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Réaction de l’ambassade de Russie en France aux caricatures publiées par Charlie Hebdo sur la catastrophe aérienne du Sinaï

« Nous sommes profondément indignés par d’ignobles caricatures parues dans le dernier numéro de « Charlie Hebdo », qui s’en prend au crash de l’avion de ligne russe en Egypte. Il est inimaginable que cette affreuse tragédie qui a emporté 224 vies humaines, dont 25 enfants, puisse être tournée en dérision pour piétiner la mémoire des victimes innocentes.

Peu importent la cause, le contexte politique ou le lieu du crash. Ce qui compte – c’est que les gens y sont morts. Parfois des familles entières. Des milliers de russes y ont perdus leurs enfants, leurs petits-enfants, leurs parents ou tout simplement leurs amis. Et voilà que les journalistes du « Charlie Hebdo » y trouvent de quoi ricaner… De la satire malséante et outrageante qui est au-delà de toute norme du moral, de l’éthique, de la dignité, de l’humanisme… Ces caricatures sont une violation criante de la déontologie journaliste, qu’aucun discours sur la liberté de parole et de la presse ne peut justifier. C’est tout simplement indécent.

Les journalistes du « Charlie Hebdo » ont outragé tous les russes qui sont aujourd’hui en deuil, ils ont offensé les milliers de nos compatriotes dont les pensées était avec eux le jour de l’attaque terroriste au journal en janvier dernier, tous ceux qui arboraient le slogan « Je suis Charlie ». Mais au bout du compte par cet « humour » déplacé et intempestif ils ont insulté la France elle-même, leurs propres concitoyens qui comme les gens du monde entier ont fait ces jours-là compassion aux victimes du crash en Egypte et à leurs proches. Il ne reste qu’à espérer que la France et les français jugeront cette démarche provocatrice de « Charlie Hebdo » à sa juste valeur. »

Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie en France


La Russie reçoit avec écœurement les caricatures de Charlie Hebdo sur le crash de l’A321

C’est avec beaucoup de colère et d’acrimonie que les Russes ont réagi à la publication dans la revue satirique Charlie Hebdo de caricatures tournant en dérision l’accident de l’A321 qui a fait perdre la vie à 224 personnes.

Une caricature intitulée «Daesh: l’aviation russe intensifie ses bombardements» montre des débris de l’avion et des fragments de corps humains tombant sur un combattant de Daesh. Charlie Hebdo fait ainsi référence aux frappes aériennes russes contre Daesh en Syrie. Un autre dessin nommé «Les dangers du low-cost russe. J’aurais dû prendre Air Cocaïne» représente un crâne avec des lunettes de soleil, un avion russe carbonisé en arrière-plan. On fait ici référence aux deux pilotes français qui ont fui la République dominicaine afin d’échapper à leur condamnation à 20 ans de prison pour trafic de stupéfiants.

La réaction des internautes ne s’est pas fait attendre sur différents réseaux sociaux :

Un utilisateur de Twitter se demande pourquoi Charlie Hebdo n’a pas caricaturé les membres de son personnel abattus par les deux djihadistes en janvier dernier. Il ajoute même, avec sarcasme : «Cela aurait été vraiment marrant pour eux».

D’autres estiment qu’il ne faut pas répondre à ces «provocations dégoûtantes» car elles n’ont comme but ultime que de provoquer un buzz médiatique.

Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin a fait savoir que la Russie ne déposerait pas de plainte contre les auteurs de ces caricatures «blasphématoires». Il a ajouté que «cela n’a rien à voir avec la démocratie ou la liberté d’expression».

Alexeï Pouchkov, le président de la commission des affaires internationales du parlement russe, a publié sur son compte Twitter : «Y a-t-il des limites à la russophobie dans les médias occidentaux ? Lorsque tout le monde pleure, Charlie Hebdo prêche son droit ignoble au sacrilège».

Il martèle dans un second post : «En Russie, après les blasphèmes de Charlie Hebdo sur les morts dans le ciel au-dessus du Sinaï, seul un salaud peut soutenir le slogan Je suis Charlie».

Maria Zakharova, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a elle aussi inscrit avec ironie, sur sa page Facebook : «Y a-t-il encore quelqu’un, « Charlie »?», en renvoyant à la célèbre formule «Je suis Charlie», scandée par les partisans de la revue satyrique après le massacre de janvier.

