindre Israël et s’engager, quatre ans plus tard, dans l’armée. Le communiqué officiel ne précise pas l’endroit où est tombé -sous les tirs du Hamas- le jeune homme de 22 ans: le quartier de Chajaya à Gaza.

À propos de ce secteur ravagé par les opérations militaires israéliennes, voici ce qu’en rapporte ce matin Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Extrait sélectionné et traduit par Panamza : 

Dans le quartier de Chajaya, l’étendue des pertes et des dommages matériels est encore incertaine en raison de la continuité de l’offensive militaire terrrestre. D’après des informations préliminaires rassemblées par mon bureau à Gaza, le 20 juillet, une maison a été touchée par plusieurs obus d’artillerie à 6 heures du matin, tuant sept membres d’une même famille (parmi lesquels quatre femmes et deux enfants) et un voisin qui avait pris refuge dans la maison. Cinq autres membres de la famille, parmi lesquels trois enfants, ont été blessés.

Dans un autre cas, cinq individus étaient encore portés disparus -au 21 juillet- dans une maison ciblée par un raid aérien et sont présumés enterrés sous les gravats. Mon équipe continue de documenter plusieurs autres cas dans lesquels des résidences familiales ont été détruites avec des pertes rapportés de civils et vis-à-vis desquels des indices préliminaires suggèrent que pas même un seul membre d’un groupe armé n’était présent.

Cet après-midi, à la suite d’une dépêche de l’AFP, la presse en ligne a commencéà relayer l’information principale du rapport délivré par Navi Pillay, un ex-avocate sud-africaine engagée contre l’apartheid : la demande de l’ouverture d’une enquête sur d’éventuels « crimes de guerre ».

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Résumons:

*un Franco-Israélien s’engage en 2012 dans une armée coutumière, depuis sa création, d’exactions à l’encontre d’une population occupée. 

* Il meurt dimanche lors de la tentative de prise de contrôle d’un quartier de Gaza dans lequel sont commis -par Israël- de « possibles crimes de guerre » selon l’ONU

* La France présente mardi ses condoléances à sa famille -via un communiqué- quelques heures avant son enterrement en Israël.

* Le site de l’ambassade de France en Israël s’autocensure en retirant aujourd’hui le communiqué en ligne.

Ce tableau ne serait pas complet sans le rappel d’un parallèle formulé -le 25 avril- par Panamza sous le titre suivant: « Jihad en Syrie et engagment dans Tsahal : pourquoi interdire l’un et tolérer l’autre? »

Au regard des témoignages de sa famille aujourd’hui endeuillée, Jordan Bensemhoun pourrait être aisément qualifié, à l’instar de bon nombre de sescamarades partis de France, de militant « israélo-jihadiste ».

Dans un texte publié par le site d’extrême droite sioniste Jss News et rédigé par un député israélien partisan du ministre ultra-raciste Naftali Bennett, les propos émus du grand-père de Jordan Bensemhoun sont rapportés. Sa déclaration aurait pu être tenue, mot pour mot, par certains proches de djihadistes morts au combat :

C’est le fruit de l’éducation qu’il a reçu. La douleur est infinie mais je suis fier de lui.

Un nouvel enjeu législatif -périlleux mais incontournable, in fine– se dessine pour les générations politiques qui succéderont à la majorité parlementaire alignée sur le tandem Hollande-Valls la criminalisation de l’engagement dans l’armée israélienne.

Utopique en 2014 sous le triumvirat PS-UMP-FN, cette idée ne manquera pourtant pas de trouver un écho séduisant auprès des électeurs de demain, de plus en plus informés -grâce à Internet- des méfaits et des ravages causés par le sionisme radical, en Palestine comme en France.

HICHAM HAMZA – 23.07.2014 

Source: http://www.panamza.com/230714-france-gaza-israel

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