Image: Pixabay


Par Brandon Turbeville

Publié le 20 novembre 2021 sur Activistpost sous le titre A Note On My Absence


Cela fait presque deux ans que je n’ai rien écrit. Que je n’aie plus publié d’articles. Que je n’ai plus rédigé de nouveaux poèmes. Que je n’ai plus exercé mon métier de journaliste. Il se peut que j’aie écrit des commentaires sur les médias sociaux durant cette période, mais même de cela, je n’en suis pas sûr.

Il fut un temps où j’écrivais toute la journée. Je publiais plusieurs articles par jour, je travaillais assidûment sur mes livres et j’écrivais de la poésie jusqu’au matin. Pendant des années, c’était mon rituel quotidien et j’y travaillais jusque tard dans la nuit, même après une journée entière de travail. Mais ces deux dernières années ? Rien. J’ai tout simplement disparu des médias alternatifs.

J’ai le sentiment de ne pas pouvoir revenir à mon métier d’écrivain avec certitude sans au moins expliquer auparavant à mes lecteurs la raison de mon absence.

J’ai toujours été étonné qu’autant de personnes lisent religieusement, au fil des ans, les articles que j’ai écrit. Mais ce qui a commencé comme une nécessité de faire entendre ma voix à une époque où je croyais qu’il n’y avait pas assez de voix, s’est arrêté exactement dans les mêmes circonstances. Pour cela, je suppose que je dois des excuses à mes lecteurs. Les deux dernières années ont eu plus que jamais besoin d’entendre des voix et, pendant ce temps, la mienne est restée silencieuse.

Le plus étrange, c’est que je n’ai plus jamais eu envie d’écrire quoi que ce soit, du moins jusqu’à récemment. Alors comment quelqu’un dont l’identité entière était enveloppée dans le mot écrit, a-t-il soudainement arrêté d’écrire ? Pour moi, il y a eu un concours de circonstances.

D’abord, mes derniers articles ont été écrits au début de la prétendue « pandémie ». Au milieu de cette nouvelle hystérie, je me suis rendu compte que j’avais bouclé la boucle dans ma vie professionnelle et personnelle. La première fois que j’ai pris conscience de faits politiques, c’était à la suite du 11 septembre, un besoin de rechercher la vérité entourant cet événement et de préserver les libertés constitutionnelles mises à mal par une classe dirigeante qui avait prévu depuis longtemps d’enfoncer le dernier clou dans le cercueil des États-Unis tels que nous les connaissions. À l’époque, je me sentais, comme beaucoup d’autres, pris entre une oligarchie totalitaire et un public terrifié. M’élever contre la guerre, la destruction de la Déclaration des droits et l’État policier vêtu de noir m’a valu d’être surveillé par l’État profond et, plus malheureusement, de voir le public américain pousser des cris d’orfraie. Mais ce n’était qu’un début.

Cinq ans plus tard, après cinq années de massacres en Afghanistan, trois ans de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en Irak, une surveillance active, la suspension de l’habeus corpus, la torture, une police militarisée, l’humiliation publique, et une définition élargie du « terrorisme », ceux d’entre nous qui ont réagi en 2001 ont trouvé des oreilles plus réceptives. Si seulement ces oreilles avaient été à l’écoute le 11 septembre, alors toutes les atrocités susmentionnées auraient pu être évitées.

En mars 2020, presque vingt ans plus tard, je me suis retrouvé dans la même situation. Cette fois, beaucoup de ceux qui avaient depuis suivi le programme, dénoncé le totalitarisme, les États policiers, les guerres, etc., s’en prenaient maintenant légitimement à ceux qui osaient remettre en question les gouvernements omniscients et (à leurs yeux) qui non seulement interdisaient les rassemblements, mais obligeaient les citoyens à se couvrir le visage en public, faisaient la guerre à leurs propres économies (en particulier les petites entreprises) et réglementaient même les funérailles, les services religieux et la possibilité pour des êtres humains souverains d’étreindre les membres de leur propre famille. Le gouvernement américain était mauvais, semblait-il, sauf dans les moments où il y avait un danger perçu de tomber malade. Au moment du COVID, ils en étaient tous venus à aimer Big Brother.

J’ai été particulièrement choqué par ceux d’entre ces « patriotes » qui avaient longtemps mis en garde contre « l’ennemi intérieur », eux-mêmes tellement imprégnés d’images religieuses prêchant constamment contre une société où le gouvernement réglementerait qui pourrait acheter et vendre en fonction du « crédit social » et de la conformité. Leur propre obsession de rester en vie à tout prix les a conduits à embrasser la chose même qu’ils avaient auparavant considérée comme un signe avant-coureur de la fin des temps et un péché impardonnable.

