Extrait

Question: L’ambassadeur de la Russie aux États-Unis, Anatoli Antonov, a déclaré que les comptes des consulats généraux de la Russie à Houston et à New York avaient été fermés par la Bank of America. Quel commentaire pouvez-vous faire?

Maria Zakharova: Je ne peux qu’attirer une fois de plus l’attention sur ses paroles. C’est vraiment une pression sans précédent sur nos diplomates qui travaillent dans le monde entier et en particulier à Washington. Elle est exercée par les autorités américaines et inclut la fermeture des comptes des consulats généraux. Et tout cela d’un seul coup, sans aucun préavis. Il est évident pour nous que de telles décisions de la part de l’institution financière Bank of America n’auraient pas pu être prises sans l’approbation ou l’instruction directe du département d’État des États-Unis.

Maintenant, afin d’éviter des problèmes à la mission diplomatique des États-Unis à Moscou, le ministère des Affaires étrangères promet une assistance pour ouvrir de nouveaux comptes pour les consulats généraux dans une autre banque. Nous espérons que la situation sera bientôt résolue d’une manière positive et que nous ne seront pas obligés de réagir de manière symétrique. Mais nous ne nous retiendrons pas si cette situation n’est pas résolue de manière favorable pour les diplomates russes dans un avenir proche.

Je voudrais souligner que le blocage des comptes n’est qu’une partie de la campagne hostile lancée contre les institutions russes à l’étranger par les États-Unis. Les employés et les membres de leurs familles reçoivent des menaces par téléphone et par courriel, trouvent des colis et des paquets avec des menaces à ce sujet. On gêne le travail des diplomates en refusant les réunions et les contacts professionnels dans les agences. Et ce n’est qu’après avoir subi une certaine pression de la part de notre Ambassade, après les protestations, que la police a repoussé les manifestants qui obstruaient l’entrée et la sortie de la zone de service. Les autorités ne sont pas pressées à enquêter sur les cas de vandalisme visant les clôtures et les bâtiments des missions diplomatiques de notre pays.

Nous appelons la partie américaine à prendre les mesures nécessaires pour normaliser le fonctionnement des missions diplomatiques russes afin d’éviter des conséquences indésirables.

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 28 avril 2022

Sur la participation de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, aux activités à l’occasion des 77 ans de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique

Par tradition, en prévision du Jour de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique, nous rendons hommage à nos prédécesseurs et collègues, avant tout aux collaborateurs du Commissariat du peuple aux Affaires étrangères, qui, avec leurs collègues du Commissariat du peuple au Commerce extérieur de l’URSS, au prix de leur vie, ont apporté une contribution importante à notre Victoire commune contre le nazisme.

Vendredi 6 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et des représentants du Conseil des vétérans et du Conseil des jeunes diplomates du Ministère participeront à une cérémonie de dépôt de fleurs devant les plaques commémoratives dans le vestibule du Ministère russe des Affaires étrangères.

Les collaborateurs du Commissariat du peuple aux Affaires étrangères de l’URSS ont défendu avec honneur la Patrie sur les fronts de la Grande Guerre patriotique. Le 5 juillet 1941, le collectif du Commissariat du peuple a décidé de former une section de volontaires: 163 personnes se sont inscrites dans la milice. Il s’agissait principalement de personnes exemptes du service militaire. Le même mois, les miliciens ont participé à la première bataille de Smolensk, où 72 personnes ont été tuées. Les restants, au sein de la 160e division de tirailleurs, libéraient l’ouest de l’Ukraine, la Biélorussie et la Pologne. Ils ont terminé leur chemin du combat en Prusse-Orientale.

En tout, pendant les années de guerre, 237 collaborateurs du Commissariat du peuple ont volontairement rejoint les rangs de la milice populaire et servi dans l’armée d’active. Certains ne sont pas rentrés chez eux. Beaucoup de nos collègues ont reçu des distinctions et des médailles, certains ont obtenu le titre de Héros de l’Union soviétique. Les noms des 106 collaborateurs tués sont inscrits en lettres d’or dans l’histoire de notre Ministère et gravés sur la plaque commémorative installée dans le vestibule du Ministère russe des Affaires étrangères.

Leur exploit ne sera pas oublié.

Sur la participation à venir de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la réunion du CMAE de la CEI

Vendredi 13 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères (CMAE) de la CEI, qui se tiendra à Douchanbé.

Les chefs de diplomatie y échangeront leurs avis sur l’agenda régional et international, évoqueront les perspectives du développement de la coopération multidimensionnelle au format de la Communauté et feront le bilan de la coopération interministérielle en 2021.

Il est prévu d’accorder une attention particulière à la sécurité internationale ainsi qu’au renforcement des liens dans les secteurs socioculturel et scientifique.

Sur les provocations armées en Transnistrie

Nous sommes préoccupés par l’escalade des tensions en Transnistrie, où plusieurs incidents de tirs et d’explosions de sites officiels et d’infrastructure ont eu lieu ces derniers jours.

Nous considérons ces actions comme des actes de terrorisme visant à déstabiliser la situation dans la région. Nous attendons une enquête minutieuse et objective sur toutes les circonstances des faits.

Nous condamnons fermement les tentatives d’impliquer la Transnistrie dans les événements en Ukraine. On y entend des déclarations « sensationnelles » sur la préparation de casques bleus russes, de l’aérodrome de Tiraspol et d’appelés transnistriens à de prétendues actions offensives.

Toutes ces déclarations ne remettent pas en cause le fait que la situation en Transnistrie, notamment dans la Zone de sécurité, est contrôlée de manière fiable par les Forces conjointes de maintien de la paix. Mais ce qui inquiète hormis les récents événements, ce sont les tentatives d’utiliser l’opération spéciale en Ukraine pour renforcer la pression de blocus sur la Transnistrie. Des frets avec des produits de première nécessité sont bloqués, y compris des médicaments, en causant des obstacles artificiels au travail des entreprises industrielles.

Nous appelons à la retenue et au calme en Transnistrie, et Chisinau et Tiraspol au retour à une recherche constructive des solutions optimales aux problèmes d’interaction entre les rives du Dniestr dans l’intérêt de la population.

Sur la situation en Ukraine

Le huitième anniversaire d’une tragédie horrible à Odessa aura lieu dans quelques jours. Je voudrais rappeler ces faits à tous les acteurs internationaux qui évoquent chaque jour une catastrophe humanitaire, des violations des droits de l’homme ou le « génocide ». Le 2 mai 2014, des nationalistes ukrainiens ont massacré – en faisant preuve d’une brutalité ostensible – leur propres concitoyens qui protestaient contre les forces nationalistes radicales, arrivées au pouvoir en résultat du coup d’État à Kiev inspiré par l’Occident en février 2014. Les manifestants recueillaient des signatures en soutien à un référendum sur la fédéralisation de l’Ukraine et au statut national de la langue russe. 48 personnes ont été brûlées vivantes, empoissonnées par l’oxyde de carbone ou sont mortes en sautant du haut de la Maison de syndicats, incendiée par les nationalistes, en essayant d’éviter ce sort.

L’Occident « civilisé » a gardé silence de manière absolument incivilisée. Alors que nous tentions d’attirer l’attention à cette tragédie (on publiait des livres et organisait des présentations d’investigations privées et de journalistes), toutes les structures internationales ont préféré garder silence pendant huit ans. Malgré une abondance de preuves. Il y avait une vidéo. Aucune analyse spéciale de la situation n’était nécessaire. Il y avait suffisamment de preuves documentées pour former une opinion objective sur cet incident. Il ne fallait que trouver les coupables. Le monde entier a observé ces événements pratiquement en direct. Il n’y avait aucun doute de la nature de ces faits. Il y avait la question suivante: qui l’avaient fait et quelle responsabilité ils encourraient? Quel châtiment ils méritaient?

Cela soulève également des questions sur la réalité des préoccupations exprimées aujourd’hui sur la situation en Ukraine. À vrai dire, ce mot semble peu convenable dans le contexte actuel. Il s’agit d’un résultat des provocations visant à « maintenir à flot » le sujet ukrainien. Il existe des souffrances énormes et un flot colossal de réfugiés. Mais qu’en était-il en 2014? Et pendant toutes ces années? Nos partenaires occidentaux préfèrent ignorer l’histoire. Dans leur interprétation, cette dernière commence au moment le plus avantageux pour eux et prend fin les dates qu’il considèrent comme inutiles, désavantageuses ou gênantes. En résultat, un crime horrible n’a pas toujours été investigué. Cela pourrait sembler incroyable aux Italiens, aux Espagnols, aux Portugais, aux Français, probablement aux Britanniques, aux Allemands, aux Tchèques etc. Kiev et les pays occidentaux ferment les yeux sur cette tragédie, aussi bien que sur le néonazisme qui grandit en Ukraine comme une tumeur cancéreuse.

Mais nous n’oublierons jamais ce crime terrible. Nous obtiendrons l’identification et la punition de toutes les personnes impliquées dans cette tragédie.

Le caractère cyclique de l’histoire est terrifiant. Dans les années 1920, les partisans de Petlioura déshabillaient les Juifs pour les pendre du plafond, au-dessus d’un bûcher, éventraient les femmes enceintes et fusillaient les civils qui tentaient de fuir. Les combattants de Bandera massacraient des villages entiers au milieu du XXe siècle. Qui plus est, ils faisaient preuve d’une brutalité ostensible, coupaient des gens avec des haches ou les brûlaient vivants dans leurs maisons.

Aujourd’hui, leurs descendants utilisent les Ukrainiens, y compris les femmes et les enfants, en qualité de « bouclier humain ». Les nationalistes ukrainiens ont pris en otage de villes entières. Selon les informations du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, environ 13,5 millions de personnes sont incapables de quitter les régions dangereuses. Plus de 5 millions d’habitants ont été obligés de fuir l’Ukraine, tandis que le nombre de personnes déplacées a atteint 7,1 millions.

L’Ukraine, aidée par les pays de l’Otan qui avaient investi des forces et des ressources considérables dans la formation militaire et idéologique des nationalistes locaux, s’est transformée en centre de concentration de terroristes et de mercenaires de tout poil, qui avaient combattu dans des « points chauds » dans le monde entier, comme c’était le cas en Irak ou en Syrie. Selon les informations du Ministère russe de la Défense, plus de 6.800 mercenaires de 63 États ont rejoint l’Ukraine depuis le début de l’opération militaire spéciale. Il s’agit tout d’abord des citoyens de la Pologne, des États-Unis, du Canada, de la Roumanie, du Royaume-Uni et de la Géorgie.

Dans le même temps, l’Occident ne cesse de livrer des armes au régime de Kiev. Washington, ainsi que son entourage de l’Otan et de l’UE envisagent de transmettre à Kiev des dizaines d’obusiers lourds et de pièces d’artillerie, des milliers d’obus, des centaines de véhicules blindés. Leur objectif unique est de faire traîner au maximum les hostilités en Ukraine et d’empêcher le règlement pacifique du conflit.

Il est à noter que les États-Unis ou leurs partenaires au sein de l’Otan sont incapables de vérifier la destination finale de leurs armes ni de garantir qu’ils soient utilisées uniquement par les forces armées ukrainiennes. L’Europe a oublié qu’elle avait d’abord financé des combattants « modérés » au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (par exemple, en Syrie et en Irak) pour souffrir ensuite d’attentats commis par ces derniers. Il n’y a pas d’extrémistes modérés. Soit une personne est extrémiste qui commet des actes extrêmes, soit elle ne l’est pas. Est-ce que les pays de l’UE peuvent garantir qu’ils protégeront leurs citoyens contre des « instructeurs » revenant du territoire om il existe des centaines de milliers d’armes à feu non-contrôlées? L’Europe a déjà vue tout cela. On a déjà tenté de lui présenter une version de ces événements, d’affirmer que la responsabilité incombait à quelqu’un autre que les dirigeants de l’UE et de l’Otan. Ce n’est pas vrai.

Il existe des parallèles claires avec la situation en Syrie, où les armes livrées par l’Occident à l’opposition syrienne « modérée » se sont retrouvées en masse sur le marché noir et entre les mais des terroristes de Daech. Vous rappelez-vous de l’adversaire de l’Occident?  Des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie? Daech. Nous constatons donc la même causalité. Une boucle bouclée. Nous n’excluons pas (ou plutôt prédisons) que les armes occidentales en Ukraine subiront le même sort. Toutes les frontières sont ouvertes. Personne n’examine le flot des réfugiés pour identifier des membres potentiels d’organisations extrémistes. Les Occidentaux ne le font pas. Ils ne le comprennent pas. S’ils vérifiaient (au moins en s’appuyant sur des signes primaires comme des tatouages) si telle ou telle personne est membre de bataillon nationaliste ou « sympathisant », cela briserait leur vision du monde niant l’existence de ces gens. C’est pourquoi, ils ne le font pas. Ainsi, un grand nombre de partisans d’idéologie néonazie, nazie ou nationaliste s’introduisent actuellement en Europe.

