En février 2016, Arrêt sur Info – premier média en Europe à parler des liens d’affaires troublants entre Lafarge et l’Etat islamique – soulevait cette grave question: « Le géant du ciment Lafarge a-t-il acheté du pétrole à Daech ? ».

Il a fallu attendre quatre mois avant que le journal de « référence » Le Monde, suivi par l’ensemble des médias, finisse par en parler.

Nous tous qui nous sommes battus sans relâche pour dénoncer les complicités politiques et médiatiques et contrer les mensonges destinés à légitimer les groupes terroristes en Syrie, nous en sommes de plus en plus écœurés.

Quand Hollande et Valls affirmaient qu’ils luttaient contre l’Etat islamique – et qu’Assad ne combattait pas l’EI – ils racontaient des bobards. En voici une nouvelle preuve.

Valeurs actuelles a le mérite d’apporter aujourd’hui de nouvelles révélations à ce sujet voir, l’article ci-dessous.

Silvia Cattori, le 21 sept. 2017


Un ancien dirigeant de Lafarge reconnaît avoir financé l’Etat islamique avec l’aval de la France

Par Valeurs actuelles

20 septembre 2017 

Syrie. Les investigations de la justice sur les activités de Lafarge en Syrie révèlent que le groupe a longtemps préféré verser des dizaines de milliers de dollars à l’Etat islamique plutôt que de perdre son usine locale.

L’étau se resserre autour des activités du cimentier Lafarge en Syrie. Dans son édition de jeudiLe Monde publie des éléments de l’enquête qui vise le groupe, soupçonné d’avoir versé des sommes importantes à l’Etat islamique afin de protéger sa cimenterie de Jalabiya. Des documents pour le moins accablants, qui révèlent comment plusieurs dirigeants fait le choix de céder au racket des terroristes afin de protéger leurs activités en vue de l’après-guerre civile.

De l’ordre de 20.000 dollars par mois

L’économie de racket a commencé en septembre ou octobre 2012”, raconte aux enquêteurs l’ex-directeur général adjoint opérationnel. Dans un premier temps, il s’agit de groupes rebelles, qui reçoivent “entre 80.000 et 100.000 dollars par mois” pour permettre aux camions de Lafarge de circuler sans encombres. Puis, à partir de 2013, c’est l’Etat Islamique qui prend le relais. Bruno Pescheux, patron de la filiale syrienne de l’entreprise jusqu’en juin 2014, explique que Daesh recevait “de l’ordre de 20.000 dollars par mois”.

Jusqu’en septembre 2014, l’usine continue de Jalabiya continue de produire du ciment. Malgré les attaques de Daesh contre les Kurdes dans la région et les alertes des responsables du site, qui s’inquiètent pour la sécurité des salariés. “Comment pourrait-on caractériser ces déclarations : un manque de lucidité, la cupidité ou business as usual ?”, demande l’un des enquêteurs à Bruno Lafont, ex-PDG de Lafarge. Celui-ci répond simplement ne pas être au courant.

Le gouvernement français nous incitait à rester

Un élément au moins à joué dans le maintien de l’activité syrienne de Lafarge: le soutien apporté par le ministère des Affaires étrangères. Tout au long des investigations, il apparaît que le Quai d’Orsay informait les dirigeants de l’entreprise de la situation sur place et les poussait à rester. “Le gouvernement français nous incit(ait) fortement à rester (…). Tous les six mois, on allait voir le Quai d’Orsay, qui nous poussait à rester”, rapporte encore l’un des dirigeants.

Source: https://www.valeursactuelles.com/economie/un-ancien-dirigeant-de-lafarge-reconnait-avoir-finance-letat-islamique-avec-laval-de-la-france-88840

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