Ce texte écrit en toute sincérité par un journaliste américain en 2006, c’est toujours intéressant de le lire après le temps. ASI

[Une visite effectuée en Syrie, en Israël et en Palestine m’a fait comprendre quels sont les obstacles – tant physiques que politiques – qui empêchent une [improbable] paix au Moyen-Orient. Scott McConnell]

Par Scott McConnell

Paru dans The American Conservative le 3 juin 2006

Officiellement, nous étions une délégation d’Eglises pour la Paix au Moyen-Orient [CMEP – Churches for Middle East Peace], une association aux buts nobles mais fauchée comme les blés, créée afin de faire entendre la voix des Eglises américaines non-sectaires sur cette question vitale. Plus simplement dit, nous étions douze Américains, qui suivions un programme bien rempli de visites en Syrie, en Jordanie, en Israël et en « Palestine » – ne cessant de monter dans un bus ou d’en descendre, cornaqués d’une rencontre à une autre, observant un rythme quotidien qui n’était pas sans évoquer celui d’enfants embarqués dans un long voyage scolaire.

Nos rencontres suivaient un modèle rapidement devenu familier : la présidente de la CMEP, Corinne Whitlatch commençait par présenter l’association et ses positions – qui se résument au soutien à une solution à deux Etats en Israël et en Palestine et un statut, pour Jérusalem, qui reflète l’importance de cette ville pour deux peuples et les trois religions abrahamiques – après quoi nos hôtes se présentaient à leur tour ; nous posions des questions, échangions de menus cadeaux, prenions la pose pour la photographie souvenir. Puis nous reprenions le bus, vers notre nouvelle halte. Finalement, on commença à s’interroger sur la manière dont notre assoc’ pouvait bien apparaître aux yeux de ceux qui nous recevaient : pourquoi, se demandaient-ils sans doute, les Eglises les mieux implantées en Amérique ont-elles aussi peu d’influence sur la politique réelle de l’Amérique ? Mais nos hôtes ne furent jamais assez indélicats pour poser abruptement cette question (bien que pratiquement tous les intellectuels arabes que nous ayons rencontrés l’aient subtilement amenée, sans pour autant brandir le désormais célèbre papier de Stephen Walt & John Mearsheimer !…)

Notre première escale fut Damas, cette capitale qui a pratiquement acquis le statut plénier de repaire de l’« axe du mal » dans la Washington de George Deubeuliou Bush. La Syrie est soumise à des sanctions adoptées à la va-vite par le Congrès en 2003 ; l’ambassadeur des Etats-Unis en a été rappelé à des fins de « consultations » et le chargé d’affaires qui en tient lieu nous explique que la politique américaine consiste à « geler » le pays… Un officiel syrien – supportant manifestement très bien la congélation ! – s’avère ravi d’accueillir notre groupe et d’honorer une association telle la nôtre (et de démontrer, par la même occasion, à ses concitoyens sa maestria en la matière).

Ainsi, dès notre première matinée, nous avons été reçus en audience par le Président Bashar al-Assad. Une escorte de motards nous a promptement fait gravir la montagne [qui domine Damas, ndt], jusqu’à un palais présidentiel de marbre blanc ; nous avons eu notre photo dans le journal du lendemain ; nos allées et venues ont été couvertes par la télévision syrienne. Elancé et un peu dégingandé, diplômé d’ophtalmologie à Londres, Assad est particulièrement bien informé, et il ne tourne pas autour du pot. Pour un chef d’Etat (et a fortiori, pour un dictateur…), il est plutôt relax : il pourrait passer pour un prof cool de biologie ou d’informatique d’une université américaine. Il a essentiellement hérité sa fonction de feu son père, Hafez al-Assad – des posters les montrant côte à côte sont omniprésents, à Damas –, lequel père avait accédé au pouvoir en 1970 par un coup d’Etat. Il est alaouite – les Alaouites constituent une minorité (religieuse) chiite, en Syrie – et son régime est aussi sensible aux tensions ethniques qu’aux dissensions politiques. Les chrétiens, qui représentent un dixième de la population de la Syrie et une proportion bien plus élevée de ses cadres, sont dans une position minoritaire similaire aux Alaouites, et ils se sentent probablement plus à l’aise dans la très cosmopolite Damas que partout ailleurs au Moyen-Orient…

Le fondamentalisme islamique préoccupe Assad : il reconnaît que les islamistes feraient un carton, s’il y avait des élections. Avant même la démocratie, nous explique-t-il, la Syrie a besoin d’une « remise à niveau » : davantage d’éducation, moins d’analphabétisme, généralisation d’Internet – après quoi, les extrémistes islamistes auraient moins d’audience. C’est sans doute là un argument ‘pro domo’ ; mais pas nécessairement erroné… Il y a d’authentiques démocrates libéraux dans l’opposition syrienne, mais les chances qu’ils émergent du chaos qui résulterait du renversement d’Assad sont minimes, voire quasiment nulles.

