Annulation(*) du colloque « La Syrie en guerre » qui devait se tenir le 28 janvier 2017 à la Sorbonne 


L’histoire de la Vème République a été probablement secouée par de nombreux scandales, mais jamais la liberté d’expression n’a été autant menacée que sous ce quinquennat, qui aura contribué jusqu’au bout à boycotter toutes les initiatives destinées à apaiser, à réconcilier, à témoigner, à écouter et à débattre librement, ouvertement avec le publication d’aider la Syrie et les Syriens à sortir enfin d’une guerre infernale qui aura duré 2000 jours, pourquoi ?

Le 28 Novembre 2016 devait avoir lieu un Colloque au Mémorial de Caen sous l’égide du Collectif pour la Syrie avec la participation d’une vingtaine de personnalités (écrivains, journalistes, chercheurs, ambassadeurs, anciens directeurs des services de Renseignements ainsi que de nombreux responsables de centres de recherches). Cet événement après avoir été validé par la Direction du Mémorial, la voilà qui au dernier moment sur de simples rumeurs dues aux mauvaises langues et sous une pression politique sans précédent l’annule à la grande stupéfaction de tous les intervenants !

Après les indignations d’usage, le Collectif pour la Syrie reporte ce même Colloque au 28 Janvier 2017 mais cette fois-ci à la Sorbonne sous l’égide de l’Académie de Géopolitique de Paris et du Mensuel Afrique Asie. Deux mois plus tard, le même scénario se reproduit avec les mêmes protagonistes qui prétendent êtres les amis de la Syrie, alors qu’ils ont contribué insidieusement à sa destruction, et les mêmes directives qui viennent d’en haut pour nous annoncer à travers la lettre du Président du Collectif pour la Syrie, leurs condoléances !

J’ai le grand regret et l’amertume de vous informer que le colloque intitulé «La Syrie en guerre» qui devait se tenir le 28 janvier 2017 à l’Université Paris Sorbonne vient d’être annulé sur décision du Président de cette institution phare, qui, après avoir donné son accord à la tenue de ce colloque il y a plusieurs semaines vient d’annuler cet évènement au dernier moment.

Le débat interdit

L’Académie de Géopolitique de Paris, le Collectif pour la Syrie et la Mensuel Afrique Asie voulaient organiser un débat apaisé sur le désastre syrien, pour essayer d’identifier des solutions capables d’alléger les souffrances des Syriens.Les conditions d’échange constructif étaient mises en place.

La Présidence de Paris Sorbonne en charge de l’amphithéâtre Descartes, dit avoir pris cette décision pour des raisons « diplomatiques et sécuritaires ».

Les services de Paris Sorbonne disent avoir été alertés « par des réseaux sociaux », sans autre précision, sur le fait que ce colloque réunissait « des militants d’extrême-droite bien connus et partisans de Bachar Al Assad ».

La Présidence de Paris 4 Sorbonne aurait tout de même été intellectuellement honnête de vérifier ces assertions avant de prendre cette décision.Des pressions du plus haut niveau ont été exercées.

A cela s’ajoutent les propos diffamatoires et les affirmations calomnieuses répandus par un obscur groupuscule nommé « Mémorial 99 » assisté par une faction dite « Souria Houria ». Des faux programmes avec des faux participants ont circulé suite à des actes de piratage informatique.

Cette décision d’annulation déshonore les responsables institutionnels français ayant cédé à leurs pressions. Elle déshonore Paris 4 Sorbonne également.Cela me paraît constituer une grave menace pour la liberté d’expression.Cette décision d’annulation du Colloque déshonore tous ceux qui ont participé à la prendre.

Tout participant, y compris ces bien-pensants de la censure, pouvait venir s’y exprimer et faire valoir librement son point de vue.
La décision du Président de la Sorbonne, après celle déshonorante et honteuse du Directeur du Mémorial de Caen (qui avait annulé le Colloque du 26 novembre 2016), constitue clairement une nouvelle manifestation de la censure qui sévit à nouveau dans le pays de Voltaire. Quelle tristesse !

Les mots font désormais peur.

Il fut un temps où on se battait pour que l’autre puisse s’exprimer librement même si on était en désaccord avec son point de vue.
« Ce n’était pas les fascistes qui avaient fait sombrer la République de Weimar mais le manque de démocrates », disait non sans raison Richard Von Weizsäcker, Président de la République Fédérale Allemande de 1984 à 1994.Gardons présent à l’esprit cette leçon d’histoire. Docteur Anas Alexis Chebib Président du Collectif pour la Syrie.

