» Il n’y a pas un acte délibéré du gouvernement Assad pour faire souffrir la population. Il n’a aucun intérêt à ce que son peuple souffre. » [Nabil Antaki]

Les nouvelles consacrées par la télévision suisse romande (RTS) à la Syrie mettent systématiquement en accusation le gouvernement de Damas.

Ainsi le président Bachar el-Assad est immanquablement présenté comme l’unique – ou le principal – responsable des souffrances qu’endurent les Syriens depuis 4 ans. Comme si l’armée régulière syrienne massacrait délibérément son propre peuple, comme si la Syrie n’était pas menacée par des bandes armées venues de Tunisie, de Libye, de Tchétchénie, etc.

syrie


Soldats de l’armée régulière syrienne peu avant leur exécution par des « opposants » anti-Assad en 2012

 

Syrie - al nosra 2013

Capture vidéo publiée par le New York Times montrant l’exécution de soldats de l’armée régulière par les « rebelles modérés » de l’ASL en 2012. https://www.nytimes.com/video/multimedia/100000002421671/syrian-rebels-execute-7-soldiers.html

Depuis le début du conflit on a entendu Darius Rochebin, présentateur vedette du TJ de la RTS, qualifier immanquablement Bachar el-Assad de « dictateur sanguinaire ».

A notre connaissance – nous ne regardons pas toujours le TJ de la RTS – les présentateurs du TJ n’ont que très rarement relaté ou commenté les faits de manière équilibrée sur ce qui se passe en Syrie. Ainsi la RTS a ignoré le point de vue des Syriens qui, faut-il le rappeler, en leur grande majorité soutiennent l’armée régulière et considèrent légitime le combat de l’Etat syrien et de son armée contre la terreur exercée depuis 2011 par des groupes étrangers au pays.

Durant l’été 2011 le TJ du soir de la RTS a diffusé comme si elles émanaient d’une source crédible – de nombreuses vidéos réalisées à des fins la propagande par ces mêmes groupes financés et armés par les monarchies du Golfe. Des vidéos de toute évidence manipulées, ponctuées par les cris « Allah hou Akbar », la signature des groupes islamistesDes vidéos donc accompagnées de commentaires dénaturant la réalité sur le terrain et escamotant l’essentiel aux yeux des téléspectateurs : l’agression d’un Etat souverain par des groupes terroristes.

A ce jour, les informations qui se sont avérées inexactes n’ont été rectifiées par la RTS. Comme les images truquées par les groupes djihadistes [1] devant servir la propagande anti-Assad, lors d’une manifestation à Hama.

Nous l’avons dit et répété: cette manière unilatérale et manichéenne de présenter des faits de guerre en Syrie – les bons rebelles contre Assad le sanguinaire – bafoue le droit du public à connaître la vérité. Deux exemples récents l’illustrent.

Téléjournal de la RTS – 15 mars 2015 | 19.30

Revenant sur les quatre années écoulées la présentatrice de la RTS aborde le sujet par un plan fixe sur le visage bouleversant d’un enfant ensanglanté, avec ce commentaire :

« Tel est le visage de la crise syrienne aujourd’hui. Celui de cet enfant blessé ce vendredi encore par les frappes du régime d’Assad. Tout est là. Un bilan humanitaire dramatique. Un régime toujours plus brutal. Une communauté internationale comme pétrifiée. Car rien n’est fini. Pas la guerre ni même la longue liste des souffrances du peuple syrien qui chaque jour ne cesse de s’allonger. En 4 ans de conflit, la crise a fait 220 000 morts dont plus de 10 800 enfants … ».  [2]

Dans ce « bilan humanitaire dramatique » la responsabilité des groupes djihadistes qui terrorisent la population causant de nombreuses pertes civiles n’est même pas évoquée par la RTS.

Voir la séquence titrée : « Les premières manifestations contre Bachar el-Assad ont eu lieu il y a 4 ans »

 

Toute l’émission se poursuit sur cette lancée ; la présence sur le plateau de Tawfik Chaama, un Syrien naturalisé suisse, n’y apportera pas la moindre nuance.

Téléjournal de la RTS – 6 mars 2015 | 19.30

Après un commentaire du journaliste Jean-Philippe Schaller, qui renvoie l’Etat islamique et Bachar el-Assad dos à dos, la parole est donnée à Jean-Pierre Filiu; un agent d’influence lié à la diplomatie française dont la rhétorique bien ficelée consiste à présenter les groupes terroristes comme étant l’incarnation d’un mouvement populaire et révolutionnaire [3], ce qui est un gros mensonge, selon la ligne définie par le gouvernement français.

Comme on peut le constater dans le montage totalement orienté, ci-dessous, Schaller intercale dans les propos de Filiu ce commentaire :

« Assad continue à bombarder les civils d’Alep plutôt que les djihadistes. Hier un baril d’explosif a fait 18 morts »…

Jean-Pierre Filiu ensuite enchaîne comme attendu en déversant sa propagande anti-Assad.  [4]

 

 

Sur quels éléments de preuves la rédaction de la RTS s’appuie-t-elle pour affirmer que le « régime syrien » massacre délibérément son propre peuple ?

Sur quels témoignages neutres J.P. Schaller se fonde-t-il pour affirmer qu’ « Assad continue à bombarder les civils d’Alep plutôt que les djihadistes  » ?

Sur quelles source fiables se fonde-t-il pour affirmer que le « régime » Assad a bombardé avec des « barils d’explosifs« , le 5 mars, des civils à Alep ?