Aujourd’hui, deux nouveaux hashtags #Charlie Hebdo et #Je ne suis pas Charlie ont inondé les réseaux sociaux.

Des personnalités étrangères se sont également manifestées. Ainsi, le cinéaste serbe Emir Kusturica a déclaré à la chaîne de télévision russe REN-TV que cette publication de Charlie Hebdo était «une provocation manifeste».

En savoir plus : #JeNeSuisPasCharlie : caricature sur le garçon syrien noyé, les réseaux sociaux en colère

Charlie Hebdo avait fait scandale en provoquant une vague de manifestations dans les pays musulmans suite à leurs dessins caricaturant le prophète Mahomet. Maintenant, la revue semble vouloir tirer profit de la souffrance humaine.

Russia Today, 5 nov. 2015


Les caricatures de Charlie Hebdo sucitent une vive réaction en Russie

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Les Russes rendent hommage aux victimes du crash d’un Airbus russe dans le Sinaï le 31 octobre 2015. Crédit : Vitaly Nevar / TASS

L’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo a publié des caricatures évoquant le crash d’un avion russe en Égypte. Les responsables russes ont qualifié ces dessins de blasphématoires et ont appelé le public français à les juger. Le travail des caricaturistes français a été également commenté par la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova.

RBTH s’est intéressé aux réactions des internautes russes vis-à-vis de ces caricatures. Les responsables russes ont été les premiers à réagir à la publication des caricatures par le journal français. Le secrétaire de presse du président russe, Dmitri Peskov, a ainsi qualifié les dessins de blasphématoires et a déclaré que « ce genre d’œuvres n’ont rien à voir avec la démocratie ni l’expression de soi ».

Constantin Kossatchev, chef du Comité des affaires internationales du Conseil de la Fédération a de son côté caracterisé les caricatures de nouvel exemple d’« immoralité résolue dans l’autopromotion ».

D’après lui, l’hebdomadaire français ne fait que profiter des tragédies d’autrui en affichant une « indifférence à l’égard des souffrances des gens et une muflerie journalistique franche ». « Je ne suis clairement pas Charlie Hebdo. Je ne l’ai jamais été bien que, comme tout le monde, j’aie déploré la tragédie qui a frappé la rédaction », écrit M.Kossatchev sur sa page Facebook.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a, à ce titre, publié un post plus court. Sur sa page Facebook, elle a posé la question : « Quelqu’un est-il encore Charlie » ?

Vsevolod Bogdanov, dirigeant de l’Union russe des journalistes, a l’intention de s’entretenir avec les créateurs du journal. Il estime qu’une« tragédie est toujours une tragédie et, dans le monde actuel, la compassion, l’empathie et l’aide mutuelle sont la meilleure voie vers l’ère de la globalisation ».

Décadence ou vérité

Vladislav Maslenkov, originaire de Nijni Novgorod, propose aux abonnés concernés de sa page Vkontakte de rejoindre l’action « Je ne suis pas Charlie ». Il écrit : « Nous devons soutenir moralement les proches des victimes russes ! Les créateurs du journal Charlie Hebdo ont perdu la crainte du Seigneur et se moquent des personnes péries dans le crash dans le Sinaï. Répondons-leur par un maximum de likes de #jenesuispascharlie ».

L’artiste-peintre Natalia réagit ainsi à la publication des nouvelles caricatures : « Je ne suis pas indignée. Je ne considère par Charlie comme des personnes, des êtres humains. Qu’est-ce que Charlie ? Un symptôme, une preuve de décadence et de déshumanisation ».

Sur sa page sur Livejournal, Аntiseptic écrit qu’il sera curieux de voir la réaction des dirigeants du monde qui ont soutenu les journalistes après les attentats de janvier. « Condamneront-ils ces « journalistes » ? Mais cela serait impossible sans une révision intérieure majeure de leurs actes et valeurs. Si tu es un être intègre, tu devras quand même te dire que soit tu avais tort alors, soit tu as tort maintenant. Sinon, c’est de la schizophrénie ».

Il se demande également si les défenseurs de ces journalistes comprennent que les caricatures pornographiques des confessions religieuses et du garçon syrien noyé viennent du même périodique.  « Donc ils n’ont pas subitement perdu la tête pour se moquer des passagers du vol égyptien fatal, mais c’est leur véritable nature… ».

