Des machines de guerre idéologique vouées aux grandes puissances. Enquête sur George Soros, la CPI et la galaxie des ONG


Le Nouveau Courrier (& Le Gri-Gri International ici) a publié ce texte particulièrement riche de A. Atchadé, qui révèle les dessous pas toujours très vertueux du monde des petits et grands soldats d’une justice internationale biaisée dès le commencement, et qui se fait aider par une puissante armada idéologique qui se pare d’indépendance pour se légitimer sans contestation auprès d’une opinion subjuguée par des promesses de lutte contre l’impunité largement mensongères. Un texte à conserver.

Dossier CPI – Les nouveaux colons

Par A.Atchadé

Paru initialement à Abidjan le 29/07/2014 dans les colonnes de Le Nouveau Courrier sous les titres: Dossier CPI: Les nouveaux colons – Des machines de guerre idéologique vouées aux grandes puissances / Enquête sur George Soros, la CPI et la galaxie des ONG

Revenons en arrière : la création de la CPI en 2002 fut le fruit de longues années d’intense lobbying de groupes d’intérêts qui se sont présentés comme le fer de lance de la mondialisation de la justice et de l’impunité. L’économie s’étant globalisée, il restait à faire de même avec le droit, et les droits humains en particulier : d’un côté on subordonne les espaces économiques à des règles du jeu planétaires (Organisation Mondiale du Commerce), de l’autre, une instance judiciaire « universelle », la Cour pénale internationale (CPI), qualifiée dans son statut fondateur de « permanente et indépendante reliée au système des Nations Unies ». Indépendante et reliée ? En réalité, la légitimité de la CPI est assurée par les États parties au Statut de Rome.

Dans les faits, la juridiction de la CPI n’est universelle que pour les États les plus faibles, qu’ils en soient membres ou pas. La CPI n’est compétente pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, que lorsque les États eux-mêmes sont considérés comme incapables de rendre une justice acceptable aux yeux des grandes puissances. S’ils en sont capables (comme la Libye), les États peuvent appliquer une justice des vainqueurs tous seuls et ignorer consciencieusement les violations des droits de l’homme commis par leur propre camp. Pour les autres, la CPI assure la sous-traitance avec l’aide d’ONG diverses et variées. Force est de constater que depuis sa création, l’aspect politique a été primordial tandis que l’apport judiciaire a été très faible.

Des ONG aux campagnes tonitruantes et à la légitimité douteuse

Ces ONG sont intervenues massivement dans la conférence des plénipotentiaires chargés de négocier le Statut de la CPI à grand renfort de discours militants puis ont mené des campagnes tonitruantes en vue d’amener les Etats à le ratifier.

Les ONG se targuent de représenter la société civile, l’intérêt général mondial, les valeurs universelles de paix, d’égalité, de justice, de défense des droits de l’homme. Mais qui siège dans ce parlement de la société civile ? Qui parle au nom de l’opinion publique ? Qui sont les mandants ? Les gardiens du temple ? Ce sont, faut-il le rappeler, des organisations privées, avec des objectifs définis en fonction des intérêts de ses membres. Elles se veulent à la fois thermomètre du monde et thérapie. Leur action n’est pas limitée par les contraintes propres au déroulement d’un procès pénal, ni par le respect du principe de l’égalité des armes et de l’indépendance judiciaire.

En soulevant le couvercle de la marmite de la justice pénale internationale, on voit grouiller une nébuleuse d’organisations liées les unes aux autres par leur financement et leur res- sources humaines, ce qui assure une certaine cohérence. On se recycle de l’ONU vers les ONG, d’une organisation à l’autre.

L’ombre de George Soros

Ces ONG ont un point commun : elles sont financées directement ou indirectement par George Soros, le financier milliardaire américain. Soros affirme que « la démocratie et la société ouverte ne peuvent être imposées que de l’extérieur, parce que le principe de souveraineté fait obstacle à l’ingérence extérieure. (…) Certes, il est difficile de s’ingérer dans les affaires intérieures de pays souverains, mais il est important de reconnaître le problème. » [1] Dans ce but, Soros arrose un nombre impressionnant d’organisations dont les conseils d’administration accueillent beaucoup de monde. En 2002 déjà, Soros reconnaissait avoir déboursé plus de 2,1 milliards de dollars en cinq ans dans ces entreprises philanthropiques.

