Je me suis rendue dans le camp de réfugiés palestiniens de Chatila en 2006. A peine étais-je entrée, j’ai ressenti un tel malaise que j’ai dû en sortir, à la surprise de mon guide palestinien officiel. La misère nue que j’avais entrevue à l’intérieur des minuscules masures et les regards résignés que j’y avais croisés, m’avaient terrifiée. Depuis, je n’ai eu de cesse de me demander pourquoi les fonctionnaires de l’ONU, les médias institutionnels, les responsables du mouvement international de soutien au peuple palestinien, les ONG (Amnesty, Human Rights Watch), ne dénoncent pas comme il le faudrait les conditions terribles des millions de réfugiés qui croupissent dans des camps infâmes au Liban, à Jabalya, à Balata, etc… depuis 1948. Pourquoi un tel abandon ? Parce que cela reviendrait à mettre en évidence les crimes d’un Etat – Israël – fondé sur la violence et l’épuration ethnique, et à exiger le droit au retour de ces réfugiés palestiniens. [Silvia Cattori]


Sabra – Chatila. Poster Project Archives


Par Sylvain Cypel
Paru le 26 OCTOBRE 2018  sur “Orient XXI”