Le genre d’information que les journalistes, qui se rangent dans le camp des puissances établies, ignorent ou censurent. ASI


 Le président Petro Poroshenko et le Vice président Joe Biden à Davos en janvier 2016. [State Department photo]

L’ex-Vice-Président Joe Biden vient de laisser tomber avec désinvolture une information qui a fait l’effet d’une bombe, en admettant qu’il était personnellement et directement intervenu dans les affaires intérieures de l’Ukraine : il s’est vanté, sur scène, lors d’un événement qui se déroulait au Conseil des Relations Étrangères US (CRE), qu’il avait fait démettre un haut dirigeant du gouvernement de Kiev pratiquement en claquant des doigts.

« Je les ai regardés et j’ai dit : “Je pars dans six heures. Si votre procureur n’est pas saqué, vous n’aurez pas le fric.”» a déclaré Biden, mardi, dans un aveu qui faisait suite à des révélations antérieures, d’après lesquelles les USA ont tiré les ficelles en coulisses pour contrôler le gouvernement ukrainien au point que les envoyés US sont même allés jusqu’à dicter qui pouvait occuper des postes-clés dans le pays ravagé par la guerre.

Biden a ainsi confirmé ce qui n’avait fait l’objet, jusque-là, que d’allusions par un haut fonctionnaire anonyme au New Yorker, en 2016. Il avait été alors révélé que le Procureur Général de l’Ukraine – fonction qui équivaut à celle d’Attorney General aux USA – avait été démis de ses fonctions, rien que parce que l’administration Obama menaçait de ne pas payer un milliard de dollars en garanties de prêts.

Le Procureur Général de l’époque, Viktor Shokin, avait été auparavant soutenu par les USA et la plupart de l’U.E., mais, comme l’expliquait le New Yorker, « après qu’ils aient d’abord soutenu Shokin, les sentiments des USA et de l’UE à son égard s’étaient considérablement refroidis ».  Washington avait soudain trouvé Shokin, qui occupait le poste de Procureur Général depuis une vingtaine d’années, corrompu et peu disposé à adopter des mesures de répression sévères dans d’importants cas de corruption financière impliquant des personnalités de premier plan.

Le Procureur Général, en Ukraine, est nommé pour six ans et ne peut être désigné et démis que par le Président, avec l’accord du Parlement ; pourtant, dans le cas de Shokin, Joe Biden s’est vanté, devant l’assistance du CRE , qu’il avait dit au président ukrainien Petro Porochenko et à l’ex-premier ministre Arseny Yatseniouk en mars 2016 : « Je vous le dis, vous n’aurez pas le milliard de dollars si vous ne virez pas immédiatement Shokin ». À la grande joie de son auditoire du CRE que l’on a entendu ostensiblement rire, Biden a ajouté : « Et le fils de pute… il a été saqué !

En effet, la menace de ne pas effectuer ce qui était le troisième versement d’un paquet de financement massif dont ils avaient désespérément besoin pour maintenir à flot le nouveau gouvernement pro US-UE de Kiev, a provoqué la destitution hâtive de Viktor Shokin par le Parlement ukrainien le 29 mars 2016, moins d’un mois après que Biden ait lancé son ultimatum. (Shokin avait, dans un premier temps, promis, dans une lettre de février, de démissionner volontairement, mais il avait repris son travail en mars). Porochenko destitua alors officiellement Shokin dans les formes, le 3 avril 2016

Il semble bien que l’affaire fût immédiatement un secret de Polichinelle, Shokin devenant pour les Ukrainiens « l’homme au milliard de dollars ». C’était aussi l’époque où Biden et d’autres hauts fonctionnaires US étaient constamment en communication étroite avec le président Porochenko, à discuter d’aide étrangère et garanties de prêts, et, s’il faut en croire le dernier aveu de Biden, à lui dire comment gouverner.