Un demi million de Palestiniens vivent dans des camps de réfugiés ressemblant à des bidonvilles, autour de Damas : ils constituent une sorte de joker politique, un élément potentiellement incontrôlable dans la vie politique syrienne. Assad nous dit qu’ils pourraient retourner dans un Etat palestinien institué en Cisjordanie ; il n’évoque même pas la possibilité qu’ils retournent un jour dans leurs foyers ancestraux, par exemple à Haïfa. La Syrie officielle est tout à fait réaliste en ce qui concerne l’existence d’Israël, et elle est désireuse de cueillir les bénéfices concrets d’un éventuel règlement du conflit.

Damas n’est certes pas une capitale opulente. Mais c’est une métropole où rien ne choque. Nous n’avons vu aucun militaire dans la ville, pratiquement aucun mendiant, et les rues donnent un sentiment de sécurité. Le trafic m’a rappelé la Chine des années 70, aux villes encombrées de motos et de petites camionnettes. Des télés en noir et blanc étaient allumées dans les nombreux commerces ouverts très tard dans la nuit, mais peu achalandés. Dans le quartier chrétien, où nous résidions, les trottoirs étaient bondés de jeunes hommes et de jeunes femmes flânant en groupes unisexes, qui se regardaient mutuellement du coin de l’œil, mais se mélangeaient rarement.

Le voile est en train de marquer des points : près de la moitié des femmes, dans la ville, le portent désormais, et étant donné qu’il n’y a nulle police religieuse qui imposerait des codes vestimentaires, il est évident qu’il s’agit de leur libre choix. Même si cette tendance reflète sans doute la montée d’un Islam fondamentaliste, à Damas, tout au moins, cela semble plutôt correspondre à une mode ; ça n’est en tous les cas certainement pas une volonté de mettre un couvercle sur la sensualité féminine… A Damas, beaucoup de ces femmes « voilées » portent des vêtements moulants et soulignent leurs yeux d’un maquillage plutôt provoquant…

Étant une association religieuse, nous avons rencontré des évêques des Eglises chrétiennes et d’éminents clercs musulmans. L’intérêt manifesté par nos hôtes syriens à recevoir quasi officiellement un groupe qui n’a pratiquement aucun pouvoir dans la vie politique américaine était remarquable. Le Sheïkh Kuftaro, de la Fondation Islamique, par exemple – il s’agit d’une très importante institution, avec près de huit mille étudiants – a rassemblé, à dix heures du matin, un chœur de collégiennes et un groupe de près de vingt clercs et professeurs invités à « dialoguer » avec nous. Huit parmi ces enseignants étaient des femmes, voilées de pied en cap, incapables de serrer la main aux hommes, dans l’alignement de la réception, se contentant de sourire et de porter la main sur leur cœur, tandis que nous défilions devant elles. Mais, s’empressèrent-elles de nous informer, elles étaient qui professeur de littérature comparée, qui docteur en médecine, ou en pharmacie, et elles étaient très avides de conversation avec nous, en particulier avec les femmes de notre délégation (présidée par une femme, je le rappelle). Hélas, nous ne disposions que d’une petite heure, et après les hymnes exécutés par le chœur, les présentations, un résumé sur la Syrie pluriconfessionnelle et la manière dont les prophètes juifs et chrétiens sont honorés par l’Islam, il nous fallut déjà repartir, à regret. Les jeunes femmes syriennes étaient manifestement désappointées ; elles étaient peut-être frustrées de n’avoir pu démolir les préjugés de leurs hôtes américains au sujet des femmes supposées être de simples numéros, en Islam (ou bien peut-être voulaient-elles nous convertir ?…) Mais, comme toujours, le bus attendait…

Nous avons passé une partie de l’après-midi à la résidence de l’Ambassadeur des Etats-Unis, à écouter nos diplomates en train de nous expliquer de quelle manière ils exercent une pression économique et politique sur le régime d’Assad et l’absence de progrès, en Syrie, vers une véritable réforme. ‘Off the record’, autour d’une table de rafraîchissements, le ton finit par s’adoucir : tous nos diplomates, sans exception, adoraient leur séjour à Damas, et ils étaient enchantés de leur découverte de la Syrie non-officielle. Je dis à l’un d’entre eux que, la veille, dans l’après-midi, nous avions assisté à un concert dans la plus grande église grecque orthodoxe de la ville et que nous avions entendu des chœurs d’hommes, de femmes et d’enfants, interpréter des cantiques et aussi des chants folkloriques. Il s’agissait d’un événement de grande ampleur, très protocolaire, une pierre miliaire dans le calendrier chrétien damascène. A voir les jeunes choristes arborer fièrement leur uniforme ou leurs mères cajoler leurs frères et sœurs encore bébés ou rassembler leur marmaille après l’événement, on aurait pu aisément se croire à une réunion de rupture de jeûne, avant Pâques, au Couvent du Sacré-Cœur de New York, ou dans n’importe quelle grande école paroissiale du monde occidental… Je dis à un des diplomates qu’il y a beaucoup de gens, dans les couloirs du pouvoir, dans la Washington de Bush, qui ne désirent rien tant qu’écraser le régime syrien au service de la « révolution démocratique planétaire » – ou je ne sais trop quel slogan en vogue (peu importe), à l’American Enterprise Institute – et que cet écrasement aurait des conséquences tragiques incalculables pour la communauté dont nous avions partagé la célébration, la veille. Il hocha la tête, avec un air de résignation accablée.

