Tout en se servant des droits de l’homme pour mettre en accusation la Chine, les Etats-Unis soutiennent et promeuvent les coupeurs de têtes à qui ils apportent un soutien, écrit Eamon McKinney.


Par Eamon McKinney

Paru le 12 janvier 2022 sur Strategic culture


La tentative éphémère de révolution de couleur au Kazakhstan a mis en lumière le jeu géopolitique mené par l’Occident en Asie centrale. Cette tentative maladroite de déstabiliser une fois de plus la région a été rapidement écrasée grâce à la réaction des autres membres de l’OTSC du Kazakhstan, menés par la Russie. Comme toutes les révolutions de couleur, elle s’est appuyée sur une véritable colère de la population face à la hausse des prix du carburant et à d’autres griefs légitimes. Cependant, toute tentative de faire croire qu’il s’agissait d’un soulèvement organique, sans leader, a été rapidement démasquée, les décapitations en étant la preuve.

La région d’Asie centrale, qui englobe tous les « Stans », a été largement à la périphérie des affaires mondiales jusqu’à une période relativement récente. Extrêmement éloignée, même lorsqu’elle faisait partie de l’URSS, elle a reçu peu d’attention en raison de son manque de pertinence stratégique. L’émergence de la Chine et de la Russie a changé la donne. Le Kazakhstan, pris en sandwich entre les deux, ainsi que ses voisins d’Asie centrale, est désormais un champ de bataille pour la « politique des grandes puissances » qui se joue. Le Kazakhstan est un élément essentiel de l’initiative chinoise « la ceinture économique de la route de la soie » et, en tant que tel, il est la cible des puissances occidentales, qui ont l’intention de tout faire pour l’arrêter.

Un simple coup d’œil sur une carte montre que la Chine partage ses frontières avec 14 pays, dont sept sont des nations musulmanes. Elle entretient de bonnes relations avec chacun d’entre ces pays. La Chine elle-même compte une importante population musulmane, qui n’est pas concentrée au Xinjiang. On les trouve partout en Chine, ainsi que les mosquées dans lesquelles ils pratiquent leur culte. La Chine ne compte pas seulement des minorités, mais aussi cinq groupes ethniques différents à l’intérieur de ses frontières. Tous sont libres et encouragés à pratiquer et à célébrer leurs cultures et leurs langues individuelles. À Urumqi, la capitale du Xinjiang, il existe au moins huit sectes musulmanes distinctes avec leurs propres mosquées. Les musulmans ne sont pas obligés d’envoyer leurs enfants dans les écoles chinoises et, pendant les presque 40 ans de la politique de l’enfant unique, les musulmans ont été le seul groupe autorisé à avoir plus d’un enfant. L’idée que la Chine persécute les musulmans n’est qu’une invention de l’Occident.

Le Xinjiang est situé à l’extrême nord-ouest de la Chine et borde six des autres pays islamiques d’Asie centrale. Autrefois isolé et sous-développé, il a reçu ces dernières années d’énormes investissements du gouvernement central pour l’aider à se moderniser et à développer pour la première fois une véritable économie. La grande majorité des parents souhaitent que leurs enfants aillent dans des écoles chinoises, apprennent la langue et aient la perspective d’une vie meilleure que celle que peuvent leur offrir les écoles islamiques. L’ennemi de la majorité de la population est le même que dans les pays islamiques modérés voisins : l’islam radical.

De nombreux Ouïghours ont déjà été radicalisés, ils constituent une grande partie des factions terroristes présentes en Syrie, en Irak, en Libye et dans de nombreux autres pays autrefois stables qui ont été réduits en cendres. Ils sont lourdement armés et reçoivent une allocation quotidienne de 50 dollars, mais par qui, me direz-vous ? Ce n’est pas une question qui doit nous retenir longtemps. L’armée islamique turque est une de ces factions qui a surgi d’Asie centrale. Le gouvernement américain les a retirés de la liste de surveillance des « terroristes » il y a un an. Ce ne sont apparemment que des terroristes modérés.

Alors, la Chine persécute-t-elle les musulmans ? Non. Mais elle a une véritable faction islamique radicalisée soutenue par l’Occident qui cherche à infecter la jeunesse du Xinjiang. C’est un problème qu’elle partage avec tous les pays modérés et pacifiques d’Asie centrale. Si la Chine a effectivement des camps de rééducation comme le prétend l’Occident, la plupart des parents ouïghours préféreraient que leurs enfants s’y trouvent plutôt que d’agiter un AK47 à l’arrière d’un pick-up Toyota dans un pays auquel ils n’appartiennent pas.

Alors que l’Amérique continue de blamer la Chine à propos des droits de l’homme, elle soutient et promeut les coupeurs de têtes à qui elle a accordé une franchise. De nombreux participants aux violences du Kazakhstan ont été tués et beaucoup d’autres ont été capturés. Dans les jours et les semaines à venir, nous pouvons nous attendre à de nouvelles révélations sur l’identité des « instigateurs » de ces violences. Une lecture intéressante s’impose.

Eamon McKinney

Le Dr. Eamon McKinney est un éminent sinologue, impliqué depuis plus de 40 ans dans le commerce extérieur chinois. Il est le PDG et le fondateur (1985) de CBNGLOBAl, dont la société a géré plus de 300 grands projets Chine-Etranger. Il vit à Qingdao, en Chine.

Source: Strategic culture

Traduit par Olinda/Arrêt sur info

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