Les tensions entre les Etats-Unis et la Russie sont au plus haut. Ce 14 décembre, le Kremlin indique que «Vladimir Poutine a souligné la nécessité du lancement immédiat de négociations avec les Etats-Unis et l’OTAN pour définir les garanties juridiques pour la sécurité de notre pays, afin d’exclure l’élargissement futur de l’Alliance à l’Est et le déploiement de systèmes d’armement menaçant la Russie en Ukraine et d’autres Etats voisins». Ndlr

 


Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 9 décembre 2021


Moscou, le 09-12-2021 – Traduction (original)

Source: Mid.ru/fr/press


Sur la situation en Ukraine

L’évolution de la situation en Ukraine continue de susciter l’inquiétude. Avec le soutien des pays de l’Otan qui arment ce pays en état de guerre civile, Kiev renforce son contingent sur la ligne de contact dans le Donbass. Le nombre de violations du cessez-le-feu, depuis la signature en juillet 2020 de mesures supplémentaires pour le renforcer, a atteint presque 90.000. La Mission spéciale d’observation de l’OSCE constate la projection par Kiev d’armements lourds dans l’Est du pays, notamment de l’artillerie de gros calibre et de véhicules blindés. L’usage de drones se poursuit.

L’UE a récemment rejoint le processus de militarisation de l’Ukraine. Le 2 décembre, le Conseil de l’UE a décidé d’allouer 31 millions d’euros d’aide militaire et technique à l’armée ukrainienne. Cette décision ne contribue aucunement à la paix dans le Donbass.

Sur cette toile de fond, les négociations de paix se sont retrouvées dans une impasse. Les dernières réunions du Groupe de contact et de ses sous-groupes de travail, les 7 et 8 décembre, se sont encore une fois terminées sans résultat. Au lieu de remplir ses engagements dans le cadre des Accords de Minsk, le régime de Kiev ne fait que simuler ce processus, esquive un dialogue direct avec Donetsk et Lougansk, tente de rejeter la responsabilité de l’absence de progrès sur la Russie, qui, je le rappelle, est un médiateur dans le processus de paix.

De tels actes visent notamment à détourner l’attention des citoyens ukrainiens des problèmes intérieurs touchant leur pays. L’économie parallèle représente encore 31% du PIB selon les autorités ukrainiennes. On assiste à un exode massif de la population. D’après les experts de l’Onu, d’ici 2050 la population de l’Ukraine se réduira à 35 millions d’habitants. Sur fond de déchaînement des mouvements nationalistes, l’information du Parquet ukrainien selon laquelle 5 millions d’armes à feu non enregistrées sont en circulation dans le pays est alarmante.

En parallèle, les autorités ukrainiennes élargissent la base législative qui sape les Accords de Minsk. Pendant la précédente conférence de presse, nous avons attiré l’attention sur le projet de loi sur l’entrée de forces armées étrangères sur le territoire ukrainien l’an prochain, ce qui est contraire au paragraphe 10 des Accords de Minsk qui prévoit le retrait des contingents étrangers du territoire ukrainien. Le projet de loi sur la politique publique de la période de transition est toujours à l’ordre du jour. Il prévoit une administration militaro-civile au lieu d’un statut particulier du Donbass, et au lieu de l’amnistie, comme c’est de coutume maintenant en Ukraine, une lustration.

Maintenant, Kiev s’en prend aux Ukrainiens qui ont la citoyenneté russe. Le 2 décembre, le Président ukrainien Vladimir Zelenski a soumis au parlement un projet de loi sur les amendements à la loi sur la citoyenneté ukrainienne. Ce texte introduit des amendes et même des entraves à la liberté pour les Ukrainiens ayant accepté la citoyenneté russe. En plus du projet de loi sur la perte automatique de la citoyenneté ukrainienne en cas d’obtention de la citoyenneté russe, soumise l’été dernier, cette nouvelle initiative enfreint grossièrement les droits de millions d’habitants.

Malheureusement, les superviseurs occidentaux du régime de Kiev continuent de couvrir et d’encourager le non-respect des Accords de Minsk, de justifier la ligne destructive de Kiev vis-à-vis des habitants du Donbass. Ils continuent également d’ignorer les nombreuses violations des droits de l’homme et les tendances néonazies qui prennent de l’ampleur. Par leurs actions, ils nuisent avant tout à l’Ukraine elle-même et à ses citoyens.

Nous appelons Kiev à renoncer au sabotage des Accords de Minsk, à cesser les violations massives des droits de l’homme et à assurer le respect rigoureux de la primauté du droit. Nous espérons que nos partenaires occidentaux et les organisations internationales compétentes inciteront les autorités ukrainiennes à remplir ces tâches prioritaires.

Sur le forum « Les liens socioculturels des organisations tataro-criméennes de Crimée avec leurs compatriotes en Turquie »

Le forum « Les liens socioculturels des organisations tataro-criméennes de Crimée avec leurs compatriotes en Turquie » se tiendra à Ankara du 10 au 12 décembre. Nous saluons le déroulement de cet événement purement social. Nous espérons qu’il attirera l’attention de la nombreuse diaspora tataro-criméenne de Turquie et permettra à ses membres de se faire leur propre avis sur la situation des leurs en Crimée russe. Nous sommes certains que ce forum constituera un argument convaincant contre le mythe obstinément imposé par les représentants politiques ukrainiens sur de prétendues « oppressions massives » des Tatars de Crimée et leur volonté du retour de la péninsule au sein de l’Ukraine.

Nous remercions les coorganisateurs du forum côté turc: la Fédération des communautés tataro-criméennes en Turquie sous la présidence d’Ünver Sel.

Il est évident que les efforts consolidés apportent des résultats. L’information sur la situation réelle sur la péninsule passe, lentement mais sûrement, à travers la censure et le blocage direct dans les médias occidentaux, rapproche la communauté mondiale de la réalité malgré la volonté de nos détracteurs.

Sur la situation en Afghanistan

Nous soutenons la décision de la Banque mondiale d’allouer au Programme alimentaire mondial de l’Onu et à l’Unicef 280 millions de dollars des fonds bloqués du Fonds pour la reconstruction de l’Afghanistan. Cependant, nous trouvons cette mesure insuffisante et appelons à débloquer au plus vite le reste de ce fonds – plus d’un milliard de dollars. Les autorités afghanes ont besoin aujourd’hui de telles ressources pour normaliser la vie économique de la population, rétablir l’infrastructure civile et le fonctionnement des structures sociales.

Nous jugeons important de poursuivre le soutien humanitaire international à la population afghane. Je rappelle que le 1er décembre, une deuxième cargaison d’aide humanitaire russe contenant 36 tonnes de nourriture a été livrée à Kaboul. Nous prévoyons d’envoyer une nouvelle cargaison d’aide humanitaire d’ici la fin de l’année.

Nous saluons les démarches des partenaires étrangers pour établir un dialogue avec les nouvelles autorités. Dans ce contexte, nous avons remarqué les déclarations de l’UE, de l’Allemagne et de l’Indonésie sur leurs plans de relancer l’activité de leurs missions diplomatiques à Kaboul.

Nous notons les démarches des autorités afghanes visant à garantir les droits des femmes dans le pays, notamment l’adoption d’un décret régulant le statut juridique des femmes dans différents secteurs sociaux.

Sur l’approbation, par l’Assemblée générale des Nations unies, du projet de résolution russo-américain sur la sécurité internationale de l’information

Lors d’une précédente conférence de presse, nous avons parlé d’une initiative russo-américaine conjointe: le projet de résolution sur la sécurité internationale de l’information, qui a été soumis à l’Assemblée générale. Pendant la réunion plénière de la 76e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le 6 décembre, le projet de résolution russo-américain « Les progrès dans le secteur de l’informatisation et des télécommunications dans le contexte de la sécurité internationale et l’encouragement d’un comportement responsable des États en matière d’utilisation des TIC » a été approuvé par consensus.

Ce document élaboré conjointement par la Russie et les États-Unis sur la base d’un projet russe dans l’esprit de l’entente de Genève entre les dirigeants des deux pays a été adopté avec un nombre sans précédent de coauteurs – 108 États.

Le contenu de cette résolution reflète les approches clés de notre pays concernant la formation du système de sécurité internationale de l’information, à savoir: prévenir les conflits dans l’espace de l’information, promouvoir un usage pacifique des TIC, empêcher leur utilisation à des fins criminelles et terroristes, et continuer les négociations globales à ce sujet avec un rôle central de l’Onu. On notera que pour la première fois une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies stipule la possibilité d’élaborer des normes juridiquement contraignantes en matière d’utilisation des TIC. Ce document salue le lancement d’un nouveau Groupe de travail de l’Onu à composition non limitée, créé à l’initiative russe, dont le mandat est reconnu conformément à la résolution 75/240 de l’Assemblée générale des Nations unies.