Nous passâmes la journée suivante à rouler en Jordanie, nous arrêtant dans la cité romaine antique de Jerash. Les ruines ne m’émeuvent généralement pas, mais aucun d’entre nous n’a pu ignorer le choc que représente le retour dans le « marché global ». A peine avions-nous mis un pied hors du bus que déjà, nous étions assaillis par une bande de petits garçons en haillons, criant « Mister, Mister » et cherchant à nous vendre des cartes postales et des ombrelles, suivis immédiatement d’hommes en djellaba tentant de faire la même chose. A Damas, vous pouvez être accueilli par un sourire et une expression polie d’intérêt pour le pays d’où vous venez, voire, occasionnellement – dans un souk – par une invitation : « s’il vous plaît, entrez, et voyez mes poteries »… Mais l’isolement de la Syrie a cet effet bénéfique que le réflexe consistant à se surpasser dans la course au pouvoir d’achat occidental n’y a pas encore d’emprise.

La proximité entre Israël et ses voisins relève du cliché. Beyrouth est Damas ne sont qu’à quelques heures en voiture. Une fois franchi le checkpoint israélien du Pont Allenby – un calvaire de six heures – il ne nous restait plus qu’une heure de route de montagne pour atteindre Jérusalem, qui pourrait entrer, même en y ajoutant ses banlieues Bethléem et Ramallah, dans les limites géographiques de la ville de New York…

Le nationalisme moderne a infligé une cruelle blessure à une région jadis variée culturellement, mais géographiquement unie. Et il n’est nullement surprenant d’entendre des prélats chrétiens dire de la « période romaine », voire même de « l’empire ottoman » qu’ils étaient préférables à aujourd’hui. Néanmoins, il est difficile d’imaginer une solution, au Moyen-Orient, qui n’obéisse pas à la logique des Etats-nations, ou comme le dit la CMEP, de « deux Etats viables, Israël et la Palestine… côte à côte, avec des frontières sûres et reconnues. »

L’après-midi touche à sa fin lorsque nous arrivons, et nous nous garons dans la cour du bâtiment de la Fédération Luthérienne Mondiale, sur le Mont des Oliviers. L’air est frais, le soleil brille, les collines semblent onduler sous la chaleur, et le Dôme du Rocher étincelle, à nos pieds. C’est une scène d’une beauté surnaturelle. Mais la situation humaine, et politique, comme nous allions l’entendre dans la bouche de pratiquement tous nos interlocuteurs, durant toute la semaine suivante, est horrible. Et elle ne cesse de se détériorer, rapidement. Deux mois avant notre arrivée, le Hamas avait remporté les élections palestiniennes, et aucun des Palestiniens que nous avons rencontrés – dont aucun n’avait voté Hamas – n’a manqué d’exprimer la fierté qu’il retirait de ce processus électoral rigoureusement démocratique. « Ce fut un accouchement sans le moindre problème, mais le bébé ne va pas bien… », observa un conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas. Le processus de paix, lui aussi, ne va pas bien du tout ; il est même mourant. Ce processus de paix qui avait insufflé tellement d’espoir, dans la région, au début des années 1990…

Rétrospectivement, ces espoirs, qui avaient brillé de mille feux dans la gauche et le centre en Israël, et virtuellement chez tous les Palestiniens, étaient sans doute fondés sur un malentendu : les Palestiniens croyaient qu’en échange de leur reconnaissance d’Israël et de leur renonciation à leur revendication de la Palestine historique, ils pourraient créer un Etat viable et totalement souverain en Cisjordanie et dans la bande de Gaza – ces territoires conquis par Israël lors de la guerre de juin 1967 ; les Israéliens, de leur côté, pensaient qu’ils pourraient ne rien céder de ce qu’en réalité ils voulaient se garder pour eux tous seuls, tout en se débarrassant de leur « problème palestinien » une bonne fois pour toutes…

