Par Charles Rozjman

Paru le 18 Septembre 2018 sur le blog de Régis de Calstelnau Vu du Droit

Largement considérés comme des militants néo-nazis, à cause de leur opposition frontale à la politique migratoire d’Angela Merkel, les habitants de Chemnitz ou Dresde en Allemagne sont en fait très ouverts au dialogue. Mais pour s’en apercevoir, encore faut-il chercher à les connaître…

Charles Rozjman qui justement les connait nous en dit plus.

Outre-Rhin, pour la plupart des médias, la quasi-totalité du gouvernement – à l’exception notable d’un ministre – et les partis de gauche, l’affaire est entendue : les manifestants anti-migrants de Chemnitz sont nazis. Rien n’est plus faux. Je connais Chemnitz pour y avoir formé la police l’an dernier ainsi que Dresde, à 75 kilomètres de là, où j’ai animé de nombreux groupes de dialogue entre adversaires et partisans de l’ouverture à l’immigration voulue par Angela Merkel.

J’y ai appliqué la méthode de thérapie sociale que j’ai créée il y a plus de vingt ans et pratiquée dans de nombreux contextes à travers le monde. Une méthode de dialogue qui ne consiste pas à pacifier les conflits entre personnes aux normes et aux valeurs différentes mais à leur permettre d’émerger pour résoudre les problèmes des communautés. Le résultat final de ce travail, c’est la reconnaissance par tous de la réalité dans sa complexité.

AdvertisementLes anti-migrants sont pro-dialogue

Or, à Dresde, la crise des réfugiés a beaucoup agité l’opinion, au point de provoquer de nombreuses manifestations, dont celles de Pegida tous les lundis. Je m’y suis rendu à la demande du maire et de l’association « Dresden für alle » (Dresde pour tous) pour aider les habitants de la ville qui avaient des opinions opposées à partager leurs expériences et à surmonter les conflits qui les opposaient. Première entorse aux idées reçues, les adversaires de la politique gouvernementale, y compris des membres de Pegida souhaitaient ce dialogue que refusaient les mouvements dits antiracistes. Ces derniers ont même envoyé des lettres de dénonciation à la mairie et à l’université parce que j’avais invité à ces rencontres des adhérents de Pegida ! A Dresde comme à Chemnitz, les militants de Pegida ne sont pas des nazis mais des citoyens allemands qui clament que les lois ne sont pas respectées et que la presse ment au sujet des exactions commises par des migrants. Des petits groupes de néo-nazis se sont, certes, joints à ces manifestations mais ils ont été très minoritaires et souvent écartés. D’ailleurs, nul ne sait de façon certaine si ce sont vraiment ces groupes qui ont attaqué le restaurant juif de Chemnitz.

Du côté de Pegida, des thèmes reviennent sans cesse : « Il n’y a pas d’argent ni de logements pour les pauvres de chez nous, alors qu’on en trouve toujours pour les migrants » ; « la presse nous ment sur la réalité des délits commis par ces migrants comme elle a tenté de la faire lors des événements de Cologne le soir du nouvel an 2016 » ; « on ne peut parler de la réalité qu’on voit ou qu’on vit même, sans être accusés d’être des nazis et des xénophobes ».

 

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