La résolution russo-américaine crée une base favorable pour une interaction constructive de toute la communauté internationale dans le cadre du Groupe de travail de l’Onu à composition non limitée. L’approbation du document par consensus signifiera le retour des négociations globales sur la sécurité internationale de l’information dans un format uni. La première session substantielle du Groupe de travail se tiendra bientôt (13-17 décembre) à New York où nous commencerons ensemble à élaborer des accords concrets et des décisions concrètes pour atteindre notre objectif commun: garantir un environnement TIC ouvert, sûr, stable, accessible et pacifique.

Sur les résultats de la 2e session de la Conférence de l’Onu sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et de destruction massive au Moyen-Orient

Du 23 novembre au 3 décembre à New York s’est déroulée la 2e session de la Conférence de l’Onu sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et de destruction massive au Moyen-Orient. La Fédération de Russie a participé à cet événement en qualité d’observateur.

La Conférence a permis de développer le succès de la première session, qui s’était tenue en novembre 2019, et de poser les bases du travail à venir.

Les participants ont approuvé les règles de procédure selon lesquelles le consensus est défini comme l’unique méthode de prise de décisions, ce qui peut être considéré comme une invitation à toutes les autres parties intéressées, mais en dehors de la discussion pour l’instant, à se joindre au dialogue et à participer au processus.

De plus, une décision importante a été prise sur la mise en place d’un comité de travail spécial qui a pour mission d’évoquer entre les sessions les différents aspects de la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et de destruction massive. Cela devrait faciliter le travail orienté sur le résultat final. Aux réunions de cet organe seront invités non seulement les États membres de la Conférence, mais également des observateurs, des experts, etc.

Un rapport a été approuvé à l’issue de la session, qui résume la discussion en marge de l’événement sur les aspects thématiques concrets du futur Traité.

Compte tenu des résultats significatifs de l’événement, nous comptons sur le maintien d’une dynamique positive dans la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et de destruction massive au Moyen-Orient jusqu’à la prochaine session de la Conférence prévue pour novembre 2022.

Nous sommes convaincus que la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et de destruction massive contribuera au renforcement de la paix et de la stabilité aussi bien au Moyen-Orient que dans le monde entier.

Sur la réunion des directeurs politiques des pays membres du Comité directeur du Conseil de mise en œuvre de la paix en Bosnie-Herzégovine

Les 7 et 8 décembre, une réunion des directeurs politiques des pays membres du Comité directeur du Conseil de mise en œuvre de la paix en Bosnie-Herzégovine s’est déroulée à Sarajevo sans la participation de la Russie. Pour la première fois en 26 ans d’efforts multilatéraux pour contribuer au règlement post-conflit dans ce pays des Balkans, le format de la réunion était incomplet à cause de circonstances inadmissibles qui, selon nous, transgressent grossièrement les normes juridiques et la pratique établie.

Nous avons indiqué plusieurs fois aux partenaires du Comité directeur qu’une personne physique, le citoyen allemand Christian Schmidt, ne pouvait pas présider les activités au niveau du Comité car cela porte un coup très sérieux au statut et au rôle de la communauté internationale en Bosnie-Herzégovine. Malheureusement, nous n’avons pas été entendus.

Nous ne perdons pas espoir que le Comité directeur pour la Bosnie-Herzégovine revienne tout de même à un format de travail par consensus. Nous y conservons alors le statut de membre à part entière.

Nous avons absolument refusé d’adhérer au communiqué final de la réunion de Sarajevo adopté le 8 décembre par les collègues du Comité. Nous considérons ce document comme un exemple d’ingérence absolument non dissimulée dans les affaires d’un État souverain, dans la vie de ce pays, un exemple de grossière déformation de la situation réelle dans ce pays, une nouvelle tentative d’imposer leurs intérêts aux peuples de Bosnie-Herzégovine. Nous sommes convaincus que les déclarations de ce genre ne font qu’aggraver la crise politique provoquée de l’extérieur en Bosnie-Herzégovine et ne contribuent aucunement à l’établissement dans cet État d’un dialogue interethnique, d’une entente, à la formation d’un ordre du jour fédérateur orienté sur l’avenir. Nous vous invitons à prendre connaissance de la déclaration d’interprétation faite par l’Ambassade de Russie à Sarajevo et publiée sur le site de l’Ambassade, qui a été relayée par des médias de la région.

Nous appelons tous les acteurs internationaux du processus de règlement post-conflit en Bosnie-Herzégovine à respecter les principes de Dayton et la pratique établie en un quart de siècle de coopération multilatérale afin de normaliser au plus vite la situation en Bosnie-Herzégovine.

Sur la « trace russe » dans les affaires catalanes

Une nouvelle fois, nous sommes contraints de revenir au thème de la mythique « trace russe » dans les affaires catalanes.

Nous avons déjà commenté une publication, plus exactement un fake relayé par des médias espagnols sur une prétendue « ingérence » de la Russie dans la préparation du référendum illégal sur l’autodétermination de la Catalogne en 2017. Il s’agit de l’article de désinformation de l’américain Michael Schwirtz paru dans le New York Times en septembre dernier. La Russie a souligné plusieurs fois l’absurdité de son contenu, notamment au vu des « preuves » matérielles fournies (en réalité des fakes) sur la base d’un prétendu « rapport de 10 pages des renseignements européens ».

Cette position a été confirmée récemment par une publication sur le site d’information espagnol populaire El Diario. Se référant à une réponse de la direction du service diplomatique de l’UE à une demande des députés européens catalans (dont l’inspirateur idéologique du référendum Carles Puigdemont), il est rapporté que « le Centre de situation et du renseignement de l’Union européenne n’a rien à voir avec le rapport mentionné dans l’article du New York Times. »

La rapidité et l’irresponsabilité avec lesquelles le Parlement européen, en s’appuyant sur cette désinformation concoctée par des « experts » américains, a décidé de mener une enquête sur de prétendus contacts de la Russie avec des séparatistes catalans, est regrettable. Il était possible de faire ce travail en amont, de saisir les structures compétentes, de recevoir des réponses et ensuite de dresser un tableau objectif. Mais non, apparemment, ce ne sont pas les méthodes du Parlement européen. La volonté de trouver cette fameuse « trace russe » a visiblement pris le dessus sur la nécessité d’une vérification primaire des faits. C’est un autre exemple qui montre comment la conjoncture politique tue le professionnalisme. Nous verrons si le New York Times trouvera le courage de publier un démenti compte tenu des nouvelles circonstances. Étant donné que leurs correspondants se trouvent notamment sur le territoire de notre pays, ils pourraient inciter leurs collègues à revenir sur ce sujet et à se démentir eux-mêmes. Je comprends, c’est difficile, mais c’est juste pour conserver un lien avec le journalisme en tant que métier.

Sur les projets du nouveau gouvernement allemand de libéraliser le régime de visa pour les citoyens russes de moins de 25 ans

Nous avons remarqué l’information du nouveau gouvernement allemand concernant la libéralisation du régime de visa pour les citoyens russes de moins de 25 ans. Dans ces matériaux est déclarée l’intention de permettre aux citoyens russes d’effectuer des voyages sans visa en Allemagne pour des « groupes cibles importants », notamment les jeunes de moins de 25 ans. Tout cela est présenté comme une mesure de soutien à la société civile russe en lien avec de prétendues « restrictions massives des libertés civiles et démocratiques » dans notre pays.

Nous verrons comment cette initiative sera mise en œuvre en pratique. Sous sa forme actuelle, elle soulève davantage de questions qu’elle n’en résout. Les tentatives de fragmenter artificiellement la société russe en y désignant des « groupes cibles » à part sont déroutantes. On ignore comment ces règles seront appliquées aux jeunes de Crimée et de Sébastopol, qui continuent d’être discriminés par l’UE qui refuse de leur délivrer des visas. Comment les auteurs pensent-ils garantir le principe de réciprocité, c’est-à-dire un régime de voyage des jeunes Allemands de moins de 25 ans en Russie? Les questions sont nombreuses. J’ai mentionné certaines d’entre elles.

Si l’Allemagne souhaite vraiment contribuer aux contacts sociaux, il serait plus logique de revenir à l’examen de notre proposition de signer un accord à part entière (sans distinguer de catégories) entre la Russie et l’UE sur les voyages sans visa pour les citoyens, dont le travail a été bloqué par Bruxelles en 2014. Il serait bénéfique, si Berlin souhaite intensifier les contacts, que nos collègues allemands s’adressent au siège de l’UE.

