Saddam Hussein au combat: Le témoignage de son garde du corps

Saddam Hussein en 1996


Selon un membre de la garde rapprochée de Saddam Hussein, le président défunt avait participé personnellement aux combats contre les forces américaines après la chute de Bagdad le 9 avril 2003 et n’avait pas fui sa capitale comme certains l’avaient prétendu.

Ce garde du corps, présent aux côtés de son chef durant les heures qui ont précédé l’occupation de Bagdad, a donné au journal londonien arabe Al Kuds Al arabi, des détails sur les heures qui ont précédé cette occupation et qui sont demeurés inconnus jusqu’ici.

Alquds Al Arabi : 09/04/07

Le garde du corps, qui a préféré garder l’anonymat et a donné juste les initiales de son nom (S.H), raconte :

« Le matin du 9 avril 2003, j’étais avec le président, le vice-président de la République, Taha Yacine Ramadhan et une trentaine de membres de la garde présidentielle, dans la zone Al Yarmouk, proche de l’aéroport international de Bagdad. Le président a rencontré un colonel de l’armée, qui avait près de 300 militaires sous ses ordres et qui lui a rendu compte de la nouvelle situation à Bagdad. Le président a alors décidé de diviser cette petite armée en 3 unités : la première sous son commandement personnel, la seconde sous le commandement de Taha Yacine et la troisième sous celle du colonel et décida de faire attirer un convoi de l’armée américaine dans une avenue pour pouvoir l’attaquer.

Le président se mit d’accord avec le colonel pour s’engager dans la guérilla, lui enjoignant d’ordonner à ses militaires de se débarrasser de leurs tenues militaires pour leur faciliter la tâche. Des contacts ont été pris sur le champ avec une unité de renseignements agissant sur le terrain afin qu’elle facilite le déplacement au ministère de l’information. Mais la route était coupée dans la zone d’El Kerrada, vers la fin de l’avenue Saâdoun. Le président fit alors cette réflexion : « les américains veulent instrumentaliser les médias pour leur propagande sur l’occupation de Bagdad ».

« A un certain moment et sans demander l’avis de quiconque, le président déclara qu’il voulait aller au ministère des affaires étrangères, du côté du garage Al Allaoui, pour diffuser un communiqué. Nous avons tous intervenu pour l’en dissuader. Il demanda alors à enregistrer un message dans lequel il appela les irakiens à résister « la résistance étant le seul moyen de mettre fin à l’occupation ». La cassette a été envoyée à la radio, par l’intermédiaire d’un ingénieur qui nous accompagnait. Un officier de renseignements réceptionna la cassette à la porte de la radio, mais cette dernière ayant été attaquée entre temps, seule une minute a été diffusée. La plupart des irakiens n’avaient pas compris la teneur du message ».

Entre temps, un responsable du parti, dans la zone de Al-adhamia et Athifia est venu informer le président Saddam Hussein, que les habitants de ces deux quartiers voulaient le rencontrer. Il accepta et monta aussitôt dans une petite voiture de marque Bouton, suivi d’un certain nombre de gardes de corps. Il ordonna aux autres de porter leur concours aux services de police dans les bouchons qui étranglaient la plupart des avenues de Bagdad et de le rejoindre à 18 heures à la mosquée Abou Hanifa Annouâmane.

« Arrivé à Al-adhamia, du côté de Rousafa, le président a été reçu par les acclamations de centaines de gens qui criaient des slogans hostiles à l’Amérique et à Bush. A ce moment, je l’informais que sa statue à la place Alfardaous a été renversée. Il ria beaucoup et me dit : «  ne t’en fais pas, aujourd’hui Bush a annoncé son suicide sur la terre d’Irak ». Puis il me demanda de ramener n’importe quelle caméra et de le photographier dans la foule, puis d’apporter la cassette à n’importe quelle chaîne satellitaire qui ne réside pas à l’hôtel Palestine. Un homme ramena une caméra et filma la manifestation. Je lui demandais alors d’envoyer la cassette à n’importe quelle chaîne arabe. Elle fut envoyée à la chaîne de Abou Dhabi, mais sa diffusion a été tardive ».

Et le témoin S.H, d’ajouter « le président n’a pas quitté Bagdad comme certains ont en fait courir la rumeur. Il y est resté et y a combattu avec une quarantaine de membres de sa garde rapprochée et une trentaine de membres des services secrets et des fidayîn de Saddam et ont pris leur quartier général à la mosquée Abou Hanifa.

Une fois, il s’est réuni avec trois commandants de divisons de la garde républicaine dans la maison d’un des dirigeants. Il leur ordonna d’envoyer leurs officiers dans leurs villes respectives afin d’y constituer des groupes de résistance et de revenir à Bagdad avec des hommes.

L’un des souvenirs les plus pénibles du président c’était lorsqu’il aperçut un blindé américain en position, aux abords de la statue de Al Mansour, dans le quartier du même nom.

Un jour, le président reçut un message d’un chef de l’armée à Ramadi, l’informant qu’il avait rencontré les chefs de tribus de la région et qu’ils étaient prêts à aller à Bagdad. Il lui conseilla de patienter.

Des officiers de la garde républicaine à Bassora l’informèrent aussi qu’il y avait des poches de résistance. Vingt jours après l’occupation de Bagdad, le président fit une tournée d’inspection, parcourant El Hella, puis Fallouja, Samarra, Tekrit et Mossoul ».

Alquds Al Arabi – 09/04/07

Article original en arabe: http://www.alquds.co.uk/index.asp?fname=today\08z27.htm&storytitle/

Traduit de l’arabe par Ahmed Manai : http://www.tunisitri.net/

Source:https://tunisitri.wordpress.com/2017/09/25/saddam-hussein-au-combat-le-temoignage-de-son-garde-corps/


Rappel des faits qui ont conduits Hussein au poteau, au démembrement de l’Irak et à la destruction de son Etat 

Netanyahu to USA in 2002: « If you take out Saddam, I guarantee… »

 Congressional Republicans and Benjamin Netanyahu partnered in common cause to build support for a preemptive war with Iraq. Netanyahu gave testimony to a Congressional Committee, which hastened the rush to war with Iraq. He was wrong about much of what he told Congress. This clip from his testimony is one example. Netanyahu boasted, « If you take out Saddam, I guarantee you that it will have enormous positive reverberations on the region. »

Source: Tim Struckmeier

Imprimer
Droit international Histoire Irak
Document sans titre

Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.

Vous pouvez reproduire les articles d’Arrêt sur Info à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales.

Vous voulez réagir, signaler une erreur, communiquer un renseignement ? Contact