Qu’est-ce qui vous prend, Monsieur le Président, friseriez-vous le burnout ou bien l’autoritarisme et le mépris sont-ils chez-vous une seconde nature ?

On pourrait le penser

Encore Ministre sous Hollande, vous aviez déjà qualifié des salariés d’un abattoir breton d’illettrés, ce qui vous avait valu une volée de bois vert, mais c’était avant et vous vous étiez senti obligé de faire des excuses.

Plus près de nous, sous votre nouveau magistère, et toujours en Bretagne, vous aviez parlé des gens qui ne sont rien, ce qui dénote une parole qui se libère, sans filtre, comme on dit et une vision particulière de notre société.

Il y a quelques semaines, en Roumanie, vous avez vitupéré contre la France qui ne serait pas un pays qui se réforme, alors qu’il n’attend que cela, sauf que, réforme n’a pas le même sens pour tout le monde et que celles que vous proposez ne plaisent pas forcément à l’ensemble des français.

Plus récemment, en Grèce, pays exsangue, devant un parterre de happy-fiew, vous avez déclaré ne rien vouloir céder, « ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ».

Ces deux derniers exemples de votre fébrilité, sont d’autant plus remarquables que vous aviez déclaré que vous ne commenteriez pas la politique intérieure depuis un pays étranger.

Vous a-t-on dit que le fait de dénigrer la France et ses habitants, dont certains sont vos électeurs, pouvait porter préjudice à notre pays en matière de commerce international et que les investisseurs étrangers vont y regarder à deux fois avant de venir dans ce pays de fainéants, de cyniques et d’extrêmes.

Où sont les fainéants ?

Hormis les grosses blagues éculées sur les agents de la DDE et sur les fonctionnaires en général proférées par ceux qui ont raté les concours d’entrée dans la fonction publique, pourriez-vous m’indiquez où se trouvent les fainéants en France ?

Peut-être qualifiez-vous ainsi les demandeurs d’emplois qui « profitent du système » comme on le dit fréquemment à droite et qui se « vautrent dans l’assistanat » et que vous souhaiteriez sans doute voir enfourcher leurs vélos pour aller livrer de pizzas juste pour quelques euros sous statut précaire ?

Pensez-vous qu’il soit élégant de parler de fainéants alors que votre gouvernement supprime à tour de bras des contrats aidés, véritable respiration pour ceux qui en bénéficiaient et qui s’investissaient au quotidien dans les collectivités, les maisons de retraite et les associations.

Dans le même temps, la modification du code du travail va se traduire par de nouveaux licenciements qui viendront sans doute grossir ces cohortes de profiteurs, mais la réorganisation de l’assurance chômage que vous envisagez, mettra sans doute fin à tout cela, mais pas au chômage !

Je n’ose pas penser, par contre, que vous puissiez faire un amalgame entre rentiers et fainéants puisque c’est précisément sur eux que vous comptez pour relancer la croissance en leur faisant des cadeaux fiscaux, comme la réduction de l’ISF.

Ou sont les cyniques ?

On désigne comme cynique celui qui avoue avec insolence, et en la considérant comme naturelle, une conduite contraire aux conventions sociales, aux règles morales.

Là, je ne doute pas que votre grande culture philosophique nous permettrait de mieux comprendre votre pensée que l’on dit complexe, si vous daigniez nous dire à qui vous pensez en utilisant ce terme. Car enfin, les conduites contraires aux conventions sociales et aux règles morales sont légions dans notre pays, si l’on considère que chacun a sa propre vision des choses.

Moi, par exemple, j’ai tendance à penser que M. Gattaz, le digne représentant du patronat, fait preuve de cynisme quand il dit que vos ordonnances vont dans le bon sens, sans s’engager dans la voie de la création d’emplois, malgré les milliards d’euros déversés sur les entreprises.

Chacun sa vision du cynisme…

Où sont les extrêmes ?

Auriez-vous peur du débat politique ? Les extrêmes, comme vous dites, font partie du paysage politique depuis longtemps et pour l’instant, on n’entend parler ni de coup d’état, ni de barricades, ni d’atteintes aux biens publics, simplement de réactions à votre politique qui risque de grossir les rangs, non pas des extrêmes, mais de la contestation sociale.

Il va falloir vous y faire, comme vos prédécesseurs, il existe une opposition dans notre pays, et c’est tant mieux. Nous ne sommes ni en Turquie, ni dans des républiques bananières, dirigés par des potentats. Nous sommes en France.

Souvenez-vous également que l’abstention, les votes blancs ou nuls lors des élections présidentielles et législatives ont marqué une nette défiance vis-à-vis des politiques en général et de vous et de votre majorité en particulier.

Les contestataires, donc, pour éviter de parler d’extrêmes, ce sont peut-être ces retraités « aisés » qui touchent le pactole chaque mois (1200 euros) qui vont être ponctionnés de 1.7% de CSG supplémentaires.

Ce sont peut-être ces salariés qui, en apparence devrait gagner 2 ou 300 euros de plus par mois suite à votre tour de passe-passe CSG/cotisations sociales, mais qui perdront tout parce que les coupes claires dans les dotations aux collectivités locales se traduiront par des augmentations d’impôts et taxes ou des suppressions de services publics qu’il faudra désormais payer (un bel exemple de cynisme, au passage…).

Bon, les extrêmes ne sont ni chez les riches que vous cajolez, ni chez les chefs d’entreprises que vous représentez dignement, mais tout cela n’est qu’une question de point de vue : nous n’avons sans doute pas les mêmes valeurs.

Quel manque d’élégance…

Cela fait simplement 4 mois que vous avez été élu et déjà des doutes apparaissent quant à votre capacité à appréhender la tâche qui vous est dévolue, et surtout, vos difficultés à vous adresser au peuple français de manière simple et dépassionnée, en faisant de la pédagogie, semblent patentes.

Parlons peut-être de conservatismes, voire de clientélisme pour parler des français et de votre action, mais évitons autant que faire se peut les mots qui fâchent : nous ne sommes ni fainéants, ni cyniques, ni extrêmes.

Redescendez sur terre, c’est-à-dire revenez en France ; Nous vous avons beaucoup vu avec les grands de ce monde, parcourir la planète. Certes, tout ne se joue pas à l’intérieur de nos frontières, mais les français aiment bien qu’on leur parle simplement, qu’on leur explique les choses, mais c’est sans doute parce que votre politique est difficile à expliquer aux français que vous avez choisi de vous exprimer à l’étranger, avec le succès que l’on connait…

Le blog de Michel | 10 sept. 2017

Source: http://michelumix.over-blog.com/

Imprimer