Nous avons déjà commenté les récents propos de James Heappey, sous-secrétaire d’État britannique aux Forces Armées, sur le caractère acceptable des « frappes ukrainiennes sur des sites militaires sur le territoire de la Russie ». Autrement dit, les Occidentaux appellent ouvertement Kiev à attaquer la Russie en utilisant notamment les armes livrées par les pays occidentaux. Kiev l’a considéré comme une instruction d’agir. L’armée ukrainienne a bombardé depuis plusieurs semaines les districts frontaliers des régions de Belgorod, de Briansk, de Koursk et de Voronej faisait des blessés et des destructions. Cela confirme encore une fois le fait que le régime de Vladimir Zelenski n’a pas d’autonomie de décision et est complétement dépendant de ses tuteurs étrangers. Je n’exclus pas que le régime de Vladimir Zelenski ne le croisse pas. Ses tuteurs occidentaux lui inspirent probablement l’idée de l’indépendance de ses décisions, de ses actions etc. C’est certainement comme ça que pense le groupe d’individus que nous appelons le régime de Kiev. Ils sont certains qu’ils contrôlent absolument la situation. Mais ce sentiment est trompeur. Ils sont instrumentalisés.

Cette activité criminelle de l’armée ukrainienne contre le territoire russe ne restera pas sans réponse. Je voudrais que Kiev et les capitales occidentales prennent au sérieux la déclaration du Ministère russe de la Défense que les futurs encouragements de l’Ukraine aux frappes sur des sites russes provoqueront certainement une réaction ferme de la Russie, alors que les conseillers occidentaux présents dans des centres de décision ukrainiens « ne seront pas forcément un obstacle pour la réponse de la Russie ». Nous ne recommandons pas de continuer d’éprouver notre patience. La Russie est résolue à atteindre les objectifs de son opération militaire spéciale: la protection de la population des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, la démilitarisation et la dénazification et de l’Ukraine, la neutralisation des menaces pour la Russie émanant du territoire ukrainien.

Nous accordons toujours une importance spéciale à la mise en œuvre d’opérations humanitaires en Ukraine, dans le cadre de notre propre aide de grande envergure aux populations en détresse, aussi bien qu’en coopération avec des partenaires internationaux comme l’ONU et le CICR. Ainsi, la Russie a livré environ 14.000 tonnes de frets humanitaires (des produits alimentaires et des objets de première nécessité) dans des localités de la RPD, de la RPL et de plusieurs régions ukrainiennes, et a déjà préparé encore 22.000 tonnes d’aide. Elle a également organisé le versement d’indemnisations aux retraités, aux médecins, aux instituteurs et à d’autres travailleurs du secteur public sur le territoire ukrainien abandonné par les radicaux.

Le Ministère russe de la Défense annonce chaque jour l’ouverture de couloirs visant à assurer une évacuation sécurisée des civils de Kharkov et de Marioupol, y compris pour le retrait des combattants de l’usine Azovstal. Qui plus est, nous sommes prêts à créer rapidement ces couloirs dans n’importe quelle autre zone pour assurer une évacuation sécurisée de la population civile. Contrairement à l’Ukraine qui empêche l’évacuation de civils vers la Russie. La Russie offre des possibilités dont il faut profiter malgré l’intimidation de la part du régime de Kiev. Plus de 2,75 millions d’Ukrainiens ont demandé leur évacuation en Russie. Il existe 9.500 sites d’hébergement provisoire de réfugiés sur le territoire russe. Ces centres bénéficient d’une aide active de volontaires et d’organisation humanitaires.

Malgré le blocage de l’évacuation vers la Russie par Kiev, plus d’un million de personnes, dont 183.000 enfants ont atteint notre territoire. Les livraisons humanitaires constituent aujourd’hui la seule source d’aide réelle à la population de l’est de l’Ukraine, de la RPL et de la RPD. En même temps, les Ukrainiens profitent des pauses humanitaires afin d’organiser des provocations et de transférer ses troupes.

Sur la dérogation des États membres de l’UE et de l’OTAN aux principes fondamentaux du contrôle des exportations dans le cadre des transferts d’armes vers des zones de conflit, lorsqu’il s’agit de livraisons d’armes à grande échelle par ces pays à l’Ukraine.

Au lieu de forcer le régime de Kiev à mettre en œuvre les accords de Minsk en temps opportun et de garantir ainsi une solution politique à la crise ukrainienne directement liée à la fin du génocide de la population du Donbass, au cours des huit dernières années, les alliés euro-atlantiques, menés par les États-Unis d’Amérique, ont concentré leurs efforts sur la « mise en valeur » militaire de l’Ukraine, en équipant et en entraînant des formations nationalistes afin de supprimer par la force la dissidence dans l’est et le sud de l’Ukraine. D’où la « saturation » du régime de Kiev avec les systèmes d’armes et les munitions les plus modernes dans le cadre de la guerre par procuration « jusqu’au dernier Ukrainien » déclarée par l’Occident contre les vrais patriotes d’Ukraine et de Russie.

Une fois encore, nous attirons l’attention de la communauté internationale sur le fait qu’en agissant de la sorte, les « alliés euro-atlantiques » augmentent le risque d’une nouvelle escalade du conflit. En outre, ce « groupe de soutien » autoproclamé du régime de Kiev viole un certain nombre d’obligations internationales importantes. Rappelons-les.

Nous nous référons en particulier à la position commune de l’Union européenne, qui interdit les exportations d’armes si elles présentent des risques évidents d’utilisation à des fins de répression interne dans le pays destinataire ou si elles entraînent une violation du droit humanitaire international ou contribuent au déclenchement ou à l’exacerbation de conflits armés. Qu’en est-il de ces engagements ? Ils ne sont pas de la nature de ceux que les pays de l’UE ont contractés à l’égard des pays tiers. C’est leur propre position.

En outre, le Traité international sur le commerce des armes, qui est l’œuvre de l’Union européenne, prescrit une évaluation objective de la probabilité que les armes à transférer portent atteinte à la paix et à la sécurité, qu’elles puissent être utilisées pour commettre des violations du droit humanitaire international et des violences à l’encontre des femmes et des enfants. Le Traité interdit le transfert d’armes conventionnelles si l’on sait pertinemment que ces armes seront utilisées pour commettre un génocide, des crimes contre l’humanité, des infractions graves aux conventions de Genève de 1949, des attaques contre des biens civils ou des personnes civiles. En d’autres termes, l’ensemble des crimes que les néo-nazis ukrainiens et les unités de des Forces armées ukrainiennes qu’ils dirigent commettent jour après jour.

Toute une série d’accords internationaux visant à minimiser les risques de voir des armes de haute précision tomber dans la circulation « parallèle », notamment la résolution 62/40 de l’Assemblée générale des Nations unies intitulée « Prévention de l’accès non autorisé aux systèmes portatifs de défense aérienne, de leur transfert et de leur utilisation illicites » de 2007 et les « Eléments de contrôle des exportations de systèmes portatifs de défense aérienne » de 2003, convenus dans le cadre de l’arrangement de Wassenaar sur le contrôle des exportations d’armes conventionnelles, sont ignorés de manière flagrante.

Nous constatons avec inquiétude que les alliés euro-atlantiques ont bafoué de manière flagrante une pratique internationale de longue date concernant le strict respect des dispositions des certificats d’utilisateur final, dont l’une des conditions essentielles est l’inadmissibilité pour l’État importateur de réexporter des armes reçues sans le consentement écrit du pays exportateur ou du propriétaire d’un certain type de propriété intellectuelle technologique.

La responsabilité de ces violations irréfléchies des obligations en matière de contrôle des transferts d’armes incombe entièrement aux pays de l' »Occident collectif » dirigé par les États-Unis.

Sur la déclaration de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme sur les violations du droit international humanitaire en Ukraine

Nous avons noté la déclaration de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Mme Bachelet, sur les nombreux cas de violations du droit humanitaire international et les faits de crimes de guerre en Ukraine.

Nous avons le regret de constater que les déclarations de la responsable des droits de l’homme des Nations Unies sont loin des normes d’objectivité et d’impartialité qui devraient être suivies par tout le personnel de l’Organisation mondiale, surtout à un niveau aussi élevé. Nous notons l’évident parti pris accusatoire infondé de la déclaration contre la Russie, dans la lignée des déclarations politisées des pays occidentaux. Il est clair que la Haut-Commissaire et son Bureau ne sont pas encore en mesure d’interpréter et d’analyser la situation de manière indépendante et pondérée sur la base de faits et de preuves irréfutables, y compris ceux fournis par la partie russe. Ils utilisent des conjectures, des faux et des mises en scène comme arguments et comme base pour établir leur position.

Nous notons que dans sa déclaration, Mme Bachelet fait tout de même allusion aux crimes commis par les militaires et les nationalistes ukrainiens contre leur propre population civile. Cependant, l’ampleur réelle de ces crimes, comme le disent ouvertement les citoyens ukrainiens ordinaires qui en ont souffert, est monstrueuse. Tout cela a des preuves documentaires irréfutables. Les forces armées ukrainiennes et les bataillons nationalistes n’ont pas respecté le droit humanitaire international au cours des huit dernières années du conflit dans le Donbass. Ils ne s’y conforment pas non plus maintenant. Je crois savoir que Mme Bachelet n’a pas été nommé à son poste en 2014 ([mais] beaucoup plus tard), toutefois on pourrait clarifier ce qui a été fait exactement par ses prédécesseurs et le Bureau pour attirer l’attention internationale, pour soulager la souffrance des gens pendant huit ans. Maintenant c’est possible, avec toute l’attention portée sur la région. Mais regardons ce que le Bureau a fait auparavant. Des déclarations de cette ampleur ont-elles été faites ? La Russie a transmis régulièrement des dossiers publiquement, par des canaux diplomatiques. Elle a convoqué des conférences, organisé des événements, notamment au siège de l’ONU à New York et à Genève.

Rappelons que la Russie a toujours prôné le strict respect du droit humanitaire international et qu’elle est une partie responsable des principaux traités internationaux dans ce domaine. Depuis le début de l’opération militaire spéciale, la Russie fait tout son possible pour protéger la population et les infrastructures civiles, pour fournir une aide humanitaire et pour évacuer la population en toute sécurité.

À cet égard, nous soutenons l’appel de Mme Bachelet en faveur du respect du droit humanitaire international, y compris en ce qui concerne les prisonniers de guerre. Nous estimons que cet appel doit être entendu à Kiev.

A notre tour, nous appelons la Haut-Commissaire et le Bureau qu’elle dirige à être guidés dans leur travail par les principes d’objectivité et d’impartialité et à ne tirer leurs conclusions et leurs évaluations que sur la base d’informations soigneusement vérifiées. Nous sommes prêts à collaborer étroitement en plus des travaux en cours.

Détention d’anciens membres du personnel de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine à Donetsk et Lougansk

Les autorités compétentes des républiques populaires de Louhansk et de Donetsk découvrent de plus en plus de preuves d’activités illégales de certains employés de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine (MSO). Les faits de coopération systématique entre certains des observateurs et les forces armées et services de sécurité ukrainiens sont particulièrement préoccupants.

Il a été rapporté que le personnel de la MSO de l’OSCE leur avait régulièrement fourni, ainsi qu’aux représentants des agences de renseignement étrangères, des informations sur les emplacements de déploiement des unités et sous-unités de la RPD et de la RPL et d’autres informations susceptibles de porter atteinte à la sécurité des républiques et de la population civile. Il est apparu que les caméras de la MSO avaient été utilisées à cette fin, notamment celles destinées à surveiller le respect du régime de cessez-le-feu et le respect par les parties de leurs obligations concernant le stockage des équipements et des armes lourdes dans les dépôts. Plusieurs anciens ressortissants de la MSO ont été détenus par les organes d’enquête de la RPL et de la RPD ; ce sont des résidents locaux qui font des dépositions. L’ensemble du personnel international de la Mission a été évacué au début du mois de mars.

Lors de l’évacuation du personnel international, le personnel de la Mission spéciale d’observation a détruit une partie importante de ses archives, y compris sur les supports électroniques. Pourquoi cela a-t-il été fait ? L’OSCE se comporte-t-elle toujours de cette manière ? Ce sont des représentants des parties en conflit et des services spéciaux qui agissent ainsi. Mais pourquoi l’organisation internationale a-t-elle détruit ses dossiers ? Je vous rappelle que ses activités et l’obtention de ces données, les supports électroniques sur lesquels elles ont été stockées, sont payées par la communauté internationale. Par les pays de l’OSCE, y compris la Russie. Apparemment, lorsque les enquêteurs « auront creusé davantage », nous apprendrons de nombreux autres faits intéressants. Une grande partie de ce qui a été soigneusement dissimulé peut être récupérée pour être utilisée par la suite comme pièce à conviction.

