«Les policiers dans leur majorité soutiennent les Gilets jaunes», pour le secrétaire général de VIGI

 


Gilets jaunes : les moments forts de la journée de mobilisation du 1er décembre à Paris en images

L’acte 3 de la mobilisation des Gilets jaunes a été marqué par de très nombreuses violences dans la capitale, en marge des manifestations, commises par une minorité de participants.

La journée de mobilisation des Gilets jaunes à Paris s’est transformée en scènes de guérilla urbaine dans plusieurs quartiers huppés de la capitale. Aux Champs-Elysées que les manifestants, sans autorisation préfectorale, ont investis, les forces de l’ordre ont chargé et gazé aux lacrymogènes sans ménagement et ce, dès le matin.

Des voitures de police ont également été prises pour cibles par les manifestants.

Paris a été le théâtre de véritables scènes d’émeutes jusqu’en début de soirée.

Le bilan provisoire, donné en fin d’après-midi, est, concernant Paris, plus lourd que la semaine précédente : 263 blessés recensés dans tout le pays, dont 34 parmi les forces de l’ordre. Plus de 400 personnes ont en outre été interpellées.

La journée a réuni quelque 75 000 manifestants dans tout le pays, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.


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Extrême-gauche, extrême-droite ou parasites : qui sont les casseurs du 1er décembre ?

Forces de l’ordre éprouvées, quartiers huppés ravagés : l’acte 3 de la mobilisation des Gilets jaunes a été marqué par de très nombreuses violences, particulièrement à Paris. D’aucuns suggèrent aujourd’hui des pistes pour démasquer leurs auteurs.

Correspondant à la troisième journée de mobilisation d’ampleur des Gilets jaunes, le 1er décembre a vu se dérouler d’intenses scènes de violences aux abords des Champs-Elysées, à Paris. Véhicules et restaurants incendiés, magasins saccagés et pillés, forces de l’ordre prises à partie : contrairement à la détermination pacifique d’une majorité de Gilets jaunes, à qui RT France a donné la parole toute la journée, certains participants avaient prévu d’autres méthodes d’action pour marquer le coup.

Armés de marteaux, de frondes et autres outils laissant peu de doute quant à leurs intentions, des individus se sont en effet fondus dans la foule, avec la ferme intention d’en découdre, du matin jusqu’à tard après la tombée de la nuit, comme en témoignent plusieurs vidéos diffusées en direct par RT France, depuis la place de l’Etoile.

«Plusieurs groupuscules nationalistes et d’extrême droite sont notamment à la manœuvre», souligne le quotidien Libération après avoir relevé, Place des Ternes, un graffiti du GUD (Groupe union défense, organisation étudiante nationaliste connue pour son activisme violent dans les années 1970), un slogan «On est chez nous» tagué non loin de là, ou encore l’inscription «Justice pour Esteban», en référence à l’ancien skinhead Esteban Morillo, condamné à onze ans de prison pour le meurtre de Clément Méric en 2013.

Et le quotidien d’ajouter à ses observations la présence de «groupuscules catholiques traditionalistes» parmi la vague jaune qui a déferlé dans la capitale, sans toutefois leur imputer les dégradations matérielles et les scènes de violences ayant marqué la journée.

Extrême-droite, extrême-gauche, ou extrêmes tout court ?

Si le constat du quotidien de gauche tend à appuyer les récents propos tenus par Christophe Castaner et Gerald Darmanin, qui avaient respectivement mis en avant, une semaine plus tôt, la responsabilité des «séditieux d’ultradroite [ayant] répondu à l’appel de Marine Le Pen» ou encore la présence de «la peste brune sur les Champs-Elysées», d’autres images viennent toutefois élargir la palette d’appartenances idéologiques des individus à l’origine des dégradations.

De fait, d’autres internautes ont pour leur part constaté la présence de graffitis à la teneur politique diamétralement opposée et faisant explicitement référence à des mots d’ordre de l’extrême-gauche plutôt que de l’extrême-droite. Et chaque camp de se renvoyer la balle : le militant identitaire Damien Rieu a par exemple affirmé ne «pas [avoir] de doute» sur le fait que les dégradations soient «d’extrême gauche».

