Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en 2018. (Kremlin.ru, Wikimedia Commons, CC BY 4.0)


Le président américain a reproché à la CPI de mettre sur un pied d’égalité les responsables israéliens et les dirigeants du Hamas, également accusés de crimes de guerre par la Cour de La Haye.

Le président américain Joe Biden a fustigé le 20 mai la décision de la CPI de demander des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense, la qualifiant de “scandaleuse” et niant le génocide perpétré par Israël dans la bande de Gaza.

“Contrairement aux allégations de la Cour internationale de justice (CIJ) contre Israël, ce qui se passe n’est pas un génocide. Nous récusons ces allégations”, a déclaré M. Biden lors d’un discours à la Maison Blanche. “La demande du procureur de la CPI de délivrer des mandats d’arrêt contre des dirigeants israéliens est scandaleuse.”

 Joe Biden a vivement critiqué le procureur de la CPI, Karim Khan, pour avoir assimilé la conduite des ministres israéliens à celle des dirigeants du Hamas, Yahya Sinwar, Mohammed Deif et Ismail Haniyeh – qui, aux côtés du Premier ministre et du chef de la défense, ont été accusés de crimes de guerre. “Je vais être très clair : quoi que ce procureur puisse laisser entendre, il n’y a pas d’équivalence – aucune – entre Israël et le Hamas. Nous nous tiendrons toujours aux côtés d’Israël face aux menaces qui pèsent sur sa sécurité”, a ajouté le président.

Le secrétaire d’État américain Anthony Blinken a également déclaré dans un communiqué que la décision de la CPI était “honteuse”. Il a ajouté que, bien qu’Israël ne soit pas membre de la CPI, il est prêt à coopérer avec le procureur de la CPI.

Selon M. Blinken, le personnel de M. Khan devait se rendre en Israël lundi. Deux fonctionnaires israéliens ont déclaré à Axios que les États-Unis et le Royaume-Uni avaient aidé à organiser la visite et que Netanyahu avait accepté pour la première fois de collaborer avec le bureau du procureur et de lui permettre d’entrer dans des zones spécifiques de la bande de Gaza.

Blinken a ajouté que malgré la visite prévue, l’équipe de M. Khan a informé Israël qu’elle ne prendrait pas ce vol, ce qui, selon le secrétaire d’État “remet en question la légitimité et la crédibilité de cette enquête”.

Des fonctionnaires américains et israéliens ont déclaré à Axios que la décision de demander des mandats d’arrêt avait “sapé” les récentes discussions en coulisses entre Khan, les États-Unis et Israël pour discuter de l’enquête.

Cette nouvelle intervient alors que les législateurs américains ont menacé la CPI de sanctions si des mandats d’arrêt étaient délivrés à l’encontre de dirigeants israéliens.

“Ciblez Israël et nous vous ciblerons” ont dit les sénateurs à Khan dans une lettre très ferme au début du mois, ajoutant qu’ils “sanctionneront vos collaborateurs et associés, et vous interdiront, ainsi qu’à vos familles, l’accès aux États-Unis”.

Le 20 mai, M. Netanyahu a qualifié cette décision d’ “outrage moral aux proportions historiques” et a déclaré qu’elle entacherait de façon permanente la réputation de la CPI.

Le premier ministre a ajouté que ces mandats équivalaient à comparer l’ancien président américain George Bush à Oussama ben Laden après les attentats du 11 septembre 2001.

Equipe The Cradle

Source :Thecradle.co, 21 mai 2024