De plus, à titre d’alternative qui possède un véritable caractère de partenariat, nous voudrions attirer l’attention sur une idée avancée plus tôt dans le cadre du forum social russo-allemand Dialogue de Saint-Pétersbourg. À l’issue de sa réunion les 18 et 19 juillet 2019 à Bonn a été adopté le Mémorandum sur la libéralisation du régime de visa entre la Russie et l’Allemagne. Il appelle notamment à la levée mutuelle par Moscou et Berlin des visas pour les citoyens des deux pays âgés entre 18 et 25/30 ans participant aux programmes de coopération bilatéraux.

Nous serons prêts à évoquer toutes ces questions avec les partenaires allemands.

Journée des droits de l’homme

Vendredi 10 décembre, la communauté internationale célèbre la Journée des droits de l’homme. C’est ce jour-là qu’en 1948, l’Assemblée générale des Nations unies a approuvé la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui a posé des bases solides du système international contemporain de promotion et de protection des droits de l’homme.

Cette journée internationale représente une bonne occasion de faire un certain bilan ainsi que de prévoir de nouveaux objectifs qui contribueraient à l’amélioration de la situation en matière de droits de l’homme à la fois dans un pays à part que dans le monde entier.

La Russie est immuablement attachée à la lettre et à l’esprit de la Déclaration universelle des droits de l’homme, aux principes et aux normes fixés dans les Pactes internationaux des droits de l’homme et d’autres instruments universels. Nous sommes convaincus que la réalisation efficace par les pays de leurs engagements internationaux dans le cadre des instruments existants n’est possible que sur la base des principes de dialogue et de coopération avec l’implication de toutes les parties intéressées dans le processus d’élaboration et de prise de décisions dans le secteur des droits de l’homme.

La politique de certains pays visant à utiliser les droits de l’homme à leurs fins conjoncturelles politiques et économiques étroites, notamment pour s’ingérer dans les affaires d’États souverains, est regrettable.

Malgré un nombre grandissant de défis mondiaux qui nécessite la consolidation des efforts de tous les acteurs de la communauté internationale, certains États, généralement parmi les « démocraties développées », n’ont toujours pas l’intention de revoir leur ligne, qui peut être qualifiée d’égoïste, de renoncer aux approches agressives, notamment aux mesures coercitives unilatérales illégales qui impactent de manière négative la réalisation des droits de l’homme. Plusieurs États n’hésitent pas à instrumentaliser la lutte contre le nouveau coronavirus pour promouvoir leur vision des nomes des droits de l’homme en réécrivant le droit international en matière d’encouragement et de protection des droits de l’homme. Ces mêmes pays recourent activement au principe de discrimination interdit par le droit international en menant leur politique de nationalisme vaccinal, ce qui conduit finalement à la violation du droit de l’homme le plus important: le droit à la vie.

La Russie s’est toujours opposée à de telles approches en indiquant l’absence d’alternative à une coopération internationale constructive en matière de droits de l’homme, l’inadmissibilité d’appliquer une politique de doubles standards ainsi que la nécessité de respecter les particularités nationales, culturelles et historiques de développement des États. Les efforts de notre pays au sein des organisations des droits de l’homme régionales et internationales seront toujours orientés sur un tel dialogue et une telle coopération.

Au lieu de penser à la manière d’utiliser tous ensemble les instruments juridiques internationaux à disposition et les mécanismes universels pour promouvoir les droits de l’homme, pour améliorer la situation des droits de l’homme dans différentes régions, nos partenaires occidentaux se préparent actuellement à une nouvelle « figuration » idéologisée. Je parle ici du « sommet pour la démocratie ».

Sur le « sommet pour la démocratie »

Nous avons déjà fait de nombreux commentaires à ce sujet, mais de plus en plus de questions nous parviennent. Cet « événement » organisé à l’initiative des États-Unis d’Amérique se déroulera les 9 et 10 décembre, même si la journée d’hier, le 8 décembre, a été proclamée par les organisateurs comme « jour zéro du sommet ».

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a été invité pour conférer une légitimité à cet événement douteux, pendant lequel il devrait prendre la parole demain. Le 10 décembre également, les organisateurs veulent se focaliser sur les droits de l’homme, en mettant l’accent, comme d’habitude pour l’Occident, sur la protection des « défenseurs des droits de l’homme » et des médias « indépendants », sur « le renforcement de la démocratie et la lutte contre l’autoritarisme » (ils entendent par là une discussion sur la situation en Biélorussie). Ils discuteront également de la « protection des institutions démocratiques », notamment des élections, de la primauté du droit et de l’espace de l’information. Naturellement, ils se concentreront sur la situation non pas dans leur propre pays, mais dans les pays qui n’ont pas été invités.

Comme l’indique la thèse officielle de ce sommet, il est annoncé comme une activation du « dialogue mondial entre les gouvernements et la société civile ». C’est un dialogue très étrange – comme s’il n’était destiné qu’à une poignée de personnes. Un nouveau cycle de ségrégation.

Les médias américains eux-mêmes – il y a eu beaucoup de matériel ces dernières semaines – admettent que le terme « démocratie » dans le contexte du sommet n’est utilisé que comme un « mot de code », un mot de passe « les nôtres – les autres », dans le cadre de la confrontation complexe entre les États-Unis, d’une part, et la Russie et la Chine de l’autre, une tentative de restreindre nos pays. Toute cette histoire a été inventée pour faciliter la définition et l’identification des « nôtres » et des « autres ». Il est évident que l’administration américaine actuelle tente simplement de mettre en place la coalition la plus large possible entre les « initiés » et les « étrangers ». Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, on s’emploie à créer de nouvelles lignes de démarcation dans les affaires internationales.

La différence fondamentale de notre position est que nous n’imposons rien à personne et n’enseignons rien à personne. Nous sommes toujours prêts à développer le dialogue interétatique sur un pied d’égalité avec tous les pays et associations régionales sur la base solide du droit international. Laissez-moi vous rappeler, #NosRèglesChartedesNationsUnies.

Je voudrais citer directement les organisateurs. Aujourd’hui a été faite une déclaration sensationnelle de profondeur et de véracité par le conseiller du président américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan: « Le système des relations internationales est en train de se transformer. Leur structure actuelle, dirigée par l’Onu, établie après la Seconde Guerre mondiale, relève de plus en plus du passé ». Tout en reconnaissant que les États-Unis essaient activement de transformer l’ordre mondial établi en formant de nouvelles alliances, des institutions partenaires conçues pour travailler dans l’intérêt des États-Unis. Si l’on traduit tout cela dans un langage plus accessible et plus compréhensible, les États-Unis font tout ce qu’ils peuvent pour détruire le monde fondé sur le droit international, à la tête duquel se tiennent les Nations unies, et pour exploiter le chaos qu’ils ont créé en inventant un nouveau système, pas même un système mais un jeu, afin d’impliquer le plus grand nombre possible d’États pour qu’ils travaillent dans l’intérêt de Washington. Je ne m’attendais pas à une telle révélation, mais nous l’avons entendue aujourd’hui. Apparemment, aujourd’hui et demain, ceux qui ont reçu des invitations et qui participeront au « sommet » sont investis du droit honorable de « servir » les intérêts du régime américain. C’est triste. Il s’agit de nouvelles lignes de démarcation, d’une nouvelle forme de ségrégation, d’une preuve supplémentaire de la façon dont, au lieu d’un cadre juridique, on nous propose des règles obscures qui sont réécrites en fonction des intérêts d’un seul État. Il s’avère que les erreurs du passé, pour lesquelles un prix énorme a été payé, ne seront pas l’étoile qui nous guide pour ne pas les répéter à l’avenir. Le monde a déjà vécu tout cela et a payé cher de telles erreurs.

Sur le 30e anniversaire de la Communauté des Etats indépendants

Cette année, nous célébrons le 30e anniversaire de la Communauté des Etats indépendants (CEI).

Nous considérons la CEI comme une organisation régionale internationale aboutie et une plateforme pratique pour l’échange de points de vue sur un large éventail de questions – de la politique à l’économie en passant par la sécurité, l’éducation et la culture. Chaque année, l’éventail des activités de la Communauté s’élargit et de nouveaux domaines d’interaction sont explorés. La pandémie de coronavirus n’a pas réduit la dynamique des contacts entre les pays de la CEI: au contraire, elle lui a donné un nouvel élan. L’organisation a répondu de manière réactive à ce défi grâce à un solide cadre juridique et conventionnel dans le domaine de la santé et au travail coordonné des organes de coopération sectorielle.

