Par Olivier Field

Arrêt sur info.ch – 28 Novembre 2022

Nous vivons des temps stupéfiants ! Presqu’au sens littéral puisque drogués au Mensonge nous perdons le lien au réel. Abreuvés d’un flux « d’information », nous sommes collés au détail, au narratif basique, aux logiques et sophismes incapacitants. Et parfois une hypothèse sensée, fondée et construite sur «les faits et le raisonnement » nous fait réfléchir.

Un auteur, constatant le fouillis apparent de la politique Russe en Ukraine nous inspire une autre version possible.

Les faits :

Fin février, des troupes russes entrent en Ukraine, volent vers Kiev et figent la situation, tétanisant de fait les voisins Otaniens de l’Ukraine ; ils contrôlent de facto le ciel, occupent de vastes territoires, situation menant quasiment à des négociations… Puis retour vers le véritable front à l’est, dans les régions russophones, annihilation des troupes de choc ukrainiennes et guerre de mouvement très ralentie. Peu, mais trop bien sûr, de destructions de l’écosystème ukrainien qui précipiteraient le paroxysme de la guerre et donc hâteraient une issue au conflit. Le temps passe, l’OTAN mobilise ses forces, l’Ukraine devient une guerre d’Espagne…avec ses luttes d’influence et son effet contaminant qui force à la constitution de deux camps, pas trois. Enfin une troisième phase, tristement militaire, s’ouvre avec la destruction des infrastructures utiles tant aux civils qu’aux combattants.

L’analyse ordinaire :

La Russie n’a pas réussi son opération puisque 8 mois plus tard, la résistance est totale, pour autant que l’on sache, les soutiens occidentaux se hissent à des niveaux jamais vus et que rien ne parait fondamentalement changé.

L’Hypothèse :

Et si, comme on peut facilement en avoir l’intuition, ce conflit en Ukraine n’était que le lancement de la vraie guerre qui occupe l’esprit des pays qui se veulent souverains : la guerre contre l’impérialisme US et sa dictature sur le monde…

Ne devrions-nous pas être outrés par l’exagération du terme, voyant d’évidentes dictatures ou assimilées partout sur le globe, et rien de fâcheux dans « notre » camp dit occidental. Au contraire, ne luttons nous pas pour les libertés, la démocratie, les droits de l’Homme…Quelle vergogne à mettre en doute nos vertus et nos motivations face à ce monde violent et agressif !

Mais si en effet nous vivons « La Grande Guerre Contre l’Impérialisme US » alors la Russie, fer de lance des désirs de milliards d’humains, assujettis forcés au pouvoir de cet Empire US, ne peut se contenter de bouger quelques frontières régionales et laisser prospérer cette politique mondialiste qui fait depuis des décennies la preuve de sa nuisance universelle. Evidemment bien d’autres problèmes usent cette planète des Hommes mais il semble que le premier est de retrouver la réelle liberté, ne fût-ce que pour pouvoir traiter l’avenir avec l’intelligence collective de l’humanité, pas celle d’une classe de dominants, ivres du pouvoir total.

Donc il faut briser les forces des USA. Quelles sont-elles ?

-une direction nomenklatura très efficace et concentrée qui s’exerce sur les USA et contrôle strictement des vassaux, tenus également par des nomenklaturas sans autre politique que celle de leur maître.

-un outil de contrôle par la douceur, le dollar et son corollaire, un capitalisme financier étendu sur le monde comme une pieuvre.

-un outil de contrôle par la contrainte de l’universalisme des règles et sanctions US.

-une intimidation par la violence. Des medias qui détruisent les idées autres et ceux qui les portent, des manipulations et immiscions dans la vie des sociétés humaines et un déferlement d’armes de guerre, de violence et de destructions quand les USA l’ont décidé.

Contrairement à des idées reçues, les USA sont loin d’avoir un magistère moral ni même économique, ni même scientifique… Leur amoralité est constante, avérée et …tolérée. Leur économie est le fruit de déséquilibres gérés par eux et leurs avancées technologiques sont beaucoup le fruit de rachats (gratuits puisque dollarisés) et de pillages de talents.

