Assange revient sur la scène publique, et autres notes
Julian Assange est officiellement de retour sur Twitter, redonnant au monde une voix importante dont nous avions été privés par la campagne menée depuis des années par l’empire américain pour réduire au silence le fondateur de WikiLeaks en le condamnant à la prison à perpétuité pour des actes de journalisme interdits.
Tout le monde ne s’en souvient pas, mais il fut un temps où cela semblait presque impossible à imaginer. Il semblait presque certain que cet homme allait mourir à la prison de Belmarsh ou passer le reste de ses jours dans un trou infernal aux États-Unis.
Désormais, chaque fois que mon neveu nous surprend, mon mari ou moi, à exprimer du pessimisme quant à la réussite d’un projet, il nous dit : « Hé ! Assange est libre maintenant. » C’est devenu notre code familial pour dire : « Tout est possible. Ne perdez pas espoir. »
Nous devrions vraiment essayer d’apprécier cela. Ne laissez jamais l’espoir mourir. Un monde meilleur est possible. Tout est possible.
Par ailleurs, il est bon de voir le monde rejeter la politique de neutralité feinte d’Ed Sheeran sur la question de Gaza. « Je ne prends pas parti » est un sophisme lorsqu’il existe un déséquilibre de pouvoir massif et un agresseur évident, surtout lorsque votre propre pays est en partie responsable de ce qui se passe. Si votre mari maltraite votre enfant et que vous ne faites rien, vous n’êtes pas une partie neutre dans ce scénario, et lorsque votre enfant grandira, vous serez probablement tenue pour responsable au même titre que le père.
Par ailleurs, il est réjouissant de voir que le monde rejette la politique de neutralité feinte d’Ed Sheeran sur la question de Gaza. « Je ne prends pas parti » est un sophisme lorsqu’il existe un déséquilibre de pouvoir massif et un agresseur évident, surtout lorsque votre propre pays est en partie responsable de ce qui se passe. Si votre mari maltraite votre enfant et que vous ne faites rien, vous n’êtes pas une partie neutre dans ce scénario, et lorsque votre enfant grandira, vous serez probablement blâmée tout autant que le père.
Une force militaire moderne qui martèle un gigantesque camp de concentration rempli de personnes colonisées à l’aide d’armes de destruction massive de haute technologie, financées par vos impôts, n’est pas une « guerre » vis-à-vis de laquelle on peut se permettre d’être « neutre ». C’est un génocide, et soit on est pour, soit on est contre. Il n’y a pas de troisième option confortable qui permette d’éviter de prendre parti tout en évitant de passer pour un connard.
L’un des arguments les plus idiots que l’on entend ces jours-ci, c’est qu’il est mal de critiquer Israël sans critiquer également le Hamas. Mais enfin, qu’est-ce que ça veut dire ? Vous voulez dire que je ne peux pas critiquer une armée de haute technologie dotée de l’arme nucléaire qui commet des crimes de guerre avec le soutien de mon propre pays et de ses alliés, à moins de critiquer également un minuscule groupe de militants assiégés ? Vous me dites que je ne peux rien dire sur les exactions d’un État d’apartheid dont les partisans s’attaquent sans relâche à mon droit à la liberté d’expression et sapent les libertés civiles dans tout le monde occidental, à moins que je ne critique dans le même temps quelques milliers de combattants de la résistance palestinienne qui ne m’ont rien fait de mal ? Mais de quoi parlez-vous donc ?
Non, je vais simplement critiquer Israël, merci beaucoup. Je vais critiquer l’État dont les atrocités génocidaires sont soutenues par la structure du pouvoir sous laquelle je vis et à laquelle je paie des impôts, et dont le réseau de soutien détruit systématiquement mes droits et ceux de mes compatriotes. Si ça ne te plaît pas, va te faire foutre.
J’ai encore quelques réflexions à partager aujourd’hui.
Premièrement, j’adore voir les défenseurs d’Israël se lamenter lorsque des gens répondent à leurs diatribes par : « Je ne vais pas lire tout ça. Free Palestine. » Tout ce que les propagandistes de la hasbara ont, ce sont des montagnes interminables de verbiage pour expliquer pourquoi il serait acceptable et normal de larguer des explosifs militaires sur des bâtiments remplis d’enfants ; alors cela les rend furieux lorsque quelqu’un leur retire leur seule arme.
Ils n’ont ni la vérité ni la morale de leur côté, alors tout ce qu’ils ont, ce sont des mots, des mots, des mots, des mots, des mots. Retirez-leur cela et ils n’ont plus rien, et ils le savent.
Et enfin, nouvelle règle : si vous niez qu’Israël est coupable de génocide à Gaza, alors c’est à vous de fournir une explication convaincante pour expliquer pourquoi toutes les organisations de défense des droits humains de la planète (y compris les organisations israéliennes) considèrent qu’il s’agit d’un génocide.
Si vous soutenez qu’il existe une conspiration antisémite entre toutes les organisations de défense des droits humains, alors la charge de la preuve vous incombe pour démontrer que cette conspiration est effectivement à l’œuvre.
Si vous soutenez qu’il existe une conspiration islamiste visant à infiltrer toutes les organisations de défense des droits humains, alors vous devez fournir des preuves de cette conspiration.
Si vous soutenez qu’il n’existe aucune conspiration et que ce n’est qu’une coïncidence si toutes les organisations de défense des droits humains se trouvent à penser qu’Israël commet des violations des droits humains, alors vous devez fournir un argument convaincant expliquant pourquoi toutes les institutions regroupant des experts des droits humains sont, par coïncidence, parvenues à la même conclusion tout en étant toujours dans l’erreur.
Vous ne pouvez pas simplement dire : « Je ne suis pas d’accord avec leurs conclusions », ou « Cette organisation a avancé un argument que je trouve faible », ou encore « Ce n’est pas un génocide parce que blablabla ». Vous devez prendre en compte le consensus unanime, parce que cela fait désormais partie du débat.
Même les adeptes de la Terre plate et les climatosceptiques qui affirment que tous les experts se trompent essaient au moins de fournir des arguments expliquant pourquoi il existerait une conspiration secrète visant à amplifier des conclusions erronées au sein de la communauté scientifique. Mais ceux qui nient le génocide à Gaza semblent, d’une manière ou d’une autre, penser qu’ils n’ont pas besoin de répondre à leur désaccord avec le consensus écrasant des experts du domaine concerné.
Vous ne pouvez pas faire ça, les gars. Ça ne marche pas comme ça. Si vous affirmez que les experts mentent au sujet d’un pays en particulier, alors vous devez fournir une explication détaillée et crédible de la raison pour laquelle cela pourrait être le cas.
Je n’ai encore rencontré aucun négationniste du génocide capable de faire cela, en ligne ou ailleurs. Pas un seul.
P.-S. : Prétendre qu’on ne peut pas accuser Israël de génocide tant que la CIJ n’a pas statué qu’il s’agissait d’un génocide revient exactement à prétendre qu’on ne peut pas dire que Charlie Kirk a été assassiné tant que son meurtrier n’a pas été officiellement condamné pour meurtre.
Par Par Caitlin Johnstone, 19 sept. 2026
[Mis à jour le 19.09,2026 à 20.18]
Source: Caitlinjohnst.one (Traduction ASI)








































































































































































































