Biden avait déjà révélé, dans ses mémoires personnels, qu’il « avait eu Porochenko ou Yatseniouk, ou les deux, au téléphone presque toutes les semaines » pendant des mois, à essayer d’imposer presque chaque décision importante  de l’administration Porochenko, après le renversement de Viktor Yanoukovitch par le coup d’État de 2014 qui a inauguré la crise ukrainienne.

Pour rappel, en 2014, peu de temps après le coup facilité et approuvé par les USA, le fils de Joe, Hunter, est entré au conseil d’administration de Burisma Holdings, le plus grand producteur privé de gaz d’Ukraine, constitué à Chypre, un paradis fiscal européen.

À un autre endroit de son intervention de mardi, Biden a révélé que la Maison Blanche d’Obama « a passé beaucoup de temps au téléphone pour s’assurer que personne, de… [l’ex-président français François] Hollande à [l’ex-premier ministre italien Matteo] Renzi, ne se dissocierait des sanctions anti-russes ».

Nous espérons fermement que Biden continuera à ouvrir sa fameuse (et infâme) grande gueule et qu’il continuera à confirmer (surtout grâce à son penchant pour la vantardise et l’autocongratulation) que les versions US des événements – que ce soit en Ukraine, en Syrie ou dans d’autres parties du monde (partout où il y a des révolutions « démocratiques spontanées » défendues par des politiciens qui prennent leurs ordres à Washington) – n’ont aucun rapport avec une quelconque réalité.

Par Tyler Durden 01/24/201 | Zero Hedge

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Voir ci-dessous l’extrait complet contenant les aveux faits par le vice-président Biden, dans son allocution de mardi au CER

https://www.youtube.com/watch?v=Q0_AqpdwqK4&feature=youtu.be

Transcription :

Joe Biden : « Si je pense qu’ils… je pense que le Donbass a un potentiel qu’il est capable de… mais il faudrait deux choses. Une de ces choses manque actuellement. Et c’est que je suis désespérément préoccupé par la régression de Kiev en matière de corruption. Ils ont fait… Je veux dire… je vais vous donner un exemple concret. J‘étais… non, il se fait que c’est le boulot dont on m’a chargé. J’ai toujours récolté les bons. Et c’est l’Ukraine qu’on m’a donné. Et je me rappelle y être allé… essayer de convaincre notre équipe, nos dirigeants de… les convaincre que nous devrions fournir des garanties sur prêts. Et je suis allé, je pense, pour la 12e, la 13e fois à Kiev. Et j’étais supposé annoncer qu’il y avait une nouvelle garantie sur prêts d’un milliard de dollars. Et j’avais reçu un engagement de Porochenko et de Yatseniouk qu’ils prendraient des mesures contre le Procureur Général de l’État. Et ils ne l’ont pas fait. »

 « Ils ont dit qu’ils l’avaient fait… ils sortaient pour aller donner une conférence de presse. J’ai dit : non, je ne vais pas… nous n’allons pas vous donner le milliard de dollars. Ils ont dit, “vous n’avez pas autorité… Vous n’êtes pas le Président. Le Président a dit…” J’ai dit : appelez-le. » (Rires)

 « J’ai dit : Je vous le dis, vous n’aurez pas le milliard de dollars. J’ai dit vous n’aurez pas le milliard. Je m’en vais d’ici dans… je crois que c’était six heures. Je les ai regardés et j’ai dit : Je pars d’ici dans six heures. Si votre procureur n’est pas saqué, vous n’aurez pas le fric. Et le fils de pute… (Rires) il a été saqué. Et ils ont mis à sa place quelqu’un qui était solide à l’époque. »

 « Bon, il y a toujours… ils ont quand même fait quelques changements d’une certaine importance… institutionnellement et parmi les gens. Mais une des trois institutions… il y a maintenant une certaine régression. »

Article original: https://www.zerohedge.com/news/2018-01-24/son-bitch-got-fired-joe-biden-brags-he-forced-ukraine-fire-key-official-exchange

Traduit par C.L./ Les grosses orchades

URL: Arretsurinfo.ch

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