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L’Actu de Décaillet / 16.03.16 / Pascal Décaillet

«Populisme»: ils ne connaissent que ce mot.

Que des partis, à Genève, prônent depuis dix ans la préférence cantonale à l’emploi, ou le maintien d’une vraie frontière, protectrice des plus faibles: on les traitera de populistes.

Que le Royaume-Uni menace de quitter l’Union européenne, en juin prochain: des populistes! Que dans le Land de Saxe-Anhalt, en ex-RDA, fatigué de la politique de Mme Merkel, notamment en matière migratoire, le parti AfD, l’Alternative pour l’Allemagne, ait obtenu dimanche 13 mars un résultat historique: populisme.

Qu’en France, en Pologne, en Hongrie, dans de nombreux pays de l’Union européenne, d’immenses vagues citoyennes soient en train de se lever pour demander que la voix des peuples soit enfin écoutée, nos bonnes âmes n’ont qu’un mot pour qualifier tout cela: populisme.

On dirait qu’ils n’ont qu’une seule étiquette, et la collent sur toute bouteille, quel que soit le nectar à l’intérieur. Pauvreté de langage. Misère dans l’art de la nuance. Sectarisme. Et surtout, cette éternelle posture à défendre les pouvoirs en place, quels qu’ils soient, pourvu qu’ils soient en place.

Se contenter de ce seul mot, «populisme», c’est refuser de voir qu’un immense mouvement de contestation de notre mode politique s’est mis en marche, sur le continent européen. Plus d’un siècle et demi après 1848, les peuples veulent se faire entendre. Ils aspirent à un nouveau printemps.

Cette Révolution-là pourrait bien être à la fois conservatrice et sociale, proche des petites gens, joyeuse, et pourquoi pas fraternelle. Mais en effet, elle proposera une autre construction sociale que celle d’aujourd’hui. C’est précisément cela, une Révolution.

Pascal Décaillet, journaliste

Source: http://www.ghi.ch/le-journal/lactu-de-decaillet/commentaire-0

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