Il y a tout d’abord le navire amiral : l’Open Society Foundations avec un maillage serré de succursales en Europe (de l’Est), en Afrique et en Asie. En apportant son concours financier, elle s’ingère dans la vie politique des pays dans lesquels elle opère. Il y eut par exemple le mouvement « Y’en a marre » au Sénégal où fut repris le même modus operandi qu’en Serbie [2] et Géorgie. Plus récemment, elle s’est investie dans ce que les médias occidentaux ont baptisé le « printemps arabe » et en Ukraine où on retrouve sa trace dans les événements récents.

Soros, avons-nous besoin de le rappeler est une connaissance d’Alassane Ouattara. Ces relations croisées vont au-delà du simple conflit d’intérêt [3] et justifient que l’on s’intéresse de plus près à ces institutions.

En Europe, le milliardaire a fondé en 2008 l’European Council on Foreign Relations, qui compte parmi ses membres fondateurs Dominique Strauss-Kahn, Alain Minc, Jean-Luc Dehaene (ancien Premier ministre belge) et Joschka Fischer (ancien ministre des Affaires étrangères allemand). Aujourd’hui on y retrouve Bernard Kouchner, Pierre Moscovici, Christine Ockrent et Ghassan Salamé (le papa de Léa Salamé). Notons que Bernard Kouchner, promoteur du « droit d’ingérence humanitaire » a rédigé un rapport où il affirmait notamment que « le recours au travail forcé est une coutume ancienne… » pour justifier le traitement infligé par le groupe Total aux ouvriers birmans. Il a aussi joué l’entremetteur entre Alpha Condé et Georges Soros en Guinée, pays pauvre mais ô combien riche en matières premières convoitées. Le philanthrope vertueux y est-il allé un peu fort ? Après l’arrivée au pouvoir d’Alpha Condé, fin 2010, le milliardaire via une autre de ses organisations Revenue Watch Institute, a aidé à pondre un nouveau Code minier, véritable nerf de la guerre vis-à-vis de toutes les autres sociétés exploitantes.

La Coalition pour la Cour Pénale Internationale

La Coalition pour la Cour Pénale Internationale (CCPI), a été créée par Richard Dicker, de Human Rights Watch (HRW – organisation financée par Soros). Elle est présidée au niveau mondial par William Pace, du World Federalist Movement, organisation qui milite pour un gouvernement mondial (elle est aussi financée par Soros).

Cette coalition se targue de rassembler 2 500 organisations de la société civile, dans 150 pays. La version française comprend notamment la FIDH, Amnesty International, Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, Action contre la faim et Survie. Mais comme l’argent est le nerf de la guerre, la Coalition apprécie particulièrement le soutien généreux de tous ses partenaires et donateurs du monde entier. Elle bénéficie d’un important financement de l’Union européenne, des gouvernements autrichien, belge, danois, finlandais, irlandais, liechtensteinois, néerlandais, norvégien, suédois et suisse et d’organisations privées telles que la Fondation Ford, de la Fondation John D. et Catherine T. MacArthur, de l’Open Society Institute, du Sigrid Rausing Trust et de Humanity United.

Un certain Ali Ouattara, ancien président d’Amnesty International-Côte d’Ivoire est le président de la Côte d’Ivoire Coalition pour la Cour pénale internationale s’est réjoui de la ratification du Traité de Rome par la Côte d’Ivoire. Selon lui, « c’est le signe que la Côte d’Ivoire est entrée dans le concert des nations ». On ne sait pas de qui il tient son mandat mais on sait qui paie les ONG qui sont affiliés (les mêmes : l’Union européenne et les ONG de la Galaxie Soros).

Le but de la Coalition ? Garantir « l’efficacité, l’indépendance et l’accessibilité de la Cour ». De quelle indépendance s’agit-il ? Tous, procureur, juges, et le greffier, sont élus par l’Assemblée des États parties : alors bonjour les marchandages !

