La déstabilisation du Mali, engendrée par l’intervention de la France en Libye, a ouvert une grave crise dans tous les pays du Sahel. L’opération Serval -lancée en 2013 au Mali par François Hollande- qui devait « casser les reins des terroristes » et être de courte durée, s’est heurtée à des groupes utilisant ces mêmes armes de guerre fournies aux « révolutionnaires » libyens par la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et les Qataris lors de l’intervention militaire de 2011 qui devait renverser Mouammar el-Kadhafi. [ASI]

 

Sud du Mali. Opération Barkane, mars 2016. Crédit photo: Wikimedia commons

 

« Le Mali aurait des preuves que la France entraîne des groupes militants sur son territoire, selon le Premier ministre du pays »


Source: RT

Paru le 8 octobre 2021 sur RT sous le titre Mali has evidence French forces train militant groups on its territory, country’s prime minister says


Les groupes militants de la région de Kidal, au nord du Mali, ont été entraînés par des officiers français, a affirmé le Premier ministre Choguel Kokalla Maiga dans une interview à RIA Novosti, affirmant que les deux tiers de son pays sont « occupés par des terroristes ».

Le Mali a des preuves que les forces françaises présentes sur son territoire avec pour mission de contrer les groupes terroristes ont à la place « formé » des militants, a déclaré vendredi le Premier ministre du gouvernement de transition à l’agence de presse russe RIA. Selon le responsable malien, la France contrôle désormais une enclave à Kidal, le Mali n’y ayant pas accès.

« Ils ont des groupes militants là-bas, qui ont été formés par des officiers français. Nous en avons la preuve. Il existe une expression dans notre langue qui dit que lorsque vous cherchez une aiguille dans votre chambre et que quelqu’un, censé vous aider dans la recherche, se tient sur cette aiguille, vous ne la trouverez jamais. C’est donc la situation qui se passe actuellement au Mali, et nous ne voulons pas le supporter », a déclaré Maiga.

L’homme politique a expliqué que les terroristes opérant maintenant au Mali « venaient de Libye », la France et ses alliés ayant détruit l’État nord-africain lors d’une intervention militaire aux conséquences désastreuses en 2011 dirigée par l’OTAN. Initialement, Bamako voulait coopérer avec Paris dans la lutte contre les terroristes et a demandé de l’aide en matière de données de renseignement et de soutien aérien. « Personne n’a demandé sa présence sur le terrain », a déclaré le Premier ministre.

Alors qu’ « il y a huit ans les terroristes n’étaient présents que dans le nord du Mali, à Kidal, aujourd’hui les deux tiers du pays sont occupés par des terroristes », a-t-il ajouté.

En 2014, la France a lancé son opération Barkhane dans la région, s’étant associée aux autorités locales pour contrer et réprimer les groupes terroristes, y compris les militants liés à Al-Qaïda, et stabiliser la situation dans les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad et Mauritanie – toutes les anciennes colonies françaises). Plus tôt cette année, le Président français Emmanuel Macron a annoncé que son pays restructurerait sa présence militaire dans la région du Sahel en Afrique et fermerait ses bases dans le nord du Mali, cette opération devant être achevée d’ici le début de 2022.

S’adressant à l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre, Maiga a déclaré que Paris avait pris cette décision sans concertation, et avait abandonné son pays.

Une campagne diplomatique et médiatique massive a été déployée contre le Mali depuis, a déclaré le ministre dans le dernier entretien accordé à l’agence de presse russe. Mais son Etat « ne veut que des partenaires fiables, agissant dans l’intérêt du pays », a-t-il dit, ajoutant que le Mali, étant une nation souveraine, « y a droit ».

Dans la querelle diplomatique entre Bamako et Paris, le Président Macron, s’adressant aux médias français, a suggéré que l’actuelle administration intérimaire du Mali n’est « même pas un gouvernement ». Il a affirmé que sans l’implication de la France, le pays aurait depuis longtemps été envahi par les terroristes. Le ministère malien des Affaires étrangères a convoqué l’émissaire français pour exprimer « l’indignation et la désapprobation » des propos de Macron, tout en exhortant les autorités françaises à construire une relation basée sur le « respect mutuel », en mettant l’accent sur la lutte contre le terrorisme.

Traduction : lecridespeuples.fr

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