Le renforcement des relations amicales avec les partenaires de la CEI reste une priorité immuable de la politique étrangère russe. C’est un excellent exemple de la manière dont la souveraineté est préservée, dont les pays peuvent s’unir, travailler ensemble, promouvoir des projets non seulement mutuellement acceptables mais aussi mutuellement bénéfiques, et surmonter ensemble les épreuves dont ils ne sont pas à l’abri.

Je voudrais attirer votre attention sur le discours vidéo du Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov, à ses collègues de la Communauté. Nous comptons poursuivre nos efforts pour approfondir la coordination en politique étrangère au sein de la CEI et pour accroître l’efficacité de la Communauté et son autorité sur la scène internationale.

Nous sommes convaincus qu’au cours de la décennie qui vient, la CEI continuera d’être un territoire d’amitié et pour un dialogue de confiance au bénéfice des peuples de nos pays et de la stabilité de la région.

Sur le 75e anniversaire de la création du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef)

Le 11 décembre marquera le 75e anniversaire de la création du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

Au fil des ans, le Fonds a parcouru un long et important chemin l’ayant fait passer d’un programme d’urgence temporaire à une organisation clé des Nations unies œuvrant pour tous les enfants de la planète.

La Russie développe continuellement la coopération avec l’Unicef en accord avec les priorités de la politique d’État de notre pays dans le domaine de l’aide internationale au développement.

Un protocole d’accord a été signé entre le gouvernement de la Fédération de Russie et le Fonds des Nations unies pour l’enfance en 2019 afin de rationaliser l’interaction avec le Fonds et de lui donner un mécanisme plus prévisible et plus ciblé. Des négociations sont actuellement en cours pour accroître la participation des fournisseurs russes de médicaments, de vaccins et d’équipements médicaux au système de marchés publics du Fonds.

Sur les 60 ans de l’établissement des relations diplomatiques entre la Fédération de Russie et la République-Unie de Tanzanie

Le 11 décembre marquera le 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Russie et la Tanzanie. Notre pays a contribué au mouvement de libération du peuple tanzanien et a été un des premiers à reconnaître la souveraineté du Tanganyika et du Zanzibar, qui ont ensuite fusionné.

La Fédération de Russie et la République-Unie de Tanzanie entretiennent aujourd’hui des relations de partenariat et d’amitié reposant sur les principes de respect mutuel et de prise en compte des intérêts réciproques. Nous coordonnons nos démarches à l’Onu et au sein d’autres organisations multilatérales et travaillons ensemble pour garantir la stabilité et la sécurité dans l’Est de l’Afrique. L’interaction commerciale, économique et d’investissement bilatérale se déroule activement. La base juridique de notre coopération s’élargit.

À l’occasion des 60 ans de l’établissement des relations diplomatiques, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Ministre tanzanien des Affaires étrangères et de la Coopération est-africaine Liberata Mulamular échangeront des télégrammes de félicitations. Nous félicitons la population de ce pays, lui souhaitons du bien-être et tout le meilleur.

Sur le Forum de jeunesse international des compatriotes russes « Nouvelles réalités, nouvelles opportunités »

Le Forum de jeunesse international des compatriotes russes « Nouvelles réalités, nouvelles opportunités » se déroulera du 11 au 15 décembre à Minsk et à Gomel sous l’égide de la Commission gouvernementale pour les expatriés et avec le soutien du gouvernement du Moscou.

Plus de 80 représentants de « l’aile » jeunesse des organisations de compatriotes russes de l’ex-URSS qui mènent une vie sociale et publique active dans la communauté étrangère participeront à cet événement. Le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Andreï Roudenko participera à la cérémonie d’ouverture du forum. Parmi les orateurs: le vice-président du Conseil de la Fédération de l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie Konstantin Kossatchev, des députés de la Douma d’État de l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie, des représentants de Rossotroudnitchestvo, de Rosmolodej, ainsi que d’ONG et de fondations russes spécialisées dans le travail avec les jeunes.

Pendant la discussion, il est prévu d’accorder une attention centrale au développement du mouvement de jeunesse des compatriotes dans l’espace postsoviétique, à la formation de leurs qualités de leader et à l’amélioration de leurs connaissances juridiques.

Réponses aux questions:

Question: Concernant la situation à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, le CEDH a établi cette semaine que les migrants se trouvant déjà sur le territoire polonais ne pouvaient pas être expulsés en Biélorussie. Pourriez-vous commenter cette décision de la Cour de Strasbourg?

Réponse: L’interdiction faite par la CEDH à la Pologne d’expulser des réfugiés en Biélorussie ainsi que la prescription de garantir des standards humanitaires minimaux et d’assurer des moyens de survie (nourriture, vêtements, soins médicaux, dans certains cas aide juridique) pour les personnes qui fuient les aventures militaires déclenchées par l’Occident en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie, est très symptomatique.

Nous avons commenté ce thème plusieurs fois, en attirant l’attention de l’Europe « civilisée », qui se dit combattante pour les principes d’humanisme et des droits de l’homme. Nous avons attiré l’attention sur le traitement extrêmement brutal des migrants, dont beaucoup de femmes et d’enfants, par les gardes-frontières et les militaires polonais.

Il y a eu plusieurs cas d’utilisation contre eux de matériel et de moyens spéciaux (gaz lacrymogène, projecteurs, canons à eau, chiens de service). Premier quart du XXIe siècle. Les pays qui se disent civilisés utilisent des grenades assourdissantes et des pétards contre la population civile (réfugiés, migrants). Tout cela a été documenté par des structures compétentes de l’Onu et du Conseil de l’Europe. Ces faits ont été constatés par l’agence Frontex de l’UE. Il y a notamment l’incident lié à la dispersion par les services polonais, le 16 novembre, de produits chimiques, après quoi 132 personnes, dont 23 enfants, ont reçu des blessures chimiques et des lésions d’organes respiratoires. Cela nécessite une sérieuse enquête internationale. Les correspondants qui travaillent du côté biélorusse, qui sont autorisés par les Biélorusses à couvrir cette situation (personne ne les laisse entrer du côté polonais) ont assisté plusieurs fois à des expulsions forcées en Biélorussie de personnes qui s’étaient retrouvées sur le territoire polonais. Je pense que vous l’avez vu également. Cela témoigne d’une violation délibérée des normes du droit international et européen par Varsovie.

Depuis début septembre, la Pologne a décrété l’état d’urgence sur le territoire frontalier avec la Biélorussie, ce qui a exclu l’accès des journalistes, a rendu impossible la présence d’organisations humanitaires. À l’issue de la durée maximale de l’état d’urgence de trois mois, un amendement a été adopté à la loi sur la frontière d’État permettant de maintenir de facto toutes les restrictions au niveau des lois nationales. C’est ainsi qu’agissent ceux qui se disent attachés aux documents fondamentaux en matière de défense des droits de l’homme.

Les autorités biélorusses cherchent à aider les réfugiés dans le cadre de leurs engagements internationaux. Elles ont ouvert l’accès aux zones frontalières aux organisations humanitaires, dont le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, l’Organisation internationale pour les migrations, l’OMS et d’autres. Elles ont mis en place un approvisionnement régulier des migrants en aide humanitaire. L’aide et la contribution aux migrants de la part de Minsk sont estimées à 25 millions de dollars. Les autorités biélorusses ont déployé le centre logistique Bremino-Brouzgui, d’où a été évacuée une grande partie des migrants du territoire frontalier. Ils ont réussi à convaincre une partie des gens à rentrer chez eux: près de 3.000 personnes ont déjà quitté la Biélorussie.

Malheureusement, au lieu d’exiger de leur allié de remplir ses engagements internationaux et de rétablir la primauté du droit en Pologne, les capitales et les institutions européennes préfèrent fermer les yeux sur l’état de détresse et extrêmement difficile des réfugiés en leur refusant même la possibilité d’essayer de demander l’asile. D’autant qu’on leur a si longtemps parlé joliment et de manière argumentée des avantages du mode de vie occidental, on les a attirés à utiliser tous les bienfaits, y compris les allocations, et on a rendu la vie de ces gens dans leur propre pays non seulement difficile, mais parfois même invivable.