La Coalition entend y mettre son grain de sel en auditionnant les candidats. Elle encourage les États à présenter les candidats « en tenant compte des opinions de la société civile … entre autres. » [4] Malgré cet apport on ne peut plus précieux, on peut émettre des doutes sur la compétence du procureur et des juges en fonction.

Le premier procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo avait lui-même longtemps occupé un poste dans la version sud-américaine de Transparency International, une ONG finan- cée par George Soros. [5] Il avait délaissé la salle d’audience lors de l’ouverture du pre- mier procès de la CPI pour aller parader au Forum économique mondial de Davos. Il avait laissé Fatou Bensouda, son adjointe depuis 2004, dans la panade : le procès fut ajourné sine die car le témoin brandi par l’accusation reconnut à l’audience avoir menti.

Fatou Bensouda qui lui a succédé, fut « élue » après avoir été désignée candidate unique au poste. Curieux parcours que celui de Bensouda. Elle est titulaire d’une maîtrise en droit maritime international et en droit de la mer. Elle fut Ministre de la Justice et conseillère juridique principale auprès de Yaya Jammeh, dictateur élu de la Gambie et directrice d’une banque commerciale. Ce n’est qu’en 2000 qu’elle rejoint le Tribunal Pénal International pour le Rwanda et y occupe divers postes. Le New York Times nous informe qu’elle n’est pas très douée en plaidoirie mais qu’elle est plutôt appréciée pour sa « personnalité affable et ses compétences organisationnelles ».

Les Juges, eux, sont choisis par les représentants des États parties dans un vivier d’ex- politiciens, ex-diplomates, ex-universitaires et professionnels des « droits de l’homme ». Ils sont en principe sélectionnés à partir de deux listes, la première exige d’avoir une compétence reconnue dans les domaines du droit pénal et de la procédure pénale ainsi que l’expérience nécessaire du procès pénal, que ce soit en qualité de juge, de procureur ou d’avocat, ou en toute autre qualité similaire. Pour la deuxième il faut avoir une compétence reconnue dans des domaines pertinents du droit international, tels que le droit international humanitaire et les droits de l’homme, ainsi qu’une grande expérience dans une profession juridique qui présente un intérêt pour le travail judiciaire de la Cour. Il faut qu’il y ait au moins neuf juges élus sur la liste A (ceux qui ont une compétence reconnue en justice pénale) et 5 de la liste B (ceux qui ne connaissent pas grand-chose à la justice pénale mais à qui on offre la possibilité de se déguiser en juge).

La juge Silvia Alejandra Fernandez de Gurmendi qui préside la Chambre préliminaire I dans le cadre de l’Affaire le Procureur c. Laurent Gbagbo est une diplomate de carrière : elle a été élue juge à la CPI en 2009. Nul ne doute de la brillance de son parcours professionnel au sein de l’administration argentine. Mais ce n’est pas une praticienne du droit. Pourtant la juge de Gurmendi [6] triche un peu : elle s’est inscrite sur la Liste A !

Un des autres juges dans l’affaire Gbagbo, le Juge Hans-Peter Kaul, récemment décédé, avait été fonctionnaire du Ministère des Affaires étrangères allemand avant de devenir juge. En 2001, ce même Kaul, alors qu’il était encore fonctionnaire avait cité un chiffre de 20% du budget de la Cour devant être assumé par l’Allemagne et s’attendait donc à recevoir 20 pour cent environ des postes administratifs de la Cour. Une version révisée de Novembre 2003 des chiffres donne un pourcentage plus modeste de 11 pour cent, tout en soulignant le but des Allemands de voir des citoyens allemands composer une portion équivalente du personnel de la Cour [7]. Ceci montre bien le parrainage idéologique de la Cour.

