Condamnation de Zhang Zhan

Par Moon of Alabama

Paru le 28 décembre 2020 sur le site américain Moon of Alabama sous le titre The ‘Mighty Wurlitzer’ – How U.S. Financed ‘Human Rights’ Organizations Create Anti-Chinese Headlines

Traduit par Wayan

 

Zhang Zhan, journaliste chinoise emprisonnée. 


 

Les organisations de défense des droits de l’homme financées par les États-Unis (pas seulement) alimentent la presse en titres antichinois.

Pendant mon examen quotidien des principaux médias grand public, je détecte parfois des informations qui semblent peu intéressantes pour le public mais qui sont pourtant largement publiées. Ces articles sont souvent étrangement similaires les uns aux autres et semblent provenir du « Mighty Wurlitzer »:

En 1967, le magazine « Ramparts » publiait un article révélant que la CIA avait secrètement financé et géré un large éventail de groupes de citoyens destinés à contrer l’influence communiste dans le monde. …

Le responsable de la CIA, Frank Wisner, qualifiait cette opération de « puissant Wurlitzer », grâce auquel il pouvait jouer n’importe quel air de propagande.

Aujourd’hui, l’air du « Mighty Wurlitzer«  est en train d’être diffusée simultanément par tous les principaux médias :

D’après la version de la BBC :

Une journaliste citoyenne chinoise qui avait couvert l’épidémie de coronavirus de Wuhan a été condamnée à quatre ans de prison.

Zhang Zhan a été reconnue coupable de « provoquer des querelles et des troubles », une accusation fréquemment utilisée contre les activistes.

Cette ancienne avocate de 37 ans a été arrêtée en mai et a entamé une grève de la faim depuis plusieurs mois. Ses avocats disent qu’elle est en mauvaise santé.

Mme Zhang est l’un des nombreux journalistes citoyens qui ont eu des problèmes pour avoir fait des reportages sur Wuhan. …

Dans une interview vidéo avec un cinéaste indépendant avant son arrestation, Mme Zhang a déclaré qu’elle avait décidé de se rendre à Wuhan en février après avoir lu un post en ligne d’un résident sur la vie dans la ville pendant l’épidémie.

Une fois sur place, elle a commencé à documenter ce qu’elle a vu dans les rues et les hôpitaux en flux direct et en différé, malgré les menaces des autorités, et ses reportages ont été largement diffusés sur les médias sociaux.

Le groupe de défense des droits de l’homme Network of Chinese Human Rights Defenders a déclaré que ses reportages couvraient également la détention d’autres journalistes indépendants et le harcèlement des familles des victimes qui cherchaient à obtenir des comptes.

« J’ai peut-être une âme rebelle… Je ne fais que documenter la vérité. Pourquoi je ne peux pas montrer la vérité », a-t-elle déclaré dans un extrait de l’interview obtenu par la BBC.

« Je ne vais pas arrêter ce que je fais parce que ce pays ne peut pas revenir en arrière. »

Le « Network of Chinese Human Rights Defenders » semble être la source d’une grande partie de ces reportages. Qui sont ces personnes ? La page « A propos » du site web du CHRD ne révèle pas les personnes qui sont derrière l’organisation ni qui la finance.

Il y a deux ans, un article de Grayzone examinait l’organisation en profondeur :

Reuters et d’autres médias occidentaux ont tenté de combler les lacunes laissées par McDougall, en se référant aux rapports du « groupe militant », le Network of Chinese Human Rights Defenders (CHRD).

L’organisation, dont le siège se situe à Washington DC et qui est financée par une branche du gouvernement américain chargée des changements de régime, a été commodément écartée de l’histoire.

Le CHRD milite à plein temps contre le gouvernement chinois et a passé des années à faire campagne au nom des figures de l’opposition d’extrême droite. …

Le CHRD a utilisé ses généreux fonds pour fournir des subventions aux activistes de l’opposition en Chine, finançant des dizaines de projets dans le pays.

Sur ses formulaires fiscaux, le CHRD indique que son adresse est celle du bureau de Human Rights Watch à Washington, DC. HRW a longtemps été critiqué pour ses rapports étroits avec le gouvernement américain et une attention se portant de façon excessivement disproportionnée sur les ennemis désignés de Washington comme la Chine, le Venezuela, la Syrie et la Russie.

Human Rights Watch n’a pas répondu au courriel de The Grayzone s’enquérant de sa relation avec le CHRD.