Ces circonstances indiquent que le personnel et la direction de la MSO ont agi de manière politisée et partiale. Ils se sont engagés dans des activités illégales qui ont conduit à une aggravation de la situation. La tâche de la MSO était à l’opposé. Un certain nombre d’employés servaient les intérêts de Kiev et de ses manipulateurs occidentaux. Nous avions l’habitude d’entendre auparavant des assurances selon lesquelles la Mission agissait en vertu des principes d’objectivité, de professionnalisme et d’impartialité en toutes circonstances. Maintenant, la présidence polonaise de l’OSCE s’est abaissée à déclarer que « l’impartialité est hors de question ». Si la Pologne fait de telles déclarations en sa qualité de pays, c’est son affaire. L’histoire nous jugera tous. Mais au nom et pour le compte de l’organisation internationale qu’elle préside, elle n’a pas le droit de faire ces déclarations, pas même d’avoir ces pensées et ces idées. Personne ne l’a autorisée à prendre parti. Varsovie préside une organisation dont le mandat et l’autorité sont clairs. Qu’elle s’en tienne à ce cadre. Malheureusement, ce comportement et la situation y afférente n’ont pas été une surprise. Les pays occidentaux utilisent fréquemment la « couverture » des organisations internationales dans les régions en conflit pour mener des activités illégales.

Les actions de certains membres de la Mission spéciale d’observation ont porté gravement atteinte à la réputation de l’OSCE, y compris à celle des observateurs de la Mission qui avaient rempli leurs fonctions honnêtement et de bonne foi. Nous demandons instamment aux dirigeants de l’Organisation de prendre les mesures nécessaires pour rectifier la situation. En particulier, il s’agit d’enquêter sur la manière dont les données fournies par le matériel technique de la MSO ont été transmises à l’Ukraine et d’identifier ceux qui avaient donné des instructions à ce sujet.

Nous rappelons que le mandat de la MSO a expiré le 31 mars dernier et qu’il a été mis fin aux activités de la Mission. Selon la pratique établie de l’OSCE, qui est également conforme au bon sens, une décision spéciale est prise par le Conseil permanent de l’Organisation une fois que le mandat de la Mission de l’OSCE a expiré. Sur cette base, le personnel de la Mission continue à régler les problèmes organisationnels et administratifs liées à la fermeture de la Mission pendant une période déterminée. C’était le cas, par exemple, de la fermeture du Groupe d’observateurs de l’OSCE aux postes de contrôle russes de Goukovo et de Donetsk l’été dernier. Cette décision n’a toujours pas été prise en ce qui concerne la MSO. Il devrait y en avoir une. Il ne s’agit pas d’une simple déclaration mais d’une exigence.

Sur l’utilisation par le département d’État américain des technologies de l’information et de la communication pour discréditer la politique russe en Ukraine

Nous avons noté des documents publiés sur le site Web du département d’État des États-Unis le 21 avril dernier sur le thème « Qu’est-ce qu’une opération militaire spéciale ? » Ils appellent les citoyens américains à se joindre à la campagne de propagande antirusse, en utilisant les outils occidentaux des technologies de l’information et de la communication. Une fois de plus : le ministère des Affaires étrangères des États-Unis lance un appel aux citoyens de son pays et affirme que des outils de technologies de l’information et de la communication ont été créés. Ils peuvent être utilisés pour mener une agression en matière d’information contre la Russie. Y a-t-il une cyber-mobilisation générale américaine en cours ? Dans quelles normes juridiques s’inscrit-elle ?

Les autorités américaines, en particulier, invitent les volontaires américains à entrer en contact direct avec les résidents de Russie à l’aide de logiciels spéciaux pour ordinateurs et téléphones portables. Le département d’État partage des liens vers des ressources appropriées qui fonctionnent selon le principe de la « pression sur un bouton » : le logiciel trouve le destinataire et prépare les textes des messages. Tout cela passera pour une évaluation, une contribution et une position personnelles d’un citoyen américain sur la situation en Ukraine. Aucun futurologue n’aurait pu imaginer cette chose. Seules des personnes psychiquement tordues, à la limite de la psychiatrie, ont pu le faire. Je demande à tous les spécialistes du domaine des technologies de l’information et de la sécurité, de la recherche sur l’espace virtuel, de cataloguer ce phénomène, de lui donner un nom précis. Nous ne l’avons pas encore rencontré en pratique. Nous comprenons de quoi sont faites les « balles » que l’on propose de charger dans les « fusils » des Américains moyens. Mensonges, menaces, propagande – tout cela est clair. Mais il s’agit de cataloguer ce phénomène qui est inédit dans la violation de toutes les dispositions imaginables et impensables sur la sécurité de l’information qui sont adoptées à titre national et sur les plateformes internationales.

Apparemment, cela vient de l’impuissance du département d’État qui connaît un nouvel accès de russophobie. Il n’y a plus de ressources. Une mobilisation générale américaine est nécessaire. La CNN n’arrivent-elle plus à tenir le coup ? Maintenant, on fait appel aux Américains ordinaires ? Les responsables diplomatiques américains se rendent manifestement compte qu’ils sont impuissants dans leurs tentatives de dépeindre la Russie comme la source de tous les maux par le biais des médias contrôlés. Il est impossible de reproduire la même chose jour après jour et d’utiliser des inventions pour convaincre les gens. Les gens commencent à poser des questions, il y a des informations objectives et des preuves tangibles des mensonges américains. A cela s’ajoute l’effet de lassitude directe et le manque d’envie de consommer le type de contenu produit par les sources officieuses américaines. Les responsables ont donc décidé de faire un nouveau tour d’adresse.

Lorsque les Américains préparaient la campagne anti-Irak, ont-ils demandé aux citoyens ordinaires d’appeler ou d’envoyer des courriels pour soutenir les actions des troupes américaines ou des autres pays de la coalition ? C’est un surréalisme, qui fait toutefois partie de la réalité. Incroyable, mais c’est ainsi. En fait, les moyens de communication personnels des Américains ordinaires sont mis à contribution pour diffuser de la propagande et des contrefaçons. Qui a eu cette idée ? De les placer en première ligne de la guerre de l’information dans l’espoir de cacher la vérité au public et de les utiliser pour diffuser des mensonges sur la situation en Ukraine.

Nous condamnons fermement les actions du gouvernement américain visant à une ingérence directe dans la vie privée des citoyens russes et dans nos affaires intérieures. Mais il ne s’agit pas seulement de cela. Les citoyens américains sont impliqués, c’est-à-dire que l’on s’immisce dans leur vie privée. Lorsque les citoyens américains cliquent sur les liens et envoient des messages depuis leurs ordinateurs, ils laissent des « empreintes ». Sont-ils sûrs de ne pas être ensuite « rétribués » pour leurs actions ? Sont-ils sûrs que leurs adresses IP et leurs numéros de téléphone ne seront pas utilisés (à l’intérieur ou à l’extérieur des États-Unis) et qu’ils ne seront pas victimes de leur propre comportement illégal ?

Ce n’est pas la première fois que nous voyons Washington manipuler des bases de données civiles, collecter des informations, forcer des sociétés privées à livrer ces données. Mais utiliser cet outil pour mener une guerre de l’information à l’intersection de l’espace informationnel et du cyberespace – cette perversion n’aurait même pas pu être imaginée.

Ces méthodes de cyber-piratage de la part des États-Unis constituent une violation flagrante de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le mépris de la tâche consistant à assurer la protection des données personnelles démontre une fois de plus la politique de deux poids deux mesures de Washington par rapport à ses obligations internationales. Je comprends maintenant pourquoi ils ont chaperonné le site Peacemaker en termes de protection. Les données personnelles de journalistes, de personnalités publiques et d’hommes politiques qui n’étaient pas « en phase » avec le régime de Kiev et ses mécènes américains y étaient affichées. S’agirait-il d’un « savoir-faire » du département d’État ? Cela a été fait par le truchement des structures compétentes en Ukraine.

À propos de la déclaration de Mykhailo Fedorov, vice-Premier ministre et ministre de la Transformation numérique de l’Ukraine, sur l’organisation d’attaques de pirates informatiques contre des entreprises en Russie et au Belarus

Nous avons le regret d’informer tous que 20 ans d’efforts de la communauté mondiale visant à lutter contre l’utilisation des technologies de l’information et de la communication par les États à des fins incompatibles avec la stabilité internationale, la sécurité et l’intégrité de l’infrastructure des États, ont été réduits à néant par la déclaration « historique » du vice-Premier ministre et ministre de la Transformation numérique de l’Ukraine, Mykhailo Fedorov, au journal espagnol El Pais, concernant la formation de « la première cyber-armée du monde, composée de 300 000 cyber-soldats ». C’est la même chose que ce dont je parlais. Il y a des « cyber-soldats » et des « cyber-guérilleros ». Ces derniers ont été encouragés par le département d’État américain à rejoindre ses rangs, tandis qu’en Ukraine, une campagne de recrutement a été lancée pour former des « cyber-guerriers ».

Pour la première fois, un État membre de l’ONU a ouvertement déclaré une cyber-agression et une guerre de l’information et de la communication contre d’autres pays. Nous parlons de plus de 660 attaques de pirates informatiques contre des entreprises, des banques et des institutions russes et bélarussiennes. Cette opération a été menée officiellement par l’État ukrainien.

En fait, nous assistons à une « cyber-guérilla » rampante au cœur de l’Europe. Les auteurs et les inspirateurs de ce concept (d’ailleurs, la rédaction espagnole s’est empressée inconsidérément à accorder foi à des déclarations sensationnalistes et a fourni à un provocateur une plate-forme pour l’incitation à une escalade) doivent se rendre compte que ces « cyber-forces » ne se contenteront pas de voler les actifs et les économies des entreprises. Elles ne seront certainement pas limitées aux citoyens de Russie et du Belarus. En ce sens, rien ne peut les freiner. Elles iront plus loin et dirigeront leurs activités criminelles contre d’autres pays. Compte tenu de la mondialisation et de l’implication des structures commerciales et du secteur bancaire, plus d’une structure occidentale tombera sous les assauts des « cyber-forces » (en fait, des pirates informatiques légalisés par l’Ukraine avec le consentement des pays de l’OTAN). Mais l’explication sera que ce sont des hackers russes. Attention, il ne sera pas possible de faire passer cela pour de la cybercriminalité commise depuis le territoire de la Fédération de Russie ou par des citoyens de notre pays. Le régime de Kiev, les États-Unis, l' »Occident collectif », les structures de l’OTAN et de l’UE ont commencé à se préparer à une provocation à grande échelle dans l’espace virtuel. Nous en parlons régulièrement. Nous continuerons à donner des exemples concrets.

Les aveux de ce « numériseur » ukrainien, faits apparemment dans le but de rendre compte à ses mentors à Washington et à Bruxelles, font l’objet d’une enquête par les autorités chargées de l’application des lois. Nous sommes convaincus que les experts russes et biélorusses non seulement fourniront une évaluation qualifiée de cette affaire, mais ils trouveront également des possibilités juridiques pour traduire Kiev en justice. C’est un signal d’alarme pour les organisations internationales qui s’occupent de la sécurité de l’information.

Sur les doubles standards occidentaux à l’égard des évaluations de l’état de la démocratie en Ukraine

Nous assistons à un grave manque de signes indiquant que l’Ukraine correspond aux caractéristiques minimales d’un État démocratique, sous prétexte de protection duquel le pays continue à être approvisionné en armes lourdes. L’Occident fait tout pour créer artificiellement ces signes. Il utilise les ruses médiatiques les plus hypocrites et les plus surréalistes. Par exemple l’attribution au président ukrainien de divers prix internationaux pour de faux succès dans le domaine de la construction de l’État démocratique. Il s’agit de l’État qui forme actuellement des « cybertroupes », qui recrute des citoyens pour commettre des cybercrimes, ne laisse pas les civils utiliser des couloirs humanitaires et d’autres possibilités pour quitter les zones de conflit, qui appelle à des actes extrémistes dans divers pays du monde. Ces gens et plus particulièrement la personne qui est associée actuellement à son dirigeant, reçoivent des récompenses pour la liberté, la démocratie et la défense des vraies valeurs partout dans le monde entier.

En Allemagne, par exemple, Vladimir Zelenski a été honoré du Prix annuel de la liberté des médias. Combien de chaînes de télévision a-t-il fermées? Combien de lois restreignant les activités des médias a-t-il adoptées? Ce prix est attribué aux personnalités publiques qui démontrent un engagement particulier envers la liberté d’expression, le dialogue politique et la démocratie. Dans quel domaine Zelenski s’est-il démarqué? La liberté d’expression? Après avoir fermé des médias et traduit en justice des dissidents? C’est peut-être le dialogue politique qui est son « point fort »? Pas besoin de parler de la démocratie.