Un utilisateur de Facebook se demande si l’opération militaire en Syrie a effectivement pu conduire à l’attentat et à quel point les caricatures sont une fiction. « La réponse de l’ennemi et la façon dont il allait répondre étaient une évidence. Ainsi, les victimes parmi les civiles russes étaient prévues. J’espère que personne ne doute qu’il s’agit effectivement d’un attentat. Au final, des politiciens ont pratiquement bombardé les djihadistes avec les dépouilles de leurs citoyens. Et que voyons-nous sur la caricature ? Mais, bien sûr, les vraies ordures sont ceux qui l’ont dessinée et non ceux qui l’ont fait… », écrit-il.

Globalement, la situation concernant les caricatures est très calme sur les réseaux sociaux russes. Les Russes sont plus préoccupés par la réaction de ceux qui ont vivement soutenu le journal après l’attentat que par la publication même.

Par Marina Obrazkova 7 novembre 2015

Source : http://fr.rbth.com/ps/2015/11/07/crash-en-egypte-les-caricatures-de-charlie-hebdo-sucitent-une-vive-reaction-en-rusie_538109


L’Ouest est secrètement enchanté de la destruction de l’avion russe

Par Ulson Gunnar | 5 novembre 2015

Un avion de ligne russe à destination de Saint-Pétersbourg s’est écrasé alors qu’il survolait la péninsule égyptienne du Sinaï, tuant toutes les personnes à bord. Récemment des combats acharnés ont lieu dans la péninsule car la présence des organisations terroristes soutenues par l’étranger a augmenté, aussi un soupçon immédiate a été soulevé concernant une attaque terroriste potentielle impliquant soit une bombe apportée à bord soit un missile tiré du dessous.

Comme la Russie mène son enquête sur la catastrophe, le reste du monde objectif attend les réponses. Pour d’autres, ils ont déjà commencé à élaborer des récits utilisant la catastrophe à leurs fins personnelles. Un tel individu est John Bradley, un collaborateur régulier de la revue The Economist, The Forward, Newsweek, The New Republic, The Daily Telegraph, Prospect et The Independent.

Il a également enseigné au think-tank politique basé à Washington, l’Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, et pendant plus de 2 ans, a eu accès presque illimité à travers l’Arabie saoudite lors de l’écriture de son livre apprécié par l’establishment, « l’Arabie saoudite exposée : à l’intérieur un royaume en crise ».

Son travail le plus récent est une tribune libre peu recommandable pour le journal anglais Spectator intitulé, « Le crash de l’avion russe pourrait saper la stratégie de Poutine en Syrie. » Dans ce document, Bradley répond commodément à la question la plus importante qui sera posée si les enquêteurs déterminent que la destruction de l’avion était un acte de terrorisme, « Cui Bono ? »

Bradley décrit non seulement comment la catastrophe aide à saper davantage l’Egypte, (une nation luttant pour un équilibre entre apaiser les intérêts occidentaux et et éviter un effondrement « de style Libyen » au sein de ses propres frontières) mais aussi comment l’incident pourrait saper les efforts de la Russie en Syrie.

Bradley déclare :

Il semble maintenant assez probable qu’une explosion a abattu l’avion de ligne russe russe au dessus de la péninsule du Sinaï en Egypte au cours du week-end. Un officiel de Metrojet a déjà suggéré que la « seule cause explicable est un impact physique sur l’avion » et ils ont exclu une défaillance technique ou une erreur humaine. Si l’enquête en cours prouve que c’est le cas, cela aura évidemment un impact immédiat et catastrophique pour l’industrie touristique de l’Egypte déjà décimée.

En ce qui concerne la Russie en particulier, il déclare :

Mais ce serait également la nouvelle la plus importune possible pour Vladimir Poutine, qui a vendu une intervention militaire en Syrie au peuple russe comme un moyen de les rendre plus sûrs. À leur tour, les adversaires de l’intervention russe – les États-Unis, la Turquie et les despotes arabes du Golfe – seraient en privé enchantés. Car ceci n’est-il pas la preuve de leur argument selon lequel l’intervention russe ne fait que compliquer la situation sur le terrain, tout en augmentant la menace d’attaques terroristes ?