Néanmoins, au moment où la folie a commencé, j’ai écrit de nombreux articles s’opposant aux port de masques, aux « lockdowns », et aux attaques contre les libertés civiles et la liberté économique. J’ai été accueilli par des cris de « Vous voulez que les gens meurent ? » et d’autres questions tendancieuses qui étaient toujours sous-tendues par l’idée, propagandisée et psychiquement motivée, que ces politiques gouvernementales n’étaient pas l’affront à la vie et à la dignité humaines qu’elles sont en réalité.

Après avoir écrit pendant près de 20 ans, je me sentais plus découragé que je ne l’avais jamais été. Si un si grand nombre de mes lecteurs, qui avaient été à mes côtés dans la lutte pour mettre fin à la guerre en Syrie ainsi que dans de nombreuses autres batailles, étaient si facilement amenés non seulement à renoncer à leur propre liberté mais aussi à aider à la retirer par la force à leurs amis et aux membres de leur famille, alors je ne voyais pas l’intérêt de continuer à écrire des paroles qui, au mieux, seraient comprises correctement des années après les faits et, au pire, seraient utilisés pour me condamner en tant qu’indésirable devant le tribunal de l’opinion publique ou le tribunal gouvernemental.

Alors, j’ai tout simplement tout arrêté. J’ai complètement arrêté d’écrire. Peu après, j’ai cessé de lire les nouvelles. J’ai arrêté de débattre. J’ai cessé de parler des questions qui me tenaient tant à cœur autrefois. Je n’en ai même pas parlé. Je vous épargnerai tous les détails mais, au milieu de mon hiatus, ma vie personnelle s’est effondrée. Ma santé s’est dégradée. Les médias alternatifs ont perdu l’une de leurs voix les plus importantes lorsque mon ami, Alan Watt, est décédé subitement et j’ai remplacé la lecture des nouvelles que je dévorais par du whisky et de la vodka. J’ai décidé que la scène du film où ma bataille avec le système se déroulait publiquement était terminée et que je ne résisterais plus ouvertement.

Mais, pour une raison quelconque, je ne pouvais toujours pas céder. Ou plutôt, je n’en avais pas le droit. Je ne pouvais tout simplement pas retourner dans la matrice et me fondre dans la masse parce que la grande machine à manger s’est maintenant tournée pour se nourrir du peuple américain et, une fois de plus, il semble que je ne puisse pas éviter l’inévitable confrontation avec elle. Il reste à voir si moi ou la machine survivrons à cette confrontation mais, comme l’a dit Alexandre Soljenitsyne, « Laissez le mensonge venir au monde, laissez-le même triompher. Mais pas à travers moi. »

Cher lecteur, nous ne pourrons peut-être pas empêcher ce qui vient, mais nous pouvons au moins entrer dans la prochaine vie avec la dignité de celui qui n’y a pas contribué, qui a refusé de se laisser consommer et coopter pour le servir. Qui a dit : « Tu peux dire tous les mensonges que tu veux, mais je ne les croirai pas et je ne les répéterai jamais. Vous pouvez me faire ce que vous voulez, mais vous ne pourrez jamais me forcer à le faire à quelqu’un d’autre.

J’ai longtemps plaidé pour une résistance organisée. Je suppose que c’est encore le cas. Mais je ne me fais pas d’illusions sur le fait qu’une résistance massive est encore possible. C’est l’ère de l’individu. Car l’humanité choisira dans les prochains jours si oui ou non l’individu continuera à être habité par ce qui reste de notre culture. En fait, l’humanité décidera bientôt si l’individu continuera d’exister.

Nous avons atteint le point où la résistance individuelle est le seul espoir. Cette résistance ne viendra pas de la nécessité, mais de la détermination à vivre une vie de dignité et de liberté. Elle viendra lorsque nous aurons atteint le point où l’individu devra décider qu’il y a des choses pires que la mort et qu’il doit vivre en conséquence.

« Comme il suffisait de peu de choses pour lutter et vaincre – simplement ne pas s’accrocher à la vie ! Une vie qui était de toute façon déjà perdue », a écrit Soljenitsyne. Comme il avait raison.

Cela fait presque deux ans et sachez que je n’ai pas encore porté de masque. J’ai refusé à chaque fois qu’on me l’a demandé et surtout lorsqu’on a exigé que je le fasse. Dans certains cas, mon refus a déclenché une réaction en chaîne, d’autres autour de moi ont également enlevé le leur et bientôt la foule couverte de visages avait à nouveau des visages. D’autres fois, j’étais le seul.

J’ai refusé la « distance sociale », choisissant plutôt de rejoindre les foules de personnes non masquées au plus fort de l’hystérie, même lorsque le pouvoir gouvernemental déclarait qu’il était criminel de le faire.

