Interview du soldat « Chout » – Zaïtsevo passera le Nouvel an sous les bombardements

Par Christelle Néant | 23 Déc. 2017 | DONi

Le 15 décembre 2017, nous étions de retour sur les positions de l’armée de la République Populaire de Donetsk (RPD) à Zaïtsevo pour évaluer l’évolution de la situation à deux semaines seulement du Nouvel an.

Moins d’une heure avant notre arrivée, l’armée ukrainienne a tiré sur les positions tenues par l’armée de la RPD à coup de lance-grenades automatique.

Alors que nous nous installons pour faire l’interview d’un jeune soldat originaire de Gorlovka, surnommé « Chout » (bouffon), des tirs de mitrailleuse se font entendre. Une semaine avant notre venue, un obus de 152 mm est tombé sur le mur de l’ancienne école où nous filmons.

À cause des tirs de l’armée ukrainienne le jour même sur les tranchées de la RPD toutes proches, le commandant de l’unité refuse que nous nous y rendions. Trop dangereux. Mais en regardant les nombreux cratères qui « décorent » la cour et les murs de l’ancienne école, je me fais la réflexion que cette dernière est à peine plus sûre que les tranchées.

Le soldat Chout nous confirme que l’armée ukrainienne tire tous les jours sur Zaïtsevo, que ce soit avec des armes légères ou des armes lourdes, ne laissant que peu de répit aux soldats comme aux civils.

« La semaine passée, il n’y avait pas de trêvedes bombardements permanents, avec des accalmies d’une heure principalement, juste pour le rechargement des armes, » nous dit-il.

Et son pronostic pour le Nouvel an est peu optimiste.

« Pour le Nouvel an la situation sera tendue parce qu’il y aura comme d’habitude, des tentatives de percée du front. Toute fête, que ce soit une fête religieuse ou laïque, n’importe quelle fête, c’est toujours des tentatives de percée, leurs bombardements quotidiens… Nous n’aurons donc pas de Nouvel aen tant que tel, ce sera notre vie quotidienne, pour ainsi dire, sous les bombardements, » décrit-il entre amertume et ironie.

Nous lui demandons ce qu’il pense de ce qui se passe actuellement à Kiev (l’affrontement entre Porochenko et Saakachvili), et du risque de changement de Président à la tête de l’Ukraine. Pour lui, que le Président soit Porochenko, Saakachvili, ou même Tourtchinov, ne changera rien.

« Il n’y a pas de différence que ce soit Saakachvili ou Porochenko ou même si ce fameux Tourtchinov revient, de toute façon ce sera la guerre, ici elle n’a jamais cessé, » déclare-t-il.

En attendant, le Donbass va passer son quatrième Nouvel an sous les bombardements de l’armée ukrainienne.

Voir l’interview complète :

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