Par Olivier Field

Le 5 novembre 2022, le quatrième personnage de l’Etat a commis un acte politique qui restera une souillure sur la démocratie française. Encore un coup à la présidence de l’Assemblée Nationale à l’image bien dégradée par la nomination après, oui après, la révélation d’actes dont le bon sens et l’analyse objective ne pouvaient que dénier le droit de postuler à Richard Ferrand.

Maintenant par posture politicienne Madame Yael Braun-Pivet instrumentalise le règlement de la dite Assemblée pour encore interdire le jeu démocratique. L’Affaire est connue dans tous ses détails : une intervention prévue sur le cas d’un bateau chargé de migrants en quête d’un passage vers l’Europe, une interpellation d’un député pour en suggérer le retour à la zone de départ des dits migrants, un tollé dans les bancs de la France Insoumise et des comédiens de la « démonstration de Vertu ».

Le verbatim de l’Assemblée confirme ces faits.

La Présidente, Madame Braun-Pivert remplit son rôle de composition mais ne peut qu’en appeler à une sanction pour « manifestation troublant l’ordre ou qui provoque une scène tumultueuse »…généreusement validée par une cohorte de lâches, d’hypocrites et de maitres de la posture.

Pourquoi cette Affaire Braun-Pivet est particulièrement grave ?

Les causes de cet acharnement sont purement politiciennes. Depuis 40 années la gauche rejointe par une droite tremblante de subir le même traitement, avec le soutien médiatique de tous les organes de Presse et de leurs servants, enferme une large partie de la population française, un corpus d’idées banales souvent et les partis qui les représentent dans un camp. Oui un camp fermé, surveillé, où toute action ou réaction est condamnée à périr,  à se stériliser… Les avantages sont nombreux et connus. La gauche et le centre gauche se maintiennent aux responsabilités du pays, sans concurrence ni sanctions malgré des reculs inouïs dans quasiment tous les domaines, particulièrement régaliens. Aucune décision courageuse à prendre donc, simplifiant et rendant excessivement confortable leur pouvoir.

Ici, un énième mensonge, une manipulation grossière contre toute vérité, activée contre cette masse, contre le Rassemblement National, est d’une facilité déconcertante… Jusqu’à quand ?

Toute société a besoin de croire en la légitimité de son système. Nous l’observons être détruit avec constance par ceux-là mêmes qui au lieu de le faire vivre, en vivent, au détriment de tous. L’exemple est donné de tout en haut et de façon systémique. La Présidente de l’Assemblée Nationale, Yael Braun-Pivet, va interdire l’exercice du débat parlementaire parce qu’une des quelques 10.000 interpellations annuelles de député lui permet d’activer frauduleusement le règlement et surtout la Loi non écrite de sus à la droite nationale… Elle détruit toute croyance dans un système gangrené de l’intérieur, qui suscite le rejet d’une grande majorité de la population et partant, son apathie face à sa maison qui brûle.

Bien entendu la maison France brûle. Si cela tient au chaud une confortable minorité et qu’elle a les moyens d’empêcher  toute intervention pour lutter contre les flammes…la situation durera. Mais cette violence pour protéger leurs intérêts va imposer une bien plus grande violence du peuple.

Voilà où Madame Yael Braun-Pivet contribue à nous emmener : de la violence terrible, la fin de la croyance dans la démocratie, l’émergence de véritables extrêmes qui ne joueront pas volontiers leur rôle assigné dans ce théâtre frelaté…et subventionné d’ailleurs. Oui le discours de Yael Braun-Pivet et ses comparses est prêt : « Regardez, nous avions tellement raison de piper le jeu, ils arrivent ! Cette démocratie presque vibrante, républicaine, belle et progressiste, ils lui veulent du mal. »

Ces Tartuffe sont parfaits. Leur credo, éradiquer les valeurs humanistes pour des valeurs progressistes aux antipodes du bonheur de l’Homme mais en son nom… Quel écœurement.

