Le communiqué que nous vous présentons ci-dessous, a été signé par des écrivains, des romanciers et des journalistes respectés, de sensibilités différentes et ayant une insertion dans la vie culturelle syrienne. Ils ont en commun, la défense de l’État syrien. Certains d’entre eux ont vu leur maison brûlée par les terroristes, leur voiture volée, leur bibliothèque détruite à Damas, Lattaquié et Idleb.

syrie-martyrs
Mur à la mémoire des journalistes et techniciens qui ont payé de leur vie la couverture de la guerre qui frappe leur pays

Lettre signée par un groupe d’intellectuels syriens vivant en Syrie

Une lettre signée par des intellectuels syriens expatriés a été publiée [notamment par Libération en France, ndlr], rejetant la responsabilité de la destruction de la Syrie sur les États-Unis et la Russie.

Nous, intellectuels qui vivons  au cœur de la réalité sanglante de la Patrie, voyons que la guerre contre la Syrie est un projet américano-sioniste, ayant pour but le démantèlement de l’État syrien et la création d’isolats ethniques et confessionnels, dirigés par Israël et les États-Unis.

Durant toute la guerre, les gangs armés n’ont eu de cesse de détruire les infrastructures syriennes, les usines, les écoles, les hôpitaux, les trains, les centrales électriques et les aéroports, ils ont assassiné les cadres compétents, bombardé les universités.

Pendant ces destructions, les intellectuels signataires de la lettre précitée, étaient les stars des chaînes satellites financées par l’Arabie et le Qatar, les stars des congrès dans les hôtels 5 étoiles, organisés par les services secrets occidentaux étasuniens, ce qui leur a valu une appellation «internationale».

Est-ce que cela a été dans le but de la liberté et de la démocratie ?  Si tel était le cas, ces épris de liberté et de démocratie ne seraient pas tombés dans le giron de pays répressifs qui ne connaissent ni Constitution, ni Parlement, ni partis, mais qui décapitent, coupent les mains, humilient la femme et apostasient les chrétiens.

La vérité est que Burhan Ghalioun, lors d’une interview avec le Wall Street Journal, a déclaré leur but de couper le lien syrien avec le Hezbollah et l’Iran, et privilégier la relation avec les pays du Golfe.

Sadek Jalal el Azem a déclaré que le parti d’Erdogan est exemplaire, et que les«révolutions»  nécessitent une aide étrangère. Al-Dhahabi a identifié la nécessité de résister au danger iranien. Et ce, pendant que l’Arabie Saoudite nouait des rencontres plus ou moins secrètes avec les services secrets israéliens. Les signataires de cette lettre n’ont pas endossé la responsabilité intellectuelle de dévoiler les vérités, ils ont figuré en tant que porte-parole du projet américano-occidentalo-golfo-sioniste. Et jusqu’à maintenant leur lettre exprime le regret que l’Arabie saoudite, le Qatar et les États-Unis n’aient pas effectué un maximum d’ingérence en Syrie, au risque d’allumer une guerre mondiale.

Leur haine contre la Russie vient du fait qu’elle a empêché, à un moment critique, l’effondrement de l’État syrien et la victoire de Daech.

La Russie n’est intervenue que depuis un an, répondant à une demande populaire syrienne, alors que les États-Unis, l’Europe, le Qatar et l’Arabie ont  supervisé une armée terroriste renouvelée pendant 5 ans, qui a commis  décapitations, cannibalisme, incendies, noyades, enrôlement d’enfants, captivité de fillettes, viols de femmes, djihad du sexe, vols d’antiquités, de pétrole et de blé, destruction de monuments historiques, incendies d’églises, assassinat de prêtres dans leur couvents; mais tout ceci, les signataires de la lettre ne l’ont pas vu, ni n’ont entendu l’étrange discours confessionnel contre l’Etat syrien !

De toutes façons, celui qui ignore les réalités perd également la mémoire, et oublie que les Syriens n’ont jamais mis sur un pied d’égalité la Russie et les États-Unis : en 1943, sous l’occupation française, le gouvernement bourgeois national a établi des relations diplomatiques avec l’Union soviétique, afin d’appuyer sa demande d’indépendance, Jamil Mardam Bey a reconnu  avoir accompli une avancée historique et personnelle. Dans les années 1950 du siècle dernier, Khaled el Azem, le bourgeois syrien connu, a posé les jalons de l’industrialisation de la Syrie, en convention avec l’Union soviétique. Pendant la guerre de 1973, la Syrie a défendu son ciel et son sol avec des armes soviétiques, et pendant cette guerre sauvage, les vétos russes ont empêché la réalisation du scénario libyen en Syrie. Et grâce à l’aviation russe, l’armée syrienne a repris des villes et des villages des mains des terroristes de Daech et al-Nosra.

Voici la réelle raison de leur colère !

Les gens avaient applaudi les experts russes lors de leur passage dans le souk Hamidieh, pendant la guerre d’octobre 1973, et aujourd’hui, nous applaudissons les pilotes russes et la politique russe. Les honnêtes gens sont reconnaissants, surtout lorsque la coopération russo-syrienne atteint ce niveau d’alliance contre le terrorisme international.

Mais il est difficile pour celui qui s’est vendu aux services secrets occidentaux et à l’argent du Qatar et de l’Arabie saoudite, de comprendre les relations d’amitié et de respect historiques syro-russes.

Nous ne pensons pas que la lettre de ces intellectuels-là [Syriens qui vivent en dehors de Syrie, ndlr] ébranlera la structure de cette amitié.

Car celui qui porte la voix de ceux qui détruisent la chère patrie syrienne n’est pas habilité à déterminer les valeurs et les normes. Il sera oublié par ceux qui l’ont instrumentalisé, dès que son rôle sera achevé.

Nous, intellectuels  syriens qui vivons les douleurs de la guerre avec notre peuple, condamnons la politique étasunienne et européenne qui utilise les terroristes pour détruire notre pays, et saluons la Russie, notre amie historique, qui combat réellement le terrorisme, confiants en la victoire sur l’idéologie takfiriste sauvage, et sur son pendant laïc, financé par le Qatar et l’Arabie saoudite.

Un groupe d’intellectuels syriens vivant au pays – Octobre 2016

Comme ils vivent  au cœur de la guerre, sous les obus des bandes armées qui visent les civils dans la rue et dans les écoles, nous tairons leurs noms, de peur des représailles. Il faut comprendre que ceux qui affrontent le terrorisme au quotidien sont autrement plus exposés que ceux qui se pavanent dans les grands hôtels sous protection occidentalo-saoudo-qatarie. Un jour, après la guerre, les noms de ces Syriens qui méritent le respect, seront publiés.

Traduit par Yara

Source: Yara

Imprimer