
Avec un sourire narquois, Netanyahu menace l’Iran de « nombreuses surprises » au-delà des armes d’anéantissement déjà utilisées. (Photo : capture vidéo)
Au premier rang de la révolution
Par Philip Giraldi
J’ai passé le week-end dernier à participer à la conférence annuelle du Ron Paul Institute qui se tient dans la région de Washington, au nord de la Virginie. Cette année, le thème était « Au premier rang de la révolution » et les quelque 500 participants qui remplissaient la salle de bal de l’hôtel Hilton ont assurément trouvé ce que le thème de la manifestation cherchait à transmettre. Parmi la liste impressionnante d’orateurs figuraient le député Thomas Massie, Dennis Kucinich, Jim Webb, Josh Paul, Michael Vlahos, Max Blumenthal et Joe Kent. Tucker Carlson s’est également adressé à l’assemblée par liaison vidéo. Compte tenu de l’état désastreux de notre ancienne République en ce week-end de la Fête du Travail, les orateurs ont été poussés à affronter l’ennemi de front, ce qu’ils ont fait, dans l’espoir de créer une dynamique en faveur d’une véritable révolution articulée autour des élections de mi-mandat qui auront lieu en novembre. À titre personnel, je n’ai jamais vu un tel enthousiasme lors de ce qu’il faut qualifier de rassemblement politique, le public se levant debout, applaudissant et criant son approbation à ce qui était dit à la tribune.
Il me semble comprendre que les enregistrements vidéo des discours, d’une durée d’environ une demi-heure chacun, seront mis en ligne et disponibles sur le site du Ron Paul Institute d’ici quelques jours. Je recommande vivement aux lecteurs d’Unz de se rendre sur le site de Paul et de commencer à visionner ces enregistrements.
Les intervenants étaient et sont tous extrêmement bien informés sur ce qui afflige notre pays, et ils n’ont pas mâché leurs mots dans la présentation de leur analyse éclairée. En termes simples, ils voient un gouvernement et une nation assujettis et occupés par une puissance étrangère, avec notamment des mesures très visibles qui ont renforcé ce contrôle et menacent d’aggraver le statut de citoyens de seconde zone des véritables citoyens de ce qui fut autrefois notre république constitutionnelle. Une fois asservi, notre pays s’est engagé dans une série de guerres alors qu’il n’y avait aucune menace imminente de la part de qui que ce soit, s’est retrouvé au bord de la faillite et a privé le peuple de ses libertés fondamentales.
Cette nation agressive, qui a renforcé sa capacité à dicter la politique étrangère américaine tout en restreignant simultanément la liberté d’expression des citoyens qui tentent de s’opposer à ce qui se passe, est bien sûr Israël, qui, agissant de concert avec son puissant lobby national, a envahi et corrompu les institutions américaines au-delà de toute croyance. La vision de la domination progressive, presque inimaginable, exercée par le minuscule Israël sur la superpuissance qu’est les États-Unis, tout particulièrement au cours des 25 dernières années, a même donné lieu à un surnom : « La queue qui fait remuer le chien ! »
En conséquence, la Conférence Ron Paul a constitué une tentative du peuple américain de restaurer sa Constitution et sa république, en mettant particulièrement l’accent sur la Déclaration des droits, qui a été bafouée par le président Donald Trump et le Congrès d’une manière sans précédent. Plusieurs intervenants ont cité la sagesse du premier président américain, George Washington, qui, dans son discours d’adieu à la nation en 1796, avait mis en garde contre les implications dans les affaires étrangères. Ce qu’il a dit et la manière dont il l’a dit à l’époque revêtent aujourd’hui autant d’importance vis-à-vis des nations étrangères et de leurs lobbies qu’il y a 230 ans. Il a déclaré :
« Faites preuve de bonne foi et de justice envers toutes les nations. Cultivez la paix et l’harmonie avec toutes. … Dans la mise en œuvre d’un tel projet, rien n’est plus essentiel que d’exclure les antipathies permanentes et invétérées envers certaines nations et les attachements passionnés pour d’autres, et de cultiver à leur place des sentiments justes et amicaux envers toutes. La nation qui se laisse aller, envers une autre, à une haine habituelle ou à une affection habituelle est, dans une certaine mesure, esclave. Elle est esclave de son animosité ou de son affection, l’une comme l’autre suffisant à l’éloigner de son devoir et de son intérêt. L’antipathie d’une nation envers une autre prédispose chacune à insulter et à blesser plus facilement, à saisir le moindre prétexte d’offense, et à se montrer hautaine et intransigeante lorsque surviennent des occasions fortuites ou insignifiantes de différend.
« De même, l’attachement passionné d’une nation pour une autre engendre toute une série de maux. La sympathie pour la nation favorite, en favorisant l’illusion d’un intérêt commun imaginaire là où aucun intérêt commun réel n’existe, et en insufflant à l’une les inimitiés de l’autre, pousse la première à prendre part aux querelles et aux guerres de la seconde sans motif ni justification valables. Cela conduit également à accorder à la nation favorite des privilèges refusés aux autres, ce qui est susceptible de nuire doublement à la nation qui fait ces concessions, d’une part en se privant inutilement de ce qu’elle aurait dû conserver, et d’autre part en suscitant la jalousie, la mauvaise volonté et une propension à la riposte chez ceux à qui l’on refuse des privilèges équivalents ; et cela donne aux citoyens ambitieux, corrompus ou égarés (qui se consacrent à la nation favorite) la possibilité de trahir ou de sacrifier les intérêts de leur propre pays sans susciter l’opprobre, parfois même en jouissant d’une certaine popularité, en enrobant d’apparences de sens vertueux du devoir, de déférence louable envers l’opinion publique ou de zèle louable pour le bien public les concessions viles ou insensées dictées par l’ambition, la corruption ou l’aveuglement.