Certainement des solutions existent mais la révolution qu’elles impliquent, sur les médias, sur les partis et autres corps constitués  (officiels ou pas) qui assurent la survivance tenace de ce système, rend illusoire un fort espoir. Personnellement je doute dans les possibilités de rénovation, de réforme, tout cela est dépassé. Certainement des individualités sont de grande valeur et peuvent porter ces discours, mais au final toute la marche est inexorablement vers la marchandisation, la soumission, l’abrutissement. Seule la construction a une chance de réussite. Et en se focalisant sur les  points essentiels, les annonçant et les traitant.

Brutal ? Impossible ?

Rien ne pourra être plus brutal que ce qui est vécu par notre peuple, rien ne peut être considéré impossible quand ces dérèglements fous à coups de milliers de milliards d’euros sont portés par nos instances nationales et européennes.

Déjà les medias et l’école sont à ranimer :

Information : Etre informé n’est pas être être cible de communications ! L’information ce sont les opinions, le débat, les faits entiers tant que se peut. Le monde occidental s’est construit avec ce pouvoir, il disparait à cause de sa corruption profonde.

D’abord il est temps de construire la base du savoir en stoppant immédiatement le financement des relais soumis que sont les medias aujourd’hui. Seul un service public réduit à l’information des citoyens mais limité de façon drastique financièrement doit subsister. Tout media se devrait d’être financé en propre par les fonds de personnes ou sociétés installées en France. L’Etat, sans discrimination, allouerait un montant unique par abonné français identifié et validé et un montant fixe par déclaration d’impôt pourrait être versé à tout organisme agréé de media. Un conseil de l’Audiovisuel veillerait à ce que les faits communiqués/diffusés par  un media soient exacts avec une politique de sanctions progressives en cas de fausse information. Ici on parle de faits, pas d’opinions, pas de présentation. Ceux-ci sont l’essence et la signature de chaque media ramenant, enfin, la pluralité d’opinion agonisante aujourd’hui.

Education : L’affaissement des valeurs éducatives au profit d’une formation de consommateur d’idées, de biens et de divertissements implique une école :

Irréformable en l’état, il faut la doubler. Un programme de construction (réutilisation) d’une école parallèle doit voir le jour. Ses bases sont simples. Programme commun aux deux branches mais engagement des parties prenantes dans la nouvelle école; c’est un choix libre avec l’acceptation de répondre de ses comportements. Les élèves, les professeurs, les personnels administratifs et les parents doivent être responsabilisés. Ils choisissent d’en faire partie et doivent en accepter les règles. Les engagements doivent être précisés et engageants. Uniforme, obéissance et acceptation des sanctions, suivi de tous les enseignements, contrôle des élèves, notes, examens, contrôle quinquennal des professeurs dans leur matière avec examen, interdiction de tout prosélytisme et engagement politique, religieux ou sociétal au sein de l’école et durant les temps scolaires, respect des règles sur le numérique,…

Vu la liberté de choix, personne ne serait ostracisé ou laissé pour compte. Un parent qui ne voudrait pas accepter gardera le bénéfice de l’Education Nationale d’aujourd’hui. Idem pour un enfant, un salarié, un professeur. A cela il faut ajouter et promouvoir une filière riche et dotée d’apprentissage et d’artisanat, les deux mamelles de la prospérité d’un pays. Pas d’industrie sans le terreau de l’artisanat, pas de progrès sans les fruits de l’expérience.

Et surtout…responsabilisation : Du plus bas au plus haut, nous devons être responsable de nos choix et de nos actions. Mille exemples fourmillent pour nous prouver au quotidien que ce n’est pas  vrai ; voire, l’incompétence et le mensonge sont récompensés…

Chaque ministre ou responsable public devrait, par écrit, faire une déclaration préalable des objectifs de sa charge, chiffrée, argumentée et engageante dans le temps. Plus de grandes causes ! Des résultats. Les décisions seraient nominativement attribuées, les succès et les échecs aussi. Un principe de votation pour retirer une Loi doit être mis en place avec des garde-fous.

Ces 3 premiers points me semblent indispensables à traiter pour échapper à la tempête qui se constitue dans une nuée pas si éloignée… Les forces conservatrices et pleines de compromissions voire plus, seront-elles capables d’être mises au pas ?

Triste pays dont les princes sont des parasites.

Olivier Field

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