Paul DE ROOIJ1er janvier 2006

En 2005, les autorités israéliennes et la plupart des principaux médias ont annoncé en fanfare le « désengagement » de Gaza, et ont prétendu que des mesures audacieuses avaient été prises pour résoudre le conflit.

En dépit de ces affirmations, la réalité est que des terres ont été volées aux Palestiniens, beaucoup ont été dépossédés, et le nettoyage ethnique s’est aggravé particulièrement à Jérusalem.

En attendant les Israéliens orchestrent une campagne de propagande pour cacher ce dernier chapitre sordide de dépossession.

La principale caractéristique de cette campagne est son invisibilité :
Israel et ses représentants dans les médias détournent efficacement l’attention de ce qui se produit sur le terrain. Il n’y a pratiquement aucun article sur le progrès de la construction du mur et sur l’effet qu’il a sur ceux qui ont été pris sur sa route.

En outre, il est évident que des événements ont été mis en scène et lancés à grand renfort de publicité pour détourner l’attention des médias, par exemple, la frénésie autour de l’expulsion des colons de Gaza [1].

La troisième caractéristique est l’adoption de mots teintés de propagande; ce sont des moyens subtiles pour changer la perception de la situation des Palestiniens et la nature des actions israéliennes — et c’est l’objet de cet article.

Les mots sont très importants. Les mots dessinent le cadre des choses, atténuent, calment, disculpent ou même cachent des actes sordides.
Des mots tels que « désengagement », « Etat viable », « barrière », etc., changent notre compréhension de la situation des Palestiniens victimes du nettoyage ethnique persistant qui a été la norme durant ces dernières décennies.

Invariablement, les médias occidentaux et leur armada d' »analystes » utilisent des mots teintés de propagande quand ils font référence à des actions israéliennes et à la situation des Palestiniens.

La liste ci-dessous analyse certains des mots les plus répandus qui cachent ou disculpent la dépossession de millions de Palestiniens [2].

Termes abusifs ou nouvelle terminologie curieuse (ordre alphabétique) : Traduction et explication

Arbitrage américain : « médiateur honnête » — encore une fois

Les Israéliens refusent de s’engager dans toute négociation avec les Palestiniens; toutes les mesures de « désengagement » ont été imposées unilatéralement. Cependant, un semblant de négociation est nécessaire et les Etats-Unis ont adopté le rôle de l’arbitre.

Les Etats-Unis cherchent à créer l’apparence que les négociations ont lieu bien que les Israéliens refusent d’avoir des entretiens en tête à tête.

Les Etats-Unis ont pris ce rôle malgré le fait qu’ils financent Israel à hauteur de milliards de dollars, le protègent diplomatiquement de la censure internationale, et ainsi de suite.

Habituellement un médiateur est une partie neutre sans conflit d’intérêt. Ça ne fait rien, pour des besoins de propagande, les Etats-Unis sont toujours appelés « médiateur honnête » ou « arbitre ».

Avant-poste : Délimitation pour une nouvelle colonie

« Une structure israélienne (civile ou militaire) au delà de la ligne d’Armistice de 1949 qui n’a pas obtenu une reconnaissance officielle par le gouvernement israélien.

Le plus souvent, ces avant-postes ont l’approbation tacite du gouvernement israélien et sont les précurseurs à de nouvelles colonies.
Les gouvernements israéliens retardent habituellement leur reconnaissance de ces avant-postes pour des considérations politiques. » [11]

Barrière ou clotûre de Sécurité : Le Mur

Pour donner l’impression qu’un journaliste ou un journal est « équilibré » en parlant du mur, le terme « barrière » (« barrier ») sera utilisé. Les médias Pro-Israéliens y font référence habituellement à en tant que « clôture » (« fence »).

En outre, « sécuritaire » est l’adjectif souvent attaché au terme « barrière », par exemple, Donald MacIntyre, journaliste de l’Indépendant, utilise toujours le terme joint : « barrière de sécurité ».

Cependant, le mot sécurité dans ce contexte préjuge l’intention du mur, et c’est une interprétation centrale pour les Israéliens de son but.

En réalité, le mur est un moyen d’annexer plus de terre, de créer des conditions misérables pour les Palestiniens, et d’imposer une frontière.
Chomsky a décrit le mur comme arme, et c’est une estimation plus précise de son intention [19].

Un autre terme joint est « séparation » (bien qu’il ait été supplanté par « sécurité » parce que « séparation » est associé à « Apartheid »).

