Par Dr Bassem Naim, membre du bureau politique du Hamas à Gaza.

Bassem Naim

J’ai été contacté aujourd’hui par nombre de journalistes et médias qui m’ont posé des questions sur la dernière proposition des négociations du Caire entre le mouvement Hamas et les Israéliens, par l’intermédiaire des médiateurs. Bien, mais le plus scandaleux, ce sont les questions répétées concernant les “otages à Gaza, combien de vivants ou de morts, le Hamas a-t-il rejeté la proposition parce qu’il ne peut pas libérer 40 otages dans la première phase, etc. …. ?”

Je dois ici soulever les points suivants :

– Il s’agit de négociations sur le cessez-le-feu et non d’un accord sur les prisonniers; l’accord sur les prisonniers étant l’un des points à négocier. Pourquoi tombons-nous dans le piège tendu par Netanyahou ? Il s’agit d’un “processus de négociation” comme le “processus de paix”. Il s’agit de créer un processus de négociation sans aucune intention de parvenir à un accord. Tout le monde sait aujourd’hui qu’il [Netanyahou] est prêt à sacrifier même la vie de son propre peuple, pour se sauver du lendemain. Il ne s’agit pas de la réponse du Hamas, mais des objectifs de Netanyahou dans les négociations.

– Personne ne m’interroge sur les milliers d’innocents palestiniens enlevés par Israël après le 7 octobre, au moins 3 000 à Gaza, dont des femmes et des enfants, certains exécutés sur le champ devant leur famille, et d’autres dans les camps de concentration israéliens, exposés à toutes sortes de circonstances horribles. La vie de leur peuple n’est pas plus précieuse que la nôtre, tous les êtres humains “en tant qu’êtres humains” sont élus, sans distinction de religion, de couleur, de sexe, d’appartenance ethnique ou de nationalité.

– Une partie des négociations consiste à parvenir à un accord de cessez-le-feu afin de disposer de suffisamment de temps et de sécurité pour recueillir des données définitives et plus précises sur les Israéliens capturés, parce qu’ils se trouvent dans différents lieux tenus par différents groupes, certains d’entre eux étant sous les décombres, tués avec nos propres concitoyens, et nous négocions pour obtenir des équipements lourds à cette fin.

– Ce que nous exigeons autour de la table des négociations, ce sont les résultats attendus de ces négociations, mais plus important encore, ces résultats sont les véritables garanties d’une tranquillité durable et de l’ouverture de la voie à l’aide et à la reconstruction de Gaza, afin de donner à notre peuple une perspective d’espoir.

– Nous ne pouvons pas accepter (aucun Palestinien n’acceptera) de notre plein gré le maintien de la présence israélienne dans la bande de Gaza, de donner à Israël la légitimité de lancer une nouvelle agression contre notre peuple (parce qu’ils proposent une pause temporaire) et de maintenir 2,3 millions de Palestiniens de Gaza déplacés de leurs maisons et de leurs mouvements sous le contrôle d’Israël.

– Ce que les Israéliens n’ont pas réussi à obtenir par le bombardement et le génocide pendant 6 mois, ils ne pourront pas l’obtenir par plus de violence ou par des négociations absurdes ou illusoires.

*Dr Bassem Naim, membre du bureau politique du Hamas à Gaza.

Gaza, 11 avril 2024