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Alors que les attentats se multiplient en Europe, l’Arabie Saoudite et ses alliés du Moyen Orient ont rompu cette semaine leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Grand reporter, Pierre REHOV prend position sur cet événement et fustige le « politiquement correct » en matière de terrorisme.

Par Pierre Rehov

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Source Le Figaro.fr


Pierre Rehov est reporter, écrivain, réalisateur de documentaires dont le dernier «Unveiling Jérusalem», retrace l’histoire de la ville trois fois sainte.


Chaque attentat terroriste est un choc, auquel succède, malheureusement, un concert d’atermoiements, d’analyses à l’emporte-pièce et de tentatives d’en diminuer l’impact.

Comme s’il suffisait de tendre des fleurs aux assassins de l’innocence pour les freiner dans leur projet abject de domination par la terreur.»

À ce jour, malgré plusieurs tentatives de projet commun, aucune organisation internationale n’a encore donné de définition définitive au terrorisme. En revanche, à l’université de contre-terrorisme d’Hertzlyia – dont j’ai eu le privilège de suivre le cursus – le Docteur Boaz Gannor avait l’habitude de marteler: «Le terrorisme, c’est le terrorisme, c’est le terrorisme!» Avant d’y aller de sa définition. «Le terrorisme est un ensemble d’actes de violence visant une population civile de façon systématique et indiscriminée dans le but d’obtenir un gain politique».

C’est une définition que j’ai également adoptée, tout en regrettant que les gouvernements et les médias n’en fassent pas une utilisation plus large qui leur permettrait de cadrer une bonne fois pour toutes l’acte terroriste sans être tenté de déraper vers le politique.

La raison de cette hésitation? Le politiquement correct.

Car, si cette définition colle à l’acte de façon si précise, c’est parce qu’elle inclut une intention. La volonté de tuer des civils. De ce fait, les partisans du politiquement correct, qui sont pour la plupart également des adeptes du relativisme moral, se verraient retirer leur principal outil d’aplanissement des événements par association des actes.

Après tout, qu’est-ce qu’un attentat ayant causé la mort d’une demi-douzaine de civils, quand les bombardements de l’occident entraînent des centaines, voire des milliers de dommages collatéraux?

Il s’agit là, évidemment, d’un débat moral, qui a parfois des airs de syllogisme. Car, si l’intention fait l’action, ainsi qu’il nous est appris en cours de philosophie de terminale, elle ne lui est pas égale. C’est la raison pour laquelle, dans le domaine de la criminalité, les psychiatres légistes américains utilisent «l’échelle de dépravation» développée par le Docteur Michael Welner, expert en psychopathologie auprès du FBI, pour définir la gravité d’un acte en fonction de son intention.

Il est issu du simple bon sens de reconnaître la différence entre un accident de la route, entraînant le mort de plusieurs personnes, même si le responsable est un chauffard alcoolique, et l’utilisation désormais entrée dans les mœurs d’une voiture-bélier pour massacrer le plus grand nombre possible de passants. Pourtant, nombre de politiques, sans compter nos grands médias, les mettraient au même niveau, lorsqu’ils estiment qu’à partir du résultat – la mort d’innocents – les actions se valent.

Par exemple, durant l’opération de l’armée israélienne à Gaza, les représailles de l’État hébreu ont non seulement été mises au même niveau que les actions terroristes du Hamas et de la Djihad Islamique, mais du fait qu’Israël était le plus fort, et causait un plus grand nombre de morts dans le camp adverse, c’est vers son armée que s’est tournée l’opprobre de la plupart des commentateurs «bien-pensants».

Oubliées, les quelque cinq mille rockets lancées dans le but de faire le plus de dommages possibles à la population civile par les organisations terroristes qui dirigent Gaza. Oubliée l’utilisation de boucliers humains par le Hamas, tandis qu’Israël tentait tout ce qui était en son pouvoir pour protéger les habitants de la bande. Les seuls éléments retenus, sont les chiffres. Combien de morts d’un côté, et combien de l’autre?

À l’aune du politiquement correct, l’Allemagne nazie et le Japon impérialiste s’en seraient sans doute sortis avec un satisfecit étant donné l’efficacité des bombardements alliés.

D’où, peut-être, cet échange entre le général Mac Arthur et le président Truman en septembre 1945.

Mac Arthur: «Demain, nous signons le traité de reddition de ces salopards jaunes. Aucune instruction spéciale?

Truman:: Bravo pour un super boulot. Mais faites attention à la façon dont vous vous exprimez auprès de la presse, parce que certaines de vos remarques ne sont pas politiquement correctes.

Mac Arthur: Je suis confus. Que veut dire exactement politiquement correct?

Truman: Le politiquement correct est une doctrine, récemment encouragée par une minorité délirante et illogique et promue par des médias traditionnellement malades, qui voudrait démontrer qu’il est tout à fait possible de ramasser de la m… sans se salir les mains!»

C’est au nom de cette doctrine qu’il est, en France, convenu d’appeler «jeunes» les casseurs de banlieue pour la plupart issus de l’immigration. Pour une certaine presse, les terroristes sont «des activistes», des «combattants», au mieux des «extrémistes» et parfois même des «détraqués mentaux».

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