C’est ce que Oren Medicks, un pacifiste israélien, dit à ce sujet :
« La clôture de séparation est présentée au public israélien comme une mesure de sécurité raisonnable censée séparer les Palestiniens des Israéliens; en réalité, la seule séparation qu’elle offre, c’est entre les Palestiniens et leur terre. » [20].

Concessions : Désir de réponse de bonne volonté aux mesures israéliennes imposées unilatéralement

En 2005, quand les Israéliens ont unilatéralement imposé des mesures dans ce qui est connu comme le désengagement, les Israéliens et ses défenseurs ont exprimé un désir de « concessions » palestiniennes en réponse à la « bonne volonté » israélienne.

Leur théorie est que les actions israéliennes sont imprégnées de bonne volonté envers les Palestiniens — sûrement la première fois que des nettoyeurs ethniques manifestent de la bonne volonté envers leurs victimes.

Il y a de nombreux contre-exemples démontrant le manque d’entrain absolu des Israéliens envers les Palestiniens.
Il est instructif de lire les dernières négociations au sujet du passage des frontières entre Gaza et l’Egypte, ou du lien de circulation entre Gaza et la Csjordanie.

Selon les mots de Gidéon Levy : « Toute personne qui passe en revue les articles de presse découvrira les principaux composants caractérisant le comportement d’Israel envers les Palestiniens : l’ambiguité, le manque d’un minimum de bonne volonté et le non-respect des accords. » [4]

Controversé : Illégal

Les journalistes traditionnels sont incapables de suggérer que la construction des colonies est illégale.
L’euphémisme du choix est : « controversé ».

Naturellement, plus tard ils suggéreront qu’il « n’est pas raisonnable » d’enlever les colonies — elles étaient seulement controversées, pas illégales ou immorales [5]. (Voir : Il n’est pas raisonnable de..)

Contiguité de transport : Ponts et tunnels entre les réserves séparées

Israel a été très occupé à contruire des routes exclusives entre les colonies et les principaux centres de population israélienne. Ces routes divisent intentionnellement la Cisjordanie en enclaves isolées pour exclure la formation d’un mini-Etat palestinien en Cisjordanie.

Et maintenant, pour accomplir la vision de Bush d’un Etat « viable », il doit y avoir une « contiguité de transport. » Cela fait référence aux ponts et aux tunnels qui doivent être construits pour relier les enclaves Palestiniennes séparées.

Il est impossible de créer des routes directes entre les colonies et les principales villes israéliennes, et de créer en même temps un réseau logique de transport qui reliera les centres de population palestinienne.

L’infrastructure créée pour démolir la possibilité d’un Etat palestinien ne peut pas coexister avec une infrastructure logique de transport censée l’unir.

Naturellement, les Palestiniens ne seront pas autorisés à utiliser les routes construites pour les colonies — pour la plupart, ces routes sont seulement pour les Juifs.

Désengagement : Occupation par d’autres moyens et intensification du nettoyage ethnique

Le prétendu désengagement était l’imposition d’une série de mesures unilatérales qui ont mené au redéploiement des forces israéliennes dans Gaza, au retrait limité des colonies, et à une accélération de la dépossession et du nettoyage ethnique en Cisjordanie et à Jérusalem.

Tandis que les propagandistes cherchaient à souligner le désengagement de Gaza, il est clair qu’ils ont cherché à cacher les développements sordides en Cisjordanie, ou les implications du contrôle israélienne du périmètre de l’enclave sur la population de Gaza.

Dilution ethnique : Développer le Nettoyage ethnique

Des fonctionnaires de la ville de Jérusalem ont récemment révélé un nouveau programme-cadre pour la ville:

« Le plan implique de diluer la population dans tous les quartiers de la Vieille Ville, sauf dans le seul qui a été pour l’instant restauré — le quartier Juif – comme moyen de ralentir la croissance rapide de la population. » [6]

État viable : Réserves palestiniennes

Tout comme « une érection viable » ne laisse pas augurer l’approche du fort impact du sexe, « un Etat viable » n’indique pas la formation d’un Etat souverain ou d’une économie vivante.

Apportant un autre doute sur ce qui est signifié par « un état palestinien viable », il y a le fait qu’à plusieurs occasions, le public de l’AIPAC a acclamé le terme à chaque fois que le Président Bush l’a prononcé [24].

Le terme « état viable » est un nom de code pour un état privé de souveraineté, une économie dépendante, et sujet à d’autres caprices israéliens, par exemple, le veto sur les politiques, les candidats politiques, le contrôle des ressources, l’acquisition des armements, etc…

La fonction principale d’un tel état est de devenir une terre vidée de la population palestinienne dans les secteurs qu’Israel cherche à coloniser.