Nous avons demandé au Dr. Nabil Antaki [5] qui vit à Alep – un médecin qui en vrai patriote a décidé de rester dans son pays au moment où il était menacé par les gangs armés – si la version des faits rapportée par la RTS correspondait bien à la réalité telle que vécue sur le terrain.

Voici sa réponse :

« Depuis juillet 2012, date du début des combats à Alep, la ville est divisée en deux cercles concentriques ; le cercle externe est aux mains des groupes armés et le cercle interne est aux mains de l’armée syrienne. Nous habitons dans le cercle interne ainsi que la majorité des habitants d’Alep en plus des centaines de milliers de déplacés qui ont fui les quartiers tenus par les groupes armés. Dans le cercle externe, occupé par les groupes armés il ne reste plus qu’environ 300.000 personnes.

Depuis juillet 2012, l’armée syrienne bombarde le cercle externe et les groupes armés bombardent le cercle interne. Il y a donc quotidiennement des tués et des blessés des deux côtés.

Qu’il y ait eu, à la suite d’un bombardement, 18 tués, c’est possible, comme il y a tous les jours des tués de notre côté. Personne ne peut vérifier ce qui se passe de l’autre côté sauf ceux qui y sont.

Ce que je sais, c’est que l’armée syrienne ne bombarde pas délibérément les civils pour les tuer mais, comme les groupes armés sont éparpillés parmi les civils, il se peut qu’un bombardement visant ces groupes puisse aussi atteindre des civils.

L’armée américaine, avec tous les moyens sophistiqués à sa disposition, a fait de nombreuses victimes collatérales durant ses guerres en Afghanistan et en Irak. Par contre, les groupes armés envoient leurs barils d’explosifs et leurs mortiers délibérément sur les quartiers habités par les civils. »

Ces propos du Dr. Nabil Antaki montrent tout l’arbitraire des accusations de la RTS.

Sur quelle source fiable J.P. Schaller s’est-il fondé pour affirmer qu’Assad avait continué de bombarder des civils ce jour là ?

Malheureusement, la désinformation pratiquée par la RTS sur la Syrie, si blessante pour les victimes des groupes terroristes contre lesquels l’armée régulière syrienne se bat au prix de lourdes pertes, ne fait généralement l’objet d’aucune contestation.

Mais toute règle a ses exceptions, comme le montre le texte publié officiellement, le 14 février 2014, par  l’ « Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision » (AIEP) que nous reproduisons ci-dessous [6].

Silvia Cattori | 21 mars 2015

Mis à jour le 12.04.16

[1] https://arretsurinfo.ch/video-syrie-comment-le-monde-le-figaro-liberation-ont-manipule-lopinion/

[2] http://www.rts.ch/programmes/?date=2015-3-15&period=2

[3] https://arretsurinfo.ch/le-nouvel-observateur-soutien-inconditionnel-de-lopposition-armee-au-regime-syrien/ 

[4] http://www.rts.ch/play/tv/le-19h30/video/lhistorien-jean-pierre-filiu-estime-que-damas-et-lei-ont-des-interets-communs?id=6597881

[5] Syrie: Triste Anniversaire

[Vidéo] Le Dr Nabil Antaki parle des souffrances quotidiennes à Alep

Un médecin syrien analysait, en 2011 déjà, de quoi son pays était victime

[5] https://www.news.admin.ch/message/index.html?lang=fr&msg-id=52011

Voir également sur le même thème :

https://arretsurinfo.ch/video-larmee-syrienne-libre-asl-soutenue-par-loccident-massacre-les-captifs/

http://www.silviacattori.net/article4498.html

http://www.silviacattori.net/article5411.html


Armes chimiques en Syrie: la Radio RTS trompait le public

La Radio RTS trompait le public en avril 2013 lors d’une émission du matin avec l’affirmation que des armes chimiques avaient été utilisées par le régime syrien, alors qu’il n’existait pas de preuves suffisantes : cette décision a été prise par l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP), ce vendredi, dans le cadre d’une délibération publique. Elle a admis la plainte par 5 voix contre 4.

Dans l’émission le « Journal du matin » de la Radio RTS la Première du 18 avril 2013, le présentateur annonçait à trois reprises, que le régime syrien avait utilisé des armes chimiques dans le cadre du conflit armé en cours dans ce pays. A ce moment précis, il n’existait cependant pas de preuves suffisantes de ce qu’il avançait. Ces propos étaient suivis d’une interview avec Jean-Pierre Filiu, historien français, spécialiste de la Syrie.

L’AIEP débattait de manière intense, si ces propos constituaient des erreurs portant sur des éléments mineurs ou s’il s’agissait d’informations importantes susceptibles d’influencer l’opinion du public. Elle arrivait à la conclusion très serrée, selon laquelle le public ne pouvait pas se forger sa propre opinion concernant la question centrale sur l’utilisation des armes chimiques en Syrie, mais qu’il avait été trompé. Pour ce motif, le principe de la présentation fidèle des événements avait été violé. Lors de la discussion, il a été souligné que les journalistes doivent être précis, même lorsque c’est justifié de critiquer un régime.

La décision de l’AIEP, après avoir été motivée de manière écrite, peut être contestée devant le Tribunal fédéral. L’AIEP constitue une commission extraparlementaire composée de neuf membres et présidée par Roger Blum. L’AIEP détermine, sur plainte, si des émissions de radio ou de télévision violent les dispositions relatives au contenu du droit des programmes ou si l’accès au programme a été refusé en violation du droit.

Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision
Berne, 14.02.2014

URL de cet article: https://arretsurinfo.ch/syrie-la-television-suisse-rts-trompe-le-public/

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