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Well done, Mr Erdogan! Les attentats du 13 novembre vous ont directement profité, puisque vous avez obtenu une relance, dès 2015, du processus d’adhésion de la Turquie à l’Europe, en échange d’un meilleur contrôle de vos frontières. Cet accord de dupe démontre, une fois de plus, l’incapacité politique de l’Union Européenne à gérer son propre avenir.

Erdogan obtient un accord scélérat!

Selon Reuters, la Turquie a tout obtenu de l’Union Européenne en échange de la promesse (creuse) d’un contrôle des frontières. Règle-moi le problème des migrants, et je te donnerai ce que tu voudras. Concrètement, la Turquie devrait recevoir 3 milliards d’euros, une levée des restrictions à l’immigration turque en Europe à partir d’octobre 2016, et surtout la relance des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union.

L’UE ouvrira en décembre le prochain chapitre des négociations sur une adhésion de la Turquie qui sont dans l’impasse depuis 2005 et préparera d’autres chapitres pour des discussions dans les trois premiers mois de 2016.

Voilà qui n’était donc pas si compliqué! Il suffisait de quelques attentats pour que l’Europe abandonne toute résistance face à l’islamiste Erdogan, qui jette désormais ses journalistes en prison dès qu’ils ne délivrent pas la propagande de l’AKP.

Erdogan et son bras d’honneur à l’Europe

Erdogan qui, il y a quelques jours ordonnait la destruction d’un avion de chasse russe pour faire barrage à toute coalition anti-Daesh, vient de s’offrir un joli cadeau. Il a laissé son Premier Ministre Davutoglu déclarer, à l’issue du sommet européen:

"Ce jour est un jour historique dans notre processus 
d'accession à l'UE. Vingt-neuf chefs d'Etat et de gouvernement 
vont se rencontrer et avoir un sommet entre la Turquie et l'UE", 
a-t-il dit. 
    "C'est un jour vraiment historique pour ré-insuffler de 
l'énergie dans notre processus d'accession ainsi que pour 
discuter des tensions, des derniers développements en Europe et 
autour de l'Europe", a-t-il insisté. "Je suis reconnaissant 
envers tous les dirigeants européens pour ce nouveau départ."

Questions « tensions » en Europe, la Turquie aura probablement beaucoup à dire… Au passage, les services secrets turcs pourraient se lâcher sur la liste des terroristes qu’ils laissent passer à leurs frontières avec un laxisme tout à fait innocent.

Erdogan compte sur le suicide allemand

Comme toujours depuis l’implantation allemande en Turquie dans les année 1880, Erdogan compte sur l’allié germanique pour obtenir, dans cet accord, le beurre et l’argent du beurre. Non seulement il recevra immédiatement 3 milliards, et probablement plus au fil du temps (la Turquie pousserait volontiers son avantage jusqu’à 7 milliards d’euros), mais l’Allemagne soutient un principe général de réinstallation des réfugiés arrivés en Turquie. « Payez-moi pour accueillir les migrants, et je vous les enverrai plus tard! »

Il faudra qu’un jour on puisse comprendre l’entêtement de l’Allemagne à se suicider en accueillant à bras ouverts des populations qui, tôt ou tard, remettront en cause l’équilibre européen interne. Le principe de réinstallation devrait figurer, malgré de nombreuses oppositions en Europe, en toutes lettres dans l’accord.

Erdogan et le silence des gouvernements européens

L’accord, négocié en pleine COP 21, devrait évidemment passer inaperçu aux yeux des opinions publiques, et on comprend vite pourquoi. D’une part, il reste muet sur le respect des Droits de l’Homme en Turquie, pourtant en pleine dégradation depuis la réélection d’Erdogan. D’autre part, il ne comporte aucun engagement de la Turquie vis-à-vis de la lutte contre l’Etat Islamique.

Il est de plus en plus évident que l’Etat Islamique est un pion avancé par la Turquie, et qu’Erdogan est le « Troïen » d’un bloc sunnite piloté par l’Arabie Saoudite avec une parfaite duplicité vis-à-vis de notre ordre: d’un côté, on vous aime, de l’autre, on vous déstabilise.

