«Mon père a dit à Sarkozy: je ne serai pas un traître» et sa maison en Libye a été rasée

Khaled El-Khweldi El-Hamedi a perdu 13 membres de sa famille dont sa femme enceinte et ses deux fils


Un défenseur des droits de l’homme libyen, qui a perdu 13 membres de sa famille dont sa femme enceinte et deux fils, a intenté un procès contre l’Otan. La nouvelle audition du procès sur les crimes commis par l’Otan contre le peuple libyen aura lieu le 30 novembre prochain.

L’Otan a plongé la Libye dans le chaos par ses bombardements et doit en répondre en justice, a déclaré à Sputnik Khaled El-Khweldi El-Hamedi, 43 ans, chef de l’Organisation internationale pour la paix, les soins et le secours (IOPCR), qui a perdu 13 membres de sa famille dont sa femme enceinte et ses deux fils, dans un bombardement de l’Otan.

«Nous comptons obtenir une assistance internationale dans notre procès. L’Otan a détruit notre pays», a indiqué M.El-Hamedi, fils d’un général proche de Mouammar Kadhafi.

Selon lui, un missile a frappé la maison où il vivait avec sa famille et ses parents deux semaines après un entretien entre son père Khweldi El-Hamedi et le Président français Nicolas Sarkozy.

«En mai 2011, mon père s’est entretenu par téléphone avec le bureau de M.Sarkozy. Il s’est vu proposer de fuir la Libye. On lui a dit qu’un avion était prêt à l’évacuer avec sa famille de Tunisie à Paris. Mon père a répondu à M.Sarkozy: « je n’ai pas été mercenaire, mais participant à la révolution [de 1969 qui a porté au pouvoir Mouammar Kadhafi, ndlr]. J’ai défendu mon pays contre les colonisateurs et je ne serai pas un traître ». On a d’abord bombardé le bureau de mon père à Tripoli et puis sa maison», raconte M.El-Hamedi.

D’après le défenseur des droits de l’homme, son père avait une grande influence dans la société libyenne et «pouvait réunir les tribus libyennes».

«Je suis persuadé que les agents de l’Otan opérant en Libye ont parlé de lui à Nicolas Sarkozy et à l’émir du Qatar Hamad ben Khalifa Al Thani et son sort a été scellé. La chaîne de télévision Al Jazeera a joué un grand rôle dans la campagne visant mon père en diffusant de fausses informations et des rumeurs», a déclaré M.El-Hamedi.

Malgré cette campagne, personne de la famille d’El-Hamedi n’a quitté le pays puisqu’on n’aurait jamais cru que la coalition dirigée par l’Otan pouvait bombarder des maisons pleines de femmes et d’enfants, d’après lui.

«Par l’attaque contre notre maison, la coalition a rapproché l’effondrement du pays et l’a plongé dans le chaos», a noté M.El-Hamedi.

Il a expliqué l’implication de la France dans l’opération militaire contre Mouammar Kadhafi par des intérêts économiques.

«La Libye a créé l’Union africaine qui a menacé les intérêts français en Afrique. En plus, M.Sarkozy devait éliminer les preuves attestant que sa campagne présidentielle avait été entièrement financée par la Libye. La France et le Qatar ont agi en collusion contre notre pays pour atteindre leurs objectifs», a affirmé le dirigeant de l’ONG.

M.El-Hamedi a qualifié l’opération libyenne d’illégitime et de contraire à la Charte des Nations unies, rappelant que la France avait attaqué la Libye sans attendre l’adoption par le Conseil de sécurité de l’Onu d’un plan d’action spécial et la mise en place d’une commission d’enquête consacrée à la Libye.

«Les hommes politiques ont pris leurs décisions sur la base de mensonges et de rumeurs diffusés par Al Jazeera», a-t-il estimé.

Khaled El-Khweldi El-Hamedi a déposé une plainte contre l’Otan en juillet 2011 en Belgique. Selon lui, la première audition s’est tenue en septembre 2012. Le tribunal a examiné la demande de lever l’immunité de l’Otan. La demande a été rejetée puisque le plaignant n’est pas un citoyen européen et ne peut donc pas intenter un procès en Belgique. La décision du tribunal a fait l’objet d’un appel en janvier 2013. Initialement prévue pour le 12 octobre 2017, l’audience d’un tribunal de cassation a été reportée au 30 novembre.