N’ayant pas pu joindre le Président de l’Université de la Sorbonne pour lui exprimer mon indignation et ma réprobation, je me suis tourné vers le Docteur Chebib pour lui témoigner ma solidarité, comme tous les intervenants mais pour lui exprimer aussi ma réserve de reporter encore et encore une énième fois un Colloque qui avait toute sa place, toute sa raison d’être dans ce qui restait comme espace de liberté dans notre pays…

Comment se résigner et démissionner face à des loups déterminés, à des lâches rodés, sans donner le sentiment qu’ils ont gagné, eux qui s’inscrivent parfaitement dans ce que Georges Orwell dénonçait à son époque : « Dans ces temps de tromperie universelle dire la vérité est un acte révolutionnaire »

Tromperie universelle, nous y sommes jusqu’au cou avec les mensonges devenus vérités, les calomnies transformées en argumentaires de diplomatie et de sécurité, auxquels s’ajoutent les appuis politiques d’hier comme ceux d’aujourd’hui. Tous endossent une responsabilité collective dans le (Massacre des Innocents en Syrie). Que dire des voix suspectes qui s’élèvent bruyamment contre les crimes contre l’humanité, alors que leurs mains sont ensanglantées et que leur indignation camoufle leur propagande de diversion !

Au nom de la liberté d’expression, le Président Hollande lors des attentats de Charlie Hebdo a réussi à mobiliser 50 pays avec leurs représentants. Des centaines de milliers de français ont défilés dans les rues de Paris en solidarité avec les familles des victimes….

Aujourd’hui je suis à me demander s’il n’existe pas deux poids et deux mesures, selon que l’on soit journaliste à Charlie Hebdo où on peut en toute liberté sans aucune censure (liberté d’expression oblige), diffamer, humilier, provoquer, caricaturer le Coran, le prophète Mahomet, ironiser sur la virginité de la Ste Vierge jusqu’à demander symboliquement bien entendu, qu’elle écarte les cuisses pour s’assurer de sa virginité !

Si ironiser sur une telle croyance qui touche 1 milliard et demi de chrétiens, mais aussi un milliard et demi de musulmans, qui eux aussi croient fermement à la virginité de ce qu’ils appellent avec beaucoup de ferveur (Sayidatina Mariam) (Notre-Dame), ressort du domaine de la liberté d’expression, alors la censure du colloque doit être dénoncée haut et fort.

Avant de conclure, je joins quelques extraits des réactions soulevées par mes confrères, dont les analyses auraient pu contribuer à marquer l’histoire de ce colloque d’une pierre blanche qui s’ouvreau moment même où se tient la Conférence d’Astana, où tous les syriens après tant de souffrances avaient besoin d’entendre parler plus tôt de paix, d’espérance et de réconciliation. Quelle leçon leur a-t-on donné avec tous ces règlements de comptes attisés par la haine,la convoitise, celle qui anime encore et toujours les marchands d’armes avec leurs spéculateurs qui comme des vautours guettent les futurs marchés du siècle qui survolent les cadavres encore chauds de tant de martyrs !

1) Alain Chouet Ancien Directeur de la DGSE.
Chers tous, C’était malheureusement prévisible.

Je suis bien placé pour le savoir depuis ma conférence de juin 2012 devant l’IHEDN et ma participation à l’émission « Un œil sur la planète » de la réalisatrice Samah Soula qui m’ont également valu les foudres de la « bien-pensance » germanopratine ainsi que l’ostracisme des médias parisiens. Je précise qu’en ce qui me concerne je n’ai pas d’affinité avec l’extrême droite et que j’ai été écarté de mes fonctions en 2002 sous le soupçon, d’ailleurs infondé, d’appartenance au P.S.

Je constate chaque jour qu’en matière de presse et d’expression francophone, je n’ai – tout comme Fabrice Balanche et d’autres – aucun problème à m’exprimer sur le sujet en Suisse, en Belgique au Québec, au Liban, en Tunisie ou au Maroc et à dialoguer sereinement avec des gens qui ne partagent pas forcément mes analyses.Ce n’est malheureusement plus possible en France.Comme son nom l’indique, le « gauchisme de combat » à l’origine de ces interdictions en chaîne est d’abord une violence intellectuelle qui – au vu des propos tenus par ses zélateurs – ne demande qu’à se transformer en violence physique.

Dommage pour « le pays des lumières »…Amitiés et solidarité. Alain Chouet

2) Richard Labévière,
Chers Amis,

Dans tous les cas de figures, cette réunion doit avoir lieu d’une manière ou d’une autre. Dernièrement, et malgré les pressions, le CF2R d’Éric Denécé a pu organiser un colloque assez corrosif mais scientifique sur l’Arabie saoudite et le wahhabisme. Ensemble, avec les moyens et les réseaux dont nous disposons, nous sommes parfaitement en mesure de résister à ce retour intolérable de la censure dans notre pays. Je reste, bien-sûr, disponible à toutes espèces de suivi de notre entreprise commune et nécessaire. Richard Labévière Rédacteur en chef de prochetmoyen-orient.ch

3) Alain Corvez,
Je trouve que c’est un excellent moyen pour faire connaître ce déni de démocratie, et la façon dont les institutions se couchent devant les intimidations de groupes qui ne représentent qu’eux-mêmes et ce que le Quai d’Orsay leur attribue. Le pouvoir vient de changer aux EUA en faveur de plus de vérité et, dans trois mois en France, je pense, il en sera de même : ces groupes seront alors réduits à leur triste réalité.