En même temps, la prochaine cérémonie de remise de prix de J. Fitzgerald Kennedy « Profile in Courage Award » a été annoncée. Apparemment, le courage devrait avoir de nombreux profils. Comme les fondateurs le précisent, Vladimir Zelenski est un combattant exceptionnel pour la démocratie. Je rappelle à tous ceux qui affirment que sa contribution à l’établissement démocratique de l’État en tant qu’homme politique prouve automatiquement l’abdication de tout ce qui est lié au nationalisme, au racisme, à l’extrémisme, etc. Dans les années 1930, l’Allemagne a formé le paysage politique de manière tout à fait démocratique en utilisant des institutions démocratiques. Ce sont exactement ces institutions qui ont été impliquées.

J’aime l’appel à la nationalité de Vladimir Zelenski. Ils disent, qu’étant juif, il ne peut pas tolérer un régime néonazi. C’est l’argument le plus fort. Je ne comprends pas la logique, il s’agit toujours de la même chose. L’existence de déclarations orientées sur le soutien de la démocratie ne signifie en aucun cas qu’en pratique l’État correspond aux grands principes et idéaux. Tout comme les caractéristiques personnelles d’une personne ne sont pas un signe qu’il n’y a pas de problèmes de racisme, de xénophobie, de néonazisme et d’autres formes d’idéologie extrémiste dans le pays qui lui est confié. Pour écarter toutes les questions, des opportunités pour affirmer le régime de Kiev comme un combattant pour la liberté sont fortement recherchées dans le monde entier. Une histoire étonnante. Mais ce n’est pas pour la première fois.

On a déjà vu la même approche de l’Occident collectif à l’égard des extrémistes opérant dans le Caucase du Nord. Les Occidentaux les appelaient séparatistes mais soutenaient par tous les moyens l’idée de la séparation de la Fédération de Russie. Ils liaient cela au désir de la liberté. Ils décernaient des prix à des voyous avérés. Ils avaient du sang sur les mains. C’est à eux que les plus terribles attentats terroristes sont associés (Beslan, Doubrovka, etc.).

Il s’avère intéressant de voir comment cela se passe. Le Donbass et Donetsk sont aussi traités de séparatistes. En même temps, ils n’ont jamais professé quoi que se soit d’extrémiste ou de terroriste. Ils défendent leurs terres et leurs lois qui y existent depuis des décennies. Donc, si les séparatistes s’engagent dans des activités terroristes et veulent séparer une partie du territoire par la force, l’Occident peut l’encourager. Mais lorsque les gens désirent préserver un gouvernement légitime après le coup d’État anticonstitutionnel sur leur territoire sans annoncer la sécession comme idée principale mais tout simplement souhaitant de rester en vie, l’Occident ne les soutient plus. Il s’agit d’une dichotomie. Une contradiction impossible.

L’énumération des « réussites » du régime de Kiev en général et particulièrement de Vladimir Zelenski en matière de protection de la liberté d’expression, des droits de l’homme et des idéaux de la société démocratique occupe une place importante dans presque toutes les conférences de presse. À commencer par le coup d’État anticonstitutionnel sanglant dans la capitale ukrainienne en 2014 et l’agression contre les habitants du Donbass qui s’en est suivie, ainsi que la politique de nettoyage total de la présence médiatique russe et de nettoyage de l’espace de l’information en langue russe élevée au rang de politique d’État. Le caractère fantasmagorique de tels « prix pour la démocratie en Ukraine » est illustré d’une manière assez éloquente, ne serait-ce que par le fait que la nouvelle de cette cascade de prix a presque coïncidé avec celle de la prévention des attentats contre plusieurs journalistes russes qui avait été préparée par les services de sécurité ukrainiens. Bien qu’ils aient tout nié. Ils ont dit qu’ils n’étaient pas impliqués.

Lorsque le spectacle avec Babtchenko se préparait, les services de sécurité ukrainiens en parlaient partout. La nouvelle a été découverte lorsque l’ex-ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine s’exprimait devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Si nous avions dit à l’époque que les services de sécurité ukrainiens étaient impliqués dans cette histoire, il aurait déclaré que c’était de la « propagande russe ». Plus tard, il s’est avéré qu’ils étaient vraiment impliqués dans ce prétendu drame sanglant. Et à présent ne sont-ils pas impliqués? D’où vient cette impermanence? D’où vient cette modestie? Rappelons-nous une succession de fausses interviews du « journaliste » ukrainien Dmitri Gordon. Tous les jours, il disait qu’il travaillait en collaboration avec le Service de sécurité d’Ukraine. Cela fait longtemps que les services de sécurité ukrainiens sont impliqués dans la guerre de l’information contre la Russie. Il ne faut pas faire semblant qu’ils n’y sont pour rien.

Je ne vais pas faire de prévisions quant à savoir combien de temps les superviseurs du régime de Kiev pourront encore continuer à tromper l’opinion publique de leurs pays sur la vraie situation de la démocratie en Ukraine, tout en continuant à élever le degré d’absurdité en présentant de plus en plus d’infox médiatiques. En même temps je voudrais souligner que cette simulation hypocrite de la réalité, en pratique ne fait que renforcer le sentiment de permissivité totale chez les dirigeants ukrainiens. Bientôt, l’Europe verra de ses propres yeux une « jeune démocratie » qui s’est développée au cours de ces dernières années en Ukraine. Elle verra ce que c’est, qui l’avait créée, avec quels points de vue et quelle philosophie beaucoup d’entre eux sont venus dans les pays de l’UE.

La situation humanitaire reste compliquée. Les gens se trouvent dans une grave situation. Mais Bruxelles n’a pas encore compris et évalué combien de personnes professant l’idéologie nationaliste agressive se trouvaient actuellement sur le territoire de l’Europe et dans les pays de l’UE.

Sur les résultats de la session de printemps du conseil d’administration du FMI et de la Banque mondiale

Les résultats de la session du printemps 2022 du conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale ont malheureusement été éclipsés par la politisation excessive de leur travail et l’attention insuffisante aux défis importants dans le domaine du développement mondial, de la résilience financière des États, de la crise alimentaire et énergétique croissante ainsi que des perturbations des chaînes de livraison et de marchés de ventes. Les activités de ces institutions purement économiques et spécialisés à l’initiative des actionnaires occidentaux ont été concentrées sur les tentatives de condamner la Russie pour les événements en Ukraine. Ainsi, il ne s’agit pas d’un strict respect du mandat défini dans les documents statutaires des institutions mentionnées. C’est profondément regrettable et crée des risques supplémentaires en matière de reprise post-Covid et de réalisation des objectifs du développement stable. Une fois de plus, l’Occident montre son hypocrisie et l’aggravation de son célèbre deux poids deux mesures dans ses relations avec certains États « indésirables ».

La Russie est un membre à part entière des institutions de Bretton Woods et apporte une contribution importante à la réalisation de leurs objectifs, en remplissant toutes ses obligations financières de manière consciencieuse et en temps utile. Il est regrettable que ces plateformes soient utilisées pour promouvoir des approches politiques imposées par certains groupes d’États.

Nous considérons qu’il est contre-productif de discuter des accusations lancées par les Occidentaux et citer des arguments politiques, historiques, culturels, humanitaires, socio-économiques et autres en faveur du lancement de l’opération militaire spéciale en Ukraine, sur les plateformes financières et économiques internationales et dans les organisations sectorielles spécialisées. Il existe d’autres structures compétentes pour cela. Chaque institution spécialisée doit s’occuper de son propre domaine. L’OACI – des vols, les institutions de Bretton Woods – des finances, de l’économie, de la logistique et des crises; les organisations humanitaires de l’ONU et les organisations non gouvernementales doivent s’occuper des problèmes relatifs aux droits de l’homme et de l’aide aux civils. Si nous structurons le travail de cette manière, nous réussirons beaucoup de choses ensemble. Mais si chacun essaie d’ »escalader » une plateforme voisine en tant que dominant, il ne sera guère possible d’exister sous cette suprastructure politique, tout s’écroulera. La dernière chose qui fonctionne au moins d’une manière ou d’une autre dans le droit international. Il est impossible d’être efficace si l’idéologie domine. L’idéologie qui n’est pas basée sur une approche réaliste ou une analyse sérieuse mais imposée en tant que conjoncture politique.

Je tiens à attirer votre attention sur le fait que les déclarations publiées par les présidents du Comité monétaire et financier international et du Comité du développement au regard da la situation en Ukraine et contenant des passages antirusses ne constituent pas les documents de consensus définitifs adoptés lors de la session de printemps, mais seulement un point de vue préconçu de certains représentants des États membres du FMI et de la Banque mondiale sur la crise en Ukraine. Si la politique occupe une place aussi importante dans le fonctionnement de ces institutions, où étaient-elles pendant ces huit ans? Pourquoi n’ont-ils pas fait attention au blocage d’une partie importante du territoire européen – du Donbass? Pourquoi n’ont-ils pas  vu le blocage maritime de la Crimée? Il s’agit de leur secteur d’activité direct (alimentation, institutions financières, etc.). Ils n’ont pas vu le blocage des transferts d’argent, des allocations sociales, des salaires, des pensions, etc. du territoire ukrainien vers les régions ukrainiennes à l’époque? Même dans le cadre du format Normandie la possibilité de créer des mécanismes spéciaux visant à transférer de l’argent et à alléger le fardeau financier des civils a été discutée. Où les institutions de Bretton Woods étaient-elles? On en a parlé pendant huit ans. Il s’avère maintenant que c’est important, nécessaire et intéressant.

Sur les crimes des États-Unis et de leurs alliés en Syrie

Dans le contexte des débats qui se poursuivent sur le respect du droit international humanitaire dans les situations de conflits armés, il est logique d’en parler de manière substantielle. Par exemple, à l’occasion d’un anniversaire important et triste. Il n’est pas déraisonnable de le faire afin de montrer le vrai visage de ceux qui aujourd’hui tout comme Washington, Londres et d’autres capitales parlent d’une manière hypocrite de la souffrance des civils et font la morale aux autres. C’est hypocrite parce qu’ils ont été ce catalyseur des événements tout en professant la logique traditionnelle de destruction.

Il y a trois ans, le 18 mars 2019, des avions de chasse américains F-15 ont largué deux bombes de 225 kg et de 907 kg sur le camp de réfugiés de Baghouz en Syrie. Ce camp, qui faisait 2,5 km², situé sur l’Euphrate, dans le sud-est du pays à la frontière avec l’Irak, est devenu le dernier refuge des combattants de Daech qui y détenaient des milliers de civils. D’abord, les Américains et leurs alliés de la « coalition international anti-Daech » ont mise en place un blocus devant le camp en espérant ainsi de forcer les combattants à capituler sous la menace de mourir de faim. Plus tard lorsqu’il restait encore quelques milliers de personnes à Baghouz, cette frappe aérienne a été effectuée.

Sous la pression de l’opinion publique, notamment des investigations des journalistes, en particulier du New York Times, le commandement américain a reconnu la mort de 80 personnes à l’issue de cette attaque. Il est toutefois évident que le nombre réel de victimes dépassait les chiffres officiels qui ont été artificiellement rabaissés et aucune vérification complète n’a jamais été effectuée sur le recours arbitraire de la force contre les civils. En outre, les alliés se sont précipités à raser le site de la frappe avec des bulldozers afin de dissimuler les corps, et tous les rapports sur l’incident ont été immédiatement et soigneusement nettoyés et classifiés, selon les témoins.

Au total, en 2019 seulement, la coalition a frappé plus d’un millier de fois le territoire de la Syrie et de l’Irak en utilisant plus de 4.700 bombes et missiles, ne reconnaissant que la mort de 22 personnes sans mentionner l’attaque de Baghouz. Je voudrais vous rappeler que personne n’a invité les États-Unis en Syrie. Le gouvernement légitime et légal de la Syrie a déclaré qu’il ne voyait aucun rôle de Washington en tant que pacificateur et celui que les États-Unis jouaient réellement a été qualifié d’agressif, d’invasif et d’inhumain. Je réalise que ceux qui font de la politique étrangère et des activités internationales au sein des pays de l’Otan sont mauvais en géographie, mais la Syrie (un État non nucléaire) n’a aucune frontière avec les États-Unis. C’est un autre continent. Tout ce qui se passe là-bas ne peut en aucun cas menacer directement l’Amérique. On ne peut qu’inventer des histoires. En réalité, il n’y a pas et il ne pourrait y avoir ni de conflit frontalier ni de menaces territoriales, et tout ce qui se passe en Syrie ne constitue aucune autre menace. Il n’y a et il ne pourrait y avoir aucune agression se transformant en menace venant de Damas. Et pourtant les États-Unis s’y sont rendus.

Ils ont réuni une coalition, ils n’ont pas envie de partir malgré les exigences quotidiennes de la Syrie et l’absence de la moindre raison de leur présence. Alors que leur activité dépasse les limites du permis. Ils pillent est volent les ressources naturelles. Ils constituent un milieu favorable pour toutes sortes d’abominations extrémistes qui, d’une manière ou d’une autre, restent dans la région. Et c’est cette « force de soutien » qui doit agir sur ordre de Washington lorsqu’ils le jugent nécessaire.