La géographie, tant à l’intérieur de Jérusalem qu’aux alentours, jette une lumière crue sur le hiatus entre les deux visions géographiques des choses. Avec beaucoup d’autres Américains, j’ai eu des moments d’impatience, devant ces négociations apparemment interminables, à la fin des années 1990, quand le « statut définitif » était – tout au moins, nominalement – en cours d’examen. Les Israéliens, lisait-on partout après la rupture des négociations de Camp David [II], étaient prêts à donner à Arafat 97 % de la Cisjordanie (ou bien était-ce plutôt 94 % ? Qu’importe…) On avait l’impression que c’était pratiquement tout le barda, plus des compensations territoriales pour le restant, prises sur le territoire d’Israël « proprement dit ». Tandis que le métrage offert aux Palestiniens variait d’un article de presse à l’autre, cela amenait à une seule et unique conclusion : quels besoin les Palestiniens éprouvent-ils de chipoter ainsi sur quelques hectares de terres, représentant un tout petit pourcentage de la Cisjordanie, alors que la perspective d’un véritable Etat indépendant était à portée de leur main ? Bien sûr, je savais qu’Israël construisait un mur de séparation qui mordait sur les frontières internationalement reconnues d’Israël et je m’efforçais de lire avec l’attention requise les articles de la New York Review of Books, avec leurs cartes détaillées et leurs nombreuses notes de bas de page de l’Observatoire de la Colonisation (dépendant du mouvement israélien La Paix Maintenant) et de B’Tselem, avec leurs myriades de références à de nouvelles colonies israéliennes dont je n’arrivais même pas à prononcer les noms. Mais cela semblait excéder ce que nous avions réellement besoin de savoir, nous qui en tenions, en matière de justice (et aussi, ce n’est sans doute pas un hasard, de confort moral pour l’Amérique…), pour une « solution à deux Etats »…

Mais cette attitude quelque peu je-m’en-foutiste au sujet de quelques pourcentages de métrage de la Cisjordanie, de-ci, de-là, ne saurait persister après une visite à Jérusalem, Bethléem et Ramallah. Quand nous arrivâmes, les électeurs israéliens venaient d’accorder une victoire étriquée au parti centriste Kadima d’Ehud Olmert, tandis que le Hamas s’efforçait de mettre un cabinet gouvernemental sur pied. Comme nous l’ont dit plusieurs intellectuels palestiniens et des représentants officiels d’Eglises américaines en Terre sainte, le Hamas était pain béni pour la droite israélienne. Avec le passé terroriste de cette formation et sa réticence à reconnaître Israël, le gouvernement Olmert dispose d’une excuse crédible pour ne pas négocier avec les Palestiniens, et il ne sera pas soumis à une quelconque pression américaine pour autant. Comme par hasard, toute l’année dernière, Israël avait aussi refusé de négocier avec le président palestinien Mahmoud Abbas, pour des raisons qui étaient moins évidentes, étant donné qu’Abbas a clairement reconnu Israël et qu’il s’efforce de rechercher une voie pacifique vers l’instauration d’un Etat palestinien.

Pour l’essentiel, la politique de ‘convergence’ [hitkansout – redéploiement en Cisjordanie, ndt] – une voie initiée par Ariel Sharon – consiste, pour Israël, à déterminer unilatéralement ses frontières, en se retirant de colonies isolées [de Gaza, à l’époque de Sharon] et de Cisjordanie, et en construisant un mur – qui prend par endroit la forme d’une structure de béton armé haute de huit mètres – jusqu’à des frontières déterminées à sa convenance, afin de se séparer des Palestiniens. Bien qu’à moitié construit seulement, ce mur représente manifestement un obstacle pour les kamikazes, et personne n’aurait pu y objecter de manière plausible, eût Israël décidé de l’ériger exactement sur le tracé de la frontière de 1967 – la frontière israélienne internationalement reconnue. Mais le tracé du mur étend considérablement le territoire israélien et, ce, dans des régions clés. Il englobe en totalité la région de Jérusalem, y compris les quartiers historiquement palestiniens de la ville, et il fait incursion vers l’est, constituant diverses péninsules et des sortes de pseudopodes à l’intérieur de la Cisjordanie, afin d’englober diverses colonies israéliennes de construction récente. Tracer le mur de manière à ce que les colonies se retrouvent du bon côté – israélien – et s’assurer que ces colonies auront assez de marge pour s’étendre et accéder aux nappes phréatiques dont elles pourraient avoir besoin, tout en veillant à satisfaire à l’exigence implicite que le mur soit construit en permanence sur des « terrains élevés », voilà qui semble « obliger » Israël à annexer bien plus de terres encore que les colonies n’en occupent par elles-mêmes…

L’impact de la construction du mur sur les principales villes palestiniennes de Cisjordanie est dramatique. Ainsi, par exemple, Bethléem est désormais enserrée sur deux côtés par le mur, et le reste de cette ville est cerné par une autoroute exclusivement réservée aux colons israéliens. Coupée de son hinterland agricole, manquant d’espace pour s’agrandir – voir même, simplement, où garer sa voiture – Bethléem, dans la vision d’Olmert, est destinée à devenir un ghetto urbain, cerné de hautes murailles de béton.

