Dès que je fus en âge de comprendre, on m’a appris qui étaient les gentils et qui étaient les méchants. Puis, j’ai appris qu’à leurs propres yeux, les méchants étaient les gentils et que nous, les gentils, nous étions les méchants. On m’a dit qu’ils se trompaient : c’était de la propagande.

La propagande des autres, donc, celle qui est visible, dénoncée, moquée, raillée parce que jamais subtile ; mais la propagande se vend au plus offrant, elle est infidèle et apatride ; la propagande, c’était elle aussi qui m’avait caché les millions de Soviétiques ayant donné leur vie pour nous sortir de la guerre ; elle qui avait mis sous le tapis des regards internationaux 70 années de coups fourrés des USA en Amérique latine et qui regardait ailleurs quand le drapeau étoilé s’écrasait par deux fois sur Hiroshima et Nagasaki.

La propagande désignait d’autres cibles quand je voulais connaître l’identité des néo-esclavagistes en Afrique. Elle a tronqué pour moi les discours de Xi Jinping, de Hassan Nasrallah, de Bachar Al-Assad, de Vladimir Poutine, de Tito, de Chavez, etc. Elle m’a, ce faisant, ôté mon droit démocratique à exercer librement mon esprit critique – tout en dénonçant à force grands cris la censure chez les autres.

Moi ce que j’en dis, c’est qu’il nous faut EXIGER la paix.

La propagande m’a caché Gladio, le « tibetan program » de l’agence de renseignement américaine – Voldemort de FB dont on ne peut dire le nom. Pourquoi ai-je appris si tard ce qu’avait été la Baie des cochons, l’opération Northwoods et l’embargo pour affamer un peuple ?

Beaucoup savent aujourd’hui que de couveuses il n’y avait pas, que de charnier il n’y avait pas, que d’armes de destruction massive il n’y avait pas.

Mais combien savent que mon pays, la Belgique, était prêt à vendre son citoyen Bahar Kimyongur au dictateur turc ? Pourquoi avait-on moqué sans expliquer les raisons et les dynamiques des cercles d’affaires et de pouvoir, du Siècle, du Bilderberg, de la solidarité entre élites partageant les mêmes loges maçonniques ? Pourquoi tout avait été si aisément rassemblé dans le même vocable méprisant : « Théorie du complot ».

J’ignorais, moi, que des ONG fussent financées par les gouvernements pour en renverser d’autres. On ne m’a pas appris à l’école le rôle de l’opération Tpajax, l’affaire Lavon, les attaques terroristes de la DRS pendant la guerre d’Algérie, le faux « marxist leninist party of the Netherlands ». La surveillance massive et mondiale du programme Prism dénoncé par Snowden, le Cherry Blossom project ou le Huston Plan n’ont pas fait les titres si longtemps et Assange peut bien crever avec Wikileaks. Qui se souvient de l’affaire des Contra en Iran? Qui pour expliquer l’opération CHAOS comprenant les projets Resistance, Merrimac, HTLINGUAL ? Qui pour faire la lumière sur MKUltra et sur COINTELPRO ?

Pourquoi des scandales aussi énormes n’auront jamais atteints vos oreilles?

« Plus jamais ça », me disait-on mais, toute ma vie, j’ai toujours vu ça. La guerre était partout : au Congo, dans le Golfe, en Palestine occupée, en Afghanistan, en Iraq, en Libye, en Syrie, en Ukraine – pour ne citer que les plus gros. À chacune de ces interventions, on a lu les gloses de beaucoup trop de politiques et de journalistes jouant à « qui a commencé » dans l’unique but de servir l’a priori et non la vérité, dans un pur raisonnement panglossien, en saccageant l’histoire, en caricaturant les positions, en refusant de faire parler le contexte.

Qui trinque? Les peuples, toujours.

Aujourd’hui, on essaie de nous vendre la guerre contre la Russie et la Chine. Refusons-la. Désertons avant même d’être conscrits. Exigeons la paix.

Source: Le blog du radis

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