On peut avoir voté OUI ou NON le 9 février de l’an passé, l’histoire nous forcera de reconnaître que ce serait la première fois depuis que la démocratie directe existe en Suisse qu’une initiative acceptée par le peuple serait revotée dans la foulée.


Il y a bien eu des rejets d’initiatives ou de référendums obligatoires qui ont conduit à de nouvelles initiatives ou référendums reformulés et qui ont trouvé grâce aux yeux du peuple, bien plus tard et dans un contexte différent.

Par contre, revoter rapidement sur une initiative acceptée prend une toute autre dimension. C’est tout le principe de la démocratie directe qui est en jeu. Et là, j’invite aussi tous ceux qui ont dit NON le 9 février 2014 à ne pas brader, par pur opportunisme, cette démocratie directe qui a fait toute la force de notre pays.

C’est bien mal écouter les citoyens que d’essayer de leur faire comprendre qu’ils se sont trompés lorsqu’ils ont voté pour mettre l’immigration sous contrôle et arrêter de la confier aux exigences d’un Etat tiers ou à celles de l’économie.

Pour le peuple, la soumission de nos autorités à Bruxelles est une imposture politique, une attitude bien plus anxiogène que la résistance aux pressions des bureaucrates européens.

 

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Pour le peuple, la soumission sans condition de l’autorité politique aux exigences de l’économie qui aspire par nature à un marché de l’emploi complètement ouvert à la concurrence, donc une main-d’œuvre à bon marché, est une trahison.

Sans vouloir revenir sur le débat de la votation du 9 février (qui devrait être clos), une immigration choisie est toujours plus opportune à long terme qu’une immigration incontrôlée. Tant le pouvoir politique que le pouvoir économique devraient s’en rendre compte plutôt que de chercher à annihiler la volonté populaire sous l’effet de la panique.

En 1992, je faisais partie des amèrement déçus. Je regrettais (mais admettais) que la Suisse n’aille pas rejoindre l’Espace Economique Européen. Je pensais, tout comme nos très appréciés conseillers fédéraux René Felber et Jean-Pascal Delamuraz, que notre pays était passé à côté d’une opportunité historique. A l’époque, personne n’était venu expliquer au peuple qu’il s’était trompé, on respectait la volonté populaire.

Notre pays retroussait ses manches et s’engageait sur une voie difficile, mais fructueuse, celle du travail, celle de l’inventivité, de la proactivité, des négociations, c’est-à-dire ce qu’il sait le mieux faire. Bien loin d’une opportunité manquée, ce courage et cette abnégation ont conduit à une prospérité que l’Europe nous jalouse avec une amicale méchanceté, mais au moins avec respect. Ce qui était considéré comme une catastrophe séculaire s’est transformé en un véritable petit miracle économique.

Or, aujourd’hui, à la suite de la décision populaire du 9 février 2014, il a suffi que l’Europe institutionnelle gonfle les plumes, pour que nos élites s’aplatissent comme des crêpes et parlent de revoter, par l’intermédiaire de quelques marionnettes apolitiques dûment appuyées.

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Face à une telle couardise helvétique, l’Europe serait en effet mal inspirée d’envisager quelque négociation que ce soit avec la Suisse, alors qu’il suffit de hausser le ton pour que les dirigeants politiques et économiques de la Suisse reviennent à genoux manger dans la main de Bruxelles (pour reprendre la terminologie de l’insupportable Cohn-Bendit).

Si nous revotons et renions la décision du 9 février 2014, ce sera un Marignan politique. Non seulement notre modèle démocratique perdra durablement toute crédibilité en Europe et dans le Monde, mais en Suisse, les pourfendeurs de la démocratie directe et du fédéralisme auront gagné une bataille décisive en direction du centralisme bureaucratique.

Si nous renions le vote du 9 février 2014, l’UDC fera probablement la plus belle moisson de membres de son existence, car elle sera devenue la dernière force démocratique encore crédible en Suisse, le dernier rempart contre l’importation du délitement européen, l’immigration massive et l’adhésion de fait à cet état bureaucratique qu’est devenue l’UE.

 Le Tigre | 09.02.2015

Un blog citoyen décalé, sans affiliation partisane
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COMMENTAIRE

Oui, tout cela est bien triste et plus encore tous ces milliards que nous avons donnés de notre sueur pour sauver des banques indéfendables…

Nous devrions pouvoir élire le Conseil Fédéral nous-mêmes, cela changerait peut-être la donne sur beaucoup de sujets, quoique… encore faut-il avoir des personnes fiables à élire.

Moi non plus, je n’ai jamais adhéré à un parti, ce clivage gauche-droite, ces querelles d’école maternelle, leur incapacité à travailler ensemble en prenant le meilleur de chacun pour servir l’autre et surtout le peuple, me fatigue énormément.

Autrefois, quand la monnaie n’existait pas, on savait faire du troc et surtout on n’oubliait pas de savoir vivre un maximum en autarcie pour les besoins essentiels.

Ce qui était voué au troc, faisait l’objet de grandes négociations. Aujourd’hui, on brade le meilleur en échange du pire en s’aplatissant devant ce dernier, parce qu’on n’a pas su préserver ses arrières.

Ce pays part à vau l’eau depuis une bonne vingtaine d’années pour de très nombreuses raisons, mais dont la principale est le manque de vision holistique de la politique.

Ceci n’était que la vision spontanée d’une citoyenne lambda.

Source: http://decalages.blog.24heures.ch/archive/2015/02/08/revoter-apres-le-9-fevrier-2014-un-deni-democratique-conster-858130.html

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