Le chef permanent de Human Rights Watch, très bien payé, fait bien sûr partie du « Mighty Wurlitzer »(1) :

Le fait que Pékin ait choisi la période de trêve entre Noël et le Nouvel An suggère qu’il est quand même gêné de condamner la journaliste citoyenne Zhang Zhan à quatre ans de prison pour avoir fait la chronique d’une version non censurée de l’épidémie de coronavirus à Wuhan. nytimes.com

La CHRD, financée par le gouvernement américain, liste Zhang Zhan sur sa page des « défenseurs du droit ». Son portrait comporte des détails intéressants :

Ancienne avocate, Zhang Zhan, née dans les années 1980, s’est longtemps exprimée sur la politique et la situation des droits de l’homme en Chine. Elle a été harcelée et menacée à plusieurs reprises par les autorités. En 2019, elle s’est exprimée sur les manifestations de Hong Kong en postant des commentaires, en écrivant des articles et en brandissant des pancartes pour soutenir les manifestants. En septembre 2019, elle a été convoquée par la police de Shanghai et a ensuite été arrêtée pour avoir « entretenu des querelles » à cause de son soutien à Hong Kong. La police l’a libérée le 26 novembre 2019. …

Zhang Zhan s’était rendue à Wuhan, l’épicentre de l’épidémie de COVID-19, au début du mois de février. Elle a rapporté de nombreuses histoires, y compris les détentions d’autres journalistes indépendants et le harcèlement des familles des victimes cherchant à obtenir des comptes, via ses comptes Wechat, Twitter et YouTube.

Le procureur de Pudong a inculpé Zhang Zhan le 15 septembre et a transféré son affaire au tribunal du nouveau district de Pudong. L’acte d’accusation accusait Zhang Zhan de s’être rendue à Wuhan le 3 février 2020, d’avoir « envoyé une grande quantité de fausses informations » sur WeChat, Twitter et YouTube et d’avoir « accepté des interviews avec les médias étrangers Radio Free Asia et Epoch Times et malicieusement attisé la situation épidémique à Wuhan ». (2)

ChinaAid, un groupe de pression évangélique anti-chinois qui est également financé et récompensé par le National Endowment for Democracy du gouvernement américain, identifie Zhang Zhan comme une « avocate chrétienne ».

Cela est intéressant car les autorités chinoises sont préoccupées par les groupes évangéliques clandestins, financés par les États-Unis, qui défient l’obligation de s’enregistrer en tant qu’organisations sociales.

ChinaChange, qui est un autre bureau s’occupant de « droits de l’homme » à Washington DC, a également des notes sur Zhang Zhan :

Zhang Zhan (张展), une avocate qui a exercé à Shanghai, s’est rendu à Wuhan début février, déterminée à documenter l’épidémie de coronavirus dans la ville qui était l’épicentre de ce qui allait bientôt devenir une pandémie dans le monde entier. Au cours des trois mois qu’elle a passés dans la ville, elle a publié 122 messages sur YouTube. Ce n’est pas une coïncidence si son premier message était « Ma revendication du droit à la liberté d’expression ». Zhang Zhan a été arrêtée en mai, ramenée à Shanghai, puis inculpée en septembre pour « s’être querellée et avoir provoqué des troubles », un chef d’inculpation pratique en Chine pour réprimer la dissidence. Elle sera jugée le lundi 28 décembre à Shanghai.

Wuhan, où s’est produite la première grande épidémie de Covid-19, a été mise en quarantaine le 23 janvier. On se demande pourquoi une « ancienne avocate » et « journaliste citoyenne » s’y rendraient malgré les conseils officiels de ne pas entrer ou sortir de la ville.

Une vidéo publiée fin mars par The Epoch Times, un journal américain de droite associé à la secte anti-chinoise Falun Gong, donne un indice :

Des dissidents protestent contre le traitement « comme des animaux » de citoyens chinois

Zhang Zhan, une dissidente vivant à Shanghai, s’est mise en danger pour se rendre à Wuhan après la fermeture de la ville. Son plan était d’enquêter et de diffuser sur la situation locale en tant que journaliste citoyenne. Elle est scandalisée par le fait que le gouvernement chinois, au nom de la lutte contre l’épidémie, prive les habitants de Wuhan de leurs droits et libertés fondamentaux.

Dans la vidéo, Zhang Zhan se tient devant une barrière de circulation légère qui bloque l’accès à un bloc d’habitations en quarantaine. Elle fulmine d’une voix larmoyante contre les gardes en blouse blanche et les passants. The Epoch Times a traduit le dialogue :

Une femme :

Laissez-moi vous poser une question. Pensez-vous que le gouvernement puisse traiter les citoyens comme des animaux ? Les enfermer selon son bon vouloir, les envoyer au travail lorsqu’ils ont besoin de ces personnes pour travailler.

Ne les traitez-vous pas comme vous traitez le bétail et les chevaux ? Quand les animaux ont besoin de paître, vous les laissez sortir. Et vous les ramenez quand ils ont fini de manger.

Est-ce bien réel ? Et s’ils n’obéissent pas, vous les fouettez. Est-ce ainsi que ça doit être ? Est-il justifié de traiter les civils de cette façon ?

Homme : Que faites-vous ?

Femme : Je veux protester contre le gouvernement, une protestation persistante.

Juste avant que l’homme ne demande à Zhang Zhan ce qu’elle faisait, elle venait de renverser la barrière de circulation.

Tenir des propos libertaires contre les mesures de lutte contre la pandémie et faire tomber la barrière de quarantaine tout en fournissant des vidéos aux médias anti-chinois est sans doute du « journalisme citoyen ».

