Vue générale des destructions dans le quartier de Shujaiya, à l’est de la ville de Gaza, lors d’une trêve humanitaire de 12 heures, le 26 juillet 2014. Ashraf Amra/APA images

Déjà évacuons les fantasmes idiots. Personne ne peut imaginer que cette opération soit un succès militaire. C’est une n-ième mission suicide dont les résultats immédiats seront conformes au passé. Mauvaise presse, disproportion de 1 à 10 ou 20 des victimes de chaque camp, aucun gain territorial…

Alors que cherchent les palestiniens ? Ecartons aussi les raisons de peu d’importance politique telles qu’une exultation de la rage contenue, un besoin de rappeler leur cause au monde,…

Qui peut croire que le monde se laissera entrainer dans un conflit majeur avec les pays musulmans, contre un pays doté de l’arme nucléaire et ayant une forte conscience du risque existentiel omniprésent… D’ailleurs l’absence de guerre ces 50 dernières années est due à un absolu refus des pays vus comme soutiens naturels de la cause palestinienne, de s’impliquer au risque de conflit militaire. Cela d’ailleurs ne les ont pas tous préservé de guerre pas totalement sans rapport avec l’existence d’Israël dans leur voisinage.

La réponse du gouvernement Netanyahu, outre la donnée sécuritaire qui ne devrait durer que peu de temps, va être de vider vers l’Egypte un maximum de palestiniens, et peut être si possible de Cisjordanie vers la Jordanie. Peut-être réussira-t-il…, à la faveur de l’émotion des occidentaux ulcérés par les violences diffusées. A contrario la réaction israélienne va assurément faire des morts à une hauteur d’au moins 5 chiffres, directement ou indirectement. Malheureusement c’est un des premiers buts du Hamas : Placer Israël devant les conséquences de ses actes mais cette fois ci à la vue du monde entier. La « rue » arabe, vocale mais sans pouvoir, a dans le contexte de bascule actuel un réel poids. Le monde multipolaire a des arguments, ne fut ce que le pétrole… 

Ensuite, la crédibilité de l’ONU, nulle sur ce sujet depuis 75 ans, empêchera une interposition internationale et Israël aura à cœur de ne pas laisser le loup rentrer chez lui. Il devra rentrer en véritables négociations avec les « autorités » palestiniennes. Occupant aujourd’hui 93% du territoire de la Palestine mandataire dont on fêtait le centenaire…il y a 10 jours, Israël a bien de la marge sans avoir à revenir au projet de l’ONU du 29 novembre 1947 qui leur allouait 56% des terres (hors Jérusalem). Donc il est vraisemblable que le Hamas n’espère pas éradiquer Israël mais veut obtenir, enfin, cette « solution à deux Etats », vieux serpent de mer. Il est certain que n’ayant même pas un Etat à perdre, et vraiment pas grand-chose à côté, cette opération ne pouvait qu’advenir. De tout temps et partout, des dirigeants responsables ont émergé des actes les plus inhumains, les plus sauvages et inexcusables, gageons que ce sera le cas cette fois-ci encore.

Les temps sont murs : Les pays arabes discutent avec Israël, avec de part et d’autre toutes les arrière-pensées que l’on imagine. La guerre entre les Etats Unis et la Russie à son paroxysme en Ukraine a démontré que le pouvoir, pensé absolu, de l’empire US n’est plus si facilement accepté par la majorité des pays du monde. Les moyens militaires classiques sont épuisés et les économies surendettées peu à même de passer en force.

Si ce n’est pas l’Armageddon…, l’optimisme devrait nous pousser à croire que cette saignée, ces actes barbares pourraient mener à une voie de paix véritable.

Olivier Field  – arretsurinfo.ch