Comme a pu le constater RT France au petit matin du 2 décembre sur la place de l’Etoile, les murs de plusieurs bâtiments, dont l’Arc de Triomphe, arboraient encore de tels graffitis frais de la veille : «Justice pour Adama», «l’ultradroite perdra» ou encore la lettre «A», symbole de la mouvance anarchiste.

Si les dégradations commises, notamment les incendies d’automobiles ou les dégradations de vitrines de banques et de magasins, ne peuvent évidemment que rappeler les débordements en marge des manifestations contre la loi Travail il y a quelques années, difficile de conclure avec certitude à l’implication de l’extrême-gauche, comme de l’extrême-droite. A l’image de l’hétérogénéité des Gilets jaunes, les dégradations, perpétrées par des groupes minoritaires, ne semblent pas avoir été le fait d’une seule et unique mouvance idéologique.

Des actes minoritaires qui parasitent le message politique des Gilets jaunes

Alors que la police a annoncé l’arrestation de 122 personnes (65 individus auraient été blessés, dont 11 membres des forces de l’ordre), Emmanuel Macron, de retour d’Argentine, a convoqué ce 2 décembre une réunion d’urgence à l’Elysée, condamnant avec fermeté les exactions commises lors du rassemblement. «Aucune cause ne justifie que des forces de l’ordre soient attaquées ou que l’Arc de Triomphe soit souillé», a-t-il commenté.

En mettant l’accent, selon une stratégie de communication politique très classique, sur les débordements de quelques uns plutôt que sur les revendications politiques de la majorité, l’exécutif tente d’endiguer un mouvement qui, à bien des égards, le dépasse. En témoigne le rendez-vous d’une délégation de Gilets jaunes avec Edouard Philippequi a viré au fiasco le 30 novembre dernier et, plus largement, la difficile appréhension par le gouvernement de ce phénomène nouveau et par bien des aspects insaisissables.

Pour l’heure, c’est surtout l’incapacité du gouvernement à contenir les débordements des deux dernières mobilisations qui semble poser question et susciter un profond sentiment de frustration parmi les Gilets jaunes venus s’exprimer pacifiquement. Au cœur de la manifestation, RT France a pu interroger de nombreux citoyens venus protester dans le calme et déplorant le parasitage de leur mobilisation par ces éclats de violence. A l’image de Sylvie, 54 ans, ancienne professeur de philosophie : «C’est du délire qu’il y ait autant de CRS et qu’on ait pas pu les éliminer ces cons là !» s’emporte-t-elle, émue par des scènes de violences.


«Les policiers dans leur majorité soutiennent les Gilets jaunes», pour le secrétaire général de VIGI

Selon Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat policier VIGI, interrogé par RT France, les policiers soutiennent et sont «solidaires» avec le mouvement des Gilets jaunes. Il encourage les manifestants à se tenir à l’écart des violences.

Interrogé sur le plateau de RT France, Alexandre Langlois, secrétaire général de VIGI, un syndicat de policiers et de personnels administratifs, a assuré que les policiers dans leur grande majorité soutenaient le mouvement des Gilets jaunes. Interpellé par la présentatrice sur le cas de Lucas Léger, journaliste de RT France, blessé par un tir probable provenant des forces de l’ordre ce 1er décembre, le syndicaliste a déclaré : «Nous condamnons toute violence pour un mouvement que nous soutenons et avec lequel nous sommes solidaires.»

Alexandre Langlois a en outre conseillé à «ceux qui veulent faire passer un message de fond de ne pas aller à la confrontation». Selon lui, «aller attaquer les policiers de front n’est pas la bonne solution» car il estime que ceux qui sont sur le terrain n’ont aucune marge de manœuvre. «Ils sont obligés d’exécuter les ordres de ceux qui sont à la préfecture de police», a-t-il expliqué ajoutant que «ceux qui donnent les ordres ne sont pas sur le terrain» et qu’il serait bien de mettre ces derniers en cause plutôt que ceux qui sont sur le terrain.

Lire aussi : Macron au G20 : «Les coupables de ces violences ne veulent pas de changement, ils veulent le chaos»

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