À l’Est de Jérusalem (on la voit depuis le Mont des Oliviers), il y a la nouvelle colonie de Ma’ale Adoumim, laquelle est reliée à Jérusalem par son propre hinterland, appelé « zone E-1 ». Cet ensemble de terrains vagues et de nouvelles banlieues s’étend, vers l’Est, à perte de vue à l’intérieur de la Cisjordanie, coupant de fait en deux le futur (hypothétique) Etat palestinien. En même temps, à l’intérieur de la zone dite « palestinienne », les checkpoints militarisés israéliens sont omniprésents, sous deux variétés : fixes, et volants… Même si on arrivait à mettre de côté la signification religieuse de Jérusalem pour les musulmans, les parties orientales de la ville n’en sont pas moins le cœur économique et culturel de la Cisjordanie – reliées comme elles le sont avec les villes palestiniennes de Ramallah et de Bethléem, tout comme McLean [qui est située en Virginie] et Bethesda [qui est située dans l’Etat du Maryland] sont indissociables de Washington [District of Columbia]. Mais le mur coupe en réalité Jérusalem des Palestiniens de Bethléem et de Ramallah. Si un homme de Bethléem veut épouser une Arabe de Jérusalem, le couple devra affronter des années de tracasseries administratives pour obtenir un permis de résider à Jérusalem. Et, d’ici là, ils ne pourront pas vivre ensemble.

Le mur sépare les paysans palestiniens de leurs terres, et les ouvriers palestiniens de leurs emplois ; il divise des familles et il barre l’accès aux hôpitaux dans lesquels les Palestiniens allaient habituellement se faire soigner ; il empêche leurs enfants de poursuivre leurs études. Dans le quotidien progressiste israélien Ha’aretz, qui publie des infos très rarement diffusées par les médias américains, l’éditorialiste Amira Hass écrit : « Les Palestiniens vivant sous occupation israélienne sont emprisonnés dans une jungle de barrières physiques, corporelles, de tous types et dimensions (des checkpoints, des routes bloquées, des barrières, des murs, des portails en fer, des routes fermées au trafic, des digues de terre, des cubes de béton) et par un assortiment fréquemment remis à jour d’interdictions et de limitations. » Le mur et les barrages routiers, cela a pour effet que l’Université de Bethléem, un établissement catholique créé voici une trentaine d’année avec le soutien du Vatican, a de plus en plus de mal à former ses étudiants, les déplacements pour aller en cours et en repartir étant devenus quasi impossibles.

Quand on discute avec des militants et des intellos palestiniens, on entend souvent le mot « bantoustan », qualifiant les multiples cantons résultant du morcellement de la Cisjordanie, aboutissant à des municipalités où les Palestiniens en sont réduits à pratiquer l’ « autogestion » tout en ayant besoin de l’acquiescement d’Israël pour tout déplacement et l’acheminement de n’importe quelle marchandise. C’est clairement un terme polémique, qui associe Israël à l’apartheid sud-africain, et un autre mot serait sans doute nécessaire. Mais il est évident que les frontières qu’Israël est en train de se tracer pour lui-même actuellement ne laissent aucun espace permettant à un Etat palestinien d’être viable. Le Dr. Mahdi Abdul Hadi, du PASSIA, une boîte à idées sise à Jérusalem, explique que les Palestiniens ont créé le mot « Palestan » [un ‘mix’ entre « Palestine » et « bantoustan », ndt] pour désigner les zones où ils sont confinés – autour de la ville de Naplouse, au Nord, ou encore autour d’Hébron… Autour de Ramallah… Même chose, pour la bande de Gaza… Il s’agit de quatre cercles, entourés par la zone de sécurité israélienne qui longe le Jourdain, séparés dans un sens par le complexe Ma’ale Adoumim – Zone E-1 et dans l’autre sens par le réseau de routes exclusivement réservées aux Israéliens, sans oublier les checkpoints !

L’économie palestinienne était en chute libre déjà avant l’élection du Hamas et la suppression de l’aide économique occidentale. L’émigration de la classe moyenne chrétienne est en train de s’accélérer : des étudiants avec qui nous avons discuté, à l’Université de Bethléem, nous ont dit n’avoir aucune perspective d’emploi en Palestine. Un jeune homme s’est exclamé, avec un ton de défi totalement insincère : « Nous n’abandonnerons jamais notre patrie ! », puis il a souri, nous expliquant qu’il ne s’agit d’un « slogan émotionnel », et de rien d’autre. S’il veut trouver du travail, il sera bien obligé de partir.

Les Israéliens sont ravis. Si on refuse aux personnes formées la possibilité de voyager, de trouver du travail, de fonder une famille dans des conditions normales, alors elles rechercheront une autre possibilité. La politique qui enferme les Palestiniens dans un labyrinthe de restrictions ne peut pas être qualifiée carrément d’épuration ethnique : il s’agit de quelque chose de moins brutal, d’une politique toujours imposée sous un vernis de légalité. Mais le résultat est exactement le même.