Les Palestiniens devraient consulter les Indiens d’ Amérique pour déterminer comment leurs réserves sont « viables ».

Feuille de Route : Route vers nulle part

La déclaration de Dov Weisglass (l’homme proche d’Ariel Sharon) que des négociations avaient été placées dans le formol et l’approbation consécutive des Etats-Unis du prétendu processus du « désengagement » a mis un pieu dans le coeur de la « Feuille de Route » et a rendu dénué de sens le groupe d’arbitrage du Quartet.

Bien que la « Feuille de Route » soit clairement morte, les officiels du Département d’Etat américain, le président américain et les commentateurs parmi les médias suggèrent toujours que les Palestiniens devraient suivre la « Feuille de Route ».

C’est-à-dire, qu’Israel impose des mesures unilatérales, mais que certains suggèrent toujours que les Palestiniens devraient suivre une « Feuille de Route » défunte.

Le 26 décembre 2005, quand la BBC a fait un reportage sur la construction de nouvelles maisons dans les territoires occupés, il a été dit que »la démarche semble enfreindre les engagements d’Israel de geler la colonisation dans les Territoires Occupés, dans le cadre du processus de paix soutenu par les Etats-Unis, la « Feuille de Route ». (18)

Les fréquentes références à « une infraction à la Feuille de Route » ont toutes quelque chose à voir avec la propagande. C’est-à-dire, que la BBC ou CNN préfèrent déclarer qu’une certaine politique israélienne, par exemple, la construction de nouvelles maisons sur le Territoire Occupé, « enfreint la Feuille de Route », au lieu de déclarer qu’elle « enfreint le droit international ».

La « Feuille de Route » reste en tant que subterfuge pour éviter de déclarer que les actions israéliennes violent le droit international.

Feux d’Apartheid : Feux de circulation en faveur des Juifs

« … un chercheur de B’Tselem du camp de réfugiés de Shuafat, cite l’existence d’un terme relativement nouveau dans le lexique de la discrimination dans la partie Est de la capitale, « des feux de circulation d’Apartheid. »

Il n’y a presque aucun feu de circulation dans les quartiers Arabes de Jérusalem. Les feux de stop existent principalement dans les rares endroits où circulent des Juifs.

Dans ces cas, par exemple aux feux de stop placés au nord de l’intersection de French Hill, le temps réparti au trafic des Arabes venant de Shuafat est bien moins long que le temps attribué aux voitures venant du quartier Juif.

En conséquence, pendant de nombreuses heures de la journée, il y a de longues files de véhicules qui attendent à l’intersection sur les routes « Arabes ». [3]

Gestion des ressources : Vol des ressources

Il y a quelques années, des experts israéliens en matière de gestion de l’eau ont rencontré leurs contre-parties palestiniennes pour se mettre d’accord sur la gestion des ressources en eau.

Quelques accords ont été obtenus, mais plus tard les Palestiniens ont découvert que les Israéliens pompaient plus d’eau que convenu (les Israéliens ont installé une canalisation d’un mètre de large, bien plus large que celle stipulée dans les « accords »).

Les Palestiniens ont également constaté qu’ils devraient acheter la majeure partie de leur eau à des compagnies de l’eau israéliennes au lieu de la pomper eux-mêmes [9].

En outre, les Palestiniens ont constaté que les futures augmentations de la demande en eau devraient trouver de « nouvelles sources », c.-à-d., l’acheter à des usines de dessalement israéliennes — alors que, pendant ce temps, les Israéliens pomperont plus d’eau dans la couche aquifère de la Cisjordanie.

Des gisements de gaz naturel au large de la côte de Gaza « sont gérées » par une société israélienne, et aucun revenu de cette ressource n’est donnée aux propriétaires de jure de la ressource.

Dans les Conventions de Genève, une puissance occupante n’est pas autorisée à exploiter les ressources naturelles appartenant aux territoires qu’elle occupe à moins que la population occupée y consente.

Gestion du Conflit : Suppression de la résistance; alternative à la paix

Israel impose une « solution » aux Palestiniens, et cela s’appelle le « désengagement ».
Puisqu’il n’y a aucune négociation, il n’y a aucune raison pour que les Palestiniens doivent en accepter l’issue et certains peuvent décider de poursuivre la lutte armée.