Nous observons des doubles standards même dans les approches des structures compétentes de l’Onu. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés force le Tadjikistan, qui a déjà accueilli près de 6.000 réfugiés afghans, à en accueillir davantage, et ce à ses frais, ainsi que de les placer dans des familles. Sachant qu’il est exigé de Douchanbé de remplir ses engagements en matière d’accès des demandeurs d’asile. De tels appels n’ont pas été fait vis-à-vis de Varsovie. Je n’ai pas entendu que Douchanbé ait participé à des coalitions pour envahir le territoire d’autres États, occuper, exploiter les richesses et ressources naturelles, mener une activité économique illégale sur le territoire d’autres pays. Ce n’est pas le cas. La Pologne a participé à tout cela depuis des décennies: l’occupation de l’Irak, le contrôle de territoires irakiens, etc.

Nous saluons toutes les démarches entreprises par la communauté internationale visant à améliorer la situation des personnes démunies, qui se sont retrouvées à la frontière polonaise et cherchent un asile en Europe prospère pour fuir la guerre et la destruction dans leur pays. On voudrait croire que cette décision de la CEDH pourra inciter nos partenaires européens à revoir leur attitude envers le problème des réfugiés, à revenir à l’accomplissement de leurs engagements déclarés si haut et utilisés pour en obtenir d’autres. Nous espérons que Varsovie renoncera aux actions de force contre les gens qui se trouvent déjà dans une situation difficile et commencera à appliquer ses engagements en matière de droits de l’homme.

Question: Le rapport « Évaluation du contenu avec des éléments de propagande diffusé de Fédération de Russie en Moldavie », préparé par l’ONG Centre de journalisme indépendant, a été récemment publié en Moldavie. Il affirme que la télévision russe fournit des informations qui ne sont pas objectives sur la situation dans le pays, crée des risques de manipulation de l’opinion publique. Quelles seront les conséquences de ce rapport pour la diffusion russe en Moldavie?

Réponse: Nous suivons attentivement la situation des médias russes dans le monde et en Moldavie. Le rapport mentionné n’est pas passé inaperçu.

On notera qu’il a été publié exactement un an après que le parlement du pays a apporté des amendements au Code des services média audiovisuels et a rétabli la diffusion d’émissions d’information et d’analyse de Russie. Nous avions salué à l’époque cette décision qui répond aux intérêts des citoyens russophones. Je rappelle que 80% de la population de la Moldavie parle russe.

Malheureusement, tout le monde n’a pas apprécié la reprise de la diffusion. C’est probablement la raison de l’apparition de cette étude. Le Centre de journalisme indépendant qui l’a préparé se positionne comme une ONG « apolitique » mais ne cache pas ses liens avec les États-Unis, le Royaume-Uni et la Suède. Les auteurs du rapport ont suivi pendant dix jours trois chaînes russes – Pervy v Moldove, NTV Moldova et RTR Moldova – et ont conclu que leur contenu « ne contribuait pas à la formation de bonnes opinions ». C’est fantastique! Il s’avère qu’il existe de bonnes et mauvaises opinions. Les médias doivent diffuser les « bonnes » opinions. Non pas les bons faits (pas de question là-dessus), mais opinions. Le rapport ne précise pas quelles opinions sont « bonnes », pour qui et pourquoi. La formulation en soi est « formidable ». En revanche, ils parlent d’ »éléments propagandistes » du contenu russe qui, prétendument, « menacent la sécurité de l’information » du pays.

Tout habitant moldave qui a regardé ne serait-ce qu’une fois des chaînes russes peut comprendre que l’évaluation du rapport n’a rien à voir avec la réalité. Il est possible de ne pas être d’accord avec les avis exprimés, il est possible de polémiquer, de nier, d’accepter, de se faire son avis sur les choses entendues. Il est possible de remettre en question l’avis des opposants sur la base des points de vue exprimés par des chaînes de télévision russes, des blogs d’informations, des débats télévisés, etc.

Le Centre « apolitique » de journalisme indépendant a produit un rapport politisé. Il a tenté de discréditer les chaînes russes, d’accrocher l’étiquette « propagande » sur les avis différents des opinions que ce Centre juge « bonnes » ou « mauvaises ». Il n’est pas exclu que de cette manière on prépare le terrain pour rétablir l’interdiction des émissions russes qui a eu cours de février 2018 à décembre 2020.

Nous espérons que les autorités moldaves sont suffisamment attachées à leurs engagements à titre d’État membre de l’OSCE et à d’autres documents garantissant la liberté de diffusion des opinions, de l’information, la liberté d’expression, et ne céderont pas à de tels rapports provocateurs, n’entreprendront pas de démarches transgressant le pluralisme d’opinions, la liberté des médias et les intérêts de leurs propres citoyens russophones. Nous sommes certains qu’une telle approche correspond entièrement au caractère constructif et pragmatique des relations bilatérales qui se construisent entre nos pays ces derniers temps dans différents domaines.

Question: Le 1er décembre s’est tenue une réunion du groupe de travail trilatéral coprésidé par les vice-premiers ministres de l’Arménie, de la Russie et de l’Azerbaïdjan, ce qui s’est accompagné de certaines attentes compte tenu des déclarations faites à Sotchi. Que pensez-vous du travail du groupe de travail trilatéral pour débloquer les communications régionales et les liens économiques? Quand faut-il s’attendre à une déclaration sur des résultats concrets, comme cela a été annoncé plus tôt dans le cadre de la réunion de Sotchi?

Réponse: L’entente de Sotchi au sommet a confirmé la disposition des autorités de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie à entreprendre des démarches pour la normalisation. Dans les contacts avec Bakou et Erevan, nous travaillons à leur mise en œuvre successive, notamment en ce qui concerne le règlement des litiges frontaliers et le déblocage des liens de transport dans le Sud du Caucase.

Comme cela a été convenu à Sotchi le 26 novembre, il est important d’avancer vers la création d’une commission bilatérale pour la délimitation de la frontière nationale entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, puis sa démarcation avec une contribution consultative de la Russie à la demande des parties. Nous attendons la formation rapide des délégations nationales des deux pays au sein de la commission.

Les efforts dans le cadre du Groupe de travail trilatéral pour débloquer tous les liens économiques et de transport dans la région se poursuivent. Je suggère de demander des informations plus détaillées aux services de presse des appareils des gouvernements de la Russie et de l’Azerbaïdjan, ainsi que du bureau du Premier ministre arménien.

La réalisation des accords de Sotchi a été évoquée par téléphone entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue arménien Ararat Mirzoïan le 8 décembre. Un communiqué de presse a été publié sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères à l’issue de l’entretien.

Question: Malgré les engagements pris dans les trois déclarations trilatérales, l’Azerbaïdjan poursuit sa rhétorique agressive en brandissant également la menace de la guerre. En particulier, le 6 décembre, dans la région de Quba, le Président azéri Ilham Aliev a déclaré en parlant de l’agression contre l’Artsakh en 2020: « Qu’ils nous donnent la date de l’ouverture du corridor de Zanguezour, et il n’y aura pas de problème. » Que pensez-vous de la rhétorique militariste des autorités azerbaïdjanaises, notamment en sachant qu’il n’y avait aucun accord sur ledit « corridor de Zanguezour » et que la question de mise en place du « corridor » n’avait pas été abordée, comme l’ont également constaté plusieurs fois publiquement de hauts responsables russes?

Réponse: Nous sommes souvent contraints de commenter à la demande des médias des déclarations faites par les parties. Vous connaissez notre position fondamentale. Nous partons de la nécessité de s’abstenir de déclarations et d’actions susceptibles de freiner la mise en œuvre des accords trilatéraux au sommet et d’entraîner une escalade du conflit.

Question: Le 3 décembre, le civil Seïran Sargsian, 65 ans, résident de Tchartar, région de Martouni, a été kidnappé en territoire neutre par des militaires azerbaïdjanais, emmené sur le territoire contrôlé par les forces azerbaïdjanaises et tué avec préméditation.  Cet incident a été filmé par des caméras de surveillance installées du côté de l’Artsakh. À noter que ce n’est pas le premier cas de meurtre d’un civil de l’Artsakh par l’Azerbaïdjan, et qu’aucun coupable n’a été sanctionné. Ne pensez-vous pas que cette impunité contribue à ce que des militaires azerbaïdjanais commettent de nouveaux crimes contre la population civile de l’Artsakh?

Réponse: La Russie fait tout, en tant que médiateur, pays membre du Groupe de Minsk de l’OSCE et pays qui engage des efforts de maintien de la paix, pour stabiliser la situation sur les axes mentionnés. Vous connaissez nos approches fondamentales. De son côté, la Russie fait tout pour réaliser les accords et pour que la situation (cela ne peut jamais être garanti car il s’agit d’un long conflit) dans la région ne s’aggrave pas.