Mais si l’avion de ligne abattu se révèle être victime du terrorisme, non seulement « les Etats-Unis, la Turquie et les despotes du Golfe arabe » seraient « en privé enchantés » il apparaît également que ISIS leur aurait fourni une carte bien nécessaire à jouer au cours les futures négociations concernant le conflit en Syrie. Après avoir noté que ISIS s’est attribué la responsabilité de l’avion abattu comme il se refermait sur une autoroute utilisée pour ravitailler les forces syriennes opérant à Alep, Bradley explique :

Tous [dans les les négociations], bien sûr, se rendent compte qu’il ne vaut la peine de négocier qu’à partir d’une position de force. Les alliés anti-Assad vont espérer que Poutine craindra maintenant un nouvel Afghanistan, et sera donc plus souple sur la question du départ d’Assad. Ils seront également déterminés à augmenter leur soutien pour les soi-disant « rebelles modérés », surtout étant donné que Washington a récemment envoyé des forces spéciales pour les « conseiller » (ou, en d’autres termes, agir comme boucliers humains contre les bombes russes).

Bradley résume sa tribune libre célébrant presque le fait que ceux qui supposaient que l’entrée de la Russie dans le conflit syrien signifierait sa conclusion rapide « se trompaient lourdement. »

S’il s’avère que les terroristes abattirent l’avion de ligne russe, cela certainement satisfait le résumé de Bradley concernant « Cui Bono ? » Bradley lui-même admet que les forces spéciales américaines ne servent qu’à être des « boucliers humains » pour les militants soutenus par l’Ouest contre les frappes russes. Ces mêmes militants se sont ces derniers jours, coordonnés ouvertement avec ISIS dans les avances mentionnées par Bradley le long de l’autoroute syrienne. Il est clair que ISIS n’est pas une troisième équipe en compétition dans ce conflit régional, mais bien un membre de l’équipe qui récolte le plus de bénéfices de son existence, « les Etats-Unis, la Turquie et les despotes arabes du Golfe. »

Ulson Gunnar | 5 novembre 2015
 Analyste géopolitique basé à New York Ulson Gunnar écrit pour le magazine « New Easter Outlook ».
Traduction Comité Valmy

Rira bien qui rira le dernier. Lettre ouverte à la rédaction de Charlie Hebdo

Par Françoise Compoint | 7 novembre 2015

Rira bien qui rira le dernier. Chers satiristes d’Hebdo, ce n’est point une menace. Juste un constat de fait. Vous savez, ces petits constats sympathiques comme vous aimez en faire en invoquant, tels de doctes exorcistes, les mânes de la Révolution : liberté, laïcité, athéisme et … et que sais-je encore. Vous les invoquez, permettez-moi de le dire, à tort et à travers. Sous toutes les sauces. Qu’importe qu’il s’agisse de railler les victimes des explosions dans le métro de Moscou ou la mort d’un petit Syrien échoué sur une plage d’un monde consuméro-addictif marqué du sceau de McDo. Qu’importe qu’il s’agisse de vous payer la tête des Donbassiens, croupissant selon vous dans l’ennui suite à Minsk-2 ou, cette fois-ci, celle des victimes du crash au Sinaï.

Trente ans durant, vous aspiriez à vous dilater la rate en révolutionnant l’humour si bien qu’on en vint à se demander si oui, en effet, l’on puit rire de tout. Le cap du 9/11franchi, vous avez franchi celui de l’entendement. Que nenni, vous n’avez pas touché aux débris fumants du World Trade Center et pourtant ! N’y avait-il pas matière à inspiration pour ces charognards du crayon que vous êtes ? Si vous en avez tiré profit, c’est bien pour vous rire de l’islam en amalgamant vicieusement ses divers courants et déviations, en exhibant le Prophète sous des jours pornographiques comme si l’âge, l’expérience et la décence n’avaient jamais eu raison de vos fantasmes génitaux. Les relents de caniveau qu’exhalent vos caricatures ont été partiellement chassés par l’incendie qui a dévasté vos locaux en 2011. Je n’applaudis pas ses auteurs, loin de là. Restons donc dans le constat de fait. Après tout, une rédaction en train de cramer, c’est aussi banal que des fragments de corps atterrissant sur des têtes de barbus. Pourquoi ne pas en faire un dessin aussi radieux qu’un feu de joie ? Un crâne en lunettes de soleil décorant l’immensité jaune du désert égyptien et songeant, tristounet, aux hilarités loupées de Air Cocaïne, n’est-ce pas aussi commun qu’un caricaturiste abattu à titre vindicatif par les fous d’un certain Dieu dont le nom importe peu ? Si l’on puit se rire impunément des vivants, pourquoi, à plus forte raison, ne pas en faire autant des morts ? Pourquoi pas des vôtres ? Sans oublier une brève légende dans le genre On a enfin trouvé moyen de les licencier!Le rire, n’est-il pas le propre de l’homme, messieurs-dames ? Alors rions bien, à gorge déployée, paraît que ça aide à maigrir !