Les entretiens « de gestion du conflit » sont des discussions avec des collaborateurs palestiniens pour supprimer la résistance armée (voir : Paix)

Israel Proprement dit : Vol concédé (vol authentique)

« Israel proprement dit » est un terme de propagande pour la terre israélienne qui ne peut pas être négociée — cette terre a été volée, mais maintenant elle devrait être considérée comme étant « Israélienne » sans faire référence à ses origines douteuses.

L’ensemble d’Israel a été établi sur la terre volée à la population palestinienne autochtone, et le sous-entendu de « proprement dit » est que la terre est maintenant accordée à Israel par celui qui utilise ce terme.
Le sous-entendu est également qu’on ne devrait pas parler du nettoyage ethnique de 1948 et de la dépossession massive de la population autochtone.

Le fait que ce terme concède la majeure partie de la terre volée en 1948 fait partie du problème : il considère le conflit seulement par rapport à la conquête de 1967 à l’exclusion de la terre et des droits des réfugiés palestiniens et de ceux qui sont parvenus à rester dans ce qui est maintenant Israel.

En outre, puisque Israel n’a pas de frontières définies, il en découle qu' »Israel proprement dit » n’a pas non plus de frontière définie.

La délimitation de la Résolution 181 des Nations Unies aurait dû être une frontière pour Israel, mais jusqu’à récemment la Ligne Verte délimitait « Israel proprement dit », et lentement le mur sera considéré comme la frontière d’Israel « Proprement dit »; c’est-à-dire, jusqu’à ce qu’Israel décide d’annexer encore plus de terres pour les incorporer à l’une de ses colonies de Cisjordanie ou de s’approprier une autre partie de Jérusalem.

Et, naturellement, on ne devrait pas oublier qu' »Israel proprement dit » inclut également la terre volée à la Syrie en 1967.
La signification de « proprement dit » augmente constamment.

La désignation de « proprement dit » semble s’appliquer seulement à Israel, et il n’y a pas un autre pays avec des conflits de frontières ou de terres qui est mentionnée de la même manière.

Par exemple, il n’y a pas un terme de « Grande-Bretagne proprement dite », bien qu’elle ait une prétention illégitime sur quelques îles, Gibraltar… Ou les USA avec une prétention douteuse sur Guantanamo, Diego Garcia (bien que ce soit les Anglais qui ont nettoyé éthniquement les îles pour les Etats-Unis), Puerto Rico…

Il n’est pas raisonnable de s’attendre à ce que les colons soient retirés.: Les voleurs ne peuvent pas être expulsés

Si le retrait de 8.000 colons de Gaza a créé un tel vacarme, alors « il n’est pas raisonnable » de s’attendre au retrait des colons de Cisjordanie ou de Jérusalem-Est.

Bien que les colonies soient illégales en vertu du droit international, et que leur construction ait été à juste titre vue comme un moyen d’exclure un accord pacifique négocié, les Israéliens et leurs défenseurs visent à représenter les colonies de Cisjordanie comme permanentes et, au delà de la controverse — bientôt elles seront considérées comme une région d' »Israel proprement dit ».

Kamikaze ! : La bombe de précision du pauvre homme

Meurtre insignifiant : Meurtre sanctionné

Bien avant l’Intifada actuelle, à Hebron en 1996, un colon israélien a abattu Hilmi Shusha, 11 ans. Un juge israélien a acquitté pour la première fois le meurtrier, en disant que l’enfant « était mort tout seul en raison d’une pression émotionnelle. »

Après de nombreux appels et sous pression de la Cour Suprême qui a désigné l’acte comme un « meurtre insignifiant », le juge a reconsidéré son jugement et, alors que l’ Intifada Aqsa faisait rage, il a condamné le tueur à six mois au service de la communauté et à une amende de quelques milliers de dollars.

Le père du garçon a accusé la cour de rendre un « permis de tuer. »

Gideon Lévy de Ha’aretz a éloquemment décrit l’amende comme « un prix de soldes de fin de saison pour la vie d’enfants, » en faisant référence aux conclusions de B’tselem, la principale organisation des droits de l’homme en Israel, qui a documenté des dizaines de cas semblables dans lesquels les coupables ont été acquittés ou ont reçu une tape sur la main. » [8]

Modéré : Extrémiste de Droite

Maintenant qu’Ariel Sharon a décidé de quitter le parti du Likud, les commentateurs déclarent souvent que son nouveau parti sera « Centriste », et que Sharon devrait être considéré comme un « Modéré ».

L’interprétation de Gideon Lévy est très révélatrice :

« Sharon et Mofaz, les modérés, sont responsables de la politique la plus brutale qu’Israel ait jamais mené dans les territoires.
En fait, il sont aujourd’hui les deux politiciens les plus extrêmistes de Droite.

