Quelques titres de la presse romande. [Crédit photo: Dominic Favre – Keystone]


Sur le vif

Pascal Décaillet | 12.03.17 | Pascaldecaillet.blog

Ils disent tous la même chose. Ils vomissent sur Trump, sur Poutine, sur Erdogan, ils ont encensé Mme Clinton, Obama. Ils soutiennent les gentils Kurdes sur la place des Nations, comme ils ont embrassé, jusqu’à l’étreinte, la cause albanaise, dans les années 1990. Ils n’en peuvent plus de défendre l’Union européenne, Mme Merkel, et maintenant Macron, figuré comme l’ultime rempart avant la Bête immonde.

Ils disent tous la même chose. Depuis deux décennies, ils ont défendu la libre circulation des personnes, en Suisse. Ils ont sanctifié le flux, diabolisé la frontière, ridiculisé comme des arriérés les partisans des nations. Aujourd’hui, le vent tourne, alors ils commencent à se convertir. Ils avaient vingt ans pour le faire, ne l’ont jamais fait. Quand vous écriviez contre la libre circulation, il y a cinq ans, dix ans, comme je l’ai toujours fait, ils vous traitaient de nostalgique, de xénophobe.

Ils disent tous la même chose. Depuis plus d’un quart de siècle, ils conspuent l’UDC. Ils ont combattu férocement l’initiative du 9 février 2014, sur l’immigration de masse, ils ont perdu, ils ont multiplié la hargne pour empêcher à tout prix son application. Ils ont réussi : ce que le Parlement nous propose n’est qu’une soupe, un brouet.

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PORTRAIT – Qui êtes-vous, Pascal Décaillet?

Journaliste-vedette à Léman Bleu, après deux décennies passées à la RSR, Pascal Décaillet ne laisse personne indifférent! On l’adore ou on le déteste. On le jalouse parfois et souvent, on l’envie! Quand on est juste gentil et poli, on le dit volontiers prétentieux, voire arrogant, trop sûr de lui. Mais aussi, ses détracteurs reconnaissent en lui un sacré connaisseur de la vie genevoise et un excellent journaliste.

 

Pascal Décaillet dérange, c’est sûr.

Journaliste et entrepreneur indépendant, avec de nombreux mandats dans la presse suisse, Pascal Décaillet envoie, depuis 18 mois, toutes les semaines, une page complète à GHI. Il remplit parfaitement le rôle d’électron libre, externe à la rédaction, que nous avions espéré trouver en lui confiant cette page. Tout comme à Léman Bleu, ou sur son blog, ou dans ses chroniques de presse écrite, il interpelle les politiques sans concession, parfois vivement, traque la langue de bois, fustige aussi bien la droite que la gauche, sans compter… le centre! Il dérange, c’est sûr, et il n’est pas rare qu’à la direction de GHI, nous enregistrions des réclamations… quand ce ne sont pas des menaces de boycottage! Mais de ce côté-là, nous sommes blindés.Qui êtes-vous réellement, Pascal Décaillet? On vous croyait de droite, voire d’une droite dure, de quelle couleur politique êtes-vous réellement? Dites-nous tout, en toute franchise.

JMF – Pascal Décaillet, on vous sait érudit, intelligent et très travailleur, mais le grand public genevois vous connaît surtout par Léman Bleu et GHI. Pouvez-vous en préambule nous décrire votre parcours, vos goûts, vos passions, en bref votre vie ?

PaD – Je suis un Valaisan de Genève. Mon père était de Salvan, ma mère d’Orsières. Je demeure passionnément attaché à ces deux identités cantonales qui s’ajoutent, le Valais de ma famille (où nous avons un chalet), la Genève de ma vie. Je suis marié avec la comédienne Caroline Gasser et nous avons deux filles: Pauline (21 ans) et Louise (18 ans). Je partage ma vie entre ma famille et mon travail, la passion des livres, celle de la nature, de la botanique, l’Histoire, et la poésie. Une vie très simple. Je déteste les cocktails, les mondanités. Et je ne suis pas sûr d’être très à l’aise au milieu de la foule. Entrepreneur depuis sept ans, j’ai une société à moi, une collaboratrice (Audrey Breguet, que j’ai engagée il y a quatre ans). Je vais tous les jours de la semaine à mon bureau, à Carouge, sept jours sur sept. C’est une passion.

– Depuis que vous êtes aux commandes de Genève à chaud, sur Léman Bleu, et dans les pages de GHI, vous ne laissez personne indifférent. On vous adule ou on vous déteste. En êtes-vous conscient ?

– Je n’écris pas pour plaire aux politiciens genevois dont je parle, ou que je reçois à l’antenne. Je n’attends strictement rien d’eux. Je mène mon parcours de journaliste. Ils mènent le leur, d’acteurs de la vie politique. Lorsque des choses dysfonctionnent dans un parti ou à l’Etat, je le dis. Ça ne leur fait pas très plaisir, mais je le dis quand même. La fonction critique est l’une des tâches cardinales du journalisme. Chroniqueur, éditorialiste, blogueur, utilisateur des réseaux sociaux, je m’exprime, comme d’ailleurs tout citoyen en a le droit.

– A lire régulièrement votre chronique dans GHI, on est en droit de se demander si vous êtes de droite ou de gauche. Vous malmenez tour à tour les uns et les autres, sans concessions, et vous faites souvent la part belle aux élus de gauche, comme par exemple notre Maire, que tout le monde n’apprécie pas. Qu’en est-il réellement? De quel bord politique êtes-vous? On vous dit proche des idées de l’UDC.

– Je ne suis d’aucun parti, d’aucune faction, je suis un homme seul. A part ma famille et quelques amis qui me sont très chers et remontent pour la plupart aux années d’enfance ou d’adolescence, je ne fréquente personne. Politiquement, je suis très attaché à notre démocratie suisse. L’histoire de mon pays, en tout cas depuis 1798, me passionne, ainsi que nos 26 Histoires cantonales. J’aime la primauté du suffrage universel, le fédéralisme et surtout, l’idée que notre petit pays, fragile mais tellement attachant, conserve sa souveraineté nationale. En cela, oui, je suis un conservateur. J’aime aussi l’idée de frontière, le protectionnisme agricole, l’encouragement à produire et consommer local, la préférence à l’emploi pour les résidents, toutes choses qui me rapprocheraient en effet de l’UDC ou du MCG. En même temps, je suis pour l’entreprenariat social, j’ai voté oui à Minder, je suis très soucieux du sort des petites gens. Des thèmes plus proches du socialisme.

– Une référence ?

– S’il fallait en donner une, parmi tellement d’autres, je dirais que je suis très attaché à la figure de Léon XIII (1878-1903), le pape du Ralliement à la République et de la Doctrine sociale. Mais aussi à De Gaulle, Mendès France, Delamuraz, Tschudi: voyez, rien n’est simple! Je n’appartiens assurément à aucun parti, ni d’ailleurs à aucune communauté grégaire. La seule, invisible, dont je me reconnais membre, est l’Eglise catholique romaine. Mais… je vous en ai déjà beaucoup trop dit!

«Je ne suis d’aucun parti, d’aucune faction, je suis un homme seul»

Jean-Marie Fleury | 07.03.2013

Source: GHI

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