La Russie, consciente de ces forces et faiblesses, cherche donc à les combattre. D’où une guerre du bout des doigts… Dérangeant ce terme ? Oui, mais comparez aux hécatombes humaines d’Irak, du Yémen, de Syrie… Et les destructions inouïes subies par ces pays victimes des guerres US…

La Russie prendrait son temps ? Oui, et les USA semblent être embourbés dans le piège ; ils ont lancé les forces de l’OTAN, les économies européennes, les endettements, la finance, les armements…sans rechigner. C’était bon pour les USA. Quelle faute ! Ce trou a englouti les derniers équilibres sociaux et économiques de l’Europe. Inéluctablement, les sacrifices présents et à venir impacteront les peuples. Les anticipations à 12 mois de la perte de moyens énergétiques, industriels et productifs des pays de l’Union Européenne sont factuellement terrifiantes pour les initiés. Quand le réel finira par générer de telles souffrances que les populations s’éveilleront à la révolte, le contrôle des masses deviendra ardu. Celles-ci, ainsi que l’Histoire l’a toujours observé, finiront par renâcler…et chasser leurs élites bien compromises, bien complices, collaboratrices. Si elles tombent vraiment, ce sont les vassaux qui abandonneront leur suzerain, l’affaiblissant. Que pourront faire les USA à ces pays ? Ils sont déjà dans la déchéance morale, sociale, économique, sont abreuvés de réprimandes pour leurs vilaines pensées, leurs velléités d’émancipation et en manque d’élite nationale propre. Quels leviers subsisteront pour acter la politique de l’Empire ? La direction opérationnelle de l’Empire US aussi finira par se voir contester son pouvoir. Quelques réussites ponctuelles les rassurent peut-être aujourd’hui, mais qui ne sent pas l’incroyable tension du peuple américain. Patience !

Le Dollar. Véritable machine pour acheter les hommes, les âmes, le savoir, l’industrie ! Oui il est interdit aujourd’hui de refuser sa Loi. Imposé à tous, il a construit son univers de réglementations, punitions, organisations internationales. La Russie avec beaucoup d’autres veulent la désactivation de sa toute puissance. C’est long, compliqué mais tellement désiré que cela adviendra. Patience !

Les organisations internationales : du FMI à l’ONU en passant par OMC, OTAN, ONG diverses,G20,  OCDE, OMS, UE et tant d’autres, sont tellement marquées « au service des USA » et donc démonétisées qu’elles seront remplacées. Elles ont une utilité souvent mais moins au service du bien commun que de l’agenda de l’Empire. Le mouvement est enclenché ; la résistance à la dictature US et ceux qui l’actionnent nourrit les initiatives alternatives. Patience !

La résistance russe qui s’inscrit dans le temps long rassure les autres alliés d’intérêt ; ils commencent à croire à la fin, si souvent annoncée, de cet Empire du Mal au service de si peu, détruisant tant de valeurs et d’humanité. Une victoire en Ukraine n’aurait pas suffi à les rassurer, un effondrement des capacités de nuisance de l’Empire, si. Patience !

Enfin, la violence US. Dépassant par son universalité, sa radicalité, sa totale absence d’humanisme ce que l’Histoire des hommes, pourtant riche à cet endroit, nous a fait souffrir… Violence sur les esprits, propagande, idéologies folles et délétères et surtout Guerre, partout, de tous contre tous, sans engagement humain pour eux, sans risques physiques pour eux, sans coût financier ou matériel pour eux, exonérés de toute responsabilité…tant que ces gens aux desseins apocalyptiques n’auront pas été soumis. La nature positive des humains est un frein à l’analyse lucide des faits. Comment imaginer de tels projets, surtout dans un monde qui profite tant des effets du progrès ? C’est une vision totalement excessive ! En vérité, non. Mais le respect de notre indifférence, l’encouragement à la somnolence est leur outil le plus remarquable pour avancer dans leur projection d’un monde à eux, pour eux.

La résistance de la Russie commence à montrer leur vulnérabilité. Un espoir renait d’une nouvelle organisation de notre  planète mue par l’intérêt de tous les hommes, de toutes les nations.

Olivier FIELD

Arrêt sur info.ch