Les nouveaux colons (#HRW)

Human Rights Watch Human Rights Watch (HRW) se proclame sur son site « l’une des principales organisations indépendantes au monde consacrée à la défense et la protection des droits de l’homme ». Elle fut créée en 1978 sous le nom d’Helsinki Watch, avec pour mission de dénoncer les violations des droits de l’homme dans le bloc soviétique d’où une très grande proximité idéologique avec le gouvernement des Etats-Unis. Kenneth Roth, directeur exécutif de HRW a déclaré que « la justice [est] une fin en soi » et que « l’inculpation des criminels de guerre a permis de faire avancer des processus de paix en marginalisant les acteurs nuisibles ». Passons sur l’inanité d’une telle affirmation, rappelons simplement que M. Roth est un ancien procureur général des Etats-Unis, scotché au versant accusatoire de la justice pénale.

George Soros a donné 100 millions de dollars à Human Rights Watch depuis 10 ans pour s’en attacher les services. En effet, HRW bénéficie d’une aura favorable dans les médias : c’est une organisation sérieuse dont les rapports sont des valeurs sûres. En réalité, elle est protégée de tout réel examen critique et ses rapports s’avèrent en général invérifiables. Dans la décision relative à la demande de délivrance d’un mandat d’arrêt à l’encontre de Laurent Gbagbo, déposée par le Procureur en 2011 [8] la CPI faisait déjà une place de choix aux rapports d’HRW (en alternance avec ceux d’Amnesty International). Mais que valent ces argumentaires de seconde main et autres rapports ?

Le 3 juin 2013, les juges de la CPI n’avaient pas osé confirmer les charges pesant sur Laurent Gbagbo, estimant insuffisante la « valeur probante » de ces pièces à conviction. « Heureusement », ils se sont repris depuis.

Apparemment à la CPI, une bonne justice n’est pas le fruit d’un labeur acharné, mais elle navigue entre désinvolture et improvisation : il fallait absolument que Fatou Bensouda passe au rattrapage alors que sa copie avait été à peine amendée.
La Côte d’Ivoire a constitué une obsession pour HRW : 8 communiqués entre décembre 2010 et mars 2011, accusant Laurent Gbagbo de crimes de guerre et de violations des droits de l’homme, un seul dans la période enjoignant Ouattara en avril 2011 de contrôler ses troupes. Mais cette campagne était essentielle pour créer l’assise pour l’étape suivante du processus de diabolisation et de légitimation de l’usage de la force. La plupart des médias (BBC, Reuters, AFP) ont fait largement écho aux communiqués d’HRW, les reprenant tels quels.

Le directeur du de lobbying de HRW à Washington, Tom Malinowski, s’est fendu d’un article [9] au sujet l’intervention de l’OTAN en Libye, intitulé «Pourquoi ne donne- t-on pas crédit à Obama d’avoir arrêté une telle atrocité ? Et de poursuivre que l’OTAN a été plus efficace [qu’en Bosnie]. » Et de célébrer l’intervention de l’OTAN en Libye comme « la réponse militaire multinationale la plus rapide à une crise des droits humains dans l’histoire récente » pour laquelle « nous devrions être reconnaissants ». Depuis 2012, il a rejoint sa famille : il est sous-secrétaire d’État à la démocratie, aux droits humains et au travail sous John Kerry.

Autre curiosité : Miguel Diaz, ancien analyste de la Central Intelligence Agency (CIA), pen- dant longtemps au comité consultatif de HRW Amériques, puis retourné au Département d’État en tant que « interlocuteur entre la communauté des services de renseignements et les experts non gouverne- mentaux ».

Et n’oublions pas de citer Javier Solana, membre du conseil d’administration, ancien secrétaire Général de l’OTAN qui a cautionné l’usage des bombes à fragmentation contre la Serbie en 1999 et le bombardement de civils ont conduit HRW à conclure que l’OTAN avait commis des violations du droit humanitaire international. Entre marchand de moralité et missionnaire de l’empire, HRW se targue aujourd’hui d’être une force « journalistique ».

