Une capture d’écran tirée d’une vidéo publiée par le ministère russe de la Défense montre des soldats ukrainiens sortant de l’aciérie Azovstal à Marioupol. 17 mai 2022. Ministère de la défense russe


Kiev affiche un visage courageux alors que les combattants d’Azov piégés se rendent aux forces russes.

RT.com – 17 mai, 2022

Les dernières troupes ukrainiennes présentes dans la ville portuaire de Marioupol, dans le sud du pays, ont commencé à se rendre, après avoir été piégées pendant près d’un mois dans l’aciérie Azovstal. Ce complexe industriel massif, doté d’un réseau de tunnels souterrains et de bunkers, était le dernier bastion tenu par les forces ukrainiennes.

La ville est par ailleurs contrôlée par les troupes russes et les milices des républiques du Donbass. La République populaire de Donetsk (RPD) revendique Marioupol comme faisant partie de son territoire souverain.

Depuis le début de la semaine, plus de 250 combattants ukrainiens se sont rendus aux troupes russes à Marioupol, selon le ministère russe de la défense.

1- Pourquoi Marioupol est-elle si importante ?

Marioupol est un port majeur sur la mer d’Azov et une centrale industrielle qui accueillait certaines des plus grandes aciéries d’Ukraine.
En 2014, lorsque le conflit a éclaté entre les forces gouvernementales ukrainiennes et les rebelles de Donetsk, Marioupol a été le théâtre d’intenses combats de rue, au cours desquels des bataillons de volontaires des nationalistes ukrainiens ont pris le contrôle de la ville.

Marioupol a depuis servi de base d’opérations pour Azov, l’une des unités de milice volontaire qui a fini par être incorporée à la Garde nationale ukrainienne. Les membres d’Azov ont ouvertement des opinions néo-nazies, tandis que l’iconographie de l’unité s’inspire des SS.

2- Qu’est-ce qu’Azovstal ?

Azovstal est une aciérie dont les origines remontent à l’effort d’industrialisation soviétique des années 1930. L’installation est située près de la côte, au milieu de Mariupol, dispose de sa propre infrastructure portuaire et s’étend sur une superficie d’environ 11 kilomètres carrés. Il employait bien plus de 10 000 personnes ces dernières années.

Comme de nombreux autres sites de conception soviétique, il possède un vaste système de tunnels et d’abris souterrains, conçus à l’origine pour protéger les travailleurs des raids aériens en cas de guerre. C’est pourquoi il est devenu le site de repli désigné pour les troupes ukrainiennes luttant contre les soldats russes et ceux de la RPD qui assiègent Marioupol.

3- Pourquoi les combats pour Marioupol ont-ils été si violents ?

La ville était l’une des principales cibles des troupes russes et alliées lors de la première phase de la campagne d’Ukraine, lancée par la Russie fin février. La ville a été soumise à un blocus au début du mois de mars et a été le théâtre de certains des combats les plus intenses du conflit. Moscou et Kiev se sont accusés à plusieurs reprises de contrecarrer les tentatives d’organiser l’évacuation des civils hors de la ville et d’acheminer l’aide humanitaire.

À la mi-avril, une unité de marines ukrainiens s’est rendue après avoir tenté en vain de s’échapper d’une autre usine métallurgique de l’ère soviétique à Marioupol. Azovstal devenait ainsi le dernier bastion ukrainien dans la ville.

Le 21 avril, le président russe Vladimir Poutine a publiquement accédé à la demande de l’armée russe de ne pas prendre d’assaut Azovstal, ordonnant au contraire que l’installation reste bloquée jusqu’à ce que les combattants piégés à l’intérieur soient contraints de déposer les armes.

4- De combien de soldats parlons-nous ?

On ne sait pas exactement combien de combattants ukrainiens sont encore cachés à Azovstal. Les responsables ukrainiens ont indiqué lundi qu’environ 600 d’entre eux étaient blessés, dont 40 dans un état grave. Kiev a menacé de cesser toute discussion sur un accord de paix avec la Russie si ces troupes venaient à mourir.

Le mois dernier, le ministre russe de la défense, Sergey Shoigu, a déclaré au président Vladimir Poutine que plus de 2 000 militants fidèles à Kiev étaient toujours retranchés à Azovstal.

5- Pourquoi Kiev veut-il sauver Azovstal ?

Les partisans et les membres des familles des combattants ukrainiens pris au piège font campagne depuis des semaines, notamment en adressant des demandes aux dirigeants étrangers et à des personnalités publiques telles que le pape François, afin de faire pression sur la Russie et d’obtenir leur libération. Même le groupe ukrainien qui a remporté le concours Eurovision de la chanson la semaine dernière a contribué à cet effort, en demandant de l’aide pour la garnison d’Azovstal dans ce qui semble être une violation claire des règles de l’événement musical.

Les épouses de certains des combattants bloqués ont occupé une place importante dans la campagne de publicité. Certaines d’entre elles ont accusé les « traîtres » de l’armée ukrainienne d’avoir abandonné leurs maris à la mort.

L’armée russe a proposé à plusieurs reprises aux personnes piégées à l’intérieur de l’usine de se rendre, mais elles ont refusé – jusqu’à présent. Au lieu de cela, les forces ukrainiennes et les milices nationalistes qui y sont retranchées ont fait appel à Kiev et à des « nations tierces » pour faciliter leur « extraction ».

La Russie avait précédemment accusé les soldats ukrainiens et les combattants néo-nazis qui occupaient l’usine d’y retenir des civils en otage afin de les troquer contre des fournitures.

La Russie a autorisé les groupes d’aide internationale à organiser l’évacuation des civils, qui s’est achevée le 7 mai. Certains de ceux qui ont quitté l’usine ont choisi de rester dans le territoire contrôlé par la RPD, tandis que d’autres ont été transportés du côté de Kiev.

6- Qu’entend l’Ukraine par « mission de combat achevée » ?

Lorsque les groupes de combattants d’Azovstal ont commencé à se rendre, Kiev a semblé leur donner le feu vert. Dans un communiqué publié lundi, la direction militaire ukrainienne a déclaré que la mission à Marioupol était « achevée » et a indiqué qu’elle avait ordonné aux commandants de l’unité de sauver la vie de leurs soldats.

Les soldats blessés ont été transportés dans un hôpital de Novoazovsk, un petit port à l’est de Marioupol qui est sous le contrôle de la RPD depuis 2014. Les responsables ukrainiens ont clairement indiqué qu’ils s’attendaient à ce que les troupes régulières ukrainiennes soient échangées contre des prisonniers de guerre russes, mais le sort des militants d’Azov reste incertain.

Source: RT.com

Traduction Arretsurinfo.ch

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