C’est en tous les cas l’impression terrible qu’a retirée notre groupe d’une semaine de rencontres à Bethléem et Jérusalem avec des intellectuels et des militants palestiniens, des organisations israéliennes de défense des droits de l’homme, les évêques et les représentants officiels des principales Eglises, et des employés d’organisations humanitaires internationales. Excepté un brigadier général israélien, qui se fit l’avocat intarissable du point de vue gouvernemental israélien, et le consul général d’Amérique, qui fut une caricature d’hypocrisie et de nonchalance au sujet de la catastrophe humanitaire qui est suspendue au-dessus de la Cisjordanie, tous les gens avec lesquels nous avons conversé étaient pessimistes. « J’aurais aimé pouvoir vous donner de meilleures nouvelles » fut une phrase que nous avons bien entendu au moins une douzaine de fois. L’essentiel des plaintes portaient sur le fait que les agissements d’Israël, depuis dix ans, obéraient effectivement toute possibilité d’une solution à deux Etats et que la société palestinienne était sur le point de s’effondrer, avec l’intensification de tous les maux sociaux – et tout ceci, avant même que la suppression des aides à l’Autorité palestinienne, organisée par l’Amérique, n’ait commencé à produire leur effet, qui s’annonce totalement catastrophique.

Il est un truisme sociologique que Tocqueville releva jadis : il n’est pas de période plus dangereuse pour un système social que celle où une amélioration progressive prend brutalement fin : « Des maux, qui avaient été supportés avec patience aussi longtemps qu’ils semblaient inévitables, deviennent subitement intolérables quand l’idée de pouvoir y échapper a été suggérée. » L’occupation israélienne, que les Palestiniens ont subie tout au long des années 1970 et 1980, semblait, après Oslo, en voie de prendre fin. Et puis, soudain, avec l’échec du processus de paix, voici que cette idée de salut se retrouvait subitement forclose. La seconde Intifada, inévitablement écrasée dans le sang par Israël, suivit, ne laissant derrière elle rien d’autre qu’un désespoir de plus en plus profond. Comme nous l’a dit l’évêque anglican Riah Abu al-Assal : « Quand vous n’avez plus de quoi acheter du pain, la mort vaut davantage que la vie ».

Ainsi, on peut imaginer que la Palestine risque de devenir ce qu’elle n’avait jamais été historiquement, à savoir un terrain de recrutement pour Al-Qa’ida, ou comme le dit la présidente de B’Tselem Jessica Montell : « un vivier où élever des terroristes pour le monde entier. » Mme Montell, originaire de Californie, jeune et dynamique, a toujours un look américain. Cela m’a amené à me demander comment il se fait que cette jeune femme juive progressiste, qui a fait sa « aliyah », comprenne mieux les réalités stratégiques de la lutte contre le terrorisme que 99 % des vieux riblons du Congrès des Etats-Unis ? B’Tselem est sans doute le meilleur organisme pourvoyeur d’études et de documentation sur l’impact de la politique israélienne sur les Arabes palestiniens. Son point de vue, cela va de soi, n’est pas largement partagé en Israël. De fait, explique Mme Montell, l’attitude dominante consiste à penser que, pour Israël, le problème palestinien est réglé. « Ils ont voté pour le Hamas, donc… », et « Israël n’a pas de partenaire, alors… » : telles sont les phrases, quasi rituelles, que l’on entend en Israël, à tout bout de champ.

Alors, quelles sont les options, mis à part le désespoir et l’attente que la situation continue à empirer ? Mitri Raheb est un Palestinien luthérien. Il a créé le Centre International de Bethléem. Théologien, svelte, réfléchi, la calvitie naissante, Mitri Raheb est un intellectuel capable de trouver de nouvelles choses à dire au sujet d’une situation qui génère des millions de mots de commentaires chaque semaine. Son centre, construit grâce à des fonds collectés en Europe, est un témoignage de sa vision : il est temps, pour les Palestiniens d’ « arrêter de geindre » et de se mettre à bâtir leurs propres institutions. C’est très difficile, reconnaît-il, de construire un Etat, sous occupation étrangère – on n’a jamais demandé à aucune autre société de faire ça… – mais les Palestiniens n’ont pas d’autre choix. Son centre comporte une salle d’exposition pour les œuvres des étudiants en beaux-arts, des programmes de formation professionnelle pour les ouvriers non-qualifiés, des salles de conférence, il offre des cours de formation générale – il s’agit d’un effort pour élever la conscience politique et sociale des Palestiniens. « Notre rôle de chrétiens, c’est de donner un avant-goût de ce à quoi la Palestine ressemblera – c’est de bâtir des faits, sur le terrain, qui soient aussi réels que le mur », dit-il. « Retournez dans vos paroisses », nous exhorte-t-il, « et demandez à vos paroissiens de nous aider à construire un Etat. Israël, lui aussi, n’aurait jamais pu être construit sans l’aide américaine ». Son discours effectue quelques détours surprenants vers l’autocritique : « Les chrétiens palestiniens mettent tous leurs œufs dans le panier du nationalisme arabe, qui s’est avéré un échec retentissant, à une époque où toutes les identités antérieures au vingtième siècle sont en train de s’affirmer ..». A l’appui, il cite un certain Tony Blair, qui a récemment décrit sa vision de « deux Etats, côte à côte : un Etat musulman, et un Etat juif ». « Mais la langue de Tony Blair a sans doute fourché… », commente-t-il, avec un sourire forcé.

