Après la vive condamnation par Vladimir Poutine de l’assassinat d’un «véritable leader populaire» et l’annonce que les auteurs du crime seraient punis, le porte-parole du Kremlin a lui fustigé une «provocation» qui aura des «conséquences graves».

L’assassinat du chef de la République populaire autoproclamée de Donetsk, Alexandre Zakharchenko, constitue une «provocation» qui mine le processus de paix, a affirmé ce 1er septembre le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. «C’est sans aucun doute une provocation», a-t-il déclaré à des journalistes, selon l’agence de presse russe Interfax. «Il reste à déterminer qui en est à l’origine, mais il est certain qu’elle aura des conséquences graves sur la situation dans la région, et il est évident qu’elle ne contribue pas au processus de règlement [du conflit]», a ajouté le porte-parole du chef de l’Etat.

«J’espère que les commanditaires et les auteurs de ce crime seront punis comme ils le méritent», avait commenté la veille Vladimir Poutine. Le chef d’Etat russe avait en effet estimé que le meurtre d’Alexandre Zakharchenko prouvait «que ceux qui ont choisi la voie de la terreur, de la violence et de l’intimidation» ne voulaient pas chercher une solution politique pacifique au conflit pour lequel Kiev admettait en juillet 2017 l’absence de preuves de la présence de l’armée russe. «Ils comptent sur la déstabilisation de la situation et veulent mettre les gens du Donbass à genoux, mais ils ne réussiront pas», avait-il affirmé dans un communiqué publié sur le site du Kremlin. Présentant ses condoléances aux habitants de Donetsk, Vladimir Poutine avait en outre qualifié Alexandre Zakharchenko de «véritable leader populaire» et de «personne courageuse et déterminée».

«Impossible» désormais de discuter des prochains pourparlers du format Normandie

Ce 1er septembre, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a qualifié le meurtre du dirigeant du Donbass de «provocation flagrante visant à compromettre la mise en œuvre de l’accord de Minsk dans l’est de l’Ukraine». Il a également fait savoir qu’il était désormais «impossible» de discuter des prochains pourparlers du format Normandie, «comme l’auraient souhaité nombre de nos partenaires européens». Cette configuration diplomatique réunit la Russie, l’Ukraine, la France et l’Allemagne.

La mort d’Alexandre Zakharchenko, ainsi que le limogeage en novembre 2017 d’Igor Plotnitski, président de la République autoproclamée de Lougansk, voisine de Donetsk, et l’assassinat de plusieurs chefs de guerre, marquent la fin des dirigeants historiques des territoires séparatistes, arrivés au pouvoir depuis le déclenchement du conflit avec l’armée ukrainienne en 2014. Kiev, Washington et Bruxelles ont à plusieurs reprises accusé Moscou de participer militairement au conflit dans l’est de l’Ukraine. Le Kremlin a toujours démenti ces accusations, les qualifiants d’«inacceptables».

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