4) Jean Marie Schléret,

Merci cher Alain Chouet, dont la clairvoyance a gêné l’establishment depuis les débuts des conflits en Syrie. Précieuse réaction qu’il faut faire connaître. Merci à tous ceux qui réagissent en faisant corps autour de notre président. Le collectif pour la Syrie parviendra à montrer à quel point il avait tracé dès 2012 la voie pour mettre un terme à la destruction de ce berceau de l’humanité. Amitiés à chacun…et bien d’autres réactions en chaînes vont suivre….

5) Patricia Lalonde :

Eh bien je suis contente d’apprendre que je fais partie de l’Extrême droite française sous prétexte que je n’adhère pas à la politique Étrangère de la France au MO. Il ne me reste plus qu’à déchirer ma carte du PR et de l’UDI. Vive la liberté d’expression ! Patricia Lalonde
Pour toutes ces raisons je pense, je signe et je persiste que ce Colloque aurait dû avoir lieu coûte que coûte à n’importe quel lieu de Paris, quitte à camper sous la Tour Eiffel pour faire entendre les voix, celles qu’on a étouffées en Syrie et celles qu’on est en train d’étouffer en France ! Ne comptez pas sur moi pour que ma voix reste dans le désert !

Par Antakli Jean-Claude | 28/01/17

Jean Claude Antakli écrivain-biologiste. Ex-Correspondant de l’Est-Républicain. Auteur d’Itinéraire d’un Chrétien d’Orient (5 ème édition), Le silence de Dieu ! Syrie, une guerre sans nom ! Et Syriapocalypse. 4 Livres, 15 ans d’écriture pour un seul et même combat celui de la vérité, dela liberté et de la paix.

Source: Jean-Claude Antakli


(*)Communiqué de presse : annulation du colloque sur la Syrie

COMMUNIQUE DE PRESSE

Paris, le 23 janvier 2017

ANNULATION DU COLLOQUE SUR LA SYRIE : FEU LA LIBERTE D’EXPRESSION

Le Collectif pour la Syrie et ses partenaires, organisateurs du colloque qui devait avoir lieu sur la Syrie, le samedi 28 janvier, à la Sorbonne, sont scandalisés de l’annulation qui leur a été signifiée moins de deux semaines avant la tenue de l’évènement.

La décision du Président de la Sorbonne (Paris IV) est injustifiable à tous égards et témoigne de l’extrême dégradation des libertés publiques, et notamment de la liberté d’expression et de réunion, inscrites dans les textes constitutionnels, des libertés que les autorités politiques sont censées garantir. La décision est d’autant plus inqualifiable que ce colloque avait déjà été annulé à la dernière minute il y a deux mois par le directeur du Mémorial de Caen, sous des prétextes également mensongers.

Dans les deux cas, l’annulation est le fruit des pressions de groupes, de réseaux et d’individus bien connus, et qui sévissent depuis maintenant six ans dans les sphères politiques, médiatiques et intellectuelles. Les organisateurs du colloque sur la Syrie n’ignorent d’ailleurs rien de leur identité.

Le Directeur du Mémorial de Caen ne s’était pas honoré en cédant piteusement au chantage des individus et des lobbies en question. Le Président de la Sorbonne, qui a notifié « sa » décision avec morgue et désinvolture, ne se sera pas couvert de gloire en faisant de ce lieu unique de la pensée française un lieu de la pensée unique, inique en l’occurrence.

Il est clair que les autorités gouvernementales françaises, qui accordent toutes facilités d’expression aux tenants de la « vérité » injuste et immorale qu’elles ont choisie, veulent empêcher à tout prix toute voix dérangeante. D’autant plus qu’elles voient se fissurer petit à petit le barrage du mensonge médiatique, politique et intellectuel. Cette « vérité » officielle a largement participé à camoufler, sous des arguments fallacieux, la destruction d’un pays – la Syrie – de ses institutions, de sa société, de ses infrastructures, de sa civilisation, de son histoire, et la mise à mort d’un peuple entier.

La vérité est déjà en train d’éclater au visage, ne leur en déplaise, de tous ceux (et celles) qui ont volontairement participé à cette gigantesque escroquerie morale et intellectuelle et qui portent la responsabilité de ses conséquences dramatiques.

Lorsque le terrorisme intellectuel impose sa loi, comme on le constate depuis six ans dans notre pays, sur la problématique de la Syrie entre autres, il est vain d’espérer que la France puisse encore revendiquer d’être le pays de la raison, des libertés et des lumières.

Le Collectif pour la Syrie

Paris, le 23 janvier 2017


Colloque « La Syrie en guerre »

Samedi 28 janvier 2017
Amphithéâtre Descartes, 
La SORBONNE
17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris, France
De nombreux spécialistes en géostratégie, philosophes, journalistes, anciens diplomates seront présents pour apporter leur éclairage, pistes de réflexions et échanger avec le public sur ce sujet au cours de huit heures de débat et de discussion. Colloque organisé par :
– Le Collectif pour la Syrie
– L’Académie géopolitique de Paris : academiedegeopolitiquedeparis.com
– Le mensuel Afrique Asie www.afrique-asie.frL’inscription est gratuite mais obligatoire avant le lundi 23 janvier, il suffit de remplir le formulaire en cliquant ci-dessous :

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