Raheb continue à se faire l’avocat, pour la forme, d’une solution à deux Etats. Mais la douceur de sa personnalité ne fait qu’émousser ce qui est en réalité une analyse plus tranchante : « L’Etat appelé ‘palestinien’ a échoué », dit-il. Mais « quand des dirigeants israéliens viennent nous voir, nous leur disons que l’ensemble du projet israélien a échoué, lui aussi. La ghettoïsation des Palestiniens ne saurait représenter l’accomplissement du rêve juif… Si vous lisez sérieusement la Bible, jamais un projet nommé Israël n’a connu le succès. Ses dirigeants ont péché contre Dieu. Un Etat national ne peut en aucun cas – jamais – répondre aux aspirations d’un peuple… Le temps est venu de nous repentir. Israël exhorte les Eglises à se repentir, depuis des décennies. Maintenant, le temps est venu, pour Israël, de se repentir. Je sais que c’est là quelque chose de difficile à dire, aux Etats-Unis ; mais la plupart des hommes d’Eglise sont des lâches : ils sont tout simplement incapables de dire la vérité… »

Gosh ! Notre groupe a eu quelque difficulté à digérer ça ! « Euh, Mitri, êtes-vous en train de suggérer que la CMEP renonce à sa défense de la solution à deux Etats ? », demanda l’un d’entre nous. Il répondit, finalement, que non – pas encore ; il y a peut-être encore une mince meurtrière d’opportunité encore ouverte, pour une solution à deux Etats. Mais il nous a averti de ce qui était devant nous : Israël va utiliser son énorme puissance de marketing pour vendre ses frontières fixées unilatéralement sous l’étiquette « solution à deux Etats », avec des frontières qui donneront Ma’ale Adumim à Israël et les trous du gruyère aux Palestiniens, avec des tunnels reliant entre elles les diverses réserves palestiniennes, leur permettant de passer de l’une à l’autre, sous terre, comme des rats…

Mitri n’est pas le seul à penser cela : d’autres Palestiniens éminents sont eux aussi en train d’envisager la fin de la « diplomatie des deux Etats ».

Pour notre dernière journée de séjour, nous sommes sortis de Ramallah, en empruntant des pistes poussiéreuses, si bien que notre trajet d’environ vingt kilomètres nous a pris une heure, et nous sommes finalement arrivés devant le palais présidentiel où Mahmoud Abbas exerce le peu de pouvoir qu’il détient à la tête de l’Autorité palestinienne. Nous étions à la mi-avril, et le gel européen et américain imposé au nouveau gouvernement Hamas commençait tout juste à être en vigueur. Nous avons rencontré plusieurs membres de l’Unité Logistique des Négociations, un service de l’Autorité palestinienne créé afin de donner des conseils en matière juridique et stratégique aux Palestiniens engagés dans des négociations avec les Israéliens – mis à part le petit détail qu’il n’y a pas de négociations à gérer, ni la moindre perspective de négociations dans un avenir prévisible… Ainsi, nous étions assis, dans une pièce, en compagnie de professionnels palestiniens laïc, compétents, formés à l’occidentale, et nous buvions du thé dans un bâtiment administratif de construction récente – le tout, avec le sentiment qu’une catastrophe humanitaire et / ou une guerre civile n’étai(en)t qu’une question de mois, mais que nous ne pouvions strictement rien faire pour éviter ça. Issa Kassissieh dit que l’Occident a pris une décision du type « kill quickly » [= « tuer tout de suite »] au sujet du Hamas, dans l’espoir que la suppression des aides aurait entraîné un effondrement rapide du gouvernement palestinien élu dernièrement. Il rend l’Occident responsable de l’élection du Hamas, en faisant observer que durant l’année où Abbas a dirigé l’Autorité palestinienne, il n’a pas été en mesure de négocier le retrait d’un seul checkpoint israélien.

Il y a un consensus sur une solution à deux Etats, en Palestine, et ce consensus inclut la plupart des électeurs du Hamas, mais celui-ci n’a pas disposé de l’espace nécessaire pour s’élever au-dessus de ses positions historiques, ni le temps nécessaire pour explorer les manières dont il pourrait se réconcilier avec cette réalité qu’est Israël.