Avant cela, les États-Unis et leurs alliés avaient « rasé » la région de Hajine dont la superficie est de 2,5 km sur 3 km. C’est là-bas que, le 8 septembre 2018, deux avions de chasse F-15 ont également effectué une frappe aérienne avec des munitions au phosphore blanc dont l’utilisation est interdite par le protocole additionnel à la Convention de Genève de 1949. Qui s’en soucie lorsque la « démocratie » et les ressources naturelles sont en jeu?

Il est à noter que dans l’ensemble, les opérations effectuées par la coalition dirigée par les États-Unis à Hajine et à Baghouz ont provoqué un exode de masse de civils dans le camp d’al-Hol dont la population a augmenté de sept fois entre décembre 2018 et mars 2019 et s’est élevée jusqu’à 73.000 personnes, dont 90% de femmes et d’enfants. En même temps, les gens ont été obligés de rester en plein air sans tentes, sans literie, sans vêtements chauds et d’autres objets de première nécessité après avoir marché plusieurs jours dans le désert. Des centaines de réfugiés sont morts, y compris des enfants de moins d’un an, d’hypothermie et de maladies infectieuses dans des conditions de grave pénurie de nourriture, d’eau potable et de médicaments. Où était tout le monde? Nous en parlions chaque semaine.

Enfin on ne peut pas oublier la soi-disant bataille de la coalition pour Racca de juin à octobre 2017 au cours de laquelle la ville a été presque « rayée de la carte ». Selon l’ONU, le tapis de bombe des alliés a endommagé ou détruit environ 11.000 bâtiments (40 par jour) à Racca, y compris 8 hôpitaux, 29 mosquées, 5 universités et plus de 40 écoles ainsi que des systèmes d’irrigation de la ville. Selon les estimations les plus modestes, le nombre de citoyens tués a dépassé 1.600 personnes. Les institutions de Bretton Woods, que diront-elles sur la situation en Syrie? Tracent-elles un parallèle entre la situation dans la région et la politique des États-Unis et de ceux qui partagent cette idéologie effrayante?

Dans ce contexte le ministre des Affaires étrangères de la Syrie Khalil Meqdad a récemment appelé de nouveau le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres à attirer l’attention mondiale, y compris les membres du Conseil de sécurité des Nations unies, sur les actions de la coalition, dirigée par les États-Unis, qui ont été à l’origine de mort massive de civils syriens, et relèvent de la définition des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité conformément aux normes du droit international humanitaire. Il ne fait aucun doute que les événements de Baghouz, Hajine et Racca doivent être investigués et les coupables doivent être traduits devant les tribunaux. Il ne s’agit que d’exemples isolés. Ce qui s’y passait et se passe pendant toutes ces années constitue des tomes d’affaires pénales contre des représentants de haut rang des États-Unis et d’autres pays de l’UE et de l’Otan.

Sur les frappes aériennes israéliennes sur le territoire syrien

Dans la nuit du 26 au 27 avril, les forces aériennes israéliennes auraient effectué des frappes de missiles sur des cibles dans les communes de Soumaria, Qudsaya et Kiswah et aux alentours de Damas. L’attaque aérienne a entraîné la mort de quatre militaires syriens, trois militaires ont été blessés, ainsi que des dommages matériels importants ont été causés.

Nous estimons qu’il est nécessaire de souligner que le bombardement continu par Israël du territoire de la Syrie en violation des normes de base du droit international sont catégoriquement inadmissibles est inacceptables. Nous condamnons fermement de telles actions irresponsables multipliant le nombre de victimes parmi les militaires et les civils et représentant une menace réelle d’escalade incontrôlée des tensions à l’échelle de toute la région. Nous attirons de nouveau l’attention sur le fait que ces attaques non provoquées réduisent la capacité opérationnelle des forces aériennes de la Syrie, ce qui a un effet négatif sur la lutte contre le terrorisme sur le territoire syrien. Nous établissons un lien direct entre la responsabilité de la propagation du terrorisme en Syrie et les actions des États-Unis dans la région.    Nous exigeons que la partie israélienne mette fin à cette pratique vicieuse et dangereuse.

Sur le nouveau dictionnaire diplomatique

Je voudrais vous parler d’un projet intéressant de l’Académie diplomatique du ministère des Affaires étrangères de la Russie, du Nouveau dictionnaire diplomatique.

Il s’agit d’un site contenant une base systématisée de termes et de définitions actuels recherchés en pratique parmi les professionnels dans le domaine des relations internationales. Ce dictionnaire sera également utile aux étudiants, aux aspirants, aux professeurs des établissements d’enseignement supérieur spécialisés, aux employés des ministères et des agences participant à la coopération internationale.

Le Nouveau dictionnaire diplomatique a été créé en coopération avec des experts en diplomatie, relations internationales, droit international et économie mondiale de l’Académie diplomatique du ministère des Affaires étrangères de la Russie. Le travail sur le dictionnaire est mené sous la direction du recteur de l’Académie, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, docteur en droit, professeur Alexandre Iakovenko.

Le dictionnaire est mis à jour de façon hebdomadaire. Il est disponible sur le site web de l’Académie diplomatique, un lien spécial est également indiqué sur le site web du ministère des Affaires étrangères.

Pour soutenir ce projet, l’Académie diplomatique a lancé la semaine dernière une chaîne Telegram du Nouveau dictionnaire diplomatique, où de nouveaux termes actuels de l’agenda international sont publiés quotidiennement. Je pense qu’il y a beaucoup de choses à découvrir.

 

Réponses aux questions:

Question: D’après Andreï Smirnov, chef adjoint du cabinet du président ukrainien Vladimir Zelenski, le ministère de la Justice de l’Ukraine et le cabinet du président ont mis au point un mécanisme de recouvrement des avoirs russes gelés à l’étranger afin de les utiliser pour indemniser les victimes de l’opération militaire spéciale en Ukraine. Selon vous, quelles seront les conséquences de ces mesures?

Réponse: Nous ne considérons pas qu’il soit nécessaire de faire des commentaires sur l’interprétation originale du droit international et des mécanismes de son application faite par le régime de Kiev sous l’influence des boissons énergisantes.

Sinon, on pourrait se sentir mal soi-même. À notre connaissance, la communauté internationale n’a pas demandé de conseils d’expert ou de développements de ce genre à l’Ukraine, il s’agit de leur propre initiative.

En ce qui concerne les avoirs russes bloqués sur des comptes à l’étranger, nous avons souligné à maintes reprises que ce gel de biens était illégitime et portait atteinte aux principes et aux normes du droit international, et au fonctionnement impartial du système financier mondial.

De tels actes de la part des pays occidentaux pourraient être interprétés comme une atteinte flagrante à la propriété souveraine ou un vol banal des biens appartenant à un État perpétré par un groupe d’autres États.

Nous tenons à souligner que ce n’est pas parce qu’il s’agit des fonds et des avoirs russes que nous le pensons, c’est notre position de principe que nous avons articulée à plusieurs reprises à l’égard d’autres États. Nous ne suivons pas l’exemple de ceux qui prêtent attention à des problèmes seulement quand cela les concerne. Nous avons des principes que nous respectons, comme en attestent les déclarations, les commentaires et les conférences de presse du ministère russe des Affaires étrangères.

Nous avons fait le même commentaire concernant les avoirs d’autres États qui étaient illégalement saisis et gelés par l’Occident. C’est une raison de plus de remettre en question la fiabilité du dollar et de l’euro en tant que monnaie de réserve, ainsi que l’impartialité et la stabilité de l’ordre financier mondial imposé par les pays occidentaux.

Toute utilisation des avoirs appartenant à la Russie ou aux citoyens russes, sans le consentement de leurs propriétaires légitimes, sera traitée comme une action illégale et manifestement hostile d’un pays donné et de ses autorités et ainsi donnant le droit à une réponse adéquate, y compris sur le plan juridique.

Le refus de l’Occident de rester exclusivement dans la légalité et de nouvelles restrictions d’accès des États et des individus à leurs avoirs ne font que créer un précédent dangereux pour tous les acteurs du système de Bretton Woods. Cela signifierait qu’on ne garantit plus le statut souverain des avoirs d’un État. C’est devenu clair. Ce statut peut toujours être révisé par un groupe d’acteurs “privilégiés », lorsque la situation géopolitique change. Il ne s’agit plus d’une hypothèse, ce sont déjà des faits et la réalité.

Question: Comment commenteriez-vous le retrait de la Russie de l’Organisation mondiale du tourisme?

Réponse: Dans un communiqué de presse, le Secrétariat de l’Organisation mondiale du tourisme a annoncé sa décision, prise lors de la session d’urgence de l’Assemblée générale de l’OMT du 27 avril, concernant la suspension immédiate des droits et des privilèges de la Russie à titre de membre de l’OMT. C’est un exemple d’hypocrisie politique profondément enracinée dans cette organisation sous la direction du Secrétaire général Zourab Pololikachvili.

En réalité, avant même l’adoption de cette décision illégitime et politiquement motivée, la Russie a annoncé, immédiatement après l’ouverture des débats devant l’Assemblée générale, vouloir se retirer de l’Organisation. Cette organisation est pratiquement monopolisée par les pays occidentaux qui s’en servent dans leurs propres intérêts, notamment pour discriminer notre pays.

Ce faisant, nous avons clairement pointé l’inadmissibilité de la politisation de l’Organisation lors de la session d’urgence du Conseil exécutif de l’OMT du 8 mars, pendant la session de l’Assemblée générale, ainsi que dans la notification de retrait de la Russie remise au Secrétariat de l’Organisation.

Compte tenu de l’annonce par la Russie de sa décision de quitter l’Organisation mondiale du tourisme, tous les commentaires faits rétroactivement par le Secrétariat sur la perte des droits de la Russie de bénéficier des services de l’Organisation, de participer à toutes les sessions et activités, de voter dans ces organismes issus de la Charte, paraissent absurdes. On l’interprète comme une tentative de sauver la face de l’Organisation après un spectacle raté de punition de la Russie, orchestré par certains pays occidentaux. Il ne faut pas faire cela. La même tactique a été utilisée au Conseil de l’Europe, manifestement, à l’instigation de l’Otan (je parle de la structure et non pas des pays membres) qui tire les ficelles là où devrait se trouver l’idéologie du Conseil de l’Europe. Le même scenario a été observé quand nous avons notifié du retrait de la Russie du Conseil. Ils ont joué un acte de suspension de la Russie, après avoir reçu les documents portant sur notre retrait de cette Organisation.

Question: La Russie a-t-elle reçu une réponse de la part de l’Ukraine aux propositions concernant un accord? Et si ce n’est pas le cas, combien de temps est-elle prête à attendre?

Réponse: Au moment de la préparation de cette conférence de presse, la Russie n’avait reçu aucune réponse.

Question: Comment commenteriez-vous la déclaration des autorités japonaises selon laquelle ils vont aider les réfugiés ukrainiens?

Réponse: Nous avons pris note de la campagne d’accueil des réfugiés ukrainiens médiatisée par les autorités japonaises. Nous n’avons pas été surpris par ces actions soi-disant humanitaires, grâce auxquelles l’actuelle administration de Fumio Kishida essaie de marquer des points politiques aux yeux des partenaires occidentaux. Ils suivent leurs directives.

Nous considérons qu’il s’agit d’actions opportunistes. Il y en a des preuves. Comme en témoigne le fait que pendant huit dernières années le Japon fermait les yeux sur les tragédies humaines qui se déroulaient en RPD et RPL. Ils ne disaient rien, ce sujet ne représentait aucun intérêt pour les autorités japonaises. En ce qui concerne les sanctions, tantôt ils se joignaient aux sanctions, tantôt ils prenaient du recul sur ce sujet, mais sur le plan humanitaire, cela ne concernait pas leur pays. Comment est-ce possible? Environ 13.000 personnes ont été tuées en huit ans, alors que les autorités japonaises détournaient leur regard. Soit ils auraient dû continuer de détourner leur regard (une position indécente mais honnête), soit ils auraient dû s’en occuper avant et maintenant.

Malheureusement pour les Ukrainiens, les autorités japonaises ne s’engagent pas à rétablir des conditions de vie normale, d’emploi. Ils préfèrent leur trouver de la place dans des dortoirs abandonnés et offrir de maigres indemnités de subsistance sans engagement, au lieu d’arrêter l’aide politique, économique et militaire au régime de Kiev, y compris à travers la livraison de drones, ce qui ouvre la voie à de nouvelles effusions de sang. Il est possible que les autorités japonaises n’y voient pas de lien. Je viens de l’expliquer. Maintenant, ils le verront. Tout cela conduit également à une déstabilisation de la situation dans la région. En conséquence, le nombre de réfugiés et de victimes va augmenter. Cette responsabilité incombe notamment à l’administration de Fumio Kishida et au Japon en tant qu’État qui prend ces décisions.

Question: Comment la Russie évalue-t-elle les efforts de médiation des différentes parties après la visite du Secrétaire général de l’ONU en Turquie, en Russie et en Ukraine? Est-ce que cela contribue à la reprise d’autres canaux de communication?

