Les Etats-Unis retirent Cuba de la liste des pays qui soutiennent le terrorisme

C’est l’un des points sur lesquels la délégation cubaine a insisté dans les 3 rondes de conversations qui ont eu lieu jusqu’à présent.

Les Etats-Unis ont éliminé vendredi officiellement Cuba de la liste des pays qui soutiennent le terrorisme, a indiqué le Département d’Etat.

C’est le secrétaire d’Etat John Kerry qui a pris cette décision après l’expiration du délai de 45 jours de notification au Congrès.

« Le délai de 45 jours de notification au Congrès a expiré et le secrétaire d’Etat a pris la décision définitive de résilier la désignation de Cuba comme Etat Soutenant le Terrorisme qui devient effective aujourd’hui, 29 mai », a déclaré le porte-parole du Département d’Etat, Jeff Rathke, dans sa note.

Avec tout ça, le blocus économique, financier et commercial reste en vigueur et on a besoin d’une action du Congrès des Etats-Unis pour le lever.

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Cuba fut incluse dans cette liste en 1982 sous prétexte qu’elle servait soi-disant de sanctuaire à des militaires de l’organisation basque ETA et offrait son soutien aux Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC).

Qui sont les terroristes pour les Etats-Unis?

La liste des pays terroristes selon les Etats-Unis est basée sur leurs intérêts politiques.

Chaque année, le Département d’Etat des Etats-Unis actualise la liste des pays et des organisations qui, selon leurs critères, soutiennent le terrorisme. C’est le cas du héros sud-africain Nelson Mandela. son entrée et ensuite sa sortie de cette liste a mis en évidence les intérêts politiques qui se cachent derrière les arguments du gouvernement états-unien.

Il y a 7 ans, le leader anti-apartheid et premier président noir d’Afrique du Sud, Nelson Mandela, a été retiré de la liste des terroristes des Etats-Unis après y avoir été inclus parce qu’il dirigeait en 1960 le Congrès National Africain (CNA) qui luttait contre le système légalisé de ségrégation raciale.

Plus de 10 ans plus après la chute de l’ apartheid, en juillet 2008, celui qui était alors président des Etats-Unis, George W. Bush, retira Mandela de la liste des terroristes au milieu des critiques internationales pour y avoir inclus quelqu’un qui est considéré comme un symbole mondial de la lutte pour les droits de l’homme.

Le fait que les Etats-Unis aient eu sur leur liste de terroristes le défunt Prix Nobel de la Paix a levé à nouveau de sérieux doutes sur ceux qui font partie de cette liste et pourquoi.

Qui sont les terroristes pour les Etats-Unis? Cette liste a été créée pendant la Guerre Froide, autour de 1945, pour identifier en tant qu’ennemis certains acteurs de l’Etat. Cette pratique continue actuellement pour des pays qui, selon les Etats-Unis, fournissent « une aide clef à des groupes terroristes » ou « un soutien répété à des actes de terrorisme international ».

De plus, cette liste est utilisée actuellement dans un intérêt politique marqué. A cause de cela, ceux qui en font partie ne sont pas nécessairement impliqués dans des actes de terrorisme international. C’est le cas de Cuba, de l’Iran, de la Syrie et du Soudan qui font partie de cette liste alors que des pays comme le Pakistan et l’Arabie Saoudite sont toujours restés hors de la liste bien que dans ces nations aient surgi des organisations terroristes de portée internationale.

L’Iran

L’Iran a intégré la liste en 1984 mais depuis 1979 était considéré par les Etats-Unis comme « le soutien le plus actif du terrorisme ». Quand il y entra officiellement (dans la liste), le Département d’Etat argumenta que la nation perse avait continué son activité terroriste en apportant un soutien à des groupes de résistance à Gaza et au mouvement libanais Hezbola.

Les groupes de résistance palestiniens sont l’Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP), son principal mouvement Al Fatah et le Mouvement de Résistance Islamique Hamas qui se chargent de défendre les citoyens contre l’agression israélienne et de plaider pour le droit de la Palestine à être reconnue comme un Etat.