Shimon Peres, qui est dépeint comme bien plus modéré que lui, a donné son appui total à leur politique.
Par conséquent, il est également un extrémiste.

Avi Dichter et Moshe Ya’alon, les prochains grands espoirs de la Droite et des « Modérés », sont à la barre des deux organisations effectuent des actions violentes et brutales, sans retenue, contre une population civile sans défense.
Ils ne peuvent pas être considérés comme modérés selon les normes standard. Ils sont responsables de bien plus d’injustice, de meurtres et de destruction que l’ensemble de la Droite « Extrêmiste ».

La distinction entre les extrémistes et les modérés dans la société israélienne doit, donc, subir une révision urgente. L’utilisation de ces termes dans leur formulation actuelle est fallacieuse. De cette façon, Sharon et, en fait, Peres ont réussi à tromper les Israéliens et le monde entier en se présentant comme modérés.

Mais un modéré est seulement quelqu’un qui reconnait l’existence des Palestiniens en tant que peuple avec une égalité des droits et qui est prêt à en tirer les conclusions politiques évidentes.

Celui qui ne reconnait pas les droits de l’autre et ignore son existence est un extrêmiste de Droite, qu’il s’appelle Feiglin, Mofaz, Netanyahu ou Sharon. » – (10)

Négociations : Si c’est à vous, nous négocions

Les Israéliens ont une attitude qui, s’il y a conflit de terre ou de ressource, alors ils sont disposés à négocier aussi longtemps qu’ils sont supposés être sous le contrôle de l’autre partie. Cependant, quand la terre ou la ressource est en « Israel proprement dit », alors aucune négociation ne devrait être possible. (voir : Gestion de ressources et Israel proprement dit)

Tout droit auquel les Palestiniens aspirent est un élément de négociation.

Le droit de voyager, les documents pour voyager, les communications entre la Cisjordanie et Gaza, l’attribution de la pêche, etc., ce sont tous des éléments de négociations utilisés par Israel pour obtenir plus de concessions, particulièrement sur la « sécurité ».

Les négociations ne traitent pas les choses substantielles, mais les droits fondamentaux que les « Occidentaux » prennent pour acquis.

Nouvel anti-sémitisme : Critique d’Israel

On voit qu’Israel nettoie actuellement éthniquement de grands secteurs de la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Il met en application des mesures draconiennes contre la population palestinienne restante avec l’intention de la forcer à émigrer.

Cependant, quand on critique ces actions, ou pire encore qu’on les condamne, alors on est accusé d' »anti-sémitisme »!

Les affirmations du « nouvel anti-sémitisme » sont un écran de fumée pour détourner l’attention des actions sordides des Israéliens.

On voit également que ceux qui sont enclins à coller l’étiquette de l’anti-sémitisme à toute critique d’Israel sont eux-mêmes des racistes anti-Arabes et prônent de nier l’humanité ou même l’existence des Palestiniens.

Paix (NB : La prononciation d’Ariel Sharon de ce mot est plus proche de « pisse ») : Ouais, un vilain mot

Arnon Soffer est l’un des Dr. EtrangeAmour d’Israel, et le « père du mur ». Voyons ce qu’il pense de la « paix »:

Question : Quelle sera à la fin l’issue de toute cette tuerie ?

Arnon Soffer : Les Palestiniens seront forcés de réaliser que la démographie n’est plus significative, parce que nous sommes ici et qu’ils sont là-las. Et alors ils commenceront à demander des discussions « de gestion de conflit » – et non ce vilain mot « paix. »

La paix est un mot pour les croyants, et je n’ai aucune tolérance envers les croyants – que ce soient ceux qui portent les « yarmulkes » ou ceux qui prient le Dieu de la paix [12].

La paix est en effet un vilain mot quand il est prononcé sans référence à la justice. La justice est un concept plus efficace que la paix, et peut-être un meilleur slogan pour ceux concernés par la situation des Palestiniens.

Porte humanitaire : Sadisme modéré

Amira Hass, une journaliste de Ha’aretz, décrit certains des détails d’un checkpoint:

Egalement d’importance secondaire, il y a la décision d’ouvrir « la porte humanitaire » (qui est prévue pour le passage des personnes en fauteuils roulants, les parents avec des poussettes de bébé et les ouvriers de nettoyage palestiniens employés par une société sous contrat), le matin aux femmes et aux hommes de plus de 60 ans.
Un autre détail qui, en soi, détourne l’attention de ce qui est important.