Kassissieh nous confie que l’Autorité palestinienne a commencé à débattre de l’option consistant tout simplement à se dissoudre elle-même : elle n’a nulle intention de gérer l’occupation par Israël d’une Palestine non-souveraine et non-viable. On voit aisément à quel point ce choix – ressemblant à l’attitude consistant à se laisser tomber inerte sur le sol, quand on est menacé d’arrestation, lors d’une manifestation pour la défense des droits de l’homme – aurait de quoi séduire après que toutes les autres issues aient été condamnées. Israël, en tant que puissance occupante, serait responsable de la crise humanitaire qu’il a lui-même créée, et les Palestiniens pourraient commencer à organiser la protestation pour réclamer leurs droits civiques dans le pays qui se targue de les gouverner. Je ne sais pas si cette option nous a été présentée à seule fin de marquer un point rhétorique pour notre édification, ou bien s’il s’agit d’une alternative sérieusement envisagée. Mais cela permettrait réellement de remettre les pendules à l’heure ; ce serait une manière de renverser immédiatement le déroulement inexorable d’un jeu perdu d’avance.

Au milieu de notre séjour, nous avons passé une heure en compagnie de Victor Batarseh, le maire de Bethléem, un septuagénaire très courtois, catholique. Comme pratiquement tous les Palestiniens, il était impatient de nous voir, comme s’il croyait que les Américains – au cas où nous serions capables de faire comprendre à nos compatriotes ce qui est en train de se passer – pourraient abattre les barreaux qui emprisonnent les Palestiniens. Et, conformément à une habitude désormais bien ancrée, juste au moment où la conversation avait pris sa vitesse de croisière, le temps était venu de repartir, vers notre rendez-vous suivant. Mon épouse s’attarda un moment dans l’antichambre du maire tandis que le groupe sortait en file indienne, et j’attendis, avec elle. Elle s’approcha du maire et lui dit : « Mon père a travaillé aux Nations Unies, au Bureau de Surveillance du cessez-le-feu, de nombreuses années. En 1967, il était ici. En 1973, aussi, et en tant et tant d’autres instants dramatiques. C’était toute sa vie. Il a pris sa retraite en 1987, et il est mort il y a quelques années. Il était chinois et, de fait, il n’avait pas de religion. Mais ma mère, qui est anglaise, pensa qu’il aurait souhaité qu’on fît venir un prêtre.

« Quand le prêtre fut présent, mon père, qui était parfaitement lucide et savait ce qu’il était en train de se passer, fut très poli. Il bavarda un moment avec le prêtre, puis il devint sérieux et il lui dit : « Si Dieu existe vraiment et que je le rencontre, alors je vais lui demander pourquoi il a été injuste avec les Palestiniens… » Il est mort le même soir. Margaret éclata en sanglots tandis qu’elle terminait son récit, et le maire, M. Batarseh, se mit à pleurer lui aussi. Ils s’embrassèrent ; M. Batarseh nous a dit qu’il était bouleversé, mais aussi très touché par ce que mon épouse venait de lui confier.

Il y a beaucoup de drames, dans le monde, dont la plupart découlent d’histoires inextricables. Mais l’impasse israélo-palestinienne est tout à fait particulière, pour les Américains. En partie à cause de Jérusalem, cette ville sainte à la fois pour les chrétiens, les musulmans et les juifs, et en partie à cause du rôle que joue ce conflit en générant une hostilité musulmane envers l’Amérique et l’Occident de manière générale. Mais surtout, parce que c’est un dommage dans lequel les Etats-Unis, qui l’ont largement créé et pérennisé, ont une écrasante responsabilité. C’est un tort que les Etats-Unis ont le pouvoir de redresser – oh, non pas en bombardant qui que ce soit, mais simplement au moyen des instruments normaux de l’assistance et de la diplomatie.

Ce qui fait question, ici, ce n’est pas la création de l’Etat d’Israël, un pays né dans la tragédie et dans l’espoir, et qui a à son crédit de nombreuses réalisations extraordinaires. Non. Il s’agit de la dépossession persistante des Palestiniens, cet acte injuste et inadmissible, que les Américains continuent néanmoins à perpétrer, jour après jour, avec leurs impôts. A la différence de beaucoup d’autres injustices, c’est une des plus faciles à redresser au monde : tout le monde sait quels sont les paramètres d’une solution juste ; tout le monde sait quelle forme pourrait prendre un règlement équitable.

Ce que je redoute – c’est aussi ce que redoutent tous ceux qui ont participé à notre voyage, et beaucoup de ceux que nous avons rencontrés en Palestine – c’est que notre échec à réaliser une paix juste ne cessera de nous hanter, sous une forme toujours plus horrible.

Par Scott McConnell | 3 juin 2006 | The american conservative

Traduit par  Marcel Charbonnier

Copyright © 2006 The American Conservative

Source de la version en français de cet article: https://arretsurinfo.ch/morceler-la-palestine-pour-mieux-la-conquerir/

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