« Contre les ruses insidieuses de l’influence étrangère (je vous conjure de me croire, chers concitoyens), la vigilance d’un peuple libre doit être constamment en éveil, car l’histoire et l’expérience prouvent que l’influence étrangère est l’un des ennemis les plus néfastes du gouvernement républicain. Mais cette vigilance, pour être utile, doit être impartiale, sans quoi elle devient l’instrument de l’influence même à éviter, au lieu d’en être une défense. Une partialité excessive envers une nation étrangère et une aversion excessive envers une autre pousse ceux qu’elles animent à ne voir le danger que d’un seul côté, et contribuent à dissimuler, voire à cautionner, les manœuvres d’influence de l’autre. Les véritables patriotes qui résistent aux intrigues du favori ont tendance à être soupçonnés et détestés, tandis que ses instruments et ses dindons de la farce s’accaparent les applaudissements et la confiance du peuple pour trahir ses intérêts”.
Les intervenants lors de l’événement organisé par Ron Paul espéraient tous allumer une flamme capable d’inciter les Américains à exercer l’un des rares droits dont ils disposent encore, bien qu’il soit lui aussi remis en cause par les deux grands partis pour aboutir aux résultats corrompus que l’on connaît : le processus électoral. En novembre, l’occasion va se présenter de chasser bon nombre des traîtres qui ont vendu notre pays à Israël. Si un candidat n’aspire pas sincèrement aux valeurs de “l’Amérique d’abord”, il ou elle doit être contesté(e) et battu(e) sur cet enjeu. S’ils admirent tant Israël, il est peut-être temps pour eux de renoncer à leur citoyenneté américaine et de s’installer dans le pays tant aimé. Israël étant, par vote de la Knesset, un État juif, certains d’entre eux, des “sionistes chrétiens” comme Mike Johnson et Ted Cruz, pourraient bien être mal accueillis, même s’ils ont travaillé d’arrache-pied pour leurs maîtres tout en feignant d’être de loyaux Américains au Congrès.
Si les élections de novembre font émerger suffisamment de dissidents au Congrès, réellement attachés à leur pays et désireux d’en protéger les libertés, peut-être sera-t-il envisageable de se débarrasser d’un Donald Trump incontestablement à la solde du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du lobby israélien. Trump fait assurément preuve d’une profonde ignorance et d’une haine viscérale. C’est un homme prêt à se venger de quiconque se met en travers de sa route et qui claironne qu’il va anéantir des nations entières tout en finançant et en armant un Israël qui commet un génocide à Gaza et en Cisjordanie. Plus encore, c’est un homme qui a le doigt sur la gâchette nucléaire, et selon certaines informations, il aurait évoqué à plusieurs reprises avec sa fidèle équipe l’“option” du recours à de telles armes, vraisemblablement pour détruire l’Iran et d’autres nations au nom du “Grand Israël”. C’est un malade mental à qui il faut considérablement restreindre, voire retirer, l’exercice du pouvoir.
Se débarrasser de Trump et de ses acolytes serait certainement un bon début, mais le reste de la vermine au sein du gouvernement à la solde d’Israël doit également et absolument disparaître. Les Démocrates sont presque aussi accros à l’amour d’Israël que le sont les Républicains. Pour ne citer qu’un exemple, lors d’une récente intervention publique, Hillary Clinton a déclaré que “le premier et principal” préjudice causé par Benjamin Netanyahu tient à “l’ampleur des coups portés, avant tout, à Israël. Et surtout, la perception qu’ont les peuples, non seulement aux États-Unis, mais partout dans le monde, de l’État d’Israël, et cette perception doit changer”.
Pour Hillary, comme pour de nombreux Démocrates libéraux, le problème n’est pas qu’Israël “menace” la vie des Palestiniens. Non non, le problème, c’est que Netanyahu nuit à l’image publique d’Israël, car peu importe qu’il spolie et massacre délibérément des centaines de milliers de Palestiniens innocents. Elle se moque de la souffrance humaine ou des droits de l’homme lorsqu’il s’agit des intérêts de ses meilleurs amis les Juifs. Rappelons-nous son commentaire lorsqu’elle était secrétaire d’État sous Barack Obama et qu’elle venait de lire un compte rendu du meurtre atroce de Mouammar Kadhafi lors d’un coup d’État organisé par Washington : “Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort !” a-t-elle déclaré avec un sourire en coin, avant d’éclater de rire.
Plus récemment, sous l’égide de Joe Biden, qui se définit comme « sioniste », le secrétaire d’État Antony Blinken, lui-même juif, s’est plaint de la même manière que la couverture médiatique des atrocités israéliennes circulant en ligne avait « dominé le discours » et avait « un effet très, très néfaste sur le discours ». Le problème n’est pas le massacre en cours ni la suppression des libertés civiles américaines ; la question était de savoir comment s’assurer que la presse en rendrait compte sans aucune critique si Israël était impliqué. Ces perceptions expliquent pourquoi des milliardaires de confession juive se sont lancés dans une frénésie d’achats de médias au cours de la dernière année et demie. Espérons qu’eux-mêmes et tous leurs partisans auront une mauvaise surprise en novembre prochain, lorsqu’un vote anti-israélien émergera pour déterminer qui sera élu et qui ne le sera pas. Que la révolution commence !
Par Philip Giraldi
Source:https://www.unz.com/pgiraldi/front-row-at-the-revolution/







































































































































































































