Ce qui est important est que l’armée et les citoyens israéliens qui conçoivent tous les détails de la dépossession — et les barrages routiers sont une partie inséparable de cette dépossession — ont transformé le terme « humanitaire » en un mensonge ignoble.

Et alors nous offrons un petit tourniquet dans une cage, un officier qui reçoit l’ordre de voir un vieil homme, une salle de bains et un refroidisseur d’eau — et cela est décrit comme « humanitaire. »

En d’autres termes, nous poussons un peuple entier dans des conditions impossibles, conditions incontestablement inhumaines, afin de voler sa terre, son temps, son futur et sa liberté de choix, et alors le propriétaire de la plantation apparaît, détend un peu sa poignede fer et est fier de son sens de la compassion [7].

Préserver la sécurité des colons : Sécurité pour les nettoyeurs ethniques…

« Sur le terrain, la création et l’entretien (de la colonie) d’Ariel a nécessité et continue à nécessiter des difficultés indescriptibles aux Palestiniens qui s’avèrent justement vivre dans la ville voisine de Salfit et dans de nombreux villages situés largement autour.

Les habitants palestiniens sont exposés à la confiscation incessante de leur terre afin d’alimenter l’appétit de terre de la colonie en constante expansion d’Ariel, et leur vie quotidienne est soumise à des restrictions aux déplacements de plus en plus rigoureuses sous prétexte de ‘préserver la sécurité des colons’. » [14]

Proche Orient : Plus près de vous

L’AIPAC, le principal comité d’action politique pro-Israélien aux Etats-Unis, a créé un « think tank » pro-Israélien avec ce nom curieux : Institut de Washington pour la Politique au Proche Orient.

On se demande pourquoi il n’a pas été appelé  » Institut de Washington pour les Affaires Israéliennes ».
Raison : Israel ne veut pas être vu comme une partie du Moyen-Orient, et préfère être vu comme une partie du « Proche » Orient. C’est-à-dire, plus près de l’Europe.

Rechercher et trouver des solutions innovantes : Ignorer l’histoire et éviter les références à la justice

Lors d’une conférence récente à l’université d’Harvard, Shimon Peres a déclaré que : « Nous devrions rechercher et trouver des solutions innovantes. »
Cela a été considéré comme étant une remarque tellement sage qu’elle a été utilisée comme préface au débat Dershowitz-Chomsky à l’université de Harvard le 29 novembre 2005.

Ce que suggère Peres est que l’histoire du conflit devrait être ignorée, et que les solutions proposées ne devraient pas aborder l’injustice perpétrée dans le passé, c.-à-d., éliminer les restitutions, les compensations.

Les récents projets de Rand Corporation sont « les solutions innovantes » : des chemins de fer, des tunnels, des ponts, des checkpoints high tech – payées de préférence par les Etats-Unis ou l’Union Européenne.

Tout cela n’aborde pas la nécessité de rectifier l’injustice des phases du nettoyage ethnique de 1948 et 1967 et les démolitions de maisons incessantes. La restitution est nécessaire, mais Peres ne l’envisagera pas comme « une solution innovante ».

Naturellement, une certaine partie de l’histoire est de plus grande valeur; quand il s’agit de la Seconde Guerre Mondiale, alors on devrait ne jamais oublier l’histoire, et cherche toujours la restitution des anciens biens Juifs.

Quand il s’agit du nettoyage ethnique des Palestiniens en 1948, alors ce chapitre devrait être ignoré — on devrait seulement « regarder vers l’avant » — et il ne devrait pas y avoir de suggestion de restitution.

Cependant, c’est aux victimes d’un conflit de déclarer : « oublion le passé » ou d’abandonner leur revendication de restitution; ce n’est certainement pas à Shimon Peres, un représentant des nettoyeurs ethniques, de le dire.

Registre de Population : Livre de registre du surveillant de prison

Avant le « désengagement », Israel contrôlait le registre de la population, et toutes les naissances, décès, mariages, et changements de résidence des Palestiniens devaient être rapportées aux autorités israéliennes.

Après le prétendu désengagement, l’Autorité Palestinienne à Gaza doit encore remettre ces données malgré le fait qu’elle est supposée avoir gagné plus d’indépendance [13].

Réponse : Punition Collective

Après chaque attaque-suicide ou action violente contre des Israéliens, il y a des appels incessants pour une « réponse ».

