LA FINE ÉQUIPE DES BRAS CASSÉS OEUVRANT AU DÉPARTEMENT « INQUISITION » DU MONDE S’EST FENDUE D’UN ARTICLE SUPPOSÉ NOUS ÉCLAIRER SUR LES FAITS EN MARGE DES VIOLENTES MANIFESTATIONS À CHARLOTTESVILLE QUI AVAIENT FAIT UNE VICTIME.

Alors, déjà, un bon point pour eux, ils sont maintenant parfaitement capables d’identifier des nazis défilant aux flambeaux, même de nuit.  Ça n’a pas toujours été le cas, j’espère qu’il ne s’agit pas d’une simple rémission passagère mais bien d’une guérison complète.

Après, ça dérape très vite, par contre.  À lire ces pioupious[1], on finirait par croire que les nazis, les suprémacistes blancs et autres KKK se sont battus contre eux-mêmes, ou l’ombre que projetait leurs torches.  Oui monsieur, puisqu’on vous le dit, seuls les extrémistes de droites ont participé à la baston… Ok, mais contre qui ?

Et il faut attendre la fin de l’article pour en comprendre la raison.  Vous vous souvenez sans doute de la polémique qu’avait provoqué Trump en rejetant les responsabilités à la fois sur l’alt-right… et l’alt-left ?  Seulement voilà, c’est pas de jeu, l’alt-left, ça n’existe pas :

Selon Mark Pitcavage, un analyste de la Ligue antidiffamation cité par le New York Times, une ONG luttant contre l’antisémitisme outre-Atlantique, ce mot ne correspond à aucun groupe organisé à proprement parler. Utilisé sur Reddit par l’alt-right, les journalistes de la chaîne conservatrice Fox News, la NRA et maintenant à la Maison Blanche, le but est de créer une équivalence fantasmée entre l’extrême droite et l’extrême gauche, mettant sur un même plan les deux idéologies.  Source : Les décodeurs

Et toc !  Ça vous en couche un boin, hein !  Donc au mieux, les manifestants d’extrême gauche ne représentaient rien, et au pire, n’avaient même pas le droit de manifester puisqu’ils représentaient une alt-left qui n’existe pas.  Si ça se trouve ils n’étaient même pas en règle de cotisation et d’assurance.  Moi je dis, c’est ballot.  Une journée de perdue à se colleter avec des bas-de-plafond suprémacistes pour rien !

Ce que le Monde passe sous silence

Si en effet l’appellation alt-left utilisée par Donald Trump constitue une première, et donc une sorte de néologisme, les violences, elles, ont bel et bien perpétrées par les deux camps qui ont semé la désolation dans la ville.  Et ceux-là sont connus partout dans le monde depuis les années ’30, sous le nom d’antifas.  Ils partagent les mêmes méthodes violentes que ceux qu’il prétendent combattre et s’avèrent souvent être d’authentiques fascistes.  C’est actuellement l’arme de prédilection du pouvoir pour couper court à toute tentative d’émergence d’une gauche véritable, ou de l’idéologie anarchiste.  Raison pour laquelle la violence est, dans leur cas tolérée, voire encouragée.

Parce que, tout de même, les autorités savaient pertinemment bien que les gros beaufs suprémacistes allaient débouler en ville, et ils ne pouvaient pas ignorer qu’une contre-manifestation des antifas était, elle-aussi, prévue.  Cela ne pouvait donc tourner qu’à l’affrontement, et dégénérer.  La responsabilité des autorités, en pareil cas, est de maintenir une distance de sécurité entre les deux groupes de manifestants, en s’interposant, et en canalisant celles-ci.  Pourquoi ceci n’a-t-il pas été fait, c’est la première question à se poser.

Le Monde… en fait des tonnes

La propension des médias de gôche bobo-solférinienne à dépeindre l’Amérique de 2017 comme s’il s’agissait de Munich en 1936 est proprement sidérante.  Si les mouvements suprémacistes aux USA ont bel et bien eu leur heure de gloire, ils ne sont plus aujourd’hui que l’ombre d’eux-mêmes, les chiffres sont éloquents :

Ku Klux Klan

Comptait jusqu’à 4 millions de membre à son apogée, en 1925.  Ils ne seraient plus aujourd’hui que 4.000, après que leurs effectifs furent tombé à 3.000 autour de 1978.  À noter que les estimations actuelles sont données non pas par des agences officielles, mais par l’Anti-Defamation League qui est elle-même une émanation du B’nai B’rith.   Si l’on ramène ça à la population du pays en 2016 (323,1 millions), cela nous donne 0,001238007 %, soit une personne sur cent mille, environ.

American Nazi Party

Au mieux, on peut estimer que ce parti politique (qui ne compte aucun élu), pèse au plus 200 ou 300 adhérents à travers tout le pays, puisque, selon Wikipedia, le National Socialist Movement (un autre mouvement d’inspiration nazie) était, d’après le New York Times (2011), « le plus important mouvement suprémaciste avec 400 membres répartis dans 32 États ».  Totalement anecdotique.

Les « non classés »

Une partie des laissés-pour-compte de la société américaine, notamment dans la ceinture de rouilleet dans les États du Sud représentent le véritable vivier de l’intolérance et du suprémacisme blanc.  Qu’y a-t-il d’étonnant à celà ?  Partout ou le chômage et la misère sont endémiques parmi certaines couches de la population, l’extrême droite fait florès.  Et comme à chaque fois, on a les responsables tout trouvés !  Les étrangers, les immigrants, qui viennent manger le pain des Français Américains.

Selon moi, ça n’en fait pas des nazis, sauf à penser que l’électorat de Marine Le Pen serait, lui-aussi, constitué d’authentiques nazis bouilleurs de chatons.

Par Ph. Huysmans |17 Août 2017

Notes

[1] Pioupiou : subst. masc.  Vieilli, fam. Simple soldat, généralement dans l’infanterie. Synon.troufion (pop.).[Le soleil] qui brunit nos pioupious en Afrique (Balzac,Lettres Étr., t.2, 1844, p.395).Une histoire de troupiers, la touchante idylle d’un pioupiou, la grosse souffrance naïve d’un soldat (Le Livre,Bibliogr., VI,1885,p.169 ds Fonds Barbier).Je le voyais sur des photographies, déguisé en pierrot, en garçon de café, en pioupiou (Beauvoir,Mém. j. fille, 1958, p.28).

Source: https://www.levilainpetitcanard.be/articles/actu/les-deconneurs-ont-encore-frappe_1199293970

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