Réponse: Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a fait un commentaire détaillé sur ce sujet lors de sa conférence de presse conjointe avec le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres le 26 avril, ainsi que lors de la conférence de presse conjointe avec son homologue érythréen Osman Saleh à l’issue de leur entretien le 27 avril.

Je ne peux que réitérer que lors des pourparlers à Moscou, le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a surtout mis l’accent sur l’aspect humanitaire de la situation actuelle.

De notre côté, nous avons parlé des efforts impressionnants que la Russie déployait en Ukraine pour résoudre les problèmes humanitaires.

Le Secrétaire général Antonio Guterres a par ailleurs proposé que l’ONU et le Comité international de la Croix-Rouge coordonnent leurs efforts pour permettre l’envoi de convois d’aide humanitaire et l’évacuation des civils.

Nous jugeons positif l’engagement de l’ONU de jouer un rôle constructif et impartial. Nous avons expliqué comment l’Organisation pourrait contribuer au règlement des problèmes humanitaires.  À notre avis, il existe d’énormes possibilités d’interaction dans ce domaine.

Je voudrais aussi rappeler que lors des étapes précédentes des négociations, l’Ukraine ne parlait pas de médiation. Nos équipes de négociateurs se sont rencontrées quatre fois – trois fois en Biélorussie et une fois en Turquie.  Ils ont proposé des terrains de négociations et nous sommes reconnaissants à ces deux pays pour l’accueil et l’organisation. À ce stade, il est trop tôt pour parler de médiateurs.

Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, dans tous les cas nous sommes en faveur du processus de négociation: dans le contexte de la situation en Ukraine et dans d’autres moments historiques.

Quand le président ukrainien Vladimir Zelenski a proposé des négociations, la Russie a accepté. Mais le comportement du côté ukrainien lors des négociations est frustrant. Ce qui témoigne de leur véritable attitude envers le processus de négociation. Apparemment, ils n’ont aucun intérêt particulier à chercher des solutions négociées. Je voudrais réitérer notre engagement au règlement pacifique. Nous attendons des documents qu’ils seraient prêts à présenter, étant donné qu’ils ne se sont pas officiellement retirés du processus de négociation. Je tiens à rappeler que nos documents ont été remis il y a presque deux semaines. En même temps, nous ne nous faisons aucune illusion quant à leur fiabilité, dont nous avons été témoins pendant des années.

Question: Quels efforts diplomatiques la Russie peut-elle entreprendre et maintiendra-t-elle un dialogue diplomatique avec les pays de l’Otan et d’autres pays d’Europe de l’Est pour prévenir la propagation des conflits militaires dans d’autres pays?

Réponse: Vous connaissez notre position: la prolifération des conflits militaires est fortement indésirable. Pourtant, en raison de l’augmentation inconsciente des livraisons d’armes en Ukraine par les pays de l’Otan, le scénario d’escalade est maintenant discuté ouvertement par différents pays et par Bruxelles dans son ensemble (désormais par l’Otan et l’UE). Vous vous souvenez des déclarations de Josep Borrell selon lesquelles il ne faut pas s’attendre au règlement de la situation ailleurs que sur le champ de bataille. Les représentants des autorités politiques britanniques partagent cette opinion ainsi que certains représentants aux États-Unis et dans certains pays de l’UE. Ils ne dissimulent pas leur approche agressive et le fait que l’escalade de la situation les arrange. Nous nous prononçons systématiquement pour la construction d’une « architecture de sécurité européenne équitable » qui devrait être basée sur le principe de l’indivisibilité de la sécurité.

Rappelons que l’origine de la croissance de la valeur du facteur de puissance dans les relations internationales se trouve dans l’abolition de facto par les Américains et leurs satellites du droit international en faveur d’un « ordre basé sur des règles ». Cela signifie un monde unipolaire dirigé par les États-Unis. Tous les autres obéissent dans la mesure où cela est bénéfique, nécessaire ou considéré comme ceci par Washington. Personne n’a jamais discuté ouvertement de ce fameux « ordre » (personne ne comprend de quoi il s’agit). C’est un écran derrière lequel se cache l’idéologie de l’hégémonie d’un seul pays. Personne n’a jamais discuté de ce nouvel ordre, ses fonctionnalités avec qui que ce soit. Aucun document ne le consigne.

Qui plus est, il existe encore un certain nombre de substituts que je qualifierais même d’ »association de pontonniers » (un nouveau terme pour notre dictionnaire diplomatique), qui selon l’idéologie de l’Occident collectif devrait remplacer et substituer des structures juridiques internationales existantes. Il existe, par exemple, le domaine des droits de l’homme sous les auspices de l’ONU, le Conseil des droits de l’homme, des représentants pour les questions humanitaires, ils ont des bureaux. Des structures parallèles sont créées. Il existe des structures au sein de l’OSCE, de l’ONU et d’autres institutions fondées sur le droit international, des conférences, des comités traitants des problèmes dans le domaine des technologies de l’information, de la sécurité, de la suppression de la cybercriminalité en se basant sur le principe de consensus. Au lieu de cela, des alliances et des discussions collectives sont créées. Tout cela donne l’aspect d’un orchestre mondial des pays, mais en réalité il ne s’agit d’aucune cohérence de travail visant à atteindre le vrai résultat. Il s’agit d’une substitution pure, de la création de structures et de formats optionnels, non consignés, sans aucune description claire de leurs actions et stratégies. Ce faisant, les institutions juridiques internationales existantes, ayant le statut et la collégialité de la prise de décision et la transparence pour tous, sont substituées.

Cette fiction, baptisée « ordre mondial basé sur des règles » n’existe que dans l’esprit des hommes politiques détachés de la réalité. L’ »ordre basé sur des règles » n’est reconnu ni par la Russie, ni par la Chine, ni par la grande majorité de la communauté mondiale.

Qui est à l’origine de cet ordre? Ceux qui ont toujours professé la théorie du chaos contrôlé? Nous sommes une fois de plus arrivés à l’illogisme de leurs actions. Le chaos est un désordre. Les gens qui professent la théorie du désordre contrôlé ne peuvent pas instaurer un ordre mondial et expliquer que ce nouvel ordre est meilleur que le système juridique international existant.

Comme vous le savez, malgré l’approche ouvertement conflictuelle de l’Otan, la Russie n’a jamais renoncé au dialogue avec l’Alliance et a fait de nombreuses propositions concrètes sur la désescalade et le renforcement de la confiance sur le continent. Tout cela a été ignoré par l’Alliance. Les États-Unis et leurs alliés ont refusé de prendre en considération les intérêts clés, les préoccupations, la philosophie que nous leur avions proposée. Tout cela a été lié à l’expansion de l’Otan, à l’intensification des exercices militaires et à l’installation de systèmes d’armes de frappe à proximité des frontières de la Russie ainsi qu’aux tentatives assertives de maîtriser sur le plan militaire des espaces postsoviétiques pour en faire un tremplin hostile, proche de notre pays. Au lieu de réduire le degré de tension politico-militaire, les pays de l’Otan ont pris une part active à la transformation de l’Ukraine en tête de pont visant à contenir notre pays. De facto, ils mènent une guerre contre la Russie en se servant des nationalistes ukrainiens. On n’en a déjà parlé à plusieurs reprises.

Nous continuons à recommander fortement aux États-Unis et aux pays de l’Otan de ne pas se faire d’illusions sur l’impunité des attitudes agressives à l’égard des pays et des peuples. Au lieu de tout cela, ils devraient réfléchir sérieusement à la façon dont ils vont revenir au dialogue sur la nouvelle architecture de la sécurité européenne après tout ce qu’ils ont fait et ils feront encore. Bien qu’il ne s’agisse pas seulement de la sécurité européenne. Regardez ce qu’il se passe dans la région Asie-Pacifique, ce que les États-Unis ont fait en Amérique latine et dans les pays des Caraïbes.

Comment ils vont faire pour revenir à l’élaboration des règles de coexistence avec les principaux acteurs mondiaux, en particulier la Russie et d’autres centres de pouvoirs indépendants. Il est grand temps que nos collègues reviennent à la raison et se demandent comment ils vont respecter les engagements politiques pris au plus haut niveau (lors des sommets de l’OSCE en 1999 et 2010) sur l’indivisibilité de la sécurité en Europe. Peut-être y renonceront-ils ou diront (comme ils le font souvent) que c’est du passé et il ne faut plus y revenir. Il n’est pas très clair ce qu’ils ont l’intention de faire (c’est aussi une question pour eux) pour mettre en pratique le principe de l’égalité souveraine des États qui constitue la base de la Charte de l’ONU et de l’ensemble de l’ordre juridique international contemporain.

Moscou a toujours été et reste ouvert à un dialogue constructif et respectueux à l’égard de tous les participants aux relations internationales, y compris l’Otan sur la base de l’égalité des droits et de la prise en compte mutuelle des intérêts sur la base du droit international. Pour que le dialogue soit productif, nos partenaires occidentaux doivent renoncer à la rhétorique militaire et à la voie de militarisation du continent ainsi qu’aux tentatives de diviser l’espace européen et d’autres espaces en zones d’influence dont les pays de l’Occident collectif parlent si souvent à l’égard de la Russie, et commencer un travail pratique visant à construire le système de sécurité internationale juste et équitable. Nous continuons à nous concentrer principalement sur les moyens diplomatiques de résolution des contradictions internationales. Nous sommes prêts à riposter sur le terrain quand nous voyons une menace directe pour notre pays. Nous allons nous laisser guider par ces principes.

Question: Le chef du Service des renseignements extérieurs Sergueï Narychkine a annoncé que la mise en œuvre des projets arctiques devenait de plus en plus importante pour assurer la sécurité et protéger les intérêts nationaux de la Russie. Dans ces nouvelles circonstances quel est, selon vous, l’avenir du Conseil de l’Arctique que la Russie préside actuellement?

Réponse: Comme vous l’avez dit à juste titre, nous assurons actuellement la présidence, y compris la période de 2021 à 2023. Cela fait déjà plus d’un quart de siècle que le Conseil de l’Arctique constitue un mécanisme essentiel et efficace dans son ensemble dans le cadre de la coopération multilatérale en Arctique. Les priorités de la présidence russe dans le Conseil ont été soutenues par tous les États arctiques sans exception. Elles sont fondées sur la garantie d’une gestion responsable du développement stable de la région en équilibre avec des aspects sociaux, économiques et environnementaux. Malheureusement, les activités du Conseil de l’Arctique sont suspendues en ce moment. Je rappelle qu’au début du mois de mars, les États-Unis, le Canada, le Danemark, l’Islande, la Norvège, la Suède et la Finlande ont suspendu leur participation dans le cadre du Conseil en se référant à l’opération spéciale militaire de la Russie en Ukraine. Cela dit, les pays occidentaux, membres du Conseil, soulignent qu’il s’agit d’une « suspension temporaire », comme ils l’ont appelée, qui n’exige aucun changement de la liste des participants, du format de travail, etc. Je parle du format de travail de cette structure. Il est évident que la garantie efficace du développement stable de l’Arctique sans la Russie, qui représente 60% des côtes de l’Arctique et qui abrite plus de la moitié de la population de la région (2,5 millions de personnes), devient une tâche extrêmement compliquée.

Il est à noter que, selon l’évaluation de tous les États arctiques, le Conseil de l’Arctique s’est montré, comme je l’ai déjà dit, en tant qu’une institution efficace en matière d’élaboration des solutions collectives pour garantir un développement durable de cette région. La déclaration ministérielle du Conseil de l’Arctique, adoptée à Reykjavik le 20 mai dernier, note l’engagement de tous les pays membres du Conseil de l’Arctique à préserver l’Arctique en tant que zone de paix, de stabilité et de coopération constructive. Selon nous, l’implication artificielle du sujet ukrainien au sein du Conseil ne répond pas à ses objectifs, mais nous avons déjà parlé des institutions de Bretton Woods aujourd’hui et d’autres organisations internationales gouvernementales et non gouvernementales qui, malheureusement, ont désormais fait de ce sujet une priorité.

Dans les conditions actuelles, la Russie, en tant que président du Conseil en vigueur, continue la mise en œuvre de façon cohérente du Programme de la présidence et du Plan des activités principales en orientant le mécanisme de la coopération interdépartementale principalement vers les besoins des régions du Nord de la Russie en accord avec les buts et les objectifs qui ont été définis dans les Fondements de la politique d’État de la Fédération de Russie en Arctique à l’horizon 2035 et dans la Stratégie de développement de la zone Arctique de la Fédération de Russie à l’horizon 2035.

Nous faisons des efforts pour remplacer la présence étrangère notamment en renforçant l’interaction interne et en augmentant son efficacité. Selon nous, la création de deux centres de recherche et d’éducation dans la zone arctique de notre pays dans la région d’Arkhangelsk et en Iakoutie y contribuera. Le programme appelé « Université flottante » a un grand potentiel. Il vise à explorer des zones maritimes, notamment le bassin arctique. En outre, la plateforme polaire Severny Polious (Pôle Nord) est censée être l’une des plateformes d’interaction scientifique. Autrement dit, il s’agit d’un laboratoire à la dérive. Toutes ces démarches renforceront davantage la composante scientifique du programme national Arctique.