Le gouvernement israélien se réunit pour déterminer quel acte de punition collective sera mis en application. Le gouvernement israélien utilise la population palestinienne des territoires occupés comme otages, et lui inflige une punition collective en tant que moyen de « dissuasion ».

Les Israéliens sont toujours autorisés à répondre; c’est la prérogative de l’occupant. Les Palestiniens ne sont jamais autorisés à répondre, cela serait appelé du « terrorisme ».

C’est ce que dit à ce sujet le Dr. Majeed Nassar, un médecin de Beit Sahour :
« La notion de sécurité absolue exprime l’idéologie intolérante d’Israel révélée par [… ] sa politique et sa structure psychologique: [… ] La transformation de la notion de sécurité pour le citoyen israélien en un racisme répugnant permet à Israel d’emprisonner une population entière en l’assiégeant afin d’essayer de forcer le mouvement de résistance palestinien à la reddition. »(17)

Retrait des colonies : mesures partielles

Israel est disposé à abandonner certaines de ses colonies, mais il n’est pas disposé à renoncer aux « blocs de colonies ».

C’est une distinction cruciale faite par le prof. Jeff Halper, fondateur et directeur de l’ICAHD. Israel cherche à garder le contrôle des blocs de colonies, c.-à-d., un secteur bien plus grand [15].

Il est important de noter qu’une des recommandations faites par les stratèges militaires pour briser l’Intifada était : « Effectuer le retrait ‘provisoire’ des colons israéliens des colonies exposées et isolées et d’une valeur peu stratégique… » [16].

Sécurité interne : Répression dans les réserves palestiniennes

Le seul rôle accordé par les Israéliens à l’Autorité Palestinienne est pour « la sécurité interne », c.-à-d., réprimer son propre peuple.
Israel voudrait vraiment voir l’Autorité Palestinienne réprimer tous les groupes armés et « démanteler l’infrastructure terroriste. »

Souveraineté : Gestion palestinienne des réserves

Danny Rubenstein, un correspondant de Ha’aretz, a récemment déclaré sur une radio américaine que les Palestiniens devraient tirer le meilleur de leur « souveraineté » nouvellement acquise qui leur a été accordée dans le cadre du plan de désengagement.

Sachez que l’Autorité ¨Palestinienne n’a aucun contrôle de ses frontières, de ses ressources, doit toujours fournir à Israel un registre de population détaillé, et ne peut même pas émettre des documents pour les déplacements à l’étranger… [22]

Quand il a été demandé au général Amos Yaron, l’architecte du mur, si la construction du mur tenait compte des incidences sur l’environnement du côté Est du mur (l’enclave palestinienne), sa réponse fût : « en fait, en réalité nous considérons les deux côtés comme les nôtres, nous sommes les maîtres. Pour nous il n’y a aucune différence entre les deux côtés « [23].

C’est trop pour une « souveraineté ».

Vision : La chose de vision

Le Président Bush se réfère rarement à sa « vision », et tout comme son père, il y fait référence dérisoirement en tant que « chose de vision ».

Cependant en 2002, Bush a déclaré qu’il avait eu une « vision d’un état palestinien », et prédisait qu’il serait établi en 2005.

Ce que la transcription de sa déclaration ne reproduit pas, c’est le sang-froid de Bush quand il a prononcé cette déclaration — riant sous cape avant et après la déclaration.

L’établissement de l’Etat a ensuite été retardé en raison de la violence palestinienne (naturellement!) — une autre vision reportée.

Zone de sécurité : zone de mort

En décembre 2005, Israel a déclaré une zone de sécurité, c.-à-d., un secteur arbitraire à côté de la frontière de Gaza (du côté palestinien) où toute personne qui s’y trouverait serait tuée.

En outre, Israel développe également des mitrailleuses automatiques placées sur le mur qui tireront sur n’importe quoi dans une distance arbitraire.

Même lorsque la nature de ces zones de mort est connue, certains journalistes s’y réfèrent en tant que « zones de sécurité » [21].

De plus, puisque Israel se réserve le droit d’intervenir n’importe où, cela signifie que tous les Territoires Occupés sont des zones libres de tir.

Pendant la guerre du Vietnam, l’armée américaine avait institué « des zones libres de tir », c.-à-d., qui que ce soit qui est vu peut être tué (semblable au plan israélien), des mines terrestres ont été disséminées, ou l’artillerie tirerait au hasard dans un secteur.

NOTA : Ceci équivaut à un crime de guerre. La « zone de sécurité » est un euphémisme pour « la zone libre de tir » qui était elle-même un euphémisme pour la « zone de mort ».