Mais bien entendu, la classe politique européenne totalement achetée par les Saoudiens n’en pipe mot.

La situation des migrants se dégrade

L’accord signé à Bruxelles est bien entendu un miroir aux alouettes. Erdogan sera le maître du jeu, capable d’envoyer, quand ça lui chante, des centaines de milliers de migrants en Europe pour susciter une nouvelle crise interne. Les échauffourées à la frontière macédonienne cette semaine l’ont encore montré. L’Europe de Schengen est en effet, quelle que soit la façon dont elle tourne le problème, incapable de faire face à l’arrivée massive de populations errantes sur son territoire.

« On n’en peut plus d’attendre, cette nuit on a dormi sous la pluie, on n’en peut plus, on veut passer », a déclaré à l’AFP un des manifestants, le Congolais Héritier Shabani, 31 ans.

La France absente de la scène européenne

Assez curieusement, la négociation sur les migrants se déroule sans la France. François Hollande, tout occupé à monter une coalition planétaire dont on ne voit pas le début de commencement, et à régler les problèmes du climat dans vingt ans, n’a pas d’autre position sur le sujet que: « il faut aboutir à un accord ». Dans son incurie, il voit les choses en grand: Paris est vidée de ses habitants, et en butte à l’agitation des black blocs qui affrontent la police avec les bougies amassées pendant plusieurs jours en souvenir des victimes des attentats.

La très grande classe, chez les Ecolos!

Les bouffons belges en redemandent

C’est le grotesque Premier Ministre Charles Michel, fils du déjà pathétique Louis Michel, qui a porté la voix francophone sur l’Europe, en tenant des propos qui montrent le niveau cataclysmique où quarante ans de fédéralisme ont porté cette farce anglo-saxonne qu’est la Belgique, montée en 1815 et qui fait toujours recette.

Après avoir remarquablement déclaré:

« Nous n’avons pas en Belgique une jungle de Calais avec 6.000 personnes« , commence-t-il avant de critiquer la façon dont la France gère la sécurité dans ses banlieues où « la police n’ose pas circuler« .

Il a brillamment ajouté:

« Il en faut beaucoup plus [que les moyens dégagés à l’échelle nationale], j’appelle à ce qu’il y ait une mobilisation pour mettre en place une agence européenne du renseignement, une CIA européenne« , a-t-il affirmé.

Face à la guerre menée aux nations européennes, supprimons les nations européennes, dépossédons les Etats de leur police et de leur Sûreté nationale, et le problème sera réglé.

Plus que jamais, la France, pour assurer sa sécurité intérieure, doit enfin se décider à annexer cette imposture qu’est la Belgique!

La Suisse n’a pas (d’état) d’âme

Pendant que les couards gouvernements européens jouent à cache-cache avec leurs opinions publiques, en tentant de limiter les dégâts (moins de souveraineté étatique, encore des migrants) pour leur projet europhile béat, la Suisse, pays le plus prospère d’Europe, a moins de scrupule. Elle agit. En un mois, elle a renvoyé en Allemagne 444 migrants Afghans interceptés à sa frontière et mis en rétention 1.200 autres.

La Libye, le nouveau défi

Alors que l’Europe a déjà beaucoup de difficulté à affronter la question de l’Etat Islamique au Levant, elle devrait prochainement affronter un péril encore plus grand, l’apparition d’un vassal de l’Etat Islamique en Libye, autour de la ville de Sirte. Selon les services de renseignement, c’est là que l’état-major de l’Etat islamique pourrait se replier en cas de pression militaire excessive en Syrie.

2.000 combattants seraient déjà présents là-bas, qui contrôleraient un territoire côtier large d’au moins 300 kilomètres. L’ensemble serait dirigé par des Irakiens et des Saoudiens.

Eric VERHAEGHE | 29 novembre 2015

Source: http://www.eric-verhaeghe.fr/journal-de-guerre-leurope-se-soumet-a-erdogan/

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