Je n’ai jamais obéi aux ordres de « rester à la maison » et je n’ai jamais obéi aux « lockdowns ». Je ne me plierai tout simplement pas à cette tyrannie ni ne me soumettrai à la folie et à l’hystérie. Ni de la part de mon gouvernement, ni de la part de mes amis.

La plupart d’entre nous ont toujours été très prudents dans les médias alternatifs. Nous avons toujours choisi nos mots pour exprimer les choses que nous voulions vraiment dire. Mais, au cours des deux dernières années, nous avons vu où mène le souci de sécurité et de prudence. Au lieu de cela, je vous encourage tous aujourd’hui à refuser de vous conformer à tous les niveaux.

Ne portez pas de masque. Ne prenez pas de distance sociale. Ne fermez pas votre entreprise. Ne prenez pas le vaccin. N’obéissez pas. Ne reculez pas devant votre gouvernement ou les membres de votre communauté qui veulent vous contraindre à la soumission. Résistez. L’existence de votre culture et de votre pays ne dépend pas de candidats présidentiels ou de leaders activistes. Votre existence même en tant qu’individu ne repose que sur vos épaules. Si vous ne préservez pas votre droit à vivre une vie librement individuelle, qui le fera ? Et qui devrait le faire ?

« Et comme nous avons brûlé dans les camps plus tard, en pensant : Qu’en aurait-il été si chaque agent de la Sécurité, lorsqu’il sortait la nuit pour procéder à une arrestation, avait été incertain de revenir vivant et avait dû dire au revoir à sa famille ? Ou si, pendant les périodes d’arrestations massives, comme par exemple à Leningrad, quand ils ont arrêté un quart de la ville entière, les gens n’étaient pas simplement restés enfermés dans leurs retranchements, pâlissant de terreur à chaque claquement de la porte du rez-de-chaussée et à chaque marche de l’escalier, mais avaient compris qu’ils n’avaient plus rien à perdre et avaient hardiment installé dans le hall du rez-de-chaussée une embuscade d’une demi-douzaine de personnes avec des haches, des marteaux, des tisonniers, ou tout ce qui leur tombait sous la main ? … Les Orgues auraient très vite souffert d’un manque d’officiers et de transport et, malgré toute la soif de Staline, la maudite machine se serait arrêtée ! Si…si…nous n’aimions pas assez la liberté. Et même plus – nous n’avions aucune conscience de la situation réelle ! Nous avons purement et simplement mérité tout ce qui est arrivé par la suite ». – Soljenitsyne

Nous voici donc presque deux ans plus tard, et je tape à nouveau sur un clavier. J’écris.

Je ne me fais aucune illusion sur l’effet que peut avoir ce que j’écris. Je ne sais pas quand ni si j’écrirai un autre article. Vous ne devez plus vous attendre à des mises à jour quotidiennes sur la Syrie ou tout autre sujet. Il est possible que j’en écrive, mais rien n’est certain et je ne fais aucune promesse.

Le monde se dirige dans une voie très sombre. Les économies sont mises à mal. La liberté est écartelée. L’âme de l’humanité est en train d’être modifiée. Les lumières de l’humanité vacillent. Comme l’a dit Orwell « La morale à tirer de cette dangereuse situation est simple : ne laissez pas ce cauchemar se produire. Cela dépend de vous. »

J’ai passé deux semaines à essayer de rassembler la motivation et le courage nécessaires pour rédiger ce texte, tel qu’il est. Il s’agit peut-être du début d’une longue série d’articles ou d’un des rares articles que je suis en mesure d’écrire.

Je n’ai pas de but précis pour cet article, si ce n’est d’expliquer mon absence et d’encourager les quelques personnes qui restent proches à résister. Pour vous encourager tous à prononcer le mot le plus puissant dans toutes les langues qui existent dans ce monde… « Non. »

Brandon Turbeville

Brandon Turbevilleles archives de ses articles sont ici – est l’auteur de sept livres, Codex Alimentarius — The End of Health Freedom, 7 Real Conspiracies, Five Sense Solutions et Dispatches From a Dissident, volume 1 et volume 2, The Road to Damascus: The Anglo-American Assault on Syria, et The Difference it Makes: 36 Reasons Why Hillary Clinton Should Never Be President. Turbeville a publié plus de 650 articles sur une grande variété de sujets dont la santé, l’économie, la corruption gouvernementale et les libertés civiles. L’émission de radio de Brandon Turbeville, Truth on The Tracks, peut être écoutée chaque lundi soir à 21h EST sur UCYTV. Son site est BrandonTurbeville.com 

Traduction Olinda/Arrêt sur info

Source : Activistpost

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