En 2012 l’organisation s’est vu attribuer un Peabody Awards [10]. Dixit Carroll Bogert, directrice générale adjointe : « C’est aussi une réflexion sur combien le business des médias a changé. Human Rights Watch joue maintenant dans le marché global de l’information. » [11] Les récits d’attaques meurtrières contre des populations civiles, menées par des dictateurs et des mercenaires sont écrits pour scandaliser l’opinion publique internationale et « vendre » les souffrances des victimes à travers les médias. La guerre médiatique vise à soumettre l’audience à sa propre dialectique en lui imposant son vocabulaire, et, au- delà, sa propre conception du monde.
Les États-Unis ne se cachent d’ailleurs pas de cette instrumentalisation : « Nous avons les meilleures relations avec les ONG, qui sont un tel multiplicateur de forces pour nous, une part si importante de notre équipe de combat. (…) Car [nous] sommes tous engagés vers le même but singulier, aider l’humanité, aider chaque homme et chaque femme dans le monde qui est dans le besoin, qui a faim (…) » déclarait ainsi l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powell, dans un discours adressé aux ONG au début de l’Operation Enduring Freedom (l’invasion de l’Afghanistan), en octobre 2
001 » [12]

 Les nouveaux colons – Amnesty & FIDH)

Amnesty International

« Amnesty International est financée essentiellement par ses membres et dons publics. Aucun financement n’est recherché ou accepté de la part de gouvernements pour enquêter et faire campagne contre les abus des droits de l’Homme. Amnesty International est indépendante de tout gouvernement, idéologie politique, intérêt économique ou religieux. »

Ça c’est ce qui est indiqué sur le site internet de l’organisation. Mais en scrutant de près les derniers rapports financiers d’Amnesty International Limited disponibles, nous pouvons constater que l’organisation ne refuse pas les financements d’un certain Georges Soros via l’Open Society Foundation ou bien la Fondation John D. et Catherine T. MacArthur. Toujours les mêmes !

Dans la plupart des conflits internationaux, Amnesty professe sa neutralité et son impartialité. « Nous essayons de dépolitiser notre regard » [13].

Suzanne Nossel [14], dont le regard est loin d’être dépolitisé, transfuge du département d’Etat US, fut entre janvier 2012 et janvier 2013 la directrice exécutive pour Amnesty International USA où elle est restée au service de politique étrangère des États-Unis. Le site internet d’Amnesty International mentionne avec fierté le rôle de Suzanne Nossel dans les résolutions de l’ONU contre l’Iran, la Syrie, la Libye et la Côte d’Ivoire. [15]

En mai 2012, elle lançait pour le compte d’Amnesty International une campagne publicitaire en soutien à l’intervention de l’OTAN en Afghanistan. Les affiches proclamaient : « droits humains pour les femmes et les jeunes filles en Afghanistan : OTAN, continuez les progrès ! ». Franck Jannuzi, qui a été choisi pour lui succéder, a travaillé pour le bureau du renseignement et recherche en tant qu’analyste politico-militaire sur la région d’Asie de l’est.

Dans n’importe quel autre système, cette consanguinité serait considérée comme incongrue mais pas en ce qui concerne la gouvernance mondiale.

La FIDH

La FIDH est une ONG internationale qui défend tous les droits, civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, tels qu’ils sont énoncés dans les déclarations universelles des droits de l’homme (1948).

Sur son site, la FIDH remercie diverses institutions, fondations et compagnies qui la soutiennent dont la Commission Européenne, Organisation Internationale de la Francophonie et une foultitude de ministères.

Dans le rang des donateurs on retrouve des valeurs sûres :

le National Endowment for Democracy, Open Society Foundations, le Sigrid Rausing Trust, The John D. and Catherine T.MacArthur Foundation. Et un mélange hétéroclite de sociétés Air France, la Caisse des Dépôts et Consignations, DailyMotion, Hermès, La Banque postale ou bien encore leFigaro magazine et le Nouvel Observateur.

La FIDH est aujourd’hui présidée par la Tunisienne Souhayr Belhassen (Tunisie) qui a débuté en tant que journaliste à l’hebdomadaire Jeune Afrique pendant une vingtaine d’années et également correspondante pour l’agence de presse Reuters en Tunisie.