Surtout, chers cocos,ne vous cachez pas derrière des critiques spirituelles de Poutine, du cléricalisme, d’Assad ou même de Depardieu. Vous n’en avez ni la culture, ni les moyens requis. Viendra un jour où le low cost intellectuel s’avèrera non moins périlleux que le low cost logistique russe et ce n’est pas avec vos torchons que les Français auront à en essuyer les dégâts. Les chrétiens marchent sur les eaux et les petits musulmans coulent, dites-vous ? Viendra un jour où, main dans la main, la chrétienté renaissant de ses cendres et l’islam authentique renverseront ce petit monde pourri jusqu’aux viscères mais insolemment aspergé de Chanel édifié sur les ruines des nations que vous méprisez pour ne pas avoir à vous mépriser vous-mêmes. Peut-être croyez-vous vous rattraper en brossant Hollande en maillot de bain lançant son appel de Président normal aux « noyés et noyées » des derniers mois. Je suis loin de porter M. Hollande dans mon cœur. 80% des Français sont loin de le porter dans leur cœur. Mais là, en l’occurrence, que faites-vous ? D’abord vous dressez le monde musulman contre le monde chrétien à travers le petit Aylan, ensuite vous faites allusion à la culpabilité des peuples occidentaux qui ne seraient pas assez engagés dans l’accueil des migrants. C’est quoi votre plan au juste ? Cependant, comme des langues et des mains bien moins déliées que les vôtres sont bien souvent coupées par la censure républicaine et qu’à vous, Charlie Hebdo, personne ne s’enhardit à faire barrage, force est de supposer que vous n’êtes rien d’autre que les enfants terribles et terriblement gâtés d’une élite de l’ombre qui vous autorise tout et n’importe quoi pourvu que vous ne touchiez pas à la forteresse américaine.

Racistes, il est vrai que vous ne l’êtes pas. Vous êtes aussi mondialistes que ces radicaux islamistes que vous prétendez combattre par vos gribouillis. Votre cruauté est la leur. Il semblerait, de surcroît, que vous ayez les mêmes sponsors ou du moins les mêmes inspirateurs. Quand ils coupent les têtes, vous coupez le peu d’humanité qu’il reste ici-bas. C’était hier. C’était en janvier. J’ai vu des Russes prendre part, parc Gorki, à la marche de commémoration des victimes de la rédaction Hebdo. J’ai vu de simples passants déposer des fleurs devant l’ambassade. J’en ai vu se signer. Aujourd’hui, si le drame se reproduisait, je ne verrais certainement personne. Car vous ne méritez guère toutes ces marques d’humanité. Non, vous n’êtes pas racistes. Vous êtes bien plus que ça. Les nazis avaient à peu près votre humour lorsqu’ils posaient, certains souriants, certains faisant les clowns, devant les gibets qu’ils dressaient. Symboliquement, ne partagez-vous pas leur niveau d’élévation ?

Lorsque la France gratifia vos morts d’un deuil national, elle vit en vous ses enfants qui l’aiment, qui s’inquiètent de son destin dans la mesure de leur talent, dans la mesure d’un humour noir souvent sordide mais décryptable aux yeux des plus indulgents. Or, lorsque vous instrumentalisez les morts de l’Airbus 321 en dénonçant par des voies détournées la politique de Poutine en Syrie, il vous échappe curieusement que chaque bombe larguée sur les multiples sites de l’EI est une balle en moins contre les représentants ingrats de ce microcosme insatiable et suffisant qu’est le vôtre. Une balle en moins contre les Charlie qui vous soutiennent sans vraiment comprendre, je le crains ou plutôt je l’espère, que chaque trait de votre crayon se nourrit de sang et de larmes. En pensant à ce que vous deviendrez quand le Système qui vous biberonne s’écroulera, il m’arrive de rire jaune. Rions donc ensemble tant qu’on y est. Chacun à sa façon.

Veuillez agréer, chers auteurs de Charlie Hebdo, l’expression de mon profond mépris.

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