Wuhan a rapidement vaincu la pandémie. Mais quelques nouvelles infections au début du mois de mai ont de nouveau suscité l’inquiétude. Le gouvernement américain, qui finance Radio Free Asia, a fait état de rumeurs à ce sujet :

Wuhan confine ses quartiers résidentiels dans le cadre d’un test à l’échelle de la ville

Wuhan, où le virus à l’origine de la COVID-19 est apparu pour la première fois, est également en train de mettre en place une organisation à l’échelle de la ville pour effectuer des tests d’acide nucléique gratuits sur l’ensemble des onze millions d’habitants.

Zhang Zhan, journaliste citoyenne basée à Wuhan, a déclaré que six nouveaux cas de coronavirus avaient été confirmés dans le quartier résidentiel Sanmin, qui abrite environ 5 000 personnes.

« Je suis allé là-bas pour en savoir plus sur la situation, mais le quartier a été placée en quarantaine », a déclaré Zhang à RFA, jeudi, ajoutant que les informations locales disent que six nouveaux cas avaient été confirmés, et 180 contacts désormais isolés.

« Il y a des policiers dans la rue pour garder l’endroit, et aucun véhicule n’est autorisé à passer », a déclaré Zhang. « J’ai demandé à un habitant des environs combien de personnes ont été emmenées en ambulance, et il m’a répondu que 180 personnes ont été emmenées en isolement. »

Les résidents de Sanmin bloqués à l’extérieur du complexe lorsque le confinement a été imposé ne sont pas autorisés à revenir.

Un confinement similaire a été imposé dans le complexe résidentiel de Sanyanqiao, également à Wuhan, a déclaré Zhang.

« Les barrières ont été remises en place et l’endroit a été fermé », a déclaré Zhang. « Il y a aussi une annonce en ligne disant que les chauffeurs de livraison ne sont pas autorisés à entrer dans certains quartiers. »

« Il y a des signes d’une résurgence de l’épidémie à Wuhan. »

Il n’y a pas eu de résurgence du Covid-19 à Wuhan. Seuls quelques cas, pour la plupart asymptomatiques, ont été découverts lors de tests effectués dans toute la ville.

Peu après son « reportage » pour Radio Free Asia, la célèbre ronchonneuse Zhang Zhan a été arrêtée. Comme ce n’était pas la première fois qu’elle se mettait dans le pétrin, elle n’a reçu aucune clémence.

La Chine a bien géré les nouvelles concernant la pandémie de Covid-19. Elle a supprimé les fausses nouvelles. C’est, selon l’Organisation mondiale de la santé, ce que tout gouvernement devrait faire. Un récent Appel à l’action de l’OMS explique pourquoi :

Une infodémie est définie comme un tsunami d’informations – certaines exactes, d’autres non – qui se propage parallèlement à une épidémie. Si elle n’est pas gérée en conséquence, une infodémie peut avoir des effets négatifs directs sur la santé des populations et la réponse de santé publique en sapant la confiance dans la science et les interventions. Nous constatons également que les infodémies entravent la cohésion des sociétés en augmentant les inégalités sociales existantes, la stigmatisation, la disparité entre les sexes et le fossé entre les générations. …

Comme le soulignent la résolution sur la COVID-19 adoptée par consensus lors de la 73e Assemblée mondiale de la santé et la déclaration des ministres de la santé du G20 lors du sommet de Riyad, nous devons fournir aux populations des informations fiables et complètes sur la COVID-19 et prendre des mesures pour lutter contre la désinformation.

La réponse à cette infodémie exige le soutien, le développement et l’application de solutions efficaces qui dotent les individus et leurs communautés des connaissances et des outils nécessaires pour promouvoir une information sanitaire précise (en amont) et atténuer les dommages causés par la désinformation (en aval).

Zhang Zhan a fait de son mieux pour alimenter l’infodémie avec des rumeurs et de faux outrages. Le gouvernement chinois a pris des mesures appropriées contre cette « ‘âme rebelle ». Il a également pris les bonnes mesures pour vaincre complètement la pandémie.

Mais la coalition de la CIA, composée d’organisations anti-chinoises de défense des droits de l’homme basées à Washington, n’est pas d’accord avec ces mesures et est jalouse du succès de la Chine.

C’est pourquoi le « Mighty Wurlitzer » entre en action et que les médias « occidentaux » suivent consciencieusement son exemple en se lamentant sur le sort d’une « journaliste citoyenne » provocatrice chinoise.

Entre-temps, le gouvernement américain continue à criminaliser le journalisme d’investigation en torturant Julian Assange et après avoir arrêté plus de 100 journalistes cette année.

Moon of Alabama

(1) Beijing’s selection of the sleepy period between Christmas and New Year’s suggests even it is embarrassed to sentence citizen-journalist Zhang Zhan to four years in prison for having chronicled the uncensored version of the coronavirus outbreak in Wuhan. nytimes.com/2020/12/25/wor

(2) Je n’ai trouvé aucun indice permettant de comprendre pourquoi Zhang Zhan est nommée « une ancienne avocate ». A-t-elle été radiée du barreau ? Pourquoi ?)

Image: Twitter KenRoth

Source: Saker francophone 

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