Dans le cas du mouvement libanais Hezbola, celui-ci apparut comme un mouvement populaire de résistance lors de la guerre civile du Liban en 1982 pour affronter l’intervention israélienne. Actuellement, ils développent une grande activité pour apporter au peuple libanais des services d’éducation et d’assistance médicale.

Récemment, le leader politique et secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a assuré que les Nord-américains sont derrière la création de groupes terroristes dans la région pour diviser et briser les pays arabes.

La Syrie

Y fut incluse en 1979 pour de soi-disant attentats contre des hommes politiques du Liban, pour soutenir l’ Hezbollah, accueillir des réfugiés palestiniens et pour ses relations avec l’Iran.

Le 19 octobre 2014, le chef du Renseignement de la Police libanaise, Wissam al Hassam, fut assassiné lors d’un attentat dans lequel moururent aussi 7 autres personnes. Beaucoup d’hommes politiques libanais ont accusé le Gouvernement syrien de cet acte mais celui-ci fit une déclaration officielle condamnant cette attaque.

Depuis 2011, le Gouvernement du président Barack Obama attaque la Syrie et l’Irak sous prétexte d’éliminer des positions de ceux qui se nomment eux-mêmes Etat Islamique alors qu’il donne des armes, de l’argent et un entraînement à des mercenaires syriens qui tentent de renverser leur président Bashar Al Assad.

Les chiffres officiels indiquent que le conflit armé organisé par des puissances étrangères en Syrie a fait plus de 200 000 morts et des millions de personnes déplacées.

Le Soudan

Y entre en 1993. On l’accuse de soutenir le Mouvement de Résistance Islamique (Hamas) dans la Bande de Gaza. Dans le rapport du Département d’Etat de 2013, on a indiqué que le Soudan avait avancé dans l’opposition au FINANCEMENT du terrorisme mais permettait encore aux membres du Hamas de collecter des fonds dans le pays.

En réponse à ce rapport, le sous-secrétaire aux Relations Extérieures du Soudan, Rahamtalla Mohamed Osman, a signalé que « l’histoire du Soudan est libre de toute relation avec le terrorisme, ce qui rend nécessaire que les Etats-Unis remplissent leurs engagements à ce sujet et sortent le Soudan de la liste ».

Israël, allié des Etats-Unis, accuse le Soudan de faire passer des armes depuis l’Iran vers le mouvement Hamas. Pour sapart, le gouvernement soudanais a nié ces accusations mais a affirmé son soutien aux membres du mouvement de résistance dans sa lutte contre l’agression israélienne à Gaza.

Le Soudan a aussi été victime, ces dernières années, d’attentats à la bombe que le Gouvernement soudanais attribue à Israël.

Cuba (exclue ce 29 mai)

Cuba a été portée sur cette liste en 1982 après avoir été accusée d’avoir des liens avec des insurgés centraméricains, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple (FARC-EP) et avec l’organisation terroriste espagnole ETA (Euskadi Ta Askatasuna).

Il était prévu que l’Ile sorte de la liste cette année mais certaines sanctions continueront à être en vigueur. Depuis 2012, Cuba a été garante du processus de paix en Colombie en étant le siège des conversations qui se déroulent entre le Gouvernement colombien et les FARC-EP à La Havane (la capitale). Sa contribution aidera à mettre fin à 5 décennies de conflit armé qui ont fait 220 000 morts et 5 300 millions de déplacés.

En mars dernier, le président de Colombie, Juan Manuel Santos, a reconnu que Cuba « a été un pays très enthousiaste depuis le début » des dialogues de paix. De même, il a souligné que le président cubain, Raúl Castro, étati disposé à apporter son aide depuis le début des conversations.

Pour le président colombien, la contribution de l’Ile aux dialogues avec les FARC-EP a aidé au « changement d’attitude des Etats-Unis envers Cuba ».