Dans l’ensemble, la Russie a l’intention d’adopter des approches constructives en matière d’interaction en Arctique tout en renforçant sa souveraineté dans les hautes latitudes. Nous restons ouverts à la coopération avec tous les pays et les organisations tant arctiques qu’extrarégionaux qui y sont intéressés et qui partagent notre conception de la nécessité du développement durable de cette région.

Question: Dans le cadre de la visite du Secrétaire général de l’ONU les questions concernant des prisonniers de guerre, des conditions d’échange et de leur détention en Ukraine ont-elles été abordées? Combien de prisonniers de guerre des forces armées ukrainiennes sont actuellement détenus en Russie?

Réponse: Cette question n’a pas été discutée en détail. Pendant ce temps, le Secrétaire général de l’ONU a suggéré un certain nombre d’idées qui sont actuellement étudiées attentivement.

Il a proposé de former un groupe de contact trilatéral (Russie-Ukraine-ONU) pour échanger des informations, assurer le fonctionnement efficace des couloirs humanitaires et l’acheminement de l’aide humanitaire.

En même temps, Antonio Guterres a suggéré d’établir une coopération dans le format ONU-CICR avec les forces armées de la Russie et les forces armées de l’Ukraine visant à élaborer et à mettre en œuvre un plan d’évacuation des civils de Marioupol et d’acheminement de l’aide humanitaire sur place.

En ce qui concerne le nombre de prisonniers de guerre des forces militaires ukrainiennes, comme vous le savez, cette question relève de la compétence du ministère de la Défense de la Russie.

Question: Que se passe-t-il actuellement dans nos relations diplomatiques avec l’Ukraine? Selon certaines sources d’information, la mission diplomatique ukrainienne à l’étranger serait presque ouvertement impliquée dans des provocations contre des citoyens russes. Pourriez-vous faire des commentaires à ce sujet ?

Réponse: Tout d’abord, nous n’avons plus de relations diplomatiques à l’initiative de Kiev. Kiev les a rompues le 24 février. Une note à cet effet a été reçue par voies officielles. Les ambassades des deux pays sont actuellement fermées. Les activités des bureaux consulaires sont également suspendues.

En ce qui concerne les informations sur l’implication de diplomates ukrainiens dans des provocations contre des citoyens russes à l’étranger, oui, en effet, ces faits sont multiples, nous en avons beaucoup parlé. Il s’agit de recrutement de combattants dans la zone de conflit ainsi que de cyber-troupes extrémistes et de cyber-mercenaires dont nous avons également parlé avec vous aujourd’hui. C’est ce qui transgresse à grande échelle toutes les normes juridiques internationales. Mais il y a aussi des faits qui ne sont pas liés aux activités générales des ambassades ukrainiennes, mais à des personnes concrètes, aux ambassadeurs ukrainiens. Dans un certain nombre de pays les ambassades d’Ukraine dans un contexte de recrutement ouvert de mercenaires, ont stimulé tout cela non seulement en recevant des instructions du Centre, mais également par une contribution personnelle. L’une des personnalités les plus odieuses est l’ambassadeur d’Ukraine à Berlin. Il est littéralement rongé par la russophobie. Voici l’une de ses citations. Dans une interview accordée au grand journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 5 avril, il a déclaré qu’il « ne divisait pas les Russes en bons et mauvais, mais considérait tout simplement tous les Russes comme des ennemis ». C’est la logique de huit ans des nationalistes et pour beaucoup d’autres elle n’est pas vieille de huit ans mais de 80 ans. Il nous considère tous comme des ennemis et c’est tout. Or il faut se contrôler intellectuellement d’une certaine manière lorsque de telles déclarations sont faites.

D’un autre côté, nous devrions peut-être d’une certaine façon lui dire « merci » pour avoir formulé si ouvertement et directement l’idéologie nationaliste du régime de Kiev. On ne peut pas dire mieux. On ne peut pas dire pire du point de vue de notre logique humaine. Mais en même temps on ne peut pas dire mieux pour décrire une approche réelle du régime de Kiev face à la situation.  Et pourtant, cette approche est vieille de plusieurs années.

Selon le ministre allemand de l’Intérieur, plus de 380 crimes contre des ressortissants de la Russie ont été recensés ont Allemagne. Le chef de la mission diplomatique de l’Ukraine est impliqué personnellement dans des appels directs à escalader la situation. Et ce sont des citoyens de l’Ukraine qui ont des problèmes ensuite. Les nationalistes ukrainiens et leurs soutiens attaquent régulièrement des magasins russes, des enfants russes dans des écoles européennes sont harcelés, des étudiants sont expulsés des universités locales, des artistes et des athlètes sont privés de possibilité de participer à des compétitions et des concours européens. Quand les diplomates ukrainiens motivent les Européens à commettre de telles actions, ils ne se soucient pas d’eux. Malheureusement, les Européens deviennent parfois des figurants dans des affaires criminelles. Quel que soit le slogan politique, il existe une infraction pénale. Vandaliser un magasin est une infraction pénale. Et c’est une infraction qui implique des conséquences financières. Battre, violenter – tout cela est puni par la loi. D’une manière ou d’une autre, malgré l’engagement politique des dirigeants de ces pays de l’UE, le droit existe. Et il existe le droit de protection. Et tous ces faits sont enregistrés, les avocats travaillent là-dessus. Dans de nombreux cas, nous portons une assistance à nos compatriotes, dans d’autres cas, ce sont des structures locales des droits de l’homme. On s’en occupe déjà. En attisant la haine ils condamnent ceux qui commettent des actes violents, à violer la loi, ce qui entraîne des pénalités.

Question: L’ambassadeur de la Russie aux États-Unis, Anatoli Antonov, a déclaré que les comptes des consulats généraux de la Russie à Houston et à New York avaient été fermés par la Bank of America. Quel commentaire pouvez-vous faire?

Réponse:  Je ne peux qu’attirer une fois de plus l’attention sur ses paroles. C’est vraiment une pression sans précédent sur nos diplomates qui travaillent dans le monde entier et en particulier à Washington. Elle est exercée par les autorités américaines et inclut la fermeture des comptes des consulats généraux. Et tout cela d’un seul coup, sans aucun préavis. Il est évident pour nous que de telles décisions de la part de l’institution financière Bank of America n’auraient pas pu être prises sans l’approbation ou l’instruction directe du département d’État des États-Unis.

Maintenant, afin d’éviter des problèmes à la mission diplomatique des États-Unis à Moscou, le ministère des Affaires étrangères promet une assistance pour ouvrir de nouveaux comptes pour les consulats généraux dans une autre banque. Nous espérons que la situation sera bientôt résolue d’une manière positive et que nous ne seront pas obligés de réagir de manière symétrique. Mais nous ne nous retiendrons pas si cette situation n’est pas résolue de manière favorable pour les diplomates russes dans un avenir proche.

Je voudrais souligner que le blocage des comptes n’est qu’une partie de la campagne hostile lancée contre les institutions russes à l’étranger par les États-Unis. Les employés et les membres de leurs familles reçoivent des menaces par téléphone et par courriel, trouvent des colis et des paquets avec des menaces à ce sujet. On gêne le travail des diplomates en refusant les réunions et les contacts professionnels dans les agences. Et ce n’est qu’après avoir subi une certaine pression de la part de notre Ambassade, après les protestations, que la police a repoussé les manifestants qui obstruaient l’entrée et la sortie de la zone de service. Les autorités ne sont pas pressées à enquêter sur les cas de vandalisme visant les clôtures et les bâtiments des missions diplomatiques de notre pays.

Nous appelons la partie américaine à prendre les mesures nécessaires pour normaliser le fonctionnement des missions diplomatiques russes afin d’éviter des conséquences indésirables.

Question: La situation en Transnistrie s’est aggravée ces derniers jours : un centre de radio diffusant des programmes russes a été dynamité, une unité militaire a été attaquée et des tirs ont eu lieu à proximité des dépôts militaires. Comment le ministère des Affaires étrangères évalue-t-il ces événements ?

Réponse: Je viens de commencer mon briefing d’aujourd’hui en formulant une évaluation des événements liés à la Transnistrie. Je ne peux donc rien y ajouter. Veuillez-vous référer à mon matériel d’initiative.

Question: Comment le ministère des Affaires étrangères évalue-t-il la décision des autorités turques de fermer son espace aérien aux avions russes se rendant en Syrie ? Est-il possible que cette décision aggrave les différends entre la Russie et la Turquie ?

Réponse: Il y a plus d’un mois, Ankara a demandé à la partie russe de ne pas utiliser la route en question. Nous comprenons les raisons de ces appels.

La Russie n’utilise pas cette route pour le moment. L’histoire ne s’est pas déroulée ces jours-ci, mais elle se déroule depuis environ un mois.

Question : Le Département d’État américain a annoncé une récompense pouvant aller jusqu’à 10 millions de dollars pour des informations sur six agents du renseignement russe présumés qui sont accusés par le gouvernement américain d’être impliqués dans la cyberattaque du virus NotPetya en 2017. Les États-Unis accusent les services de renseignement russes d’avoir conspiré pour utiliser des logiciels malveillants et « d’autres activités subversives afin d’obtenir un avantage stratégique pour la Russie grâce à un accès non autorisé aux ordinateurs des victimes ». Comment Moscou répond-il à ces accusations des États-Unis ?

Réponse : Il s’agit d’une action absolument insensée du gouvernement américain et de sa véritable attitude à l’égard du droit international et de la souveraineté des autres États. En fait, le Département d’État essaie d’acheter des pseudo-témoins. Non pas apporter un soutien matériel aux véritables témoins, mais acheter des pseudo-témoins qui fourniront des témoignages convenant à l’administration pour les sommes annoncées. Quel en est le but ? Il consiste à justifier la version américaine de l’implication présumée de notre pays dans la cybercriminalité. Tout cela se fait alors que c’est à partir du territoire américain que nous enregistrons une cyberactivité agressive dirigée contre notre pays.

La Russie a confirmé à plusieurs reprises aux États-Unis sa volonté de coopérer au renforcement de la sécurité internationale de l’information avec la participation des autorités publiques compétentes. Je rappelle qu’en février dernier, suite à la suppression des activités du groupe de pirates informatiques Revil et à l’arrestation d’un certain nombre de ses membres sur le territoire russe, nos structures spécialisées ont envoyé des propositions aux États-Unis afin de développer des mesures conjointes pour protéger les infrastructures critiques de nos pays contre des attaques informatiques. Cependant, au lieu d’une réponse, la Maison Blanche a notifié la fin unilatérale de la coopération, son retrait du processus de négociation et la fermeture du canal de communication sur la cybersécurité. Telle est sa véritable attitude à l’égard de la résolution de toute préoccupation existante ou émergente dans ce domaine.

Des mesures destructrices similaires prises par les Américains ont également lieu sur des plateformes internationales. En particulier, Washington a longtemps saboté les efforts visant à élaborer des conventions universelles sous les auspices de l’ONU pour lutter contre la cybercriminalité. Il s’agit également là d’un indicateur. Cette histoire liée au virus NotPetya avait été mise à l’ordre du jour et prévue pour examen en février 2018 lors de consultations bilatérales inter-agences à Genève. Elles ont été sabotées à la dernière minute par la partie américaine sans aucune explication. Comme vous le savez, tant avant qu’après, nous n’avons reçu aucune donnée précises sur cette question de la part des États-Unis.

Washington estime apparemment pouvoir faire croire au monde entier ce qu’il fait : à savoir la fabrication des histoires sur la cybermenace russe, les pirates informatiques russes, etc. Les Américains bloquent les médias russes, donc ils n’obtiennent pas les données, mais nous les rendons publiques. Sans procès et sans enquête, ils ne seront pas en mesure de traduire en justice les auteurs de ces actes qui auront été désignés par l’administration américaine, car tous voient l’absence de fondement et l’absurdité de ces démarches. Toutefois cette tactique n’est pas inédite. Elle a été testée à de nombreuses reprises contre des régimes indésirables (comme ils les désignent), qui ont été « accusés » de toutes sortes de crimes.

Les agences américaines chargées de l’application de la loi feraient mieux d’identifier les cybercriminels et leurs complices sur leur propre territoire. Pour, au moins, traduire Apple, Meta (qui est reconnue comme extrémiste en Russie) en justice. Ces entreprises sont connues pour rendre régulièrement accessibles au public des données personnelles de clients en provenance de divers continents, notamment des adresses IP et des numéros de téléphone utilisés par des cybercriminels pour lancer des cyberattaques, pirater, voler des technologies et des fonds. Les autorités américaines continuent de contraindre les entreprises informatiques, y compris celles des pays tiers, à utiliser des fonctions malveillantes secrètes au profit de leurs agences de renseignement, ce dont les cybercriminels profitent ensuite. La politique actuelle de l’administration, qui évoque clairement une confrontation agressive avec la Russie, a déjà amené Washington sur une ligne dangereuse où les cyberattaques contre notre pays ne sont non seulement pas condamnées mais encouragées. Ce ne sont que des exemples évidents. Tout le monde peut les juger car ils ne sont même pas dissimulés. Or combien d’actions sont perpétrées par les États-Unis « sous le couvert de la nuit » ?

