Bernard-Henri Lévy : Docteur honoris causa 

Bernard-Henri a eu, enfin, sa reconnaissance de la nation (d’Israël) ! Il a été fait Docteur honoris causa, ce 18 juin, au Collège académique de Netanya… L’occasion de prononcer un discours digne de l’événement…

Jamais Bernard-Henri Lévy ne se sera mis à nu comme il l’a fait à Netanya, le 18 juin dernier (lire son discours dans Le Point:

 » La première responsabilité à quoi m’oblige la cérémonie d’aujourd’hui, dit-il, est de me faire, plus que jamais, l’avocat d’Israël auprès des nations « .

C’est clair : en parlant d’Israël et des  » nations « , il emploie la terminologie vétérotestamentaire qui distingue le Peuple « de Dieu  » (Israël) des  » nations « . Autrement dit, en affirmant la « singularité » d’Israël, il se reconnaît comme membre du « Peuple élu » que Yahvé a distingué, comme le dit le Lévitique :

 » Vous ne suivrez pas les lois des Nations que je chasse devant vous (…) car je les ai prises en dégoût. Vous prendrez possession de leur sol, je vous en donnerai moi-même la possession, une terre qui ruisselle de lait et de miel. C’est moi YHWH, votre Dieu qui vous ai mis à part de ces peuples  » (Lv 20. 23-24)…

Est-ce là une position et un discours de philosophe ? S’il fallait une preuve, une seule, pour contester le titre de philosophe à BHL, elle est là.  Et je ne parle même pas de son incroyable mauvaise foi, de cette imposture qui lui fait dire que, contre la Marche du retour,  » l’armée a réagi avec mesure et scrupules ! « . L’opinion mondiale sait où se situent la mystification et la mauvaise foi, elle qui a vu les images des soldats israéliens jubilant et s’auto-congratulant chaque fois que l’un d’eux faisait mouche sur un adolescent, venu manifester sans armes…

Et voici le comble de l’hypocrisie et du cynisme conjugués :

« Je suis frappé d’épouvante, évidemment, par ce qui se passe, depuis quelques semaines, à Gaza. Ma pensée va, chaque vendredi, aux familles juives, voisines de la frontière, qui voient leurs champs brûlés par les bombes incendiaires  » Oser parler de  » leurs  » champs ? Des champs pris à qui ? Mais à personne, voyons ! Puisque c’est Yahvé qui less leur avait donnés, parole du Lévitique ! D’où, n’est-ce pas, le slogan :  » Une terre sans peuple pour un peuple sans terre« …

En somme, ce discours en dit plus long sur l’effronté personnage que toutes ses tartarinades d’avant la bataille et ses poses d’après la bataille…

Source:  LE BLOG DE SALAH GUEMRICHE


Lire aussi

Bernard-Henri Lévy : « Il n’y a pas de crise des migrants »,

Europe 1 10h-11h 24/6/2018 (*)

Source: http://www.micheletribalat.fr/440146529

Bernard-Henri Lévy déclare sur Europe 1 lors du Grand rendez-vous du dimanche qu’il n’y a pas de crise migratoire comme le prouverait le solde migratoire nul de l’UE.

Verbatim : « Il n’y a pas de crise des migrants. Le solde migratoire, comme disent les démographes ou les économistes est nul. C’est-à-dire que la balance entre les gens qui quittent l’Europe et les gens qui y rentrent est à peu près à zéro »

Puisque Bernard-Henri Lévy a cru bon de donner son avis sur le solde migratoire européen, nous n’avons pas d’autre choix que de vérifier si ce solde est bel et bien nul. Pour ce faire, il faut consulter les données d’Eurostat dont la qualité dépend du soin avec lequel chaque institut national élabore les tableaux à sa demande[1].

Eurostat publie les données fournies par les États sur l’immigration et l’émigration et sur la différence entre les deux : le solde migratoire, auquel il ajoute un ajustement lorsqu’il y en a un. Un ajustement, qui peut être positif ou négatif, est introduit lorsque la collecte statistique est jugée insatisfaisante. Par exemple, l’Insee a introduit un ajustement de 1990 à 2005 pour corriger les données du recensement de 1999 jugées de mauvaise qualité. C’est une opération purement comptable qui a permis de faire apparaître un solde migratoire non nul entre 1990 et 1999 (https://www.insee.fr/fr/statistiques/1892117?sommaire=1912926#titre-bloc-1). De toute façon, le solde migratoire est un très mauvais outil pour évaluer l’immigration étrangère puisqu’il fait la moyenne entre un solde migratoire des natifs, souvent négatif dans les pays européens, et un solde migratoire des nés à l’étranger qui est souvent positif. C’est le cas de la France notamment.

