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Paul Craig Roberts

Lorsque j’étais jeune, les Etats-Unis existaient encore.

Même le verbiage creux du 4 juillet ne peut cacher le fait si évident. Les jeunes ne savent pas qu’ils ont perdu leur pays, parce qu’ils sont nés dans une période où celui-ci était déjà perdu. Pour eux, c’est la normalité.

De plus, les jeunes sont bien trop occupés à se tester les uns les autres et à se raconter eux-mêmes, souvent de manière intime, sur les médias sociaux pour s’informer de ce qui les attend, tellement perdus dans leur insouciance qu’ils sont…

Quand j’étais jeune, la police était l’amie du public. On pouvait compter sur elle pour nous aider, et non pas abuser de nous. Les arrestations abusives étaient rares, les abus physiques des citoyens encore plus rares. Aujourd’hui c’est de la pure routine.

Au cours des années écoulées, j’ai écrit au sujet de la transformation de la police de protectrice en matraqueuse du public.

Durant toutes ces années, j’ai reçu bon nombre de lettres d’anciens policiers qui me disent qu’ils ont abandonné leur profession par dégoût total de la corruption interne et de la brutalité sans borne jamais punie, ou aussi en résultat du fait qu’ils avaient peur d’être forcé(e)s de participer à la corruption ou à en devenir une victime.

De manière générale, les départements de police ne sont pas tenus pour responsables parce que les maires, les commissaires de districts et les représentants de l’état, tout comme les membres du congrès des Etats-Unis, peuvent être arrêtés sur de fausses accusations et diabolisés par la presse comme “criminels”. Quel journaliste de police connaissez-vous qui ne soit pas du côté de la police, source de ses infos et de ses histoires ?

Les Etats-Unis sont un pays perdu. La corruption totale qui règne dans toute institution publique et privée est complète. Il ne reste absolument rien d’autre que la tyrannie totale et les mensonges, les mensonges sans fin.  Les membres de la pressetituée y participent activement.

Ci-dessous je reproduit un extrait d’une lettre qu’un ancien policier m’a envoyée, le genre de policier dont nous avons tant besoin:

“Cher Dr Roberts, j’ai été dans la police, alors que je lisais l’article This Is How They Protect Us au sujet de la TSA et de l’abus par ses employés d’une jeune femme handicapée et de sa mère; la laideur de cet incident m’a décidé à vous écrire. Je suis devenu policier dans une grande ville deux jours avant mon 21ème anniversaire. J’ai démissionné après 14 ans de service alors que j’étais devenu complètement dégoûté de la profession. » 

Je me souviens d’un vieux sergent qui a déclaré en apprenant que je démissionnais: ‘ne voient-ils pas ce qui se passe ? Tous nos meilleurs jeunes partent’; je pense que j’étais donc loin d’être le seul.”

“Ces employés à la sécurité de la TSA ne sont pas justes brutaux et insensibles ; ils sont aussi complètement stupides. C’est ce que les dirigeants voulaient. Ils ne voulaient pas de gens qui savent réfléchir. Ils voulaient et veulent des gens qui suivent les ordres c’est tout, et bien ils ont ce qu’ils cherchent.”

Paul Craig Roberts | 3 juillet 2016

Article original: Paul craig roberts.org

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Source: Resistance 71


Remarques sur le style et la rhétorique de Paul Craig Roberts

Par sa rudesse et sa crudité, le style et la rhétorique de Paul Craig Roberts sont bien propres à déplaire aux spécialistes des relations internationales, aux diplomates, aux fonctionnaires internationaux et même au citoyen Lambda qui s’efforce de suivre dans ses journaux habituels les nouvelles sur l’évolution de la situation mondiale. On y trouve, en effet, des expressions telles que les “medias presstitués“ pour désigner les organes de presse et d’information vénaux ou sous influence, dont la priorité n’est pas la vérité des faits et des situations, ou telles que les “Etats vassaux de l’Union Européenne“ pour rappeler qu’en tant que membres de l’OTAN, ces Etats ne disposent plus que d’une souveraineté restreinte en matière de politique étrangère, cette dernière leur étant, pour l’essentiel, dictée par Washington, ou encore telles que “les idiots de Washington“ pour souligner l’irresponsabilité foncière des responsables politiques actuels des Etats-Unis d’Amérique. Ce style hyperbolique n’est pas sans rappeler celui de certains mouvements d’extrême gauche, ce à quoi d’aucuns rétorqueront que la chose ne doit pas étonner venant d’un homme d’extrême droite. Or c’est là une erreur. Paul Craig Roberts est assurément un homme de droite, ils est parfois classé comme paléo-conservateur, mais il n’est en aucune façon un homme d’extrême droite comme en témoignent ses prises de position sur les droits humains et sur le programme de sécurité sociale du Président Obama. C’est un libéral politique et économique, passionnément attaché à l’Etat de droit et à la vénérable Constitution américaine de 1787, mais aussi au respect du droit international. Alors, quelle explication donner à la rudesse et la crudité du style de Paul Craig Roberts ? Imaginez un médecin consciencieux ayant longtemps travaillé dans un hôpital, mais l’ayant quitté à sa retraite, et qui aurait appris que ses successeurs, sous prétexte de soigner les malades, les utilisent comme cobayes pour des armes biologiques, tout en étant couverts par le secret défense. Croyez-vous qu’un tel médecin usera d’un langage poli et prudent pour dénoncer les turpitudes de ses successeurs ? Non ! Il clamera haut et fort son indignation et l’indignité des silences complices. C’est ce que fait Paul Craig Roberts et c’est ce qui fait son style. Par Ivo Rens, août 2014. Blog d’Ivo Rens : https://worldpeacethreatened.com/

Source: http://arretsurinfo.ch/lamerique-detruite/

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