Alors que beaucoup de Français questionnent la politique du jeune président, sa cote de popularité plonge dans les sondages [à 30%, ndlr]. Mais en est-il de même dans tous les Etats qu’ Emmanuel Macron dirige ? En effet, depuis 1993 date de l’adoption de la nouvelle constitution d’Andorre, le Président français devient automatiquement, dès sa prise de fonction, co-prince de cette principauté. Une aubaine pour le petit pays que d’avoir un co-chef d’Etat anciennement banquier d’affaires à la banque Rothschild. L’autre co-prince partageant la fonction, est l’Evêque d’Urgel, en place lui depuis 2003.

Président de la république française, laïque et européenne d’un coté, Emmanuel Macron change radicalement de casquette lorsqu’il occupe ses fonctions princières aux côtés d’un ecclésiaste à la tête d’un Etat résolument eurosceptique (non-membre de l’UE) défendant bec et ongles ses prérogatives fiscales and bancaires.

En 2009, le président Sarkozy avait déclaré qu’il renoncerait à son titre princier si Andorre ne changeait pas ses pratiques financières et ne se montrait pas plus coopératif. Mais ce n’est qu’en 2014 que la principauté signe la déclaration de l’OCDE en faveur de l’échange automatique d’informations en matière fiscale, dont la mise en ouvre est prévue pour 2018.

Quant aux banques, elles sont cinq seulement et toutes andorranes : Andbanc, Morabanc Group, Vallbanc, Banc de Sabadell d’Andorra et Credit Andorra. Le volume du secteur bancaire, en hausse, s’élève à 45,5 milliards d’euros, soit 21% du PIB de la principauté. Cet important secteur très discret a été secoué par un énorme scandale en 2015. Quelques mois après avoir condamné la BNP à payer 9 milliards de dollars, les Etats-Unis attaquent la Banca Privada d’Andorra pour blanchiment d’argent au profit d’organisations criminelles. Apres deux ans de démêles judiciaires, la banque vient de perdre son procès en appel au mois de mai 2017. Coïncidence des dates, puisque c’est à ce moment qu’Emmanuel Macron devint co-suzerain de ce petit Etat.

Au mois de juillet 2017, le parlement Andorran a adopté un texte pénalisant l’évasion fiscale. Une avancée, certes. Néanmoins, le petit pays pyrénéen offre encore de larges avantages dont un taux d’imposition de 2% seulement sur les sociétés travaillant à l étranger. Et bien entendu, pas d’impôts sur la fortune !

Ainsi, dans ce pays de 80,000 habitants, le nombre de chômeurs ne s’élèvent qu’à 413 individus. Ici, la cote de popularité du prince Emmanuel n’affole pas les sondages de la rentrée! A Andorre, tout va très bien, Madame la Marquise.

Bruno Husquinet | 31 août, 2017

Source: https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/275-macron_dans_tous_ses_etats

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