Question: Le processus d’élaboration de mécanismes de démilitarisation et de démarcation n’a pas encore commencé. Y a-t-il du progrès sur des corridors de transport concrets? Nous sommes au courant de la réunion, mais il n’y a aucun résultat.

Réponse: Je viens de commenter tout ce qu’il y a pour le moment. S’il y a de nouveaux détails, je les partagerai avec vous.

Question: Il a été annoncé récemment que demain se déroulerait la première réunion au format « 3+3 ». Y a-t-il des informations à ce sujet?

Réponse: Je peux le confirmer. L’événement devrait se tenir au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères.

Question: La Géorgie a-t-elle renoncé à y participer?

Réponse: En effet, les représentants de la Géorgie étaient invités à cet événement. Ils se sont abstenus d’y participer. La première réunion du mécanisme de consultation régional pour le Caucase du Sud au format « 3+3 » devrait se tenir demain. La Russie sera représentée par le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Andreï Roudenko. Nous parlerons des résultats et de la composition des représentants de chaque pays demain plus en détail.

Question: Quelles sont les attentes de Moscou vis-à-vis de la réunion entre les dirigeants de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie le 15 décembre à Bruxelles? En particulier, Moscou s’attend-il à ce que les parties confirment les accords de Sotchi et les accords précédents sur le processus de paix azéro-arménien conclus avec la médiation de la Russie?

Réponse: Nous saluons tout effort visant à normaliser les relations azéro-arméniennes. Nous trouvons important de poursuivre des contacts réguliers entre les dirigeants de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie. Nous espérons qu’à l’issue de la rencontre entre Ilham Aliev et Nikol Pachinian à Bruxelles le 15 décembre sera réaffirmé l’attachement à la mise en œuvre des accords trilatéraux au sommet du 9 novembre 2020, du 11 janvier et du 26 novembre 2021, ainsi que le soutien des efforts de la « troïka » des coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, dont l’activité à l’étape actuelle se concentre sur le règlement des problèmes prioritaires dans le secteur social.

Question: Comment pouvez-vous commenter le refus de l’Azerbaïdjan de participer à la rencontre prévue plus tôt entre les ministres des Affaires étrangères de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan dans le cadre de la conférence ministérielle de l’OSCE à Stockholm? Est-ce que cela signifie que Bakou veut torpiller les négociations dans le cadre du Groupe de Minsk de l’OSCE?

Réponse: Cette rencontre était prévue sous l’égide des coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE. Tous les avis ont été exprimés dans la déclaration de la « troïka » du 4 décembre publiée sur le site de l’OSCE.

Il ne faut pas parler seulement des activités antérieures ou qui n’ont pas eu lieu, mais des contacts et des réunions à venir. J’en ai déjà évoqué certains. Nous espérons qu’ils se dérouleront dans une atmosphère constructive, professionnelle et apporteront des résultats concrets.

Question: Le Ministère russe des Affaires étrangères a récemment fait une déclaration concernant les propos du président du Parlement arménien Alen Simonian Avez-vous reçu une réponse de l’Arménie? A-t-il été possible de régler cet incident?

Réponse: Il ne faut pas grossir les faits. Ce n’était pas une déclaration mais une réponse à une question.

Nous ne le considérons pas comme un « incident ». Il était important d’éclaircir le fond du problème. Ce thème a été mentionné dans une conversation téléphonique entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue arménien Ararat Mirzoïan le 8 décembre. Nous estimons que ce thème est clos.

Question: Le 2 décembre, lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion du CMAE de l’OSCE, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré que dans le cadre de l’OSCE les ministres de la Russie, des États-Unis et de la France en tant que coprésidents avaient adopté une déclaration sur le règlement du conflit du Haut-Karabakh. Le texte de la déclaration n’est toujours pas publié ni accessible. Que stipule cette déclaration et pourquoi n’a-t-elle toujours pas été publiée?

Réponse: La déclaration mentionnée a été publiée sur le site de l’OSCE, il est possible d’en prendre connaissance. Pourquoi la déclaration n’a pas été publiée au moment où elle a été rédigée? Les parties mettaient au point le texte. Cela n’a rien d’extraordinaire. C’est un travail normal. Le document a été publié quand toutes les formulations ont été précisées (notamment les traductions dans les différentes langues).

Nous suggérons également de prendre connaissance de la déclaration des ambassadeurs coprésidents du Groupe de Minsk. C’est une source irremplaçable d’information sur ce sujet.

Je voudrais attirer l’attention sur les termes de ce document: l’appel aux parties à remplir à part entière les engagements pris conformément à la déclaration des dirigeants de la Russie, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie du 9 novembre 2020 et réaffirmés dans leur déclaration du 26 novembre 2021 à renoncer à la rhétorique d’incitation à la haine et aux actions provocatrices, à travailler de manière constructive au règlement des questions importantes telles que la délimitation suivie de la démarcation de la frontière azéro-arménienne, le rétablissement des liens économiques et de transport entre les deux États voisins, ainsi que la poursuite de l’interaction sous l’égide des coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE pour déboucher sur un réel progrès sur les questions humanitaires, notamment le retour de tous les détenus, le déminage, la recherche de disparus, le retour volontaire des réfugiés et des déplacés internes, la protection de monuments historiques et culturels.

Il n’y a rien d’alarmant. Sergueï Lavrov a parlé de la déclaration. Elle a été publiée. Tout est accessible, vous pouvez la lire.

Question: Que pouvez-vous dire des propos du porte-parole de la Commission européenne Peter Stano sur les préoccupations de l’UE concernant une éventuelle escalade du conflit entre la Russie et l’Ukraine? Le 6 décembre, en commentant une publication du Financial Times, il a déclaré: « Bien que nous ne commentions pas les différentes spéculations dans les médias, quand il est question du renforcement de la puissance militaire russe autour de l’Ukraine, nous le prenons très au sérieux, et ces dernières semaines nous avons déjà déclaré que nous disposions et recevions des informations très alarmantes. »

Réponse: Les jeunes journalistes qui commencent à couvrir les thèmes internationaux, les diplômés, les étudiants, les pratiquants qui comptent travailler dans le milieu de l’information demandent souvent: qu’est-ce qu’une campagne médiatique, la confrontation ou l’influence? C’est précisément le cas. Une vaste attaque médiatique à partir de plusieurs sources. L’information suit une « verticale », puis s’étend à « l’horizontale » en utilisant des représentants d’État, des ONG, la société civile et les médias. Une thèse a été lancée sur une prétendue invasion russe en Ukraine. Nous voyons comment cette dramaturgie est jouée selon les rôles.

Au début, même Kiev ne l’avait pas confirmé, se retrouvant en dehors du champ d’information. Alexeï Danilov, secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense de l’Ukraine, dans une interview à la radio Svoboda le 2 novembre, a qualifié ces communiqués de « désinformation ». Les « fils » à l’autre bout n’avaient pas fonctionné correctement. Puis, les autorités ukrainiennes ont « retourné leur veste » pour dire qu’il existait une « menace russe », qu’elles la sentaient, demandaient de l’aide, de l’argent, des armes, etc. La déclaration que vous avez citée est du même acabit.

Le 6 décembre, le Financial Times a parlé de la pression exercée par les États-Unis sur l’UE afin de renverser l’attitude sceptique envers ces insinuations. Toutefois, la pression sur la Russie n’a pas fonctionné. En revanche, il est possible maintenant de propager le mythe selon lequel les États-Unis auraient prétendument empêché une nouvelle guerre dans le Donbass. Je voudrais rappeler à ceux qui écriront à ce sujet qu’ils ont eux-mêmes inventé cette guerre. En vérité, ce sont les autorités ukrainiennes qui ont commencé la guerre dans le Donbass contre leurs propres concitoyens (deux fois, en 2014 et en 2015). Leurs « superviseurs » occidentaux se trouvaient derrière elles. Depuis des années, le régime de Kiev, les forces armées ukrainiennes tirent, explosent, organisent des diversions, exercent un blocus contre leurs propres citoyens. C’est aussi une vérité, mais pas très « agréable ». Elle ne s’inscrit pas dans le tableau général de l’Occident.

La Russie soutient de manière systématique le règlement pacifique du conflit intérieur ukrainien sur la base des Accords de Minsk de 2015 approuvés par la résolution 2202 du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous préconisons de nouveau à tout le monde de les lire, et ensuite de comparer avec les actions entreprises et réalisées dans la pratique par Kiev avec le soutien des partenaires occidentaux. Il faut se demander qui ne remplit pas quoi, qui est l’agresseur, qui sabote le plan du processus de paix qui repose sur la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, les Accords de Minsk et les documents que doit respecter toute la communauté internationale.