En avril de cette année, le président des Etats-Unis, Barack Obama, a informé le Congrès de son pays de son intention de retirer Cuba de la liste des pays qui soutiennent le terrorisme. Ce 29 mai, elle a été retirée officiellement de al liste.

note: En 2003, l’Irak fit retiré de la liste après l’invasion des Etats-Unis, en 2006, la Libye en est sortie après que le président Muanmar Khadafi ait accepté d’augmenter la coopération contre le terrorisme et d’abandonner son programme d’armes de destruction massive alors que la Corée du Nord a été le dernier pays à quitter cette liste après s’être engagée à avoir une attitude plus ouverte en matière nucléaire.

Les Etats-Unis, un pays qui protège les terroristes

Bien que les Etats-Unis accusent plusieurs pays de soutenir le terrorisme et occasionne d’injustes sanctions contre ces nations, la réalité est que le territoire nord-américain abrite des criminels notoires réclamés par la justice de leur pays d’origine.

Un cas célèbre et internationalement condamné est celui de Luis Posada Carriles, responsable de l’explosion en vol de l’avion Douglas DC-8, de Cubana de Aviación, dans laquelle sont mortes 73 personnes, un événement survenu le 6 octobre 1976.

Après l’attaque, le mercenaire a continué ses actes terroristes et en 1997, il a organisé une série d’attentats à la bombe contre des hôtels de la capitale cubaine. Cependant, le Gouvernement états-unien l’a arrêté pour des délits migratoires et non pour l’assassinat de centaines de personnes.

En 2011, il fut laissé en liberté après le verdict de la juge Kathleeen Cardone qui a indiqué que Posada Carriles était « vieux, invalide et avait des liens étroits avec la communauté ».

Actuellement, il participe publiquement à des manifestations contre le Gouvernement de Cuba.

Bien qu’il soit né à cuba et soit naturalisé vénézuélien, Luis Posada Carriles a des liens étroits avec les Etats-Unis. Il a été membre de l’Armée états-unienne et ensuite il est devenu agent de l’Agence Centrale de Renseignement (CIA).

Selon ses propres déclarations, il a reçu un financement pour ses activités à travers la fondation Nationale Cubano-Américaine (FNCA), composée de Cubains exilés dans cette nation.

Comme Posada Carriles, plusieurs ex agents de la CIA qui ont perpétré des attaques et ont violé la souveraineté d’autres pays vivent impunément dans le pays nord-américain.

Le cas du Venezuela

Depuis 2010, les Etats-Unis abritent des banquiers vénézuéliens accusés de fraude et réclamés par la justice de ce pays. Un cas bien connu est celui d’Eligio Cedeño, accusé en 2007 par la justice vénézuélienne dans l’affaire MicroStar qui consistait à avoir demandé au Gouvernement 2 227 450 dollars pour apporter « du matériel d’informatique » mais l’argent a été volé par le banquier.

Après qu’il ait été arrêté, le gouvernement vénézuélien a annoncé l’intervention de 7 banques pour irrégularités, desquelles ressortaient celles Cedeño (Banco Canarias, Banpro, Banco Confederado et Bolívar Banco) pour l’énorme escroquerie envers la nation. Cedeño fuit vers les Etats-Unis après avoir été mis en liberté surveillée par la juge María Afiuni le 10 décembre 2009.

Le 23 décembre 2009, le Service d’Immigration et des Douanes états-unien l’a laissé en liberté surveillée.

Les relations des Bush avec Ben Laden

Dans l’histoire des gouvernements états-uniens dans sa soi-disant lutte contre le terrorisme ressort la relation de la famille de l’ex président états-unien George W. Bush avec Oussama Ben Laden qui, selon les Etats-Unis, fut le responsable de l’attaque armée contre le World Trade Center et le Pentagone le 11 septembre 2001.

Resumen Latino americano / Telesur / 29 mai 2015

Traduction Françoise Lopez

URL de cet article: http://cubasifranceprovence.over-blog.com/2015/05/cuba-qui-sont-les-terroristes-pour-les-etats-unis.html

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