Question: Quelle attention la Russie accorde-t-elle au développement des liens économiques avec l’Azerbaïdjan ? Et comment évaluez-vous l’intérêt de l’Azerbaïdjan pour la coopération économique ?

Réponse: Le développement des liens économiques et régionaux est l’une des priorités dans le cadre de la coopération multiforme entre la Russie et l’Azerbaïdjan. Je voudrais rappeler qu’en 2021, le chiffre d’affaires du commerce bilatéral a dépassé le niveau d’avant la Covid-19 et a atteint le chiffre record de 3,4 milliards de dollars. La Russie est l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Azerbaïdjan, avec des investissements cumulés estimés à 6 milliards de dollars. L’un des fondements de la coopération commerciale et économique est la coopération entre les régions russes et l’Azerbaïdjan. Plus de 70 entités constituantes de notre pays coopèrent activement avec cette république. La plateforme clé pour la promotion de cette tendance est constituée par les forums interrégionaux russo-azerbaïdjanais réguliers, dont nous rendons fréquemment compte. Toutes ces questions ont été examinées en détail lors de la 20e réunion anniversaire de la Commission intergouvernementale sur la coopération économique entre la Russie et l’Azerbaïdjan (qui s’est tenue à Bakou les 25 et 26 avril dernier). Dans le cadre de cet événement important, le gouverneur de la région d’Astrakhan Igor Babouchkine s’est également rendu en visite [en Azerbaïdjan]. Les perspectives d’expansion du commerce entre Astrakhan et l’Azerbaïdjan (l’année dernière, le chiffre d’affaires commercial a augmenté de 18 % pour atteindre 17 millions de dollars), le développement de contacts mutuellement bénéfiques dans le domaine de l’industrie, du transport, etc. ont été examinés.

Une évaluation détaillée de l’état actuel et des perspectives de la coopération, y compris dans la sphère commerciale et économique, entre nos pays est décrite dans un entretien accordé par Denis Gontchar, Directeur du Quatrième département des pays de la CEI du ministère russe des Affaires étrangères. Il a été publié par l’agence de presse Rossia Segodnia le 25 avril dernier.

Question: Par le passé, quelles que soient les tensions entre la Russie et les pays occidentaux, le format du groupe de Minsk de l’OSCE restait le point de départ d’un dialogue constructif entre la Russie, les États-Unis et la France. Or, Sergueï Lavrov a déclaré que les États-Unis et la France refusaient désormais de travailler avec la Russie à la même table au sein du groupe de Minsk. La partie arménienne a été plus optimiste quant à la poursuite de ce format. Peut-être qu’après cela, un échange de vues a-t-il eu lieu et pouvez-vous donner un commentaire plus détaillé sur ce qui se passe avec le processus de paix du Karabakh et sous quelle forme il sera poursuivi.

Réponse: Je tiens à vous rappeler que nous avons fourni des commentaires détaillés assez récemment, le 21 avril dernier, sur le fait qu’une activité diplomatique intense des coprésidents du groupe de Minsk (j’entends par là l’Américain et le Français) avait augmenté et que, dans le même temps, ils avaient paralysé le travail autrefois cohérent des trois coprésidents en refusant une coordination impliquant notre participation. Nous n’y avons pas vu une coïncidence, et nous avons également enregistré des tentatives éhontées de Bruxelles de s’approprier le sujet des accords bien connus de haut niveau russo-azerbaïdjano-arméniens et l’agenda proposé l’année dernière par le coprésident du groupe allemand de l’OSCE. Le commentaire en question se trouve sur le site web du ministère des Affaires étrangères.

Je voudrais réaffirmer que nous considérons les accords bilatéraux de haut niveau comme une base pour faire avancer le processus de normalisation des relations arméno-azerbaïdjanaises. Vous les connaissez tous. Nous continuons à travailler activement avec Bakou et Erevan sur tous les volets, y compris le déblocage des liaisons économiques et de transport, le lancement du processus de délimitation de la frontière arméno-azerbaïdjanaise et la conclusion d’un traité de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

Les questions relatives au déblocage des voies de communication ont été abordées lors de la rencontre du vice-Premier ministre russe Alekseï Overtchouk avec le président de la République d’Azerbaïdjan Ilham Aliyev, qui s’est tenue le 26 avril dernier à Bakou en marge de la réunion de la Commission intergouvernementale bilatérale sur la coopération économique. Nous avons également informé précédemment qu’il avait été convenu avec les parties arménienne et azerbaïdjanaise de tenir, dans un avenir proche, une réunion régulière du groupe de travail trilatéral, coprésidé par les deux vice-Premiers ministres.

En ce qui concerne les questions frontalières, des contacts sont prévus à Bakou d’ici la fin de la semaine par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères.

En ce qui concerne le traité de paix, des consultations ont eu lieu à Erevan et à Bakou, respectivement le 28 mars et le 25 avril dernier, avec le représentant spécial du ministre russe des Affaires étrangères pour la normalisation des relations arméno-azerbaïdjanaises, Igor Khovaïev. Sur le plan positif, nous notons la volonté des deux parties de se rapprocher l’une de l’autre. Des contacts trilatéraux de haut niveau sur ce sujet sont en cours de développement.

À mon avis, le vrai travail au sien des institutions et des formats qui produisent des résultats est évident. D’une manière ou d’une autre, nous restons dans les formats qui existaient auparavant, mais nous constatons que le travail s’y poursuit (selon une expression russe) « clopin-clopant ». Toutefois, il se poursuit. Nous y participons. Bien entendu, nous attachons la plus grande importance aux formats, aux domaines et à la mise en œuvre des documents qui, ensemble, produisent de véritables résultats. Et ces résultats sont ressentis par les civils, par la population civile, par les opérateurs économiques, par l’État et par la région dans son ensemble.

Question: Il s’agit de deux processus parallèles. L’un est supervisé par la Russie, l’autre par l’Occident ?

Réponse: Il existe différents formats. Nous voyons que l’un des formats génère un résultat tangible, et nous sommes très attentifs à ce qui donne un résultat constructif qui convient à la fois à Bakou et à Erevan. Si cela satisfait Bakou et Erevan, cela nous satisfait également. Le deuxième format existe bel et bien. Il a sa propre histoire. Nous y participons aussi, mais cela n’apporte rien de tangible, ni aucune efficacité à ce stade. Le format existe et nous en faisons partie. Mais nous mettons l’accent sur les volets qui sont vraiment efficaces.

Question: Nous aimerions connaître la position de Moscou sur le statut de la République du Haut-Karabakh. Le statut sera-t-il défini dans cet accord de paix ou la Russie sera-t-elle, comme auparavant, favorable à la délimitation de la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, et au déblocage des voies de communication tout en proposant de laisser la question du statut de l’Artsakh pour l’avenir ?

Réponse: Tout en aidant Bakou et Erevan à préparer un accord de paix, la partie russe est guidée par des propositions sur les « Principes de base pour l’établissement de relations interétatiques entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie ». Je vous rappelle qu’ils ont été préparés à Bakou et ont reçu une réponse constructive d’Erevan. Nous pensons qu’ils constituent une bonne base pour la coordination des positions. Comme vous le savez, il existe des désaccords fondamentaux entre Bakou et Erevan concernant le statut du Haut-Karabakh. Nous considérons que notre rôle est de contribuer à rapprocher les positions des parties, et non l’inverse. Cela s’applique également à nos travaux axés sur le public.

Question: Le 22 avril dernier, Ilham Aliyev a de nouveau formulé des menaces contre l’Arménie au cas où Erevan ne signerait pas un accord de paix avec l’Azerbaïdjan aux conditions de Bakou. Auparavant, le 12 avril dernier, il a déclaré que Bakou considérerait comme une mesure inamicale l’allocation de fonds pour l’armement de l’Arménie. Quelle est l’attitude de Moscou face à ces menaces de l’Azerbaïdjan envers son allié de l’OTSC ?

Réponse: Nous pensons que dans le cadre du processus de normalisation des relations arméno-azerbaïdjanaises, il est extrêmement important (c’est un facteur clé) de respecter la lettre et l’esprit des accords trilatéraux. Tout y est explicité, y compris les relations entre les parties. Il est également important de s’abstenir de toute rhétorique de confrontation et de résoudre tous les problèmes par des moyens politiques et diplomatiques. C’est notre approche traditionnelle et notre thèse. Nous agissons dans ce sens, et nous encourageons tout le monde à le faire.

Question: L’autre jour, lors d’une téléconférence avec des compatriotes, le sénateur Konstantin Kosatchev, parlant de la croissance de la russophobie et de la persécution des compatriotes en Occident, a déclaré que « la Russie devrait être prête à toutes les options », jusqu’à et y compris une éventuelle évacuation des compatriotes vers la Russie s’il s’avérait impossible pour eux de continuer à vivre dans d’autres pays. Nous connaissons des cas où des compatriotes déjà rentrés en Russie ont rencontré de grandes difficultés et des obstacles pour franchir la frontière et pour passer la douane, ensuite pour s’installer, pour obtenir des documents, etc. La Russie prend-elle maintenant des mesures pour faciliter réellement le processus de retour ou de rapatriement des compatriotes ? Y a-t-il de nouveaux changements ?

Réponse: J’éviterai de dire des généralités sur le programme d’État pour la réinstallation des compatriotes, vous connaissez ses dispositions mieux que moi. Il s’agit de votre occupation professionnelle, de votre destin, de votre vie, etc. Je vais donc fournir des informations en plus de ce que vous connaissez.

Les demandes sont acceptées par les Bureaux de représentation du ministère de l’Intérieur de la Russie, par des groupes temporaires créés ad hoc avec la participation du personnel du ministère de l’Intérieur et du ministère des Affaires étrangères dans les pays ayant le plus fort potentiel migratoire : au Kazakhstan (Nour-Soultan, Almaty, Ouralsk, Oust-Kamenogorsk), en Azerbaïdjan (Bakou), au Belarus (Minsk), en Moldavie (Chisinau). Egalement par les bureaux consulaires.

Les autorités russes étudient actuellement les possibilités d’améliorer les mécanismes et d’étendre le programme d’État.

La procédure d’entrée et de séjour en Russie des citoyens russes et étrangers (nous parlons des compatriotes russes qui vivent à l’étranger, relevant des deux catégories) est régi par la législation en vigueur dans le domaine de la migration et de la citoyenneté. Compte tenu des conditions actuelles, l’État s’oriente vers une simplification de la procédure d’entrée en Russie pour les compatriotes. Par exemple, depuis l’automne, les parents de citoyens russes se voient délivrer des visas privés à entrées multiples d’une durée maximale d’un an, avec une période de séjour dans la Fédération de Russie pendant leur période de validité et sans qu’il soit nécessaire d’enregistrer au préalable une invitation au ministère russe des Affaires intérieures. La nouvelle formulation de la loi fédérale « Sur la citoyenneté de la Fédération de Russie », qui a déjà passé la première lecture à la Douma d’État, offre de grandes possibilités. Ce projet de loi présidentiel établit plus de 20 catégories de bénéficiaires qui ont le droit de demander la citoyenneté russe selon une procédure simplifiée. Le texte du projet de loi est disponible dans les sources publiques.

Pour sa part, le ministère des Affaires étrangères est prêt à continuer à déployer des efforts exhaustifs pour fournir une assistance aux compatriotes, y compris dans le contexte de la campagne antirusse lancée par l’Occident sur le front diplomatique. Nous faisons référence aux décisions unilatérales prises récemment par les États baltes et la République tchèque de fermer les consulats généraux russes sur leur territoire. Nous comprenons l’objectif et le but de cette attaque. Les expulsions massives de personnel diplomatique ont également touché les sections consulaires des ambassades russes. Cela a, bien sûr, considérablement augmenté la charge de travail du personnel de nos missions diplomatiques. Par conséquent, cela affecte également nos compatriotes, car ils ne peuvent pas recevoir les services de nos missions diplomatiques dans la mesure requise, à la même vitesse.

Mais nous sommes prêts à surmonter cela et à continuer à faire tout ce qui est possible pour fournir une assistance aux compatriotes russes à l’étranger dans le cadre défini par les lois en vigueur et les traités internationaux de la Fédération de Russie. Et simplement étant donné la situation dramatique qui se développe actuellement dans le monde, nous sommes prêts à faire tout ce qui est en notre pouvoir à chacun de nos postes de combat actuels dans la diplomatie.

Source: Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie

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