Un coup d’oeil au tableau ci-dessous suffit pour se convaincre que Bernard-Henri Lévy a tout simplement bluffé les trois journalistes qui l’interviewaient et qui n’y ont vu que du feu.

Solde migratoire (ajustement compris) dans l’Union européenne et quelques pays lui appartenant (2008-2016)[2]

Source : Eurostat

2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Union européenne (composition actuelle) 1 215 702 713 629 769 568 713 631 894 789 1 760 854 1 101 159 1 854 445 1 222 979
Union européenne (sans le Royaume-Uni) 959 692 476 362 502 838 496 404 728 741 1 518 409 784 217 1 522 528 975 693
Allemagne -53 556 -10 681 130 166 295 478 391 884 455 473 583 503 1 165 772 464 734
Espagne 436 029 136 838 75 537 66 509 -142 555 -251 531 -94 976 -7 490 87 422
France 56 456 31 755 37 580 19 220 71 509 98 939 23 804 68 310 68 310
Italie 356 178 212 363 200 091 76 359 369 717 1 183 877 108 712 31 730 65 717
Pays-Bas 30 890 38 522 32 471 30 230 14 081 19 618 35 479 55 018 78 864
Autriche 24 345 17 677 21 978 31 327 44 223 56 122 73 670 114 237 65 388
Roumanie -163 868 -110 782 -48 100 -47 866 -21 487 -13 887 -20 439 -46 530 -58 758
Suède 55 568 62 614 49 734 45 453 51 799 65 780 76 560 79 699 117 693
Royaume-Uni 256 010 237 267 266 730 217 227 166 048 242 445 316 942 331 917 247 286

 

Mais, le solde migratoire est un piètre indicateur de l’immigration étrangère. Une autre façon de se faire une idée de l’évolution récente consiste à examiner le taux d’accroissement de la population née sur place et de celle née à l’étranger. Le graphique ci-dessous donne à voir le taux d’accroissement de la population totale, de celle née dans le pays, de celle née à l’étranger (y compris dans un autre pays de l’UE) et de celle née en dehors de l’UE. Lorsque le pays de naissance est inconnu, situation qui touche particulièrement l’Allemagne (9‰ en 2013), j’ai supposé qu’il était un pays étranger et plus spécifiquement un pays hors de l’UE28. Ce choix a tendance à freiner très légèrement la croissance de la population née à l’étranger (ou dans un pays hors de l’UE) en raison de la diminution progressive du nombre de cas où le pays de naissance n’est pas renseigné.

La population née à l’étranger ne varie que sous l’effet de la mortalité, des entrées et des sorties (qui composent le solde migratoire). Manifestement, on est loin d’une situation qui pourrait correspondre à un solde migratoire nul.

Taux d’accroissement de la population dans l’UE28 selon le lieu de naissance (en % ; 2013-2016)
Source : Eurostat

C’est particulièrement vrai pour l’Allemagne où la population née à l’étranger a augmenté de 10% en seulement une année (2016) alors que la population des natifs diminuait d’un peu plus d’1% (graphique ci-dessous).

Taux d’accroissement de la population en Allemagne selon le lieu de naissance (en % ; 2013-2016)
Source : Eurostat


[1] Lors d’une réunion au Conseil national de l’information statistique (Cnis) le 9 novembre 2012, Fabrice Lenglart, à qui je demandais pourquoi l’Insee fournissait à Eurostat des données peu fiables sur les flux migratoires de Français et d’étrangers au risque de mettre en danger la réputation de l’Insee, m’avait répondu que l’institut considère que sa réputation souffrirait plus encore s’il ne fournissait pas ces données à Eurostat, même si elles sont de mauvaise qualité. L’Insee avertirait Eurostat de la mauvaise qualité de ces données. Fabrice Lenglart a ajouté que la France n’était pas, loin de là, le plus mauvais contributeur à Eurostat.

[2] Les chiffres de 2015 et 2016 pour la France ne sont pas définitifs. Ils résultent de l’exploitation des enquêtes annuelles de recensement. Le premier sera défintif cette année et le second en 2019. Le chiffre de 2016 pour l’Allemagne est lui aussi provisoire.

Voir (*) http://www.europe1.fr/politique/bernard-henri-levy-il-ny-a-pas-de-crise-des-migrants-3691598

Source: http://www.micheletribalat.fr/440146529

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