Paul DE ROOIJ1er janvier 2006 | Droits réservés

1- La construction du mur est à peine couverte, et les conséquences pour ceux isolés par le mur semblent être ignorées. Certains des villages du côté Ouest (Seam Area : Zone de Couture) du mur ont été dévastés par la construction du mur, pourtant une recherche internet indique que leurs cas n’a pas été mentionné par les médias principaux !
Il est également très probable que la menace de grippe aviaire ait été sur-publicisée pour des raisons semblables.
Une confirmation que la couverture de la grippe aviaire a été utilisée pour la propagande est que ce sujet s’affaiblira et disparaîtra avec le temps.
Quelques semaines après, une autre « méga-menace » sera créée, par exemple, le nucléaire iranien, un asteroïde en cours de collision avec la terre…

[2] – Pour un précédent glossaire sur l’abus de langage, voir mon « Glossaire de l’Occupation » du 12 septembre 2002.
Il y a une description plus détaillée du pourquoi il est important de comprendre la signification cachée des mots, et pourquoi on devrait faire attention aux mots utilisés.

[3] – Danny Rubinstein, « La bataille pour la capitale », Ha’aretz, 31 Mars 2005. Il y a plusieurs autres articles sur le même sujet; cependant celui-ci la récapitule plutôt bien.

[4] – Gideon Levy, « Le passage sécurisé : L’histoire d’une farce », Ha’aretz, 11 Decembre 2005.

[5] – Voir par exemple: Jonathan Marcus, « Le Grand Jérusalem se dessine », BBC Online, 25 Mars 2005.

[6] – Nadav Shragai, « Le nouveau programme-cadre de Jérusalem cherche à limiter la surpopulation de la Vieille Ville », Ha’aretz, 14 Septembre 2004

[7] – Amira Hass, Ce n’est pas tout dans le détail, Haaretz, 28 Decembre 2005. C’est un article important.

[8] – Omar Barghouti, « Exécution d’un autre enfant à Rafah », CounterPunch, 25 Octobre 2004.

[9] – Conférence d’un expert palestinien sur les resources en eau à SOAS – Octobre 2004.

[10] – Gideon Levy, « Feiglin est préférable », Haaretz, 25 Decembre 2005.

[11] – Glossaire des termes compilés par Applied Research Institute of Jerusalem (ARIJ)

[12] – Arnon Soffer, interview de Ruthie Blum, « UN pour UN : C’est la démographie, idiot », Jerusalem Post, 20 Mai 2004.

[13] – Il est instructif de lire les articles d’Amira Hass sur le sujet. Lire « Aller étudier en Australie ? », Ha’aretz, 14 Decembre 2005.

[14] – Uri Avnery, « Vous avez attiré sur vous le boycott : Lettre de Gush Shalom à l’Université de Bar« , 26 Avril 2005.

[15] – Discours du Prof. Halper à SOAS, 2004.

[16] – Anthony Cordesman, « Israel versus les Palestiniens: La Seconde Intifada et une Guerre Asymétrique », Octobre 2000.

[17] – Dr. Majeed Nassar, « La Stratégie d’Absolue Sécurité d’Israel », 25 Février 2002 (ensuite publié en Arabe).

[18] – BBC, Israel va construire de nouvelles maisons pour les colons, BBC Online, 26 Decembre 2005

[19] – Noam Chomsky, « Un Mur en tant qu’arme », New York Times, 23 Février 2004.

[20] – Oren Medicks, L’histoire de Nazeeh, Yellow Times, 30 Mai 2003.

[21] – Voir par exemple, Donald MacIntyre, Israel lance des attaques aériennes sur Gaza parmi des rapports de ‘zone de sécurité’, The Independent, 28 Decembre 2005.

[22] – Interviewé sur YourCallRadio pour commenter le plan de « désengagement ». Malheureusement, l’interview avec Laura Flanders n’est plus accessible en ligne — quand le programme de radio a changé de nom, la plupart des anciens programmes ont également cessé d’être archivés (une honte).

[23] – Le général a été interviewé dans le film de Simone Bitton « Le Mur »

[24] – C’est la transcription d’un discours devant le public de l’AIPAC (http://www.corkpsc.org/db.php?aid=7175) — malheureusement, les rires du public et les applaudissements enthousiastes ne sont pas retranscrits. C-SPAN peut encore avoir archivé ce discours, et cela vaut la peine de l’écouter.

Article original en anglais: http://www.imemc.org/article/15908 [Traduit par MG]

Source : http://arretsurinfo.ch/israel-glossaire-de-la-depossession/

Imprimer