L’interdiction du pétrole russe équivaudra à « lâcher une bombe atomique sur l’économie de la Hongrie » : Orban

 

© Sputnik/Maksim Bogodvid

Par Tyler Durden, Zero Hedge, 7 mai 2022

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a une nouvelle fois exprimé haut et fort le rejet ferme par son pays de la proposition d’interdiction par l’UE de l’importation de tout le pétrole russe actuellement proposée par la Commission européenne, affirmant que ce serait comme si une bombe atomique était lâchée sur l’économie.

Il a déclaré sans ambages, lors d’une interview accordée à une radio publique, que cela reviendrait à « lâcher une bombe atomique sur l’économie ».

« Nous ne pouvons pas accepter une proposition qui ignore cela », a de nouveau souligné M. Orbán, tout en affirmant que son gouvernement resterait « heureux de négocier » un compromis qui prendrait sérieusement en compte les demandes de la Hongrie.

Le trio formé par la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque constitue désormais un obstacle de taille à une interdiction du pétrole russe, la question de l’octroi d’exemptions par la Commission européenne étant au cœur des débats. La Bulgarie est le dernier pays en date à proposer l’octroi d’exemptions.

Certains pays demandent également plus de temps pour trouver d’autres sources d’approvisionnement, peut-être même trois à cinq ans avant l’entrée en vigueur d’une interdiction – même si la guerre pourrait être terminée depuis longtemps à ce moment-là.

Orbán a lui aussi déclaré que la Hongrie « aurait besoin de quatre à cinq ans pour réorganiser son système énergétique et devenir indépendante du pétrole russe », comme le résument les propos qu’il a tenus lors de sa dernière interview. Comme l’écrit Euronews, « il a noté que, si d’autres États de l’UE peuvent faire transiter des barils de brut supplémentaires par leurs ports, la Hongrie, pays enclavé, ne dispose pas de cette voie alternative. »

Il est donc clair à ce stade qu’une liste croissante de pays, menés par l’exemple du leader hongrois au franc-parler, sont moins que désireux de répondre à l’appel d’Ursula von der Leyen à faire des « sacrifices » pour punir la Russie et Poutine à propos de l’invasion de l’Ukraine :

Les coûts pour l’UE seraient élevés, a déclaré Mme von der Leyen, mais elle a ajouté que c’était une mesure qui valait la peine d’être prise pour punir la Russie de son invasion de l’Ukraine.

« Soyons clairs : ce ne sera pas facile. Certains États membres sont fortement dépendants du pétrole russe. Mais nous devons simplement y travailler », a-t-elle déclaré au Parlement européen.

Plus tôt dans la semaine, le premier ministre tchèque, Petr Fiala, a expliqué que son pays souhaitait une exemption : « Nous sommes prêts à soutenir cette décision à la condition que la République tchèque puisse retarder sa mise en œuvre jusqu’à ce que la capacité des oléoducs menant en République tchèque soit augmentée. »

Cependant, nous doutons que l’élaboration de la stratégie de guerre de Poutine soit très affectée s’il y a une période de transition de deux à trois ans, voire cinq ans, avant qu’une interdiction du pétrole ne prenne effet, ce qui est précisément ce que la République tchèque et d’autres, avec la Hongrie à la barre, proposent maintenant.

Source: Zero Hedge.

Traduction: Arretsurinfo.ch

Imprimer