On peut aussi noter l’ombre portée du serial entrepreneur en droits de l’homme Sidiki Kaba. Ancien dirigeant de la FIDH. Actuellement Ministre de la Justice du Sénégal, il se verrait bien présider l’Assemblée des États parties à la Cour pénale internationale. En tout cas, ce serait une bien meilleure planque pour finir sa carrière, loin des aléas de la politique politicienne

Par A.Atchadé 


NOTES :

[1] George Soros, “The Deficiencies of Global Capitalism”, in On Globalization, 2002

[2] Le groupement politique serbe Otpor a entraîné des activistes du monde entier à renverser des gouvernements opposés aux intérêts des États-Unis. L’Open Society opère de concert avec le National Endowment for Democracy (Fondation nationale pour la démocratie) est une fondation privée à but non lucratif des États-Unis dont l’objectif est le « renforcement et le progrès des institutions démocratiques à travers le monde ». La plus grande part de ses fonds provient du département d’État des États-Unis.

[3] Selon la lettre du continent du 25 novembre 2010.

[4] http://www.coalitionfortheicc.org/documents/CICCPRonElections.pdf

[5] L’utilisation de la Cour européenne en vue d’intimider Afrique était clair dès le début. Dès Janvier 2003, le président français, Chirac a mis en garde les chefs d’État africains qu’ils auront de maintenant à craindre le jugement de la CPI y compris s’ils représentent le gouvernement légitime y compris dans leur lutte contre les mouvements rebelles. Ainsi que le rapporte John Rosenthal dans the lawless global court http://archive.frontpagemag.com/readA rticle.aspx?ARTID=14115. Moreno-Ocampo est devenu procureur de la CPI en 2003 après que les États parties aient décidé qu’ils ne voulaient pas que les Africains soient poursuivis par un européen de l’Ouest. Ancien professeur invité à Harvard, son anglais est limité ainsi que son français, les deux langues de la CPI http://www.lawgazette.co.uk/analysis/courting-controversy/47475.article.

[6] Pour sa défense la juge mentionne qu’elle a été rapporteur au sein du Bureau du Comité ad hoc sur l’établissement d’une cour pénale internationale (1994 – 1995), du Comité préparatoire sur l’établissement d’une cour pénale internationale (1995 – 1998) et lors de la Conférence de plénipotentiaires des Nations Unies à Rome (15 juin – 17 juillet 1998). Outre avoir présidé la Commission préparatoire concernant le Règlement (1998 – 30 juin 2000), elle a été présidente du groupe de travail chargé des questions procédurales au sein du Comité préparatoire sur l’établissement d’une cour pénale internationale (1995 – 1998). On cherche encore la pertinence de l’expérience.

[7] http://archive.frontpagemag.com/readArticle.aspx?ARTID=14115

[8] http://www.icc- cpi.int/iccdocs/doc/doc1305521.pdf Dans cette décision, les juges ont pris en compte un article de the Gambia Voice, « Gbagbo has friends in Africa » du 7 avril 2011. Comme quoi Fatou Bensouda continue à la lire la presse de son pays et contribue à la faire rayonner.

[9] le 27 mars 2011 dans the New Republic

[10] Récompenses remises annuellement à des programmes de radio, de télévision ou des sites web qui représentent l’excellence dans leur propre domaine.

[11] http://www.theatlantic.com/internatio- nal/archive/2012/06/making-news-human- rights-watch/258982/

[12] Michael Mann, Incoherent Empire, Verso, 2003.

[13] http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTI– CLE=RFSP_543_0379

[14] Elle fut aussi l’Assistante de Richard Holbrooke, ancien de plein de choses au Département d’Etat US qui lui n’avait rien compris à la responsabilité de protéger : il a demandé au Vietnam de se retirer du Cambodge en 1979 alors que les Khmers Rouges avait déjà massacré 1.7 million de cambodgiens.

[15] http://www.amnestyusa.org/news/press– releases/amnesty-international-usa- announces-leadership-transition-suzanne- nossel-selected-as-new-executive-d

Source: Dossier CPI / Les nouveaux colons, par A.Atchadé 


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