Sputnik – 23 oct. 2017

Lire aussi:

http://arretsurinfo.ch/court-case-on-accountability-of-nato-for-the-annihilation-of-an-entire-family-during-libya-campaign-to-be-heard-by-the-brussels-appeal-court/

-http://www.silviacattori.net/spip.php?article2317

-http://www.silviacattori.net/article2300.html

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201710231033580231-libye-otan-proces/


Seeking Justice: Victim appeals to EU court claiming NATO killed his entire family

Khaled El-Hamedi lost his magnificent pregnant wife and his three young children during the NATO bombing raid on June 20, 2011.

Khaled El-Hamedi is seeking justice after his entire family was killed in a NATO air strike.

A Libyan humanitarian peace activist will take his case to the European Court of Appeal on Thursday.

The alliance claims the strike was conducted on a regime command center.

His lawyer claims there are contradictions in NATO’s explanation of the strike.

Source: RT 


Court Case on accountability of NATO for the annihilation of an entire family during Libya campaign to be heard by the Brussels Appeal Court

Press release

Source: Lawyer Jan Fermon, 12 october 2017

18F Chamber of the Brussels Appeal Court, Thursday 12 October 2017, 10 a.m. Palais de Justice Place Poelaert, Brussels, Room 0.20

On June 20, 2011 at 2.30 am NATO warplanes bombed the compound in Sorman- Libya where Khaled El Hamedi and his family lived. The building that served as a home to the El Hamedi family was turned into rubble. M. El Hamedi’s wife, M Safae Ahmed Azawi  and his two little children Khaled’s and Alkhweldi, his little niece Salam, his Aunt Najia, his cousin Mohamed, his neighbors children and workers at his family’s home died a horrible death.

Thirteen people including three children died equally that night. On June 21, 2011, in an initial communication[1]  to the press on these dramatic events, the NATO spokesperson Wing Commander Mike Bracken (Spokesperson fort Operation “Unified Protector”) declared that the attack aimed a communication centre, that precision bombs were used to avoid damage or harm caused to civilians. He also declares that the target was chosen after extensive intelligence collection, observation and reconnaissance. Independent observers who visited the site later did not find any evidence of any military and/or communication equipment being present. In a communication on February 15, 2012 to the President of the Commission of Inquiry on Libya (COIL), installed later by the United Nations Human Rights Council, NATO’s legal advisor M. Peter Olson states on the contrary that NATO did not have any reliable source of information on the ground but remains convinced that the home of Khaled El Hamedi was a legitimate target. The UN COIL found these explanations insufficient and concluded that NATO had not provided the necessary information to allow the Commission of Inquiry to examine whether the bombing of the family home of the El Hamedi family was compatible with the laws of war and especially with international humanitarian law.

Khaled El Hamedi cried out his grief and demanded that NATO would be held accountable for the annihilation of his entire family. Khaled and the relatives of the one of the house worker’s family submitted a case to the Brussels Court of First Instance demanding that the Court rules that NATO was to be held responsible and should compensate the family. NATO declined the jurisdiction of the Belgian Courts and invoked the immunity granted in the 1951 Otawa agreement that established NATO. The Belgian government however decided to intervene in the case to speak on behalf of NATO.

On October 22, 2012 the Court of First Instance upheld NATO’s immunity and dismissed the demand of Khaled El Hamedi. The latter appealed while he cannot agree with a situation where an organisation like NATO that decides on life or death of so many around the world would benefit from complete impunity for its actions.

The cry for accountability is in line with the recent case law both national and international. In particular the immunity of NATO is in violation of the right of access to a Court, enshrined i.a. in the European Human Rights Convention and other international human rights instruments. The Belgian Court of Cassation decided that immunity of international organisations can be waived if the latter don’t set up an internal mechanism accessible for citizens who suffered harm as a result of the actions undertaken by the organisation. NATO does not have such mechanism in relation to its actions in Libya.

What is at stake in the case that will be heard by the Brussels Appeal Court is of great significance. The question is whether an organisation that decides on the life or death of many around the globe will continue to be able to do so without any form of accountability and benefiting from total impunity or if, on the contrary, it will be held accountable for its actions. Today’s state of affairs is dangerous while it creates a situation in which there is no incentive at all for NATO to respect international law. The Brussels Appeal Court has a historic opportunity, in line with the law, to change this and to make a big leap forward in the enforcement of international human rights law and international humanitarian law.  

[1] http://www.nato.int/cps/en/natolive/opinions_75652.htm?selectedLocale=en

For more information please contact Khaled El Hamedi’s lawyer: Jan Fermon, +32475441896, [email protected]

Imprimer
Droit international France Ingérence Libye
Document sans titre

Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.

Vous pouvez reproduire les articles d’Arrêt sur Info à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales.

Vous voulez réagir, signaler une erreur, communiquer un renseignement ? Contact