En ce qui concerne l’UE, elle ne participe pas au processus de règlement du conflit intérieur ukrainien. Mais elle assume une part de responsabilité pour l’escalade de la confrontation civile dans ce pays en 2013-2014. C’est également une vérité « désagréable » que Bruxelles tente d’oublier. Les représentants de l’UE prônaient le soutien des milieux nationalistes agressifs ayant initié en février 2014 un coup d’État, la répression par la force par les nouvelles autorités ukrainiennes soutenues par l’UE des civils qui n’étaient pas d’accord avec le coup d’État. Pour le refus de construire en Ukraine une société véritablement démocratique et inclusive dans l’intérêt de tous les citoyens ukrainiens, indépendamment de leur origine ethnique et langue natale. Pour tout ce dont l’UE pourrait rendre des comptes car elle en est directement responsable. Des émissaires de Bruxelles étaient sur le Maïdan, motivaient ceux qui commettaient des coups d’État anticonstitutionnels (pas seulement en 2014, mais également plus tôt). Ils faisaient tout pour ne pas remarquer non seulement comment étaient enfreints les droits, mais aussi comment étaient tués en Ukraine des gens tentant de défendre leurs droits.

En revendiquant un certain « sérieux », en réalité l’UE non seulement ne contribue pas à la paix dans le Donbass, mais aggrave également la situation en tentant de présenter la Russie comme une « partie au conflit » (c’est ce qui est écrit dans la déclaration commune à l’issue du sommet UE-Ukraine à Kiev le 12 octobre 2021) et en poussant Kiev à revoir les Accords de Minsk, qui sont une base sans alternative pour régler le conflit. C’est irresponsable. On ne peut pas se comporter ainsi, que Bruxelles soit une partie « neutre » (comme c’est le cas maintenant) ou compatissante. Derrière les mots « aggraver la situation » se trouvent les vies de personnes concrètes, de la population civile.

Il ne faut pas nous donner de leçons mais analyser vos propres actes, cesser d’ignorer les faits, assumer la responsabilité de vos actes. Le porte-parole de la Commission européenne devrait y songer au lieu d’aller plus loin dans les mensonges dans la poursuite d’objectifs politiques douteux.

Question: Quelles sont les attentes de la Russie vis-à-vis de l’interaction avec le nouveau gouvernement allemand. Et quand faut-il s’attendre à une première rencontre entre Sergueï Lavrov et Annalena Baerbock?

Réponse: Nous sommes disposés à une interaction constructive avec le nouveau gouvernement allemand, qui a prêté serment le 8 décembre. Nous restons intéressés par des relations constructives avec l’Allemagne basées sur les principes du respect mutuel, de l’égalité et de la prise en compte des intérêts réciproques. Nous espérons établir un travail créatif et pragmatique avec le Chancelier fédéral allemand Olaf Scholz, la Ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock et tous les autres membres du cabinet ministériel allemand.

Jusqu’à présent, Berlin n’a envoyé aucune proposition de rencontre entre les chefs des diplomaties de la Russie et de l’Allemagne. Nous sommes ouverts au dialogue.

Le Ministère russe des Affaires étrangères a attentivement prix note de l’accord de coalition sur la base duquel est censé agir le nouveau gouvernement allemand. Dans la partie consacrée à notre pays, nous remarquons la thèse sur la profondeur et la diversité des relations russo-allemandes ainsi que la disposition claire à interagir avec nous. Nous avons également vu d’autres passages avec lesquels nous ne pouvons pas être d’accord. Nous accordons une priorité au premier bloc. Nous évaluerons le nouveau cabinet ministériel allemand selon ses actions concrètes.

Question: La semaine dernière s’est tenue une grande visite de la direction de la région d’Astrakhan avec le gouvernement Igor Babouchkine à Bakou, de nouveaux programmes de coopération ont été signés entre la région et l’Azerbaïdjan. Que pense le Ministère russe des Affaires étrangères du développement des relations entre les régions russes et nos voisins de la CEI?

Réponse: Selon nous, cette visite a été très fructueuse. Igor Babouchkine a été reçu par le Président azéri Ilham Aliev et le ministre de l’Économie Mikayil Jabbarov. Une cérémonie solennelle d’inauguration du Centre d’affaires d’Astrakhan a eu lieu à Bakou, pendant laquelle la partie azerbaidjanaise était représentée par le vice-Premier ministre Chahin Mustafayev. À l’issue de la visite du gouverneur d’Astrakhan a été signé le Programme d’activités pour développer la coopération entre le gouvernement de la région d’Astrakhan et le gouvernement de l’Azerbaïdjan pour 2022.

La Russie accorde beaucoup d’importance au développement des liens interrégionaux avec d’autres pays, des liens frontaliers, des liens de nos régions, notamment avec l’Azerbaïdjan. 73 sujets de la Fédération de Russie entretiennent une coopération commerciale et économique avec ce pays, dont 18 ont signé des accords avec l’Azerbaïdjan sur la coopération commerciale, économique, scientifique, technique et culturelle. Le Forum interrégional russo-azerbaïdjanais est très demandé. L’an prochain, sa 11e session devrait se dérouler en Azerbaïdjan.

En ce qui concerne la coopération interrégionale avec d’autres pays de la CEI, nous essaierons de partager notre avis avec vous. C’est un thème intéressant, notamment dans le contexte de l’anniversaire de la Communauté.

Question: Le vice-Ministre Sergueï Riabkov, pendant la réunion de la Commission provisoire du Conseil de la Fédération pour protéger la souveraineté nationale et empêcher l’ingérence dans les affaires intérieures de la Russie, a parlé de l’ingérence dans les affaires russes « sous prétexte de contribuer au renforcement des institutions démocratiques et de la société civile ». Comme l’a noté Sergueï Riabkov, une « guerre de l’information » est en cours. Ce problème fait-il partie des questions évoquées par Sergueï Riabkov avec les Américains dans le cadre du dialogue sur la stabilité stratégique?

Réponse: Le dialogue global sur la stabilité stratégique initié par les présidents de la Russie et des États-Unis est appelé à poser les bases de la future maîtrise des armements. La Russie part du principe que son objectif consiste à élaborer une nouvelle « équation de sécurité » qui tiendrait compte des facteurs significatifs de la stabilité stratégique et couvrant toutes les armes offensives et défensives nucléaires et conventionnelles capables de remplir des objectifs stratégiques.

En ce qui concerne l’ingérence américaine dans nos affaires intérieures, nous luttons contre cette activité hostile de manière systémique (nous le commentons souvent). Nous le faisons également dans d’autres formats. Le dialogue sur la stabilité stratégique est important en soi.

Question: Le retour à l’accord nucléaire avec l’Iran semble revêtir une grande importance pour le « pacificateur » Biden. Comment la Russie peut-elle aider en ce sens, peut-être « aider » avec la Chine?

Réponse: La délégation russe menée par le Représentant permanent auprès des organisations internationales à Vienne, Mikhaïl Oulianov, participe aujourd’hui à une réunion de la Commission mixte du Plan d’action global commun. Nous espérons qu’elle sera productive et donnera le départ d’un travail au niveau des experts et au sein des groupes spécialement créés chargés du rétablissement pratique de la réalisation à part entière de l’accord nucléaire.

Nous espérons qu’après l’interruption technique qui a été nécessaire à certaines délégations pour rendre compte aux capitales, tous les partenaires seront de nouveau disposés à travailler sans interruption et de manière intense. Nous ne voyons pas d’autre voie que de forcer ces consultations en s’appuyant sur l’expérience et les résultats des cycles précédents et en déterminant sur cette base les listes d’actions pratiques à entreprendre par les États-Unis et l’Iran pour assurer le respect rigoureux des exigences du Plan d’action appuyées par la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies.

La Russie travaille en ce sens depuis plus mois en restant attachée à ses engagements et en proposant des solutions appelées à aider les pays à chercher ou à former un accord de rétablissement. Nous y incitons les partenaires. Les contacts se déroulent sur tous les axes pratiquement sans interruption. Nous ne le faisons pas pour aider une partie concrète à atteindre un résultat. Nous partons du principe que le Plan d’action était initialement construit sur un équilibre des intérêts minutieusement calculé. Le retour de Washington (qui sous l’ancienne administration a rompu ses engagements et s’est unilatéralement retiré de cet accord) à l’accomplissement de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies ne fait pas l’objet de négociations. Toutes les infractions commises par les États-Unis doivent être corrigées. Nous espérons que l’Iran répondra par un « déblocage » réciproque de ses engagements, suspendus depuis deux ans (à cause des actions des États-Unis). Nous pensons que le mouvement synchronisé de Washington et de Téhéran permettra de faire revenir l’accord nucléaire dans un cadre durable. Nous y contribuerons par tous les moyens.

Notre représentation permanente est l’une des plus actives sur le plan médiatique des établissements diplomatiques de notre pays à l’étranger. Je vous conseille de suivre les informations qu’elle publie sur son site et sur les réseaux sociaux.

Question: Lors d’une récente rencontre avec les nouveaux ambassadeurs de plusieurs pays, le Président de la Fédération de Russie s’est adressé en premier lieu à la Slovaquie, soulignant ainsi l’importance et la volonté de la Russie d’améliorer ses relations avec cette nation slave parente. Ce fait a bien sûr été remarqué par notre diaspora et a été accueilli avec enthousiasme.

Malgré tout, un sérieux problème se profile. La Slovaquie est connue pour avoir utilisé le vaccin russe Sputnik V dans sa campagne de vaccination. Plusieurs milliers de citoyens slovaques et russes vivant en Slovaquie ont été vaccinés avec ce vaccin. En janvier-février 2022, cela fera 6 mois qu’ils auront effectué leur cycle vaccinal et devront recevoir une dose de rappel avec le Sputnik Light, qui n’est pas disponible en Slovaquie. La proposition de revaccination avec Pfizer est dangereuse et rencontre une résistance naturelle des citoyens. Nous parlons de milliers de personnes. Les gens me demandent, par exemple: Que dois-je faire ? Dois-je prendre l’avion pour Moscou, prendre un Sputnik Light et retourner en Slovaquie ? Il n’y a pas de vols directs entre la Russie et la Slovaquie. Uniquement via la Hongrie ou l’Autriche, et cette dernière est soumise à un verrouillage strict et à des amendes très importantes. Dans le même temps, on sait que la Russie et la Hongrie, pays voisin de la Slovaquie, négocient l’achat de Sputnik Light.

La Slovaquie a-t-elle approché la Russie pour acheter Sputnik Light? Peut-être qu’en marque de bonne volonté, le Ministère russe des Affaires étrangères pourrait proposer officiellement à la Slovaquie de fournir le lot nécessaire de Sputnik Light aux personnes vaccinées avec Sputnik V?

Réponse: Officiellement, la Slovaquie ne s’est pas adressée à nous concernant cette question. Si une telle demande était reçue, la partie russe serait prête à l’examiner.

La fourniture de produits de vaccination russes à l’étranger se base sur les demandes des gouvernements étrangers.

Question: Lors de la rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et le président américain Joe Biden, la partie russe a proposé d’annuler toutes les restrictions accumulées sur le fonctionnement des missions diplomatiques des deux pays. Selon Vladimir Poutine, cela pourrait contribuer à normaliser d’autres aspects des relations bilatérales. Que sait-on pour l’instant sur cette question? Les directives appropriées ont-elles été données?

Réponse: À la fin de chaque sommet, le Ministère russe des Affaires étrangères et les autres ministères sont chargés de mettre en œuvre les accords conclus. Ce sommet ne fait pas exception.

Quant à la question que vous avez soulevée, je n’ai rien à partager pour le moment. Je peux dire que le sujet est à l’ordre du jour de nos contacts bilatéraux avec les Américains.

Question: Dans la nuit de lundi à mardi, les médias gouvernementaux syriens ont rapporté qu’Israël avait bombardé la ville portuaire de Lattaquié à proximité d’une base militaire russe. Comment la partie russe évalue-t-elle ces actions israéliennes, étant donné que Lattaquié n’avait jamais fait l’objet d’une telle attention de la part d’Israël auparavant?

Réponse: Nous condamnons de telles actions. Je voudrais attirer votre attention sur le fait que la direction du Ministère des Affaires étrangères commente régulièrement ces sujets. Nous opposés au fait que la Syrie devienne une arène de confrontation entre des pays tiers.

C’est ce qu’a déclaré le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en réponse à une question similaire lors de sa conférence de presse conjointe avec le ministre israélien des Affaires étrangères, Yasser Lapid, à Moscou le 9 septembre 2021.

Question: Quelles instructions ont été données par le Ministère des Affaires étrangères à la suite des entretiens entre les présidents russe et américain, dans le cadre des groupes de travail mis en place à la suite du sommet de Genève?

Réponse: Même si, à titre personnel, je suis convaincue de la nécessité d’informer le public, je pense que le processus de travail passe avant tout. Je peux vous assurer que ce travail est en cours. Donnons à nos experts le temps de partager avec vous non pas des slogans, mais des faits et des résultats concrets. Vous serez informés, assurément.

Traduction officielle

Source: https://www.mid.ru/fr/press_service/video/-/asset_publisher/i6t41cq3VWP6/content/id/4988762


Voir aussi: 

Allocution d’ouverture de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors de son entretien avec Antony Blinken, Secrétaire d’État des États-Unis, en marge du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE, Stockholm, 2 décembre 2021

2 décembre 2021

Monsieur le Secrétaire d’État,

Chers collègues,

Je trouve importante notre rencontre en marge du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE. Cette Organisation est appelée à œuvrer pour renforcer la sécurité et la coopération sur la base d’un consensus entre tous les États parties. Antony Blinken et moi-même avons réaffirmé dans nos discours l’attachement à l’Acte final d’Helsinki et à d’autres documents fondamentaux de l’OSCE. Il est évident que nous interprétons différemment ces principes. Il ne fait aucun doute que la seule issue de l’état de crise actuel (qui est effectivement tendu) consiste à chercher un équilibre des intérêts. J’espère que c’est ce que nous allons faire aujourd’hui.

Notre rencontre n’est pas longue, mais au moins la délégation russe veut faire un pas sur la voie des accords fondamentaux conclus entre les présidents Vladimir Poutine et Joe Biden à Genève en juin dernier. Selon eux, malgré toutes les divergences (assez profondes, cela a été reconnu par les dirigeants), il faut que la Russie et les États-Unis fassent preuve d’une approche responsable, ayant conscience de la signification de nos États pour la stabilité et la sécurité mondiales, notamment dans la région euro-atlantique. Il existe plusieurs processus lancés après le sommet de Genève: le dialogue sur la stabilité stratégique (qui se déroule régulièrement et dont le troisième cycle est prévu pour début 2022), et un canal sur les problèmes de cybersécurité.

Il existe des problèmes « domestiques » auxquels sont confrontés les diplomates de Russie aux États-Unis. En réponse, nous avons dû créer des conditions similaires et comparables pour les diplomates américains dans notre pays. Je trouve que c’est l’un des sujets qu’il est possible de régler rapidement et qui permettrait d’envoyer le signal que nous pouvons nous entendre, comme le souhaitent nos présidents.

Je souligne que nous souhaitons unir les efforts pour régler la crise ukrainienne. Les collègues américains ont dit plusieurs fois qu’ils voulaient aider le Format Normandie sans le détruire, en rétablissant un canal de dialogue à part comme sous l’ancienne administration de la Maison blanche. Nous y sommes prêts. Il sera intéressant d’entendre des explications d’Antony Blinken concernant les déclarations qui viennent d’être faites à la réunion plénière. Il a mentionné les termes des Accords de Minsk à remplir par la Fédération de Russie. J’attends des explications avec impatience. J’espère que cela permettra de s’orienter concernant les approches qui seront promues par les États-Unis concernant le processus de paix en Ukraine.

Tout le monde parle de la tension grandissante en Europe, notamment à la frontière entre la Russie et l’Ukraine. Vous connaissez bien notre avis sur ce point. Comme l’a souligné le Président russe Vladimir Poutine, nous ne voulons aucun conflit. Nos partenaires de l’Otan déclarent que personne n’a le droit de dicter à un pays souhaitant adhérer à l’Otan s’il peut le faire ou non. Ce à quoi nous citons les termes du droit international stipulant que chaque État a le droit de choisir les moyens de garantir ses intérêts légitimes en matière de sécurité. N’oublions pas le principe de sécurité indivisible, proclamé plusieurs fois et notamment à l’OSCE et au Conseil Otan-Russie: personne ne doit renforcer sa sécurité au détriment de celle des autres. L’expansion de l’Otan vers l’Est affectera forcément les intérêts fondamentaux de notre sécurité.

Nous avons de quoi parler. Plusieurs autres thèmes figurent à l’ordre du jour, mais je m’arrêterai là.

Source: https://www.mid.ru/fr/posledniye_dobavlnenniye/-/asset_publisher/